LOUIS
» Signé au-dessous : Philipeaux »
Suit :
Lettre de la ville de Bourges à Messire Très-Sainct Père le Pape
Urbain VIII\
> Très-Sainct Père,
> Les Maire et Eschevins de la ville de Bourges, capitalle du pais et duché de Berry, penseraient tomber dans le reproche et l'ingratitude s'ils ne secondoient les intercessions des Roix et grands de la terre et parmy les prières de plusieurs dévotes et religieuses asmes, ils n'interposoient leurs très-humbles supplications pour la béatification de la bienheureuse Royne Jehanne de France. Ils y sont meus par beaucoup de particulières et pressantes considérations, puisque cette princesse, yssuë de la sacrée tige de nos Roys, estoict petite fille de l'ung d'entre eulx, appelé durant la persécution de ses ennemys le Roy de Bourges (Charles VII), estoit fille d'ung roy né dans Bourges et lequel a décoré la vUle de Bourges de plusieurs prérogatives et très-honorables privilléges. Oultre la qualité de duchesse de Berry que cette princesse a possédée durant ses dernières années, la résidence continuelle quelle faisoit dans Bourges, y menant une vie pieuse et exemplaire, la fondation d'un ordre qu'elle a durant sa vie estably dans Bourges en l'honneur de la Royne du Ciel, composé de plusieurs religieuses très-dévotes, qui vivent soubs les loix d'une règle austère pour embrasser la croix de Jésus-Christ et suivre le chemin tracé par leur bienheureuse fondatrice; la sépulture qu'elle a choisie dans Bourges en cette
» maison religieuse, chef de l'ordre de l'Annuaciade, les » secours et assistances miraculeuses que plusieurs y ont » receus en leurs afflictions et maladyes, ainsy que les • procès-verbaulx produicts par devant Votre Saincteté » en font preuve très-entière ; ce sont, Très-Sainct Père, » de puissants motifs pour nous faire prosterner aux pieds » de Votre Béatitude et la suplier en toute humilité qu'il » luy plaise accorder cette béatification tant désirée, afin » que le nom de cette Roy ne, autrefois grande en la terre » et maintenant plus grande au Ciel, soict avec prières » solennelles publicquement invocquée par les pieuses et » dévotes asmes.
» Espérant sy Votre Saincteté, touchée par la ferveur de » notre zèle et dévotion, se porte à l'exécution d'une si » pieuse et chrestienne intention, que cette bien sérieuse 9 âme de notre antienne duchesse redoublera les tesmoi- » gnages de ses auteurs, bienveillance et affection vers » celte province, et par ses prières vers la divine Majesté » et fera respandre toutes sortes de bénédictions tempo- » relies et spirituelles, dont nous aurons tel ressentiment » et recougnoissance vers Votre Béatitude qu'il ne s'écou- » lera aucun jour de nos vies que nous n'eslencions nos » vœux vers le Ciel pour la prolongation de ses années, tant » utiles à la chrestienté, et demeurerons esternellement,
» Très-Sainct Père,
» Vos très-humbles, très-dévots et très-obéissants » serviteurs,
» Les Maire et Eschevins de la ville de Bourges,
» Signé : Lebégue, Maire. »
Suit une lettre de MM. les Maire et Écbevins à Mgr de Béthune ;
c Monseigneur»
> Les dévotes religieuses de rAnnonciade résidentes en cette Ville ayant désiré lettres de supplication de notre part au Sainet-Père touchant la béatification de la Bienheureuse Jeanne de France, nous avons creus estre obligés de seconder leur pieuse intention pour les raisons énoncées en celle que nous escripvons à Sa Saincteté, que nous vous suplions très-humblement luy vouloir présenter, en représentant la dévotion de cette province vers son antienne duchesse et particulièrement de la ville de Bourges, honorée de plusieurs miracles faicts par Tintercession de cette Bienheureuse; nous scavons. Monseigneur, quelle est votre affection vers le païs, dont les tesmoignages cy-davant resceus font espérer qu'aurez bien agréable d'adiouxter aux antiennes obligations encores celies-cy, que nous tiendrons entre les plus grandes, et pour recougnoissance nous rechercherons tous les moïens de vous foire paroistre notre très-humble servitude et fidelle obéissance, désireux d'estre par effect,
> Monseigneur, » Vos très-humbles, très-obéissants serviteurs,
» Les Maire et E$chevi$i$* » Signé : LEaiouE.
9 Bourges, le x* may 1625. »
Suit une autre lettre adressée au Légat du Saint-Siéget le Cardinal Barberini :
A Monseigneur l'Illustrissime et Révérendissime Cardinal Barberini, Légat du SainctSiége apostolicque.
« Monseigneur Illustrissime^
» Les Maire et Eschevins de la ville de Bourges, capitalle du duché de Berry, honorée de plusieurs miracles faicts par l'intercession de la Bienheureuse Jehanne de France, penseroient encourir le reproehe d'ingratitude s'ils n'interposoient leurs très-humbles suplications vers Nostre Très-Sainct Père le Pape touchant la béatification de leur antienne duchesse, et ont aussy creu. Monseigneur, que n'auriez désagréable s'ils divertissoient par la lecture de ce mot vostre Seigneurie Illustrissime de ses tant sérieuses et importantes occupations, èsquelles elle est emploïée pour le bien de la chrestienté, pour invocquer comme ils font avec la plus grande ferveur de leurs âmes son crédit et sa faveur vers le Sainct^iége pour l'exécution d'une sy pieuse et chrestienne intention. Et sur l'espérance qu'ils ont conservée que leur accorderez l'effect d'une sy fervante dévotion et suplication qu'ils présentent à vostre Seigneurie Illustrissime au nom de toute la province de Berry, ils eslèvent dès à présent leurs vœux vers le Ciel qu'il luy plaise vous continuer et acroistre ces rares dons de corp^ et d'esprit que la France révère et tout l'univers admire, qu'il vous comble de ses béné-
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» dictions temporelles et spirituelles et nous donne la grâce » d'estre recogneus par efifect,
» Monseigneur,
» Pour vos très-humbles > très-obéissants et très-
> dévotionés serviteurs,
t Les Maire et Eschevms de la ville de Bourges. » Signé : Lebègue, Maire.
1 Bourges, le 2 jung 1625. »
Suit, en italien, la réponse du Cardinal, du 25 juillet 1625 (f^ 465, v*>).
« Quartier Bourbonnoux :
» MM. Lebègue Maire, Gfaabenat Eschevin, Manceron con- » seiller, Sarrazin l'aisné, Gayault, Rivière capitaine, Mer- > cier capitaine, Robertin capitaine.
> Quartier d'Aurron :
» MM, Bengy lieutenant criminel, Gibieuf conseiller. Le » Prévost, Delissay, Bouffers, Chabot, Mercier advocat, » Boisseau du Yreuille.
» Quartier St-Sulpice :
» MM. d'Ivoy Eschevin, Favière conseiller, Tandigné, Goun gnon, Boju, Bruère, Pillet et Godon.
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» Quartier St-Privé :
» MM. Pellisson capitaine, Bourges capitaine, RefaUn » Taisné, Lionnet procureur, Guenoys Taisné, Paulin et » Lepain l'aisné. »
(F** 483, du 27 septembre 1625.) — Décision supprimant la distribution ordinaire de fallots et lanternes aux divers fonctionnaires publics.
« Il en sera donné seulement aux sergents de Ville, por-
> tiers, crieur de patenostres, conducteur du gros orloge » Sainct-Estienne, les quatre capitaines des dizainiers et
> sergents de bande. >
(F** 492.) — Toujours sur la béatification de la duchesse Jeanne.
DEMANDE DE SUBVENTION POUR LES FRAIS DE LA SOLENNITÉ DE LA BÉATinCATION — LETTRE DE LA MUNICIPALITÉ AU ROI
Au Ray et Nosseigneurs de son Conseil.
a Sire,
» Les Maire et Eschevins de vostre ville de Bourges, vos » très-humbles et très-obéissants subiects et serviteurs, » vous remonstrent très-humblement que les antiens bien- > faits temporels desquels vostre duché de Berry a été orné » par les libéralités de Madame Jehanne de France, du- » chesse de leur païs, fondatrice du couvent des filles reli-* » gieuses de TAnnontiade en vostre dicte Ville et )e«
coDtinuelles prières qu'elles font pour vostre province de Berry, les effects desquels ont été miraculeusement ressentis par plusieurs personnes d'icelle, eussent attiré sur eulx la note infamante d'ingratitude s'ils n'eussent suplié Nostre Très-Sainct Père le Pape de la mettre et insérer au rang des Saincts et honnorer du nom de Bienheureuse, pour publicquement et par tout le monde faire révérer les vertus de celle et de laquelle vostre duché de Berry a ressenti les intercessions, à qui auroit esté promis par Nostre Très-Sainct Père le Pape aux dictes filles religieuses et suppliantes et la recommandation de Vostre Majesté, laquelle auroit jugé équitable que comme la dicte Dame avoit esté de signalée dévotion et maison royalle, aussy qu'il n'appartenoit qu'à vostre royalle Majesté de contribuer aux frais et despenses nécessaires pour la béatification de la dicte Dame ; » A ces causes, suplient très-humblement^ en exécution de vos sainctes intentions et volontés, vouloir ordonner que telle somme qu'il plaise à Votre Majesté et suffisante pour subvenir aux frais de cette solennité sera dellivrée aux filles religieuses du couvent de l'Ânnontiade de vostre ville de Bourges, et obligerez les suplians.
» Novembre 1625. »