SA RÉCEPTION
Voici quel arrêté prit la Municipalité, M. Damours étant maire, Régnier et Paulin échevins, pour recevoir ce haut dignitaire.
« Du 14' juillet 1S85.
9 Aujourd'huy, estant advertys que monsieur de la » GhastrCj bailly et goubverneur de Berry et lieutenant » général pour Sa Majesté au dict pays, venoit en ceste » Ville par commandement du Roy, pour entrer en la pos- > session de la Grosse-Tour de Bourges, de la cappitainerie » de laquelle Tour il est de longtemps apourveu par le » Roy, a esté advisé que Madamoiselle de Rozay sera priée » de loger en sa maison de c^te Ville Monsieur de la Ghastre,
iSD AAGHirS§ te LA VîVLE DE BoimnB
» et raccommoder de liet, ustancilles» Upîsseryes et aoltres » commodités, affia d'éviter les frais qu'il conviendroit faire » pour rachaptdes meubles qu'il couTiendroit fournir pour t l'accommoder, s'il logeoit au logis du Roy, lequel a esté » desgarny de meubles durant la malladie de la contagion
> dernière; et, en considération du plaisir que la dicte » damoiselle fera à la dicte Ville, a esté commandé et » ordonné à François VignauldoD, concierge de la maison » de Ville et commis à lever les deniers imposés pour les » frais de la dicte malladie, de tenir question à icelle da- » moiselle de la somme de cinq escus, qui est due à payer
> par la dicte damoiselle, de la somme à laquelle elle » debvoit estre cottisée pour les dicts frais des pestes, 9 laquelle somme sera déduicte et rabattue par M* Guillaume
> Seurrat, S' de Lissay, recepveur des deniers commuj» naux de la dicte Ville, sur les deniers qu'il a à recepvôir
> du dict Vignauldon, dont il sera tenu compte au dict 1 recepveur et signé de nos mains.
» Seront advertys aucuns des principaux habitans pour
» aller au-davant de Monseigneur de la Ghastre avec nous.
» Ses armoyries seront placées à la porte de Ville et au*
> dessus de sa cheminée de son logis.
» Sera cherché ung tbonneau de bon vin pMir luy en » Aû)*e présent.
t Sëtû pryé M. de DeffaM d'en bailler un^tthonneau. A % efirté maiMié Lemsle, archer de la maréchaussée, demou«^ 1 râift en logis du ^y, pour scavoir quel eseuyer il a, et 1 aulfi^èis meubles restant de ceulx qui furent aehaptés par % JÊmsi^vtt A^ là OlUâisU^e.
1 S6W pryé »l^ Legoust, »■• Libault, Bl^ Letemey, ^ W^ ^réif6^%i M^ SaHMreaii, H^ Waaditt, «!•• «irt^y;
ARCRITKS DB LA VILLE DE BÔimGBS 131
» MM. Foucher, Gibieuf, Villeroux, Beaurepaire, M** Bou- > guet et M. Mazelin» de loger les geotilshommes de la » suicte de Monseigaear de la Ghastre. »
Comme on le voit, à cette époque la Municipalité avait pleins pouvoirs en comptabilité des deniers de la Ville. Cette façon d'indemniser M"* du Rozay, en lui supprimant portion du cens qu'elle avait à payer, est assez commode et ne s'accorderait guère avec les susceptibilités bien justifiées d'une cour des comptes.
Tout cela se fait en famille et Ton n'y regarde pas de si près; et c'est le concierge qui, à cette époque, est chargé de percevoir certains impôts I
C'était au bon vieux temps, il est vrai : on avait à célébrer une fête, on avait à offrir du vin, on priait tout simplement un habitant d'en baiilejr un tonneau, il s'exécutait tout aussi simplement, heureux même d'avoir été choisi.
Combien sont amusants tous ces petits détails t Ne fontils pas bien ressortir la différence et la marche des temps?
REMISE DE LÀ 6R0SSE-T0Ua
Lettre écrite à ce sujet à M. de la Chastre, par la Municipalité :
« Monseigneur, nous avons sceu que le jàur d'hieîr, sur » les quatre à cinq heures du soir, le cappitaine de Ttmr^ » non arriva en poste et alla descendre en logis de » Monsieur Cujas, régent; il dist qu'il venoit résolu de *e- » tnestre la Tour en Tobéyi^ance du Roy en vos mains, oA » auquel seigneur qu'il plairoit à Sa Majesté, suyvant le t commandement qu'il en aVoîct d'elle, et ttâinte que Ih
» Royne-Mère luy avoict promis de le faire récompanser et » que Ton Tavoict menacé de le faire pendre, s'il n'obéys&oit
> aux commandements de sa dicte Majesté, et d'aultant, » Monseigneur, que, par vos lectres, qui nous ont esté
> monstrées de la part de Messieurs le général de Corbeil » et de Perelles, il nous est apparu que vous aviez delli- 9 béré dé faire acheminer vostre compagnie et quelques » soldats par deçà, pour, au refifus d'obéyr à la volonté du » Roy par ceulx de la Tour, les y contraindre. Nous avons
> advisé de vous advertir de ce que dessus, affin que vous y » puissiez pourvoir selon vostre desvotion et bon jugement.
> Nous ferons cependant le mieux qu'il nous pourra, pour » vous accommoder de logis, priant Dieu, etc. »
M. de la Ghaslre arriva le samedi 7 juillet, à neuf heures du matin, et entra par la porte Saint-Privé, décorée à cet effet.
REMISE, ENTRE LES MAINS DU DIT MARQUIS DE LA CHASTRE, DE LA GROSSE-TOUR
Voici le procès-verbal dressé de cet événement :
c Aujourd'huy (11 juillet 1585) a esté remise entre les » mains de Monseigneur de la Chastre la Grosse-Tour de » Bourges, artillerye, pouldres et munitions y estant, par » le sieur de la Plante, archer des gardes du Roy, ès-mains » duquel le sieur de Tournon les avoict remises le jour pré- » cèdent, le tout suyvant le pouvoir qu'il en avoict du Roy, » et, ce faict. Monseigneur de la Chastre y a mis le cappi- » taine Durbout, pour y commander en son absence, de
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» toutes lesquelles choses a esté faict acte par Messieurs de
• la Justice» qui y ont esté présents, et ont faict Tinventaire
> des dictes artiiierye, pouldres et munitioDS estant en la
> dicte Tour. »
On voit de quelle importance était la remise de la Grosse* Tour aux mains de l'autorité royale; le Roi et la Reine-Mère s'en mêlent. On savait fort bien que qui tenait la Grosse-Tour tenait la Ville en échec. A cette époque de guerres civiles surtout, il importait à qui voulait dominer de posséder la Tour.
REIATION d'une procession FAITE EN LA VILLE DE B0UB6ES A l'occasion d'un concile PROVINCIAL
€ Le dimanche 7* jour d'octobre 1584» a esté faicte une » procession généralle en l'esglise Sainct-Estienne, con- » duicte par Monseigneur Révérendissime Archevesque de » Bourges, à laquelle procession assistoient Messieurs les » Evesques de Sainct-Flouri Gahors et Limoges, lesquels » marchoient ensemble au-<]avant du dict S' Archevesque, » à scavoir l'Evesque de Saine t-Flour au milieu, icetuy de 1 Limoges à main droicte et celuy de Gahors à main » gaulche, et à costé gaulche du dais de chascun marchoient 9 les depputés des chapitres et abbayes envoyés de toute
> la province pour assister au concilie, et portoit le dict » Archevesque le corps de Dieu, et auparavant la dicte pro- » cession a esté faicte une prédication par le dict seigneur
> Archevesque, et après la dicte procession fust dicte une » grande messe par luy, où assistoient les sieurs Evesques
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» pi plusieurs aultres suffragantç doyens des esglises cç^thé- 9 drales de la province de Berry estant soubs le diçt Arche- » vesque, le tout faict pour se préparer à la résolution » d'un concilie provincial, convoqué en ceste Ville pour la » confirmation et reformation des ministres de l'Esglise pn » ceste dicte province, en ce que l'on cognoistroit en estre » besoing, et à la dicte messe ont communié les Evesques» » Abbés, Doyens et aultres du clergé, fondés de pouvoirs ^ pour assister au dict concilie. Assistoient à la messe f Messieurs de la Justice d'ung costé. Messieurs de la Mairie » et Officiers et Ck>nseillers d'icelle de l'aultre, ainsi qu'il » est accoustumé aux processions solennelles. »
àMcmrwm oi ul thu mb bûobms 185