Pendu
ABGHIYBS DE LA TILLB DE BOURGES 205
plainte, Nous vous enjoignons vous saisir des personnes des dicts chefs et conducteurs et à iceulx le procès sommairement faict comme responsables des faultes de leurs soldats ; faictes bonne et briesve justice, par les voyes qui vous sont prescrites par les ordonnances, et où il vous sera faict empeschement et résistance, vous permettons d'assembler à son de cloche et tocqsin les gentilhommes et habitants des villes et villaiges d'alentour avec armes, et par toutes voyes de force prendre et rendre à la justice les dicts chefs et gens de guerre ou les tailler en pièces s'ils se mettent en deflfense, sans que vous ny avec qui vous assisterons et accompaignerons en puissiez estre jamais recherchés, et oncques voulons et ordonnons que leurs armes, chevaulx et esquipaiges soient vendus et distribués à ceulx qui vous auront accompaignés à tel exploit, et s'il advient que sans effusion de sang les dicts chefs et les plus chargés et coulpables de leurs trouppés vous puissent estre représentés, vous ordonnerez quelqu'un des aultres pour conduire diligemment ceulx qui resteront, la part que portera le commandement qu'ils en auront de Nous, ou s'ils n'en ont aulcun, leur enjoindre se retirer chascun en leurs maisons, sans souffrir qu'il leur soit mesfaict par les communes qu'aurez assemblées; » Et pour rendre l'exécution de ce que dessus plus prompte et facille,
• Voulions que celuy de vous qui le premier sera à cheval et aura à exploicter en son destroict, somnae et appelle les aultres prévosts des destroicts prochains à luy assister avec leurs archers et aultres forces qu'ils pourront rassembler sans entrer en jalousie les ungs
» des aultres, ainsi se fortiffiant en commun selon les i occasions et besoing qui en sera pour nostre service et » le bien de nostre peuple. Et si aulcun de vous en faict » refus sur la sommation ou requeste qui luy en sera » faicte» Nous voulons que procès-verbal en soit faict par » celuy qui en fera la première sommation. » Mandons et ordonnons, etc. i
RECRUTEMENT DES CHEVAUX DE l'ARTILLERIE DE l' ARMEE.
Du 20 mai 1597. — Pour le recrutement des chevaux de l'artillerie de l'armée, une ordonnance du roi Henri IV prescrivit des réquisitions en France, et en particulier à Bourges.
La voici :
€ HEPWIY, par la grâce de Dieu, roy de France et de 9 Navarre,
» A Monseigneur le chevallier de nos ordres le baron i de La Ghastre, goubverneur de nostre ville de Bourges, » Maire et Eschevins de la Ville, salut.
» Gomme il est très -nécessaire pour s'opposer aux » desseings de nos ennemis d'entreprendre sur eux et • retirer par force les places qu'ils occupent en nostre » province de Picardie, de mestre en campaigne une forte » et puissante armée avec une très-bonne quantité d'arlil- > lerie et munitions propres à cest efifëct, et pour la » conduicte des dicts, il est besoing recevoir promptement » un grand nombre de chevaulx roulliers que nous voulions
» tirer de plusieurs endroicts de cestuy nostre royaulme,
• les bien entretenir et soudoier pour servir en nostre
• artillerye. Pour recebvoir lesquels, nous espérons que » tous nos bons subjects y tiendront la main, entre aultres
• notre ville de Bourges, en laquelle il s'en pourra trouver j> une bonne quantité.
» A ces causes. Nous vous mandons, commandons et » très-expressément enjoignons par ces présentes, que » incontinent icelles raisons, vous arrestiez ou faisiez » arrester chez ung chascun les chevaulx rouUiers bons » et forts avec les chartiers pour leur conduicte, que » trouverez en nostre ville de Bourges et environs d'icelle » jusque au nombre de 30 chevaulx et iceulx mestre es i mains de Ollivier Deleau, sieur de La Mothe, qui en 9 sera le cappitaine et auquel nous en avons donné la V commission de les conduire et amener bien enharnachés
• à Paris, et lequel paiera la despense qu'ils feront jusqu'à » ce qu'ils soient présentés à nostre amé et féal le sieur » de Sainct-Luc, grand maistre de nostre artillerye, ou » son lieutenant pour les rebcevoir et faire marquer pour » servir en nostre artillerye ainsi qu'ils adviseront bon » estre pour nostre service, et ce à raison de 30 sols pour » chascun cheval par jour des deniers à luy ordonnés pour » cest estât. Lequel prix de 30 sols nous voulions dores- » navent estre payé contant pour leur entretènement par » le Trésorier-Payeur général de l'artillerye, compris ^a
• nourriture des chartiers du jour qu'ils seront reçus, et » continuer tant et si longuement qu'ils nous feront » service, et jusqu'à ce qu'ils soient licentiés ainsi qu'il » sera plus amplement contenu au marché qui en sera » passé avec ceulx à qui appartiendront les dicls chevaulx.
» Et au cas où nostre Trésorier ne paye la dicte solde » dans le temps qui sera fixé eu le dict marché,
» Nous leur ferons bailler ung bon et notable marchand » en nostre ville de Paris, quy en fera sa propre deste » en contraignant ou faisant contraindre tous ceulx qu'il » appartiendra par toutes voies amyes et raisonnables, » mesme par emprisonnement, i (Suit la formule exécutoire.) Signé par le Roi et de Neus ville.
Arrivait en effet, quelques jours après, à Bourges, le sieur de La Mothe, porteur de cette lettre du Roi.
L'Administration, après de nombreuses recherches et perquisitions, ainsi qu'il résulte des documents qui suivent, ne trouva aucuns chevaux rouliers qui fussent propres au service de l'artillerie, attendu que les rouliers et voituriers n'ayant pu les nourrir, en raison de la dureté des temps, avaient été obligés de les vendre et de s'en défaire à l'occasion surtout de la grande famine, disette et cherté des blés, causée par la grande peste et maladie contagieuse qui désolait la Ville depuis deux mois. A cette occasion, beaucoup de voituriers étaient morts ou avaient dû quitter la ville avec leurs familles, et un grand nombre de maisons étaient fermées.
De cette façon, il n'y eut aucun moyen de satisfaire aux ordres du Roi.