LUTTE DES PRINCES AVEC MARIE DE MÉDICIS
(19 septembre 1616.) — Nous arrivons à la lutte des princes avec Marie de Médicis, régente de France.
Je rencontre ici un document portant serment par les habitants de Bourges de rester fidèles au jeune Roi.
Le prince de Ctondé était gouverneur du Berry, et son lieutenant, le S' de La Lande, commandant la Grosse-Tour de Bourges pour lui, y avait accumulé, ainsi qu'il résulte de quelques documents qui précèdent, des vivres et des munitions en grand nombre, et avait tourné vers la Ville les pièces de canon tournées avant du côté opposé. Il courait, du reste, sur le prince de Condé de graves soupçons, et il venait d'être remplacé par M. de Montigny en sa charge de gouverneur.
Sur les remontrances de ceux de la Ville, ces pièces
avaient été remises en leur place> et, de l'avis de Messieurs du Clergé, des sentinelles de sûreté avaient été placées dans le cloître proche Tesglise Notre-Dame de Salles, de FAnnonciade, etc.
Voici, du reste, un document très-intéressant sur cette affaire :
c Le Maire faict cognoistre an Conseil
> Que M. de Montigny vient en ceste Ville avec l'ordre du Roy; il y faict entrer son train ordinaire, sans qu'il soict advisé ny resceu aulcune garnison, il pense n'avoir les habitants aultre plus grand désir et affection que de la maintenir et conserver en l'obéyssance de Sa Majesté;
» Que le S' La Lande, cappitaine pour Mgr le prince en la Grosse-Tour, sera veu par MM. les Maire et Eschevins et troys ou quatre de Messieurs du Corps de Ville, pour luy faire entendre que, sur l'advis que les habitants ont eu qu'il faict grand provision de munitions de guerres et vivres en la dicte Tour et avoit dressé du costé de la Ville les pièces de canon qui estoient auparavant du costé de la campagne et commandoient sur la Ville, et les habitants, qui n'ont aultres intentions que servir fidellement le Roy, pourroient entrer en deffience de ceulx de la dicte Tour et le prier, d'accord en bonne intelligence et vollonté avec les habitants, pour la conservation de la dicte Ville au service de Sa Majesté ;
» Que les assistants de la dicte assemblée ont pour agréable la bonne intention de Messieurs du Clergé du désir qu'ils ont de faire des corps de garde, à quoy, par M. le Maire pour toute la compagnie, les sieurs Dumer-<
lier, grand-vicaire de Monseigneur le Bévérendissime Archevesque de Bourges et Tofficial, assistans en la dicte assemblée pour le dicl Clergé, ont esté priés et exhortés laisser occuper les dicts corps de garde et de laisser mestre des sentinelles secrètes aux lieux qu'il convient, proche Tesglise de Nostre-Dame de Salles, l'Annonciade et aultres endroicts des advenues de la Grosse-Tour, pour veoir ce qui entre et sort de la dicte Tour et en donner advis à MM. les Maire et Eschevins; » Qu'il sera mis des hommes fidelles en garde à la Tour- Âgnès par M. l'Eschevin du quartier d'Auron ou, en son absence, par le S' cappitaine du dict quartier en tel nombre qu'ils adviseront, qui seront changés par chascun jour selon les escouades ;
» Que, pour ce qui a esté proposé du canonnier de la Ville qui a esté en la Grosse-Tour pour les munitions qui y ont esté menées sans en avoir donné advis aux sieurs Maire et Eschevins, desquels il est officier et subject, et aussy de la proposition contre Vanille, qui a esté commis pour le dict guet sur la tour Sainct-Estienne, qui ne sonna dix gentilshommes qui enlroienl en la dicte Ville, que les Maire et Eschevins en feroient répréhension et justice ainsi qu'ils adviseroient;
» Et ont les dicts sieurs du Clergé, par le dict sieur Foucault, Maire, pour tous les assistants et la dicte assemblée, estes exhortés en personnes des dicts sieurs Dumerlier et l'oflBcial de leur corps susdict, de faire prières à Dieu pour la continuation de la paix, tranquillité générale du royaulme et conservation de Sa Majesté.
» Signé : Foucault S'^ dë Chamfort, Maire. »
(F* 213, 9 septembre 1616.) — Serment des habitants de la Ville de vivre et mourir pour le service de Sa Majesté, sous l'autorité de M. de Montigny.
€ En l'assemblée municipale, après que lecture a esté » faicte des lettres qu'il a pieu au Roy escrire à ceste Ville » et de celles que M. de Montigny, Mareschal de France, a » du pouvoir que Sa Majesté luy attribue de commander en » toutes les villes et places de ceste province et duché de » Berry en l'absence de Monseigneur le prince goubverneur » et lieutenant général pour Sa Majesté, et icelle du 3 du » présent moys, et que tous les assistants en la dicte » assemblée en grand nombre ont unanimement d'ung » commun accord et consentement, eu les dictes lettres » pour agréables, a esté arresté et conclud qu'elles seront » enregistrées au greffe des affaires communes de la Ville » et que, conformément à icelle, la volonté de Sa Majesté » sera entreveue, suyvie et effectuée. Ayant tous les assis- » tants rendu grâces à Dieu de l'honneur qu'il plaict à Sa » Majesté faire à ceste Ville de leur donner mon dict sieur » de Montigny pour les goubverner et commander en » l'absence de mon dict seigneur le prince et en témoi- » gnage du très-humble et fidelle serment qu'ils doibvent à » Sa Majesté continuer, ont tous preste le serment juré et » promis soubs Tauctorité de mon dict sieur de Montigny, » de vivre et mourir pour le service de Sa Majesté et con-
> servation de sa ville de Bourges en son obéyssance, dont
> sera faict acte qui sera envoyé et porté à Sa Majesté avec
> les lettres par les depputés qui seront choisis par les
> Maire et Eschevins. »
(po 214, le 3 septembre 1616.) — Lettres du Roi sur les
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entreprises qu'on prémédite sur la personne du prinœ de Gondé^ se joignant à ses ennemis.