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V. BABES ET D. 6HE0R6HIU

Dans les cas examinés par nous il y avait 10-i2 segments dans la fièvre tierce ou quotidienne et 6-7 dans la fièvre quarte.

La segmentation s'effectue par une concentration plus ou moins complète du pigment au centre et par une division du protoplasma à la périphérie ; il se produit en même temps une division des noyaux vacuolaires, fait que nous ne trouvons pas signalé chez les auteurs.

Parfois on rencontre des rosettes ou des marguerites particulières avec des feuilles élancées, dont chacune renferme un pou de pigment et deux vacuoles (fig. 39). Tandis que dans la fièvre quarte la segmentation est très régulière et la forme de fleur de marguerite très prononcée (fig. 54 et 55), . dans les autres formes de fièvre, il s'agit plutôt d'une masse de corpuscules, entourant d'une manière peu régulière le pigment concentré. Dans d'autres cas, ou bien dans les mêmes cas, on trouve parfois une segmentation qui diffère de celle décrite en ce que les segments sont disposés d^une manière irrégulière et que le pigment n'est plus concentré, de sorte que ces segments restent pigmentés (fig. 41). En ce qui concerne le pigment, il est incontestable que dans la fièvre tierce le pigment est plus fin et moins foncé que dans la fièvre quarte. On trouve quand même aussi dans la fièvre quarte des parasites au pigment fin. Dans cette dernière forme, mais parfois dans la tierce aussi, on rencontre des parasites, dont le pigment disposé en bâtonnets grenus, ressemble aux bacilles (fig. 53), tandis qu'ordinairement le pigment ressemble dans la quarte plutôt aux microcoques ou aux diplocoques de 1 pi de diamètre (fig. 53). En dehors de ce cycle de développement on trouve dans les divers cas de paludisme des formes, qui représentent un mode particulier de dégénérescence du parasite, ce sont des masses d'un jaune plus foncé, cuivré au centre, un peu colorées et pigmentées par le bleu, présentant une pigmentation irrégulière (fig. 49). Enfin nous avons rencontré parfois des formes flagellées, dont la signification nous échappe (fig. 36).

11 ne nous semble pas impossible que les formes malignes irrégulières et parfois apyrétiques estivo-automnales soient

liées à des formes particulières du parasite. C'est en eflfet dans cette époque et exceptionnellement en hiver que nous avons rencontré les formes en croissant. Cependant nous ne sommes pas à même de faire une distinction nette entre les fièvres pernicieuses quotidiennes et tierces, quoiqu'il ne soit pas douteux que dans ces dernières on trouve plus de croissants et moins de corps en rosace que dans la quotidienne.

La forme en croissant résulte, selon notre expérience, d'une foi*me amœboïde comme les autres formes, seulement l'amibe se contracte en formant un corps triangulaire plat ou bien elle conserve sa forme ronde, son noyau grandit, devient périphérique, tandis que le protoplasma et le pigment se concentrent à la partie opposée delà vacuole, de sorte qu'il en résulte un croissant très courbé (fig. 45). Plus tard le protoplasma se concentre, s'arrondil et prend la forme dessinée dans les figures 44 et 46. L'hématie suit la forme du parasite et devient crénelée, elle disparait peu à peu et seulement le noyau vacuolaire accompagné d*un peu de protoplasma reste à la partie concave du parasite.

Au lieu des formes en croissant on trouve souvent des formes ovalaires, oblongues, qui semblent être une phase de développement plus avancée du parasite.

C'est surtout dans cette forme qu'on trouve une disposi* tion particulière du pigment, qui paraît se diviser en deux parties par une ligne médiane, dépourvue de pigment. Il nous semble avoir observé encore un autre mode de développement des croissants, qui consiste en une sporulation particulière, d'où résulte des segments oblongs, parfois même en croissant et dont le développement pourrait donner naissance aux croissants de Laveran (fig. 39).

Les croissants sont plus réfringents, uniformes, et la couleur bleue est surtout prononcée aux pôles, tandis que le reste est coloré un peu en jaune. Une particularité que nous avons observée régulièrement aux croissants, c'est la disposition du pigment au centre. Ce pigment noir et grossier affecte ordinairement une figure qui ressemble à une figure karyokinétique, surtout à la forme en tonneau ou en diaster à 4-6 anses de chaque côté {fig. 48 et VIII). Comme nous

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n'avons trouvé dans plusieurs cas très graves rien que ces croissants, nous hésitons à les regarder comme des formations absolument stériles. Les mouvements et la forme du pigment dans les différentes phases du parasite nous font penser à un rôle actif des formations pigmentées.

On pourrait se demander si la concentration du pigment au centre des croissants et l'élargissement du parasite ne représentaient un phénomène analogue à la préparation pour la multiplication régulière du parasite dans d'autres formes de la maladie.

Cette possibilité serait soutenable si on supposait que cette segmentation se produirait dans la profondeur des organes.

Certains faits observés, comme celui de deux croissants courts superposés, avec les pigments sous formes de mitose (fig. 48 «), près de leur point de contact, pourraient être interprétés comme une division des croissants en deux. Il faudrait sans doute un plus grand nombre d'observations pour pouvoir se prononcer sur la signification de ces formes curieuses.

CONCLUSIONS

Il résulte de nos recherches que :

1® Le paludisme est dû à la présence dans le sang d'unparasite y découvert par Laveran.

2® Ce parasite a été retrouvé, sans exception^ dans tous les 43 cas de paludisme bien établi, observés par nous, sauf dans quelques cas chroniques apyrétiques. Dans les cas oit on a prétendu n'avoir pu le retrouver, il faut admettre un manque d'exercice dans ces sortes de recherches.

3*» Le parasite du paludisme se présente sous la forme de corpuscules plasmatiques à noyaux vacuolaires pâles. En se développant et en envahissant le globule rouge, il engendre des formes variées rondes^ amœboïdes, en rosace, en croissant, et flagellées.

4^ Le mode d action de ces micro-organismes, qui engendrent diverses formes cliniques, n'est pas encore complètement expliqué.

5* Si nous considérons la fréquence des petits corps peu pigmerles et des f ormes en rosace^ composées à leur tour de petits rorps plasmatiques, qui ont été surtout retrouvées pendant l'accèSf nous admettons qu'il existe un rapport entre les accès de fièvre paludéenne et la multiplication du parasite dans le sang.

6* // résulte de nos recherches qu'il existe réellement une différence en ce qui concerne la forme des parasites dans les différentes formes cliniques de la maladie ^ savoir :

a) Dans les fièvres quotidiennes automnales nous avons observé à plusieurs reprises des corps sphériques et parfois en croissant à tous leurs stades de développement; les premiers commençant par les petits corpuscules et progressant jusqu'aux formes en rosace, les derniers mêlés à des formes ovales. Dans les formes quotidiennes typho-palustres autom^ nales nous avons rencontré plusieurs formes en croissant dans les différents stades de développement; dans certains cas on voit des fortnes endo-globulaires avec Tatrophie et la teinte plus sombre des hématies, qui contenaient les para* sites.

b) Dans les fièvres quotidiennes hivernales nous avons observé des parasites ronds, volumineux, endo et extra-globulaires, parfois dépassant le volume des hématies, finement pigmentés. Dans quelques cas on a trouvé aussi des formes en rosace, composées de 9-10 petits corpuscules vacuolaires un peu pigmentés.

e) Dans les fièvres quotidiennes printanières nous avon» rencontré des formes volumineuses sphériques endo- et extraglobulaires, finement pigmentées. Dans certains cas les leucocytes étaient multipliés.

d) Dans la fièvre tierce automnale on a trouvé des globules rouges peu modifiés, des parasites en croissant et ovales avec le caractère de formes en croissant déjà développées et sans rapport évident avec les globules rouges. Dans un cas nous avons trouvé aussi des formes sphériques endoglobulaires finement pigmentées.

e) 11 existe parfois aussi dans la fièvre tierce hivernale des formes en croissant, mêlées à des formes rondes finement pigmentées; mais dans la plupart des cas on observe des for-

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mes sphériques endo-globulaires avec du pigment fin et dégénérescence des hématies.

f) Dans les fièvres tierces printanières nous avons observé des globules rouges de volume différent^ et des parasites sphériques endo et extraglobulaires. Les hématies, qui contenaient les parasites étaient modifiées, les unes ainsi que les parasites étaient atteints de dégénérescence.

g) Dans les fièvres quartes printanières et hivernales nous avons observé, outre la différence de volume des hématies, des formes parasitaires sphériques endoglobulaires, plus ou moins volumineuses avec le pigment sous forme de grains volumineux, parfois disposées sous forme linéaire, provoquant une atrophie ou une contraction du globule, dont les contours deviennent plus précis et réfringents. Pendant l'accès on a retrouvé des formes en rosace à 6-7 lobes seulement; mais plus volumineux que dans les autres formes de la maladie.

h) Dans le paludisme chronique sans fièvre on a trouvé, dans certains cas, des parasites ronds libres ordinairement dans le sang, parfois inclus à Tintérieur des globules, dont Os déterminent l'atrophie.

Il n'est pas douteux qu'il existe une corrélation entre le type du parasite, la forme clinique de la maladie et la saison, de même qu'entre le nombre des parasites et l'inteasité des cas.

Les différences observées par nouSj quoigtie assez stables, ne sont pas si absolues que le prétendent les auteurs italiens, de sorte que nous hésitons encore à établir des espèces différentes du parasite pour les différentes formes de paludisme.

Il serait possible quau moins une partie des différences que présente le parasite dans ses différentes formes, tienne à son énergie vitale pendant les différentes saisons, ainsi qu'à la résistance de F organisme .

// n'est pas douteux cependant que la fièvre tierce simple ainsi que la quarte et les fièvres pernicieuses estivo-automnales reconnaissent pour cause des variétés du parasite ; mais nous ne sommes pas assez renseignés sur la question s* il existe une variété à part pour la quotidienne, de même que sur les fièvres produites par F association des différentes générations et

ÉTUDE SUR LES FûHMES DU PARASITE DE LA MALARIA» 223

variétés du parasite; nous ne savons pas non plus si nous avons affaire à des variétés naturelles ou passagères du parasite. Ce gui nous fait encore hésiter à accepter sans restriction les vues des auteurs italiens^ c*est surtout le fait gue F on trouve souvent différentes variétés du parasite dans un seul et même caSj ainsi gue différents stades de développement dans une seule phase de la maladie; enfin^ gu'on trouve des cas dans lesguels la fièvre change de type en récidivant.

7^ Le traitement spéci/igue fait disparaître les parasites du sang y non pas immédiatement à la suite de la disparition des symptômes morbides, mais au bout de plusieurs jours de traitement[l^i). Ce sont surtout les croissants qui résistent le plus longtemps à faction de la guinine.

8^ Ikais les cas de paludisme chronique^ ainsi gue dans les cas à récidive, plus rarement dans ceux de première invasion^ on observe une multiplication plus ou moins prononcée des leucocytes polynucléaires ou plus souvent des mononucléaires.

9* Le nombre des hématies est souvent diminué, les globules rouges, surtout dans les cas à récidive, sont souvent inégaux, beaucoup plus petits ou plus gros gu*à fétat normal, et nous avons trouvé fréguemment des hématies colorées par des couleurs basiques (Taniline [hématies chromatigués), ce gui tious condmt à supposer gue dans ces cas le parasite assiste à la formation des globules rouges en pénétrant dans ces globules en voie de formation et en dérangeant en même temps la régularité du procès de t hématogenèse.

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