GASTRITE CHRONIQUE
HÉMATÉMÈSE MORTELLE PRODUITE PAR UNE LÉGÈRE EXULCÉRATION DE LA MUQUEUSE STOMACAtE
Par MM. XL lAPINB et BRBT
X..., ftgé de 65 ans, confiseur, alcooliqne avéré, a depuis longtemps de la pituite le matin; depuis trois mois environ, les troubles gastriques d'abord intermittents sont devenus permanents : il a perdu l'appétit et a du dégoût pour la viande ; parfois des vomissements alimen« taires, de légères hématémèses et du mélœna. A son entrée à la clinique douleur dans la région de Testomac; augmentation de la sonorité gas« trique; pas de tumeur appréciable & la palpation.
Étude du ekmisme stomaccU faite par le D' Tocrnier une heure après un repas d'épreuve mixte :
Réaction de Qunsburg négative, c'est-à-dire pas d'acide chlorhydrique libre. Le vert briUant vire à peine, c'est-à-dire à peu près pas d'acide chlorhydrique combiné.
Acide lactique, traces.
Acidité totale, 0«»,730.
Faiblesse très grande depuis quinze jours surtout ; aspect cachée* tique; sang très pâle. Densité = 1046; globules rouges 1 300000; hé-> moglobine 4,8; ce qui fait une valeur globulaire de i,4. Urine plutôt pâle, sans albumine.
Pendant les quelques jours que le malade est resté dans le service, " il a été pris plusieurs fois de petites syncopes. Nous avons été témoins de la dernière (syncope grave)'; il y a eu suspension de la respiration pen« dant quelques minutes; le pouls est devenu assez petit, très précipité. Consécutivement à cette syncope il a vomi du sang. Mort quelques heures après.
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AoTOPSis : Estomac plus volumineux qu'à l'état normal, presque complètement rempli de sang noir à demi ooagulé. La muqueuse est presque dans toute son étendue imbibée en rose par la matière colorante du sang; pas d'ulcère; pas de vascularisation excessive de la inu-i queuse. En regardant au grand jour avec beaucoup d'attention, cq distingue, à certaines places, de petites exu^céralionà très petites, en coup d'ongle. - , : .
Cœur un peu flasque, sans lésion d'orifice ; myocarde pâle ; poids,-. 350 gr.
Reins plutôt petits; poids, 240 gr., présentant quelques petits kystes à leur surface. •
Foie gras; p. 1 350 gr. ; rate, 70 gr. ; poumons sains, 300 gr. et 500 gr.
Étude de la muqueuse stomacale, par M. Brbt.
Les coupes ont porté sur deux régions distinctes de l'estomac.
i<* A quatre centimètres (fune eoiulcération, là où la muqueuse, saine en apparence, montrait encore les plis caractéristiques.
A ce niveau, l'on trouve des formations tubulées, des glandes assez, régaliëres. Les parties superficielles de la muqueuse, comme abrasées, ont disparu par suite de la desquamation cadavérique. Par contre, les cellules des cals-de-sac se reconnaissent aisément, mais présentent un aspect vitreux particulier. Leur noyau se colore mal, est à peine visible ; le protoplasma offre une teinte orangée vitreuse.
2<* Au niveau d'une exukération les coupes offrent à étudier : 1<^ le fond même de la perte de substance ; 2** la constitution des parties avoisinantes.
Le fond de l'exulcération est formé par la sous -muqueuse, notablement épaissie. A sa surface afQeurent deux artérioles, dont les coupes nous présentent la section transversale de l'une (6) (fig. 1) et un peu oblique de l'autre (d). Toutes deux sont complètement oblitérées par on processus d'endartérite. En effet, en dedans de la limitante élastique interne, on voit s'imbriquer régulièrement une série de coucbes conjonctives jusqu'à oblitération complète de la lumière du vaisseau. Au-dessous existe une artère volumineuse (e) dont la lumière est perméable, malgré un certain degré d'endartérite, et qui présente, au niveau de l'adventice, un foyer assez étendu de dégénérescence athéro-^ mateuse survenue sans doute secondairement dans un vieil amas de prolifération embryonnaire.
La tunique sous-muqueuse est constituée par du tissu conjonctif Iftche dont les mailles se laissent très facilement dissocier. Elle est Le siège d'une prolifération cellulaire assez accusée.
Les parties avoisinantes de l'exulcération (fig. 2) nous présentent la coucbe glandulaire diminuant progressivement de hauteur pour venir se mettre de niveau avec le fond de la perte de substance.
Elle offre des altérations notables et ce n'est guère que dans les portions tout à fait superficielles que l'on distingue encore la forme des
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culs-de-sac glandulaires. Les préparations ont à ce niveau un aspect flou, au milieu duquel il est très difficile de distinguer Tarrangement et la forme des cellules et de saisir autre chose qu'une hyperplasie épithëliale considérable, en même temps que la dégénérescence de ce tissii prolifère.
Dans les parties profondes, la couche glandulaire présente sur toute la longueur de la préparation une série de loges kystiques (a, d) dont la limite est formée moins par une bordure coiyonctive que par des
Fig. I (Obj. 2 Verick; Ocal. 2).
a. Loge kystique dans l'épaisseur de ia couche glandulaire.
e, b. Section transyersale d'une artëriole oblitérée par endartérite.
d. Conpe oblique d'une artériole voisine, également oblitérée.
e. Coupe transversale d'une artère de la sous-muqueuse.
traînées de cellules proiiférées d'aspect épithélial. Ces loges, de fonne Tariable, assez généralement arrondies, sont quelquefois pluriloculaires. Elles sont remplies d'un très grand nombre de cellules épithéliales. Celles-ci ont, pour la plupart, la forme cylindrique. Il est très fréquent (à un fort grossissement, obj. 6 ou 7 de Verick) de rencontrer une série de 5 ou 6 cellules accolées les unes aux autres. Cellules étroites, hautes, avec un noyau ovoïde bien coloré, situé à la base de l'élément. Ces cellules se coloren très bien par le carmin. A cdté d'elles il en est d'autres dont la forme est indécise, qui se colorent mal, rappellent les cellules caliciformes de Toriflce des glandes.
L'intervalle de ces loges kystiques est encombré de cellules épithè-