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PROCESSUS DE PEPTONISATION DANS L'ESTOMAC

Pas MM. Albert MATHIBU et L..A. HALLOPBAU

L'évolution du processus de peptonisation dans l'estomac est encore fort incomplètement connu. On se trouve, en effet, en présence de difficultés multiples : les méthodes de dosage de la peptone employées jusqu'ici sont fort imparfaites et d'une exactitude très relative ; les produits de la digestion sont incessamment éliminés de Testomac, soit par absorption, soit par évacuation pylorique. Dans ces conditions, il est difficile de déterminer la qualité et la quantité du travail exécuté par Festomac, et cependant cette détermination serait de la plus haute importance, tant en physiologie normale qu'en physiologie pathologique.

Le procédé de dosage du chlore indiqué par M. Win ter* a constitué un progrès considérable. Il a permis non seulement de doser î'HCl libre, mais aussi de retrouver cet HCl àTétat de combinaison avec les substances organiques azotées : de cette façon, on mesure la totalité de THCl, quelle que soit du reste son origine, et Ton prend par là connaissance d'un des éléments les plus caractéristiques de la sécrétion gastrique. On a ainsi une donnée matérielle sur le fonctionnement sécrétoire de la muqueuse, donnée des plus importantes pour le diagnostic et l'intervention thérapeutique. La mise en

i. Haybu et WiNTBR, Du ckimUme ttlotnacal^ 1891.

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œuvre de cette méthode a réellement marqué un très grand progrès dans Tétude chimique de la dyspepsie stomacale.

IMLalheureusement, les renseignements fournis par le procédé Winter sur le travail exécuté par Testomac sont tout à fait indirects.

Si Ton était même en possession de procédés directs parfaits, il faudrait, pour mesurer la quantité absolue du travail digestif exécuté par Testomac, recueillir les substances alimentaires au fur et à mesure de leur évacuation par le pylore : c'est un genre de recherches qui présente au point de vue expérimental les difficultés les plus grandes. En attendant, on peut mesurer directement chez les chiens pourvus de fistules stomacales, ou mesurer indirectement chez Thomme, la quantité du contenu gastrique aux diverses périodes de la digestion. La courbe ainsi obtenue peut, par son interprétation, fournir des données intéressantes sur la quantité du travail exécuté et sur la quantité d*HCl en évolution.

Il serait très important de pouvoir comparer les substances azotées sous leurs diverses formes (syntonine, propeptone et peptone)et le chlore en combinaison organique estimé par la méthode Winter, en déterminant non seulement la proportion de substances albuminoïdes et d'HGl combiné aux diverses phrases de la digestion, mais dM^^W^nv quantité absolue. On aurait ainsi une idée précise de l'évolution de la chloropeptonisation, de la quantité de travail chimique dû à la sécrétion gastrique, et aussi une idée plus nette de la nature et de la signification du chlore en combinaison azotée.

Ces recherches nous avons l'intention de les faire, et le présent travail a pour but d'exposer le résultat de nos premières expériences dans ce sens.

L'un de nous a fait connaître un procédé nouveau de dosage quantitatif de la peptone ; malheureusement ses recherches n'ont porté encore que sur la peptone de la fibrine, et pour éviter toute objection, nous avons dû nous borner à expérimenter chez le chien avec la fibrine du bœuf. On est là dans des conditions spéciales, assez différentes des conditions de l'alimentation normale ; malgré cela, et précisément parce que nous avons, dans cette première série de recherches, ra-

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men($ le problème à résoudre à sa plus simple expression, nous avons pu obtenir des données d'un réel intérêt. Plus tard, nous expérimenterons avec des aliments plus complexes, avec des albumines différentes ; mais cela demande des recherches préliminaires que le temps ne nous a pas permis de faire encore.

Nos expériences ont été faites sur un chien buU-dog* muni d'une fistule gastrique, vigoureux, bien portant, que M. Gley a eu l'extrême obligeance de mettre à notre dispositions. Ce chien avait un chimisme gastrique normal, et môme légèrement supérieur à la normale, si Ton prend pour terme de comparaison les chiffres obtenus par MM.Hayem et Winter chez le chieo, avec un repas d'épreuve identique. (Tableaux I et II, Digestion ni.)

Nos analyses ont été faites de la façon suivante :

L'acidité totale, le chlore total, le chlore des chlorures fixes, l'acide chlorhydrique libre et l'acide chlorhydrique combiné ont été déterminés sur 20 ce. de suc gastrique, d'après la méthode employée par MM. Hayem et Winter*.

La peptone a été dosée sur 10 ce. de suc gastrique après séparation des autres albuminoïdes par le procédé d'Hofmeister '. Pour effectuer cette séparation, on ajoute à la liqueur de l'acétate de sodium et du chlorure ferrique; on la neutralise presque complètement par le carbonate de soude, on porte à Tébullition et on laisse refroidir. Le liquide filtré est additionné de son volume environ de solution de nitrate mercurique à 10 p. 100, ne renfermant pas d'acide nitrique libre. Le précipité de peptonate de mercure qui se forme est recueilli, après quelques heures de repos, sur un filtre taré; on lave à l'eau froide jusqu'à ce que les eaux de lavage ne précipitent plus par l'hydrogène sulfuré. Le filtre est séché à 106°- 1 08®. Son augmentation de poids représente le poids du peptonate de mercure; en multipliant ce poids par le coefficient

1. Ce chien, au début des expériences pesait 14"ï,400, et, à la fin, 13"»,8. Il avait donc perdu 600 grammes de son poids^ quantité insignifiante dans ces conditions.

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