Haybh et WiNTBR, Du chimisme stomacal
3. L.-A. Hallopkau, Sur l'analyse quantitative du suc gastrique. (Journ, de Pharm. et Chhn. [5] T. XX VÎT. 126, 1803.)
344 A. MATHIEU ET L.-A. HALLOPEAU.
0,666, on obtient celui de la peptone renfermée dans 10 cc.de suc gastrique \
D'autre part, la syntonine a été déterminée sur 20 ce. de gastrique (ou seulement 10 ce. dans les cas où le suc gastrique était peu abondant). Par neutralisation exacte au moyen du carbonate de soude, on précipite la syntonine ; on la recueille sur un filtre taré, qui est ensuite lavé à Teau froide, et séché à 108^; Taugmentation de poids du filtre représente le poids de la syntonine.
La liqueur filtrée, additionnée d'une goutte d'acide acétique faible,! est chauffée au bain-marie pendant une demiheure. Les flocons d'albumine qui se précipitent sont recueillis sur un filtre taré et pesés, suivant la méthode ordinaire.
Dans le liquide filtré, on peut précipiter enfin Thémialbumose au moyen du chlorure de sodium en poudre.
il suffit en quelque sorte de lire les courbes construites d'après nos tableaux et de les traduire en langage ordinaire pour exposer les résultats auxquels nous sommes parvenus. Les deux premiers tracés se rapportent à la proportion des quantités obtenues, pour 100 centim. cubes de liquide stomacal, en milligrammes ; les deux derniers tracés, à la totalité du suc gastrique extrait de Festomac.
On voit immédiatement que les chiffres relatifs à la peptone sont beaucoup plus élevés que les chiffres relatifs au chlore en combinaison organique. Au bout de trente minutes, moment où est atteint le maximum des quantités, on trouve dans la première série d'expériences 0^'',131 de chlore combiné pour 16^'',104 de peptone, et dans la seconde série, 0^'',106 de chlore combiné pour 1^',847 de peptone et 0«',93 de propeptone ou hémialbumose. (Tableau U.)
Il est à remarquer que pour une quantité plus faible d'HCl combiné, il y a dans le second cas une quantité presque deux fois plus considérable de substances albuminoïdes dissoutes ; il faut en conclure que le chlore combiné n'est pas proportionnel à la quantité d'albuminoïdes seulement attaqués ou
1. L.-A. Hallopbau, Dosage 'de peptone par précipitation à Vélat de pepio^ nate de mercure. (Comptes rendus^i. CXV,p. 356, 1892.)
PROCESSUS DE PEPTONISATION DANS L'eSTOMAC. 345
déjà transformés. Le chlore en combinaison organique ne peut donc pas servir à mesurer le travail exécuté par l'estomac ; cela d'autant plus qu'il se combine tout aussi bien avec la peptone qu'avec la syntonine ou la propeptone, ainsi que nos chiffresen fournissent une nouvelle preuve. En effet, dans la première série de digestions, il n'y a au bout de 30 minutes que 0*',0S8 de syntonine, 0^,07 d'albumine dissoute pour IP",!©* de peptone. C'est donc surtout avec la peptone que l'HGl se trouvait en combinaison. Nous avons du reste, avec des digestions artificielles, obtenu des résultats plus nets encore. Dans ces digestions de fibrine, pour lesquelles nous nous servions d'une pepsine exempte de peptone mise à notre disposition par M. Ghassevant, nous avons trouvé une quantité notable de chlore en combinaison azotée, alors qu'il n'y avait pas, dans le produit de la digestion, d'autre substance azotée que de la peptone ^
Cependant les chiffres les plus élevés de la peptone coïncident avec les chiffres les plus élevés fournis par le dosage du chlore total, du chlore combiné et de l'acidité totale.
Remarquons en passant que ,les courbes que] nous avons obtenues en rapportant les chiffres à 100 ce. de liquide gastrique sont exactement semblables à celles qu'ont données MM. Hayem et Winter pour les éléments chlorés et l'acidité totale.
Nos tracés sont très différents suivant qu'ils se rapportent au tant pour cent ou à la totalité du suc gastrique ; suivant qu'ils se rapportent aux quantités relatives ou aux quantités absolues : la chose était facile à prévoir. La conséquence est forcée c'est que les chiffres fournis par l'analyse doivent, pour avoir une signification bien nette, se rapporter à la totalité du contenu de l'estomac. L'un de nous* a indiqué un procédé indirect de mensuration de la quantité de liquide contenue dans l'estomac qui rend cette évaluation totale aisée à réaliser chez l'homme, le plus souvent tout au moins.
1. Dans ces digestions artificielles, l'analyse faite par le procédé Winter nous a permis de retrouver dans le produit de la digestion tout THGl que nous y STions rois, ce qui démontre l'exactitude de ce procédé.
2. A. Hathibu et Rbmond (de UeU), Société de biologie, 8 novembre 1890.
346 A. MATHIEU ET L.-A. UALLOPEAU.
En tout cas, dans les recherches faites dans un but d'interprétation théorique générale, les chifiFres obtenus n'ont pas de valeur s'ils ne se rapportent pas à la totalité du contenu de Festomac. Sans cela, un degré plus ou moins grand de dilution du suc gastrique suffit pour fausser les données du pourcentage. Le clinicien, en cas de force majeure, a seul le droit, faute de mieux, de se contenter de cette donnée relative.
En vidant, comme nous l'avons fait, l'estomac pendant la digestion au bout d'une période de temps plus ou moins longue, on n'obtient que la quantité de matière encore contenue dans l'estomac ; on ne peut connaître la quantité de cette même matière qui a disparu soit par absorption soit par évacuation pylorique : pouvons-nous cependant avoir quelque idée sur la quantité de travail total exécuté dans le réservoir stomacal ?
Dans les conditions où nous nous sommes placés, avec des repas de 250 grammes d'eau et de 30 grammes de fibrine humide correspondant à 9 ou 10 grammes de fibrine sèche, on voit que l'estomac s'était complètement vidé, pour la première série d'expériences entre 90 et 130 minutes; dans la seconde, on ne trouvait plus que 30 ce. de liquide au bout d'une heure. On voit que l'estomac se débarrasse rapidement, bien que plus ou moins vite, de l'eau ingérée. Il est probable qu'ensuite les liquides provenant de la sécrétion et de la dissolution des aliments sont éliminés assez régulièrement au fur et à mesure de leur production. C'est la seule façon possible d'interpréter les tracés obtenus avec les chiffres rapportés à la totalité.
Cette interprétation est du reste d'accord avec les données fournies par l'expérimentation dans quelques cas. C'est ainsi que Â. Hirsch ' a vu, chez des chiens auxquels il avait pratiqué une fistule duodénale, l'estomac se vider absolument comme semble s'être vidé l'estomac du nôtre. Tout d'abord un flot abondant de liquide : c'est l'eau ingérée que l'estomac transmet rapidement au duodénum, puis, régulièrement, à