ÉTUDE DES CHAMPIGNONS DU FAVUS
3» Gemmes, — Les filaments mycéliens en s'enchevêtrant fonnent le tubercule qui constitue la croûte signalée précédemment. A la surface de cette masse se dressent des filaments irrégulièrement ondulés et ramifiés. Bientôt leurs extrémités se renflent et se séparent en chapelets irréguliers de cellules ovoïdes que nous désignerons sous le nom de gemmes. Ce sont des organes assez souvent peu difl*érenciés des cellules végétatives, mais qui, dans quelques cas, se disposent en chapelets assez réguliers, allongés et ramifiés, que 1 on peut presque considérer comme des spores.
Ces gemmes sont rarement sphériques, ordinairement aplaties transversalement ou allongées longitudinalement ; certaines présentent des saillies latérales ou de petites proéminences coniques terminales.
En général, les chapelets sont courts. Deux fragments de chapelets sont séparés souvent par des parties le long desquelles les cellules ont Taspect normal de cellules végétatives. Ce cas fait transition vers celui où les cellules renflées se rencontrent quelquefois sur le mycélium.
Dans les cultures vieilles, les gemmes s'accroissent beaucoup, prennent une teinte jaunâtre ocracé et se flétrissent ; elles rappellent à ce moment des outres à moitié vidées.
Ces caractères se maintiennent constants après des passages successifs sur la sojuris et sur l'homme.
Favls du chien. — Oo.spora canina Cost. et Sabrazès.
1* Aspect de la culture. — La culture, qui se développe très bien avec la plus grande facilité â une température de 12* à 13* — ce qui n'arrive pas pour le favus de l'homme — ne présente ni sur gélose, ni sur carotte, ni sur pomme de terre, l'aspect de croûte cireuse signalé plus haut. Le contour n'est pas nettement défini, c'est une culture envahissante dont la partie superficielle blanche est soit poudrée, soit tomenteusc. De plus^ et c'est là un caractère important par sa constance, le substratum, quel qu'il soit, se colore constamment d'une teinte rosée ou violacée, teinte qui s'étend en profondeur et en largeur à une certaine distance du point où le semis a été fait
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2° Mycélium. — Le mycélium ne présente pas les terminaisons renflées et ramifiées dichotomiquement que nous avons signalées dans le précédent fa vus.
On remarque sur les bords de la culture des filaments assez différenciés composés de cellules courtes soit cylindriques, soit rétrécies vers le milieu, soit enfin, mais rarement, légèrement bombées. A l'endroit de la partie rentrante ou saillante apparaît d'ordinaire une fine cloison de sorte que la plupart des éléments de la file paraissent bicellulaires. Les cloisons anciennes se gélifient assez communément et des fragments de filaments arrondis aux extrémités peuvent s'isoler en comprenant deux ou un petit nombre de cellules.
Enfin, la partie du mycélium qui contribue à teinter le substratum se présente dans Tacide lactique comme composée de filaments se teignant en jaune dans ce milieu.
V Gommes, — Le favus du chien est capable de pro duire comme le favus de Thomme des gemmes tout à fait semblables à celles qui ont été décrites plus haut, disposées assez régulièrement dans quelques cas et affectant la disposition en longs chapelets; les éléments qui composent ces derniers font alors transition vers des spores.
Dans certaines formes dégradées à^Oospora^ on trouve des transitions analogues des cellules végétatives aux cellules reproductrices ; aussi proposons-nous d'appeler ce champignon Oospora canina se distinguant de VOospora porriginis de l'homme par les caractères tirés de l'aspect des cultures et de l'organisation du mycélium.
On a déjà invoqué des caractères de cet ordre pour distinguer certains champignons, par exemple le Botrytis Bassiana et le Botrytis tenella.
Les différentes cultures se maintiennent avec constance après passage sur la souris, sur l'homme, sur le chien.
Favus de la poule. — Épidermophyton Gallime Mégnin.
i^ Aspect de la culture. — Ce champignon produit sur l'agar ou la gélatine de larges taches blanches tomenteuses. Sur la pomme de terre, l'aspect est assez caractéristique : ce sont des
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croûtes blanches farineuses, peu étendues, présentant une série de mamelons et de sillons irréguliers ; les premiers se crevassent à la fin irrégulièrement.
V Caractères microscopiques. — a. Sur pomme de terre, on remarque au milieu des filaments mycéliens étroits, des* sortes de grands articles allongés mesurant de 45 à 60 (x de long sur 4 à 6 [A. de large. Ces grands éléments sont cloisonnés transversalement cinq à six fois, ils sont assez souvent portés sur un pédicelle étroit ; ils rappellent assez bien les grandes spores épaisses de certaines mucédinées phragmosporées. Assez souvent ces grands articles sont brusquement tronqués au sommet ou à la base.
b. Sur gélatine additionnée de bouillon de veau, la nature sporifère des articles précédents se révèle avec netteté. Les longs filaments minces qui se dressent sur le milieu se terminent par des corps ovoïdes très nettement différenciés du mycélium. Ces spores sont assez variables de forme et de structure, quelques-unes sont bicellulaires et très renflées, mesurant 18 (a. de long sur 11 |je. de large, d'autres sont tricellulaires et plus étroites (27 (& sur 7 ;a) ; enfin, on peut en voir un certain nombre se rapprochant tout à fait de celles qu'on observe sur la pomme de terre [de 45 [je. de long sur 7 ;/. de large et pluricellulaires.
c. Les cultures] sur bouillon de veau permettent de faire une autre remarque. Les pédicelles qui se terminent par des spores semblables aux précédentes peuvent différencier des éléments analogues sur leur longueur; ces articles, séparés entre eux par des cellules stériles, seront tronqués à leur sommet et à leur base quand ils s'isoleront.
L'existence de spores terminales et de spores intercalaires n'est pas extraordinaire chez les champignons et on pourrait en citer des exemples nombreux {Nyctalis, Mucor, etc.). Ce qui ressort surtout de ce qui précède, c'est l'analogie de ces spores ave(^ les chlamydospores.
En somme, jamais on n'observe dans le champignon du favus de la poule les germes si caractéristiques des deux premières espèces. Il n'y a donc aucune ressemblance entre cette espèce et les deux autres ; il y a donc lieu de la placer dans un
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autre genre et le nom à'Ëpidermophyton gaUinsB donné par M. Méguin mérite d'être conservé ; les caractères microscopiques ne faisant qu'accuser les dissemblances déjà révélées par l'aspect extérieur de la culture entre les favus de Thomme et du chien et celui de la poule.
En somme, Tétude morphologique des trois favus conduit à en faire trois espèces distinctes ^ Les favus de Thomme et du chien sont très voisins, ils se distinguent l'un de l'autre, !• par l'aspect constant des cultures; 2" par la structure invariable du mycélium et par sa coloration. Le favus de la poule est un champignon tout à fait différent des deux précédents qui mérite de constituer un genre à part.
1 • Nous ne croyons pas devoir éaumérer, dans cette courte note, les nombreux milieux de culture sur lesquels s'accusent ces différenciations.