DEUX CAS DE PARALYSIE ALCOOLIQUE
A FORME AIGUË ET GÉNÉRALISÉE Par MM. Gh. AGHARD et liavrloe 80UPAULT
Parmi les formes variées que peut revêtir la paralysie alcoolique, la forme aiguë et généralisée est Tune des plus curieuses, sinon des plus fréquentes. Sa gravité, ses analogies avec certains phénomènes d'infection aiguë lui assignent une place à part dans le cadre des paralysies toxiques. Les occasions d'en faire l'étude anatomique ne sont pas très communes. Aussi avons-nous pensé qu'il y avait quelque intérêt à en rapporter deux cas avec autopsie, dont Tun présente une particularité rare : l'existence d'altérations considérables des cellules médullaires, outre les lésions habituelles de polynévrite.
A propos de ces deux faits nous développerons quelques considérations applicables aux névrites toxiques en général.
Obskrvation I. — Anst..., âgé de 28 ans, graveur sur métaux, est apporté le 2 avril 1892, à Thôpital Andral, dans le service de M. le professeur Debove.
Cet homme est en plein délire ; son agitation est incessante ; il parle d'une voix brève et saccadée, et sa loquacité est extrême. Il croit voir autour de lui des personnes imaginaires auxquelles il s'adresse. En même temps, on constate un tremblement général, une sorte de frémissement, surtout accusé aux mains qui sont malhabiles à saisir les objets. Ce délire, qui offre tous les caractères du delirium tremens, augmente pendant la nuit ; dans le jour on peut, en fixant fortement Tat-