Charcot, Leçons du mardi, t. Il, p
4. Q. Ballbt, Des rapports de Tataxie locomotrice et du goitre cxophtal- 'uiqae. BulL et mém. de la Soc, méd, des hôpitaux, 8 février 1889, p. 76.
5. PiBRRB Marib, Leçons sur les maladies delà moelle, 1892, p. 287.
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406 A. aOFFROY ET GH. ACHAHD.
discussion ses premiers arguments d'ordre anatomique. Il s'agit de Tautopsie de la première observation citée par l'un de nous, en 1888, à la Société médicale des hôpitaux.
Clémentine B...,âgée de 49 ans, entrée le 29 mars 4885, salle Rostan, n^ 23, dans le service de M. Joffroy à la Salpétrière.
Antécédents : Pas d'hérédité nerveuse avérée. Variole à H ans; gourme dans l'enfance. Caractère nerveux, impressionnable et irascible. Pas de traces de syphilis.
Le 2i novembre 1879, étant en pleine période menstruelle, elle fat désagréablement impressionnée, dit-elle, par une affaire de famille : elle perdit connaissance, tomba, et eut une épistaxis très abondante. Portée dans son lit, elle y resta couchée plusieurs joars en proie à une grande surexcitation, et éprouvant de violentes douleurs dans la région lombaire. Vers la fin de la première semaine, elle remarqua quelques troubles de la marche : une nuit, s'étant levée pour uriner, elle ne put se tenir sur ses jambes et dut demander du secours pour remonter dans son lit. A partir de ce moment, elle fut dans l'impossibilité de marcher la nuit, mais ces troubles disparaissaient dès que cessait Tobscurité. Au bout d'une quinzaine de jours, elle s'aperçut pour la première fois que ses yeux étaient gros et sortaient de l'orbite, mais cette exophtalmie se serait développée tout de suite après la perte de connaissance, d'après le dire d'une de ses amies présente à l'accident.
C'est trois mois plus tard que survinrent les premières douleurs, sous forme d'élancements fulgurants et de piqûres, siégeant dans les membres inférieurs, revenant par crises assez régulièrement aux époques menstruelles. En même temps, le globe oculaire droit s'est dévié en dehors, sans diplopie ; mais la vue s'est un peu affaiblie de ce c6té.
État stationnaire jusqu'en 1884.
Vers la fin de 1884, une arthropathie se développa au genou gauche, sans douleurs ni même de troubles fonctionnels, car la malade a continué à se lever et à marcher. A la même époque, apparurent des crises gastriques qui revinrent irrégulièrement à des intervalles de quatre à huit semaines environ et qui atteignirent parfois une intensité extrftme.
État de la malade en 1885. — Aux membres inférieurs, incoordination motrice considérable, augmentée par l'occlusion des yeux et plus prononcée du côté gauche. Abolition de la notion de position. Sensibilité tactile émoussée ; retard de perception sur la face externe des deux jambes. Le froid est vivement senti à la face interne des cuisses. Les sensations de pression sont conservées et la malade sent la résistance du sol. Abolition des réflexes. Pas d'atrophie musculaire, ni de troubles trophiques de la peau. Le genou gauche, siège de l'arthropathie, est très déformé et gonflé : sa circonférence est de 31 centimètres et demi au lieu de 21 et demi du côté sain. Il est distendu par un épan-