SYMPTÔMES
Type aigu. — Presque toujours fatal. Ce type prédomine dans les mois chauds de l'année et survient brusquement, frappant tous les animanx d'un troupeau qui a été exposé à l'infection.
La fièvre est le premier de tous les symptômes: l'animal, paraissant à ce moment encore en bonne santé, a néanmoins 106 à 108® F. et même i09^. La marche de la température est la suivante : série d'oscillations ascendantes, plateau si la mort doit survenir ou descente.
Rien qu'en touchant l'anus ou la vulve des animaux d'un troupeau, on peut, dès lors, désigner les animaux malades.
A l'approche de la mort, les battements du cœur augmentent de nombre et deviennent très faibles, puis la température devient hypouormale.
Urine. — L'urine est couleur sang. Cette teinte est due non à la présence de globules rouges, mais à de l'hémoglobine. Cette hémoglobinurie existe presque toujours dans les cas à issue funeste (33 fois sur 46. Dans les treize autres cas, le stade aigu était passé).
L'hémoglobinurie semble dépendre de la rapidité avec laquelle les globules rouges sont infectés et détruits.
Quand l'urine ne renferme pas d'hémoglobine pendant la fièvre, presque toujours on y trouve de l'albumine en grande quantité.
Constipation habituelle, fèces teintées par la bile.
Perte d'appétit, plus de rumination dès le troisième ouïe cinquième jour. Amaigrissement considérable. Souvent arrêt de la sécrétion lactée.
Symptômes nerveux assez rares : Délire, démarche chancelante, paraplégie plus ou moins complète.
Un caractère des plus constants de la maladie, après l'hémoglobinurie;
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est la. fluidité du sang, qui devient très p&Ie et fluide connue de l'eau.
Donc trois symptômes importants :. Haute température, hémoglùbinurie et fluidité du sang.
Durée de la maladie variable : parfois mort en quelques jours. Si la guérison survient, elle est toujours lente; les rechutes sont fréquentes; certains animaux ne se rétablissent jamais. Néanmoins la fièvre ne dure jamais plus de dix jours.
V La mortalité est très élevée dans cette forme aiguë.
Forme chronique ou atténuée, — Souvent méconnue, parce qu'il faut pour la diagnostiquer examiner le sang. C'est la maladie de l'automne : octobre, novembre, rarement en décembre. On l'a vue néanmoins, mais rarement, en août.
Les animaux ayant guéri d'une attaque aiguë peuvent avoir une rechute chronique.
La différence essentielle entre ces deux formes réside tout entière dans le stade du parasite qui circule dans le sang.
Quant aux symptômes, ce sont ceux de la forme aiguë atténués : la température dépasse rarement lOo^ ; il n'y a pas d'hémoglobi nurie, la diminution du nombre des globules rouges est beaucoup moindre.
La rechute en type chronique peut avoir lieu trois semaines, un mois après une attaque aiguë.
Les attaques secondaires sont tantôt de véritables rechutes ou mieux récidives, c'est-à-dire dues à une réinfection, ou elles peuvent être attribuées à une recrudescence du micro-organisme non complètement éliminé du corps de l'animal, car des animaux qui n'avaient pas été exposés à une réinfection ont eu une attaque chronique après une aiguë.
Anatomie pathologique, — Putréfaction rapide, mais il ne faut pas oublier que l'on a affaire à une maladie d'été.
On peut trouver ou non des tiques sur la peau, qui, en outre, présente parfois des ecchymoses. L'œdème sous-cutané est rare, et est dne alors à la faiblesse générale.
Cerveau, — Rien à noter, sauf une tendance à l'engorgement des vaisseaux du cerveau, des membranes et plexus. Substance blanche normale, la substance grise est légèrement rosée.
Poumons d'ordinaire sains, quelquefois œdème et emphysème. Quelques cas d'hépatisation rouge.
CcBur. — Ventricule droit toujours distendu par du sang; le gauche est contracté. Valvules normales. Fréquence des hémorrhagies sous le péricarde et l'endocarde, surtout au niveau du ventricule gauche.
Rate toujours très volumineuse, d'où le nom de fièvre splénique. Le poids de la rate varie avec l'époque de la mort, il est maximum dans les premières périodes de la maladie : deux à quatre fois plus lourde <}ue normalement.
Les noyaux des cellules du parenchyme sont dégénérés et se colo« rent mal.
nÈVRE DU TEXAS OU nÈVRB DES BESTIAUX DU SUD. «t3
Bile abondante, épaissie, goudroneuse.
Reins. — Le tissu cellulaire péri-rénal est œdématié et infiltré par un sérum sanguinolent.
Si ranimai succombe avec une vessie pleine d'urine rouge, les reins sont volumineux, rouge vineux. Le système sanguin est distendu^ gorgé de globules rouges. Hémorrhagies rares. Amas énorme de pigment dans la substance corticale surtout dans les tubes contournés dont l'épithélium est tellement gorgé de [ce [pigment qu'on peut suivre leur trajet à l'œil nu.
Tube digestif, — Portion inférieure normale de même (le troisième estomac. Hyperémie et parfois pétéchies dans le quatrième estomac, et même ulcérations à base hémorrhagique. Beaucoup de bile dans le duodénum. Hyperémie du gros intestin.
Antérieurement, en 1868, on avait noté la fréquence de la jaunisse que nous n'avons remarquée que rarement, mais le Metrop. Board n'examina à cette époque que des animaux venus du Sud, fatigués par les routes et qui, presque tous, mouraient à l'arrivée, tandis que nos investigations ont porté sur des animaux pris dans leur pâturage, mais les lésions essentielles sont les mêmes que celles observées par Gamgee en i868.
MODIFICATION DES HÉMATIES
La diminution des globules rouges croît avec la durée de la fièvre et est énorme dans les cas aigus; en même temps, la forme et les dimensions des hématies varient. Ces changements sont un puissant moyen de diagnostic.
La numération a eu lieu avec l'appareil Thomas de Zeiss, et dilution avec la solution de Toison (Eau 160 ce, glycérine à 60<», 30 ce, sulfate de soude 8 grammes, chlorure de sodium i gramme, méthyl violet 25 centigrammes).
Diverses numérations : en résumé, un animid sain qui compte 7 millions d'hématies par centimètre cube, peut ne plus avoir que 3 millions et même 1675000 de globules rouges. La perte par jour peut s'élever à 800000 (n» 163), et même 1 million (n» 80).
Dans les cas à issue non fatale, la destruction est moins rapide.
Fait intéressant : après chaque période de destruction, il semble qu'il y en ait une de régénération à laquelle succède une nouvelle période de destruction.
Ces oscillations seraient dues à la réapparition du parasite dans le sang.
Cette destruction est démontrée : 1« par la perte de l'hémoglobine par le rein; 2f* par l'hypersécrétion de la bile; 3<> par l'observation directe microscopique.
La régénération des globules rouges. — Cette régénération varie avec la vigueur de l'animal, la nourriture, la saison.
Elle peut débuter même alors que la destruction est en pleine acti-
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vite, et dans ce cas il y aura néanmoins diminution du nombre des hématies, le processus destructeur étunt plus intense que le régénérateur.
Cette production des globules rouges nouveaux peut s'éleVer à 250000 par centimètre cube, et par jour. Elle débute dans les cas aigus, dès que la température cesse d'être élevée, l'animal dût^il ultérieurement succomber.
Changement qualitatif des globules rouges. — On trouve que les hématies ont augmenté de volume, car elles mesurent 6 à 8 pi au lieu de 5 à 6. Tel est le premier changement que Ton constate et il apparaît dès que le nombre des globules rouges est la moitié du nombre physiologique.
Au-dessous de 2 millions de globules rouges, on voit apparaître les hématoblastes ou corpuscules rouges nucléés. Le nombre peut s'élever jusqu'à 5 p. 100 du nombre total des globules. A ce moment même, on voit souvent dans les grandes hématies apparaître une ou deux vacuoles.
En outre, on trouve des globules rouges ou granuleux ou ponctués, mais ces phénomènes ne sont pas imputables au parasite, mais à Tauémie, quelle que soit la nature de cette anémie.