TH. SMITH ET F. L. KILBORNE
notable, car l'inoculation de quelques parasites ne donnent jamais qu'une affection très atténuée. D'ailleurs la vie ectogénique du microbe de la fièvre du Texas est si mal connue que les hypothèses doivent être prudemment formulées, et jusqu'à présent on n'a pas encore trouvé d'exemples de propagation de la fièvre du Texas par d'autres insectes que la tique. La fièvre du Texas est d'ailleurs essentiellement une maladie du sang, et les champs souillés par les déjections des animaux malades ne sont jamais dangereux s'il n'y a pas de tique. En 4890, un pré fut arrosé avec du sang et de la pulpe de rate provenant d'animaux morts de la fièvre aiguë ; d'août à novembre, deux vaches pâturèrent sans inconvéDient dans ce pré.
Immunité et inoculation préventive. — Il était établi, de par l'observation, que les animaux du Sud transportés dans le Nord y perdent assez rapidement leur immunité et se réinfectent si on les transporte de nouveau dans les États du Sud.
Néanmoins nos expériences ont prouvé que cette immunité persistait encore après une et même deux années. D'autre part il nous a semblé que l'immunité des animaux du Sud était due à ce que dans leur jeune âge ils avaient subi des attaques plus ou moins atténuées de la maladie. L'immunité naturelle peut néanmoins exister, mais c'est surtout alors sur les bestiaux âgés de moins d'un an et quand les veaux ont la maladie elle est leplusisouvent très atténuée et peut passer inaperçue.
Immunité acquise des bestiaux du Nord, — C'est là un problème important d'économie et il était intéressant de savoir si Ton pouvait procurer aux bestiaux du Nord une immunité par un procédé quelconque.
Nos expériences de 1890, 1801 et 1892 ont prouvé qu'une première attaque de la maladie ne mettait pas forcément à l'abri d'une récidive. Sur seize animaux atteints une première fois, sept seulement ont résisté à une réinfection.
U est donc probable, ce fait étant acquis, qu'aucun procédé d'inoculation artificielle ne pourra mettre à l'abri d'une récidive. En outre, on comprend quelles difficultés on rencontrera pour préparer des vaccins selon les méthodes pasteuriennes, puisque le parasite n'a jamais pu être cultivé.
Néanmoins nous pensons qu'en exposant des animaux à une infection par des bœufs séjournant déjà depuis un certain temps dans une prairie et en choisissant une saison favorable, on pourra ainsi provoquer une attaque de la maladie atténuée qui pourra, dans une certaine limite, mettre à l'abri d'une récidive à issue fatale. A Washington, on exposera l'animal à l'infection en septembre. Dans des latitudes plus élevées, on pourrait avancer l'époque de l'infection.
En agissant ainsi, tous les animaux exposés prennent la fièvre, mais la mortalité est réduite à zéro.
On a encore essayé de provoquer des attaques atténuées en inoculant du sang d'animaux malades, mais il ne faut pas inoculer en été, et