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T. BASES

dans les reins ainsi que dans Tinflammatian du duodénum, dont ils sont Tagent comme le prouve l'examen histologique et bactériologique. Ces derniers cas sont importants surtout par la constatation d'une duodénite phiegmoneuse hémorragique et mortelle causée par des streptococci et des pneumococci.

Observation VII.

Le 18 juin 1891 est reçu à la clinique de M. le professeur Kalindero le malade J. N..., âgé de 25 ans. Aucune tare héréditaire ou personnelle. Il accuse depuis trois jours des douleurs violentes dans l'abdomen et les muscles, La tôte déjelée en arrière, les paupières closes, les yeux un peu injectés, les pupilles égales, la face congestionnée. Il est impassible et ne parle pas. Il ressent au moindre attouchement des douleurs violentes, qu'il ne trahit rien que par des gémissements. La pression sur l'abdomen est particulièrement douloureuse et provoque des contorsions de la part du malade. La langue sèche est recouverte d'un enduit blanc. 11 a eu deux évacuations sans vomissements.

Respiration fréquente, toux et expectoration difficile. La sonorité pulmonaire est très peu diminuée, quelques râles se font entendre à la partie postérieure. Le pouls et les battements du cœur sont fréquents. Température du matin 38^», le soir peu avant la mort 39°,5. Des épistaxis vers les cinq heures de l'après-midi, hémorragies conjonctivales, purpura; il est très agité et succombe à 1 heures et demie du soir du même jour.

Anatomie pathologique, — La muqueuse du larynx est très injectée. La trachée renferme un liquide sanguinolent. Le poumon gauche présente des adhérences anciennes dans ses parties postérieures. La substance en est très hyperémiée, d'un rouge foncé, La muqueuse des bronches très congestionnée, avec de petites ecchymoses, est recouverte d'un liquide muco-sanguinolent. Le poumon droit est libre, gonflé, pai*semé d'hémorragies jusqu'à 1/2 ce. de diamètre dans sa partie inférieure. Dans les parties centrales des lobes inférieur et moyen du poumon droit existent plusieurs foyers hémorragiques. Le poumon est tacheté de parties rouge noirâtre, mal limitées dans ces endroits; tandis que le reste est simplement hyperémié.

Dans le lobe supérieur existent des taches diffuses ecchjmotiques. Le parenchyme est infiltré d'un liquide sanguinolent. La muqueuse des intestins est un peu injectée et montre au voisinage de la valvule c«ecale une légère tuméfaction des plaques de Payer et par places des ulcérations réticulées à bords et au fond lisses blanchâtres, correspondant en partie seulement aux plaques de Peyer. A la partie inférieure du cdion ascendant, existent des ulcérations plus étendues de 5 centimètres de

ÉTIOLOGIE DE CERTAINES FOHMES d'INFECTION HÉMORRHAGIQUE. 505

largeur sur 6 centimètres de longueur, transversales au fond lisse grisâtre, à bords décollés; la base en est recouverte parfois d'un précipité verdâtre, sale.

Diagnostic anatomo-pathologique. — [Infection hémorragique générale. Amygdalite putride hémorragique.

Hémorragies limitées de la peau, des conjonctives, de la trachée, des bronches, de Tendocarde et de la partie moyenne du poumon droit. Dilatation avec dégénérescence du cœur.

Ulcérations dysentériques anciennes à base gangrenée du côlon ascendant. Entérite hémorragique aiguë du jéjunum et du duodénum. Œdème avec transsudation périlonéale. Intumescence subaiguë de la rate. Néphrite parenchymateuse subaiguë.

Histologie pathologique. — Au microscope on voit des hémorragies dans le poumon. Le sang se trouve à l'intérieur des vaisseaux et des alvéoles dilatés; dans ces dernières existent encore des cellules pigmentées, et des endothéliums gonflés. Les cloisons alvéolaires sont épaissies et pigmentées. A l'intérieur des cloisons et du tissu interstitiel embryonnaire on voit des groupes de diplo-bactéries de 0.6 p.. Les groupes ronds de 50 (x environ sont disposés d'ordinaire autour des vaisseaux plus petits et surtout au centre des foyers hémorragiques.

Ces masses sont si denses qu'elles font l'impression de bouchons de pigment colorés en rouge brunâtre par la safranine. La disposition des microbes à l'intérieur des bouchons est radiée, ressemblant aux grains d'actinomycose. En outre, bon nombre de capillaires sont obstrués par des cocci peut-être des staphylocoques. On peut distinguer enfin des streptocoques, longs, isolés.

Examen bactériologique, — Cultures des bronches : sur agar-agar glycérine précipité blanc, fin, pulvérulent au fond. Au microscope : diplocoques très fins 0.4 — 0.5 {a, formant parfois de courtes chaînettes. Mômes microbes, seulement à membres plus gros 0.8 pi sur le sérnm.

Cultures du poumon : sur agar-agar points Ans, sphériques, convexes, blancs, formés par des diplocoques gros, ayant la tendance à former de courtes chaînettes, ou des masses denses atteignant parfois le diamètre de 1.5 p., à membres lancéolés ou ovales.

Culture du péricarde : sur agar-agar des plaques rondes, étendues, transparentes, gluantes, liquide un peu gélatineux, saprogène. Au microscope : diplocoques et peut-être des bacilles courts, pâles, très distanciés, englobés dans une substance encore plus pâle, 0.6 [x.

Cultures du sang : sur agar-agar des colonies ponctiformes blanches, luisantes le long de la strie composées de streptocoques longs, comprimés, inégaux. Sur agar glycérine : streptocoques et de petites colonies blanches, plates, le long de la strie renfermant des bacilles courts de 0.6 (L.

Culture de la rate : sur agar-agar i^ des bacilles ressemblant à ceux

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de la ûèvre typhoïde et formant des colonies entourées d'une zone large, transparente, mince, et 2<^ des points fins à la surface avec un précipité pulvérulent au fond. Au microscope : streptocoques assez longs qui produisent en gélatine une strie assez uniforme.

Cultures des reins : sur agar glycérine des plaques glaantes composées de diplo-bactéries plus grosses ou bacilles courts et gonûé^ jusqu'à 0.8 |ji.

Le long de la strie on distingue beaucoup de points blancs transparents, lucides et saillants, formés par des streptocoques longs de 0.6 (i, qui se colorent bien d'après le procédé de Gram.

Cultures du tissu profond de l'ulcère intestinal : sur agar glycérine une masse de colonies plus petites en bas, confluentes en partie, plus transparentes à la périphérie, plus blanches et gluantes au centre.

Liquide trouble, gluant. Sous le microscope : bacilles courts, un peu gonflés, arrondis, parallèles, plus diffus, 0.8 {jl, bien colorés, formant sur la gélatine une plaque plate, superficielle, brillante, tout autour de laquelle la gélatine devient opalescente. Crête uniforme, blanchâtre.

Cultures de la muqueuse de l'iléon : sur agar-agar bande blanche, transparente, gluante; liquide trouble. Sous le microscope : des bacilles variables comme forme 0.5-0.7 yi, courts ou plus longs, gonflés ou parallèles.

Cultures du péritoine : sur agar-agar, strie fine, pointillée ; précipité pulvérulent au fond. Sous le microscope : des streptocoques comprimés, un peu plus courts 0.7 (&, col. 4.

Cultures de l'urine : sur agar-agar, plaques étendues, irrégulières, gluantes, plus transparentes à la périphérie, liquide gluant au fond ; bulles d'air, saprogène. Bacilles courts, arrondis, diplo-bactéries à membres souvent pâles de 0.4 {jl d'épaisseur.

Les ensemencements des méninges, des amygdales et du foie ont été stériles.

Un lapin inoculé avec le fil de platine d'une culture du diplocoque du sang reste sauf; tandis qu'uu autre infecté avec 0.3 grammes de culture du poumon succombe au bout de trois jours avec une septicémie, hyperémie pulmonaire et généralisation du diplocoque.

Résumé. — Dans ce cas de septicémie hémorragique, nous avons trouvé, à Tautopsie, une dysenterie chronique avec ulcères gangreneux, une inflammation hémorrhagique du duodénum, du jéjunum et des bronches, des ecchymoses des organes internes, savoir sur le trajet de l'appareil respiratoire de même qu'une dégénérescence parenchymateuse des organes internes et une amygdalite putride.

La marche de la maladie et la localisation des hémor-

ÉTIOLOGIE DE CERTAINES FORMES D*INFECTION HÉHORRHAGIQUE. 507

ragie% indiqueraient le trajet respiratoire ou les amygdales comme point de départ du processus. D'autre part les lésions dysentériques plaideraient en faveur d'une infection par voie intestinale. Les streptocoques isolés dans ce cas se retrouvaient aussi dans les coupes des organes colorées par le procédé de Gram. Ils se distinguaient d'autres streptocoques par leur action sur Thomme, en ce qu'ils pullulent énormément, produisant par là une infection hémorragique foudroyante. Outre ce microbe, on a trouvé dans les poumons et les bronches hémorragiques un diplocoque en zooglœa denses et qui donne des cultures particulières, et dans la rate et le sang, des microbes ressemblant à ceux de la fièvre typhoïde. Enfin nous pouvons mentionner avoir trouvé répandus dans le tissu conjonctif et dans les organes internes un autre microbe qui ressemble beaucoup au bacille de l'œdème malin, mais qui n'a pas pu être cultivé. Nous voyons donc dans ce cas une association de plusieurs microbes parmi lesquels le streptococcus répandu en masses énormes dans la plupart des organes diminue la scène.

Observation VIII

Le 26 novembre 1891 succombe dans le service de M. le D' Teodoresco un individu, âgé de 48 ans.

Anatomie pathologique des organes respiratoires, — Les poumons sont libres, pigmentés en partie, atélectasiés dans les parties inférieures, très emphysémateux, sans élasticité, raréfiés; les alvéoles sont très dilatés.

Les grosses bronches renferment un liquide sanguinolent et beaucoup de mucosité. La muqueuse en est épaissie, injectée. Les petites bronches renferment une mucosité bien liée, mêlée de sang.

Diagnostic anatomo-pathologique. — Bronchite et bronchiolite aiguës, hémorragiques avec emphysème généralisé et atélectasie. Hyperémie du cerveau. GEdème peu intense des extrémités inférieures. IJn peu d'ascite, anasarque et hydro-péricardite.

Examen histologique. — Les poumons contiennent beaucoup de pigment, surtout autour des vaisseaux et des bronches. Les vaisseaux très dilatés compriment les alvéoles. En maints endroits, les alvéoles sont remplis de grosses cellules pigmentées, mêlées de globules rouges. D'autres fois les alvéoles contiennent de grosses gouttes d'une substance peu colorée, uniforme, entourée d'une zone granuleuse.

Examen bactériologique, — Dans la mucosité des bronches on trouve

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bon nombre de diplocoques, qui résistent à la décoloration par Tiode. Les cultures des bronches sur gélose glycérinée donnent de ^petites colonies blanches, convexes, isolées; vésicules d'air dans la profondeur, liquide clair, précipite avec une pellicule demi-transparente. Diplocoques bien colorés de 1 (x de diamètre, colorables d'après Gram.

Première dilution sur agar glycérine, stérile.

Le bouillon devient un peu trouble, avec un peu de précipité au fond. Mêmes microbes au microscope. Sur agar-agar points irréguliers, transparents, le long de la strie. De petites colonies saillantes, blanches, un peu roncenlriques. Sous le microscope : Des sortes de sarcines et des bacilles fins ou des diplobactéries en chaînettes ou bien en zooglœa.

Première dilution sur agar glycérine : crête prononcée, dans la profondeur seulement. Une sorte de petits streptocoques courts, pâles et diffus de 0.4 (i.

Seconde dilution en gélatine : une seule colonie épaisse, concentrique, plate. Des vésicules d'air en bas. Diplocoques plus gros, uniformes, en zooglœa, 0.8 [x, col. 4.

Les ensemencements des autres organes ont été stériles.

Le 27 novembre, on injecte sous la peau d'un lapin de la mucosité des grosses bronches. L'animal succombe le 0 décembre avec une réaction appréciable à la place de l'inoculation et une congestion des organes internes. La rate était grosse; les plèvres et le péricarde parsemés de taches brunes, rouges, difTuses. La cavité pleurale renfermait un peu de liquide rougeâtre. Les ensemencements sur agar-agar, du sang, du cœur et de la rate de ce lapin, ont donné des colonies ponctiformes à la surface, composées de diplocoques en chaînettes courtes et qui croissent mal sur gélatine.

Le diplocoque cultivé des bronches du cadavre a été inoculé à une souris, qui a succombé au bout de 4 jours vraisemblablement sous l'action du même microbe puisqu'il s'était répandu un peu partout dans l'organisme.

Observation IX

Le 5 janvier 1892 est amené dans le service de M. le D'Teodoresco un individu de 40 à 50 ans. Il succombe au bout de quelques heures.

Anatomie pathologique, — La muqueuse du larynx et du pharynx injectée, roussâtre, avec des petites taches hémorragiques, est recouverte d*une mucosité abondante, sanguino-purulente. La muqueuse de la trachée, injectée et recouverte dans toute son étendue de muco-pos i

sanguinolent, présente, vers le milieu de son trajet, une plaie de 3 cm. |

de diamètre privée, à ce qu'il parait, des différentes couches de la mu- j

queuse et dont la sous-muqueuse, dénudée elle-même, est recouverte i

d'un tissu aréolaire blanchâtre, plus sec comme s'il avait été cautérisé. Les poumons sont gonflés, emphysémateux dans les parties antérieures, ,

cyanoses et hyperémiés dans les parties postérieures. Les petites bron-

ÉTIOLOGIfi DE CERTAINES FORMES 1) 'INFECTION HÉMORRHAGIQUE. 509

ches renferment da mnco-pas sanguinolent, la muqueuse en est très injectée, d'un rouge sombre. L'intestin grêle est contracté. La muqueuse des intestins et de l'estomac d'un gris rouge&lre, à surface un peu grenue, est recouverte de mucosités adhérentes.

Diagnostic anatomo -pathologique, — Pharyngite, laryngite, trachéite, bronchite hémorragique et purulente aiguës. Emphysème avec œdème aigu des poumons, mais sans traces de pneumonie.

Exanthème par place hémorragique. Dégénérescence parenchymateuse du cœur, du foie et des reins. Gastro-entérite catarrhale.

Examen bactériologique. — Dans la sécrétion bronchique, on voit des leucocytes polynucléaires en destruction, à protoplasma dififùs et entourés d'une masse de diplocoques ou de bacilles très courts et fins de 0.3 [Ji. Les diplocoques se colorent d'après Gram.

Culture de la bronche gauche : sur agar glycérine une bande mince, humide, uniforme, lout à fait transparente le long de la strie. Un peu de liquide muqueux avec du précipité assez dense.

Des bacilles Gns 0.2-0.3 fi, uniformes, d'ordinaire parallèles, col. 4. Us ne se colorent pas d'après Gram. Première dilution sur gélatine : colonies de 1/2 mm. transparentes, globuleuses, imposant pour des gouttes.

Elles croissent aussi dans la profondeur. Sous le microscope : des bacilles ressemblant un peu à ceux de la morve.

Culture de la bronche droite : sur agar glycérine enduit mince, un peu mamelonné, des colonies dorées et une bande. Sous le microscope : une masse de petites bactéries de 0.2, mais très distanciées, sous forme de points, parfois allongées, très courtes, effilées à l'une des extrémités 0. 2 fi.

A la seconde génération on obtient dans un mélange de maltose et d'agar-agar glycérine des bandes minces, un peu blanchâtres, formées à la périphérie par des points plus gros, transparents, confluents. Liquide trouble. Précipité blanchâtre.

Diplo-bactéries, peut-être même des bacilles très courts, très fins, diffus, à extrémités ponctuées de 0. 3 fA, col. 2-3.

Les ensemencements des autres organes ont été stériles.

Cette dernière, introduite sous la peau d'un lapin, en a amené la mort au bout de deux jours à la suite de la septicémie avec de petites hémorragies pleurales.

Les cultures obtenues des organes contenaient le même microbe. Il résulte que dans ce cas la bronchite est probablement l'expression d'une infection hémorragique due à un bacille fin, mycogène assez virulent pour le lapin, chez lequel il a produit une septicémie et des hémorragies pleurales.

Observation X

Le 24 janvier 1892 succombe dans le service de M. le D' Teodoresco un individu âgé de 43 ans, qui avait présenté dans la vie des phé-

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nomènes de bronchite inlense et d'emphysème pulmonaire. Douleurs abdominales et sensibilité générale.

Anatomie pathologique des organes respiratoires. — La muqueuse du larynx est rose et recouverte de mucosités. Les poumons sont gonflés, emphysémateux dans les parties antérieures, hyperémiques dans les parties postérieures. La muqueuse des bronches est injectée. Les grosses bronches sont gorgées de sang liquide, d'auLaut plus pur qu'on avance vers les ramifications plus petites, lesquelles sont obstruées par des mucosités purulentes.

Diagnostic anatomo-pathologique, — Amygdalite et bronchiolite purulentes. Hémorragie des bronches, dont la muqueuse présente une tuméfaction avec injection et ecchymoses par places. Gonflement et emphysème des parties antérieures des poumons. Hyperémie des parties postérieures. Hémorragies le long des plis du côlon ascendant. Dilatation de rs iliaque, œdème des méninges, atrophie des circonvolutions^ Épaississement de la muqueuse stomacale.

Histologie pathologique, — Bon nombre de vaisseaux des poumons renferment à côté des globules rouges des thrombus colorés, entourés d'une zone épaisse de tissu embryounaire. Les alvéoles sont dilatées et remplies de cellules lymphatiques à noyaux prolifères nécrosés et de fibrine granuleuse. L'épithélium des petites bronches est dérangé et remplacé par des cellules embryonnaires et un réseau de fibrine. La paroi de la bronche est devenue embryonnaire avec des foyers hémorragiques et des vaisseaux très dilatés souvent pigmentés. Dans les alvéoles on voit des diplocoques oblongs de 0.8 [i qui se colorent d'après Gram.

Examen bactériologique, — Dans les mucosités des bronches on voit des globules rouges et des leucocytes polynucléaires ainsi que des fragments de cellules ou de noyaux. Des formes variées de microbes : des bacilles de 0.8-1.5 (x entourés d'une zone pâle; des cocci ovales de même que des diplo, qui se retrouvent aussi à Tintérieur de certaines cellules plus volumineuses. Culture de la muqueuse hémorragique des bronches; sur gélose la surface est recouverte : 1» d'une masse de colonies ponctiformes,blanch&tres; 2* il y en a d'autres plus étendues, irrégulières, blanchâtres, gluantes et 3® surtout des points fins, diffus, confluents; bulles d'air, liquide trouble muqueux, saprogène; 4° vient enfin le staphylocoque doré.

Sous le microscope on voit dans les premières colonies des diplocoques en chaînettes ou formant de gros paquets 0,6-0,8 y. d'ordinaire, comme des diplobactéries.

Dans les secondes colonies des diplobactéries distanciëes, à extrémités gonflées et difi'uses avec l'aspect du mycogène, 0,9 {i d'épaisseur.

Première dilution en gélatine : des colonies petites sphériques le long de la strie, composées de diplocoques et une colonie liquéfiante à la surface, formée par des staphylocoques.

ÉTIOLOeiE DE CERTAINES FOBHES D*1NFEGTI0N HÉMORRHAGIQUE. 511

Culture des poumons : colonies ponctiformes plus grosses, un peu opaques, liquide trouble, précipité au fond. Au microscope, diplocoques un peu oblongs, parfois lancéolés, formant des groupes radiés, denses de 0,6 (1.

Culture des amygdales : 1* sur gélose glycérinée une masse de petits points transparents; 2^ des colonies blanches, humides, gluantes le long de la strie; un peu de précipité, sur bulles d'air.

Sous le microscope : 1® des formes très variées, bacilles comme ceux de la diphtérie, d'autres fois ovales ou ponctués, parallèles ou radiés 0,2-0,8 |i, col. 2-4; 2<> bacilles courts, arrondis, distanciés, pâles, un mucogène 0,8 (i.

Un cobaye, auquel on avait introduit dans la trachée des mucosités des bronches, succombe au boutade 8 jours avec une inflammation intense de la muqueuse trachéale, congestion des poumons, pleurite et péricardite séro-fibrineuses. Dans les poumons on constate de petits nodules hémorragiques. La rate est grossie et hyperémiée. Dans les cultures du poumon et de la plèvre on distingue des cocci en diplo ou en groupes, ou bien en zooglœa. Sur agar-agar ils forment de petites colonies un peu saillantes et en gélatine de petits globes dans la profondeur.

RÉsuitfÉ. — Nous avons affaire, dans ce cas, à une infection hémorragique qui s'est manifestée par une bronchite et une entérite hémorragiques. L'emphysème est dû probablement à la bronchite. Ce sont évidemment ces hémorragies bronchiques qui étaient dans ce cas la cause de la mort. Les bronches renferment différents microbes, dont les plus importants paraissent être des diplocoques et des bacilles, qui présentent certains caractères du bacille diphtérique, ainsi qu'un mycogëne.

Les expériences sur les animaux ont démontré que les diplocoques très virulents, qui se trouvent répandus dans tout l'organisme ont déterminé le caractère hémorragique de la bronchite. D'ailleurs ces microbes ont été trouvés aussi dans les mucosités bronchiques, qui nous ont servi aux expériences.

Observation XI

Le malade G. G..., âgé de 25 ans, terrassier aux fortifications, entre dans le service de M. le professeur Kalindero le 17 avril avec grande fièvre (40«), prostration, purpura sur Tabdomen et les membres inférieurs, phénomènes de bronchite et succombe le 20 avril 1892.

Diagnostic anatomo-fathologique. — Ulcères gangreneux des amygdales

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et du pharynx, ecchymoses pleurales, foyers hémorragiques et congestion des poumons, bronchite hémorragique. Œdème des méninges et de la glotte. Purpura hémorragique de la peau, hypertrophie de la rate. Septicémie hémorrhagique.

Anatomie pathologique {organes respiratoires), — Le poumon droit gonûé et peu adhérent aux côtes. A sa surface on voit plusieurs taches rouge noir hémorragiques; à la section il s'écoule un liquide sanguinolent sirupeux, noir brunâtre. Le lobe inférieur et le moyen sont un peu emphysémateux. Le poumon gauche présente à la surface des taches noires hémorragiques ; à la surface de section on voit à l'intérieur de Torgane des foyers d'hémorragie de couleur rouge noire; il s'écoule par pression une grande quantité de liquide spumeux sangui* noient. Les bronches contiennent une mucosité sanguinolente, la muqueuse est très sanguinolente, les parois infiltrées de sang.

Examen bactériologique. — Les ensemencements des bronches sur agar-agar glycérine donnent de grandes colonies rondes, plates, isolées» plus élevées au centre, blanchâtres, brunes par transparence. Développement dans la profondeur, le liquide de condensation reste clair. Ces cultures sont formées par des bacilles ressemblant à ceux de la fièvre typhoïde mêlés (dans la strie profonde) à des streptocoques. Par des dilutions successives on réussit â obtenir les streptocoques en culture pure. Ils sont courts, de 0,5 |i de diamètre, se colorant par le procédé de Gram et poussant sur la gélatine.

Les ensemencements du foyer hémorragique pulmonaire ont fait pousser sur agar-agar glycérine des points d'une extrême finesse foi^ mant une bande grenue à la surface de la substance. Au fond du liquide de condensation il y a un peu de précipité muqueux blanc rougeâtre. Au microscope on reconnaît deux sortes de microbes : un streptocoque court et très fin, à membres cubiques et des bacilles fins 0,2 (JL formant zooglœa, pâles, ayant une extrémité un peu plus gonflée.

Dans les cultures des reins on trouve des streptocoques de 0.5-0.6 {& col. 4. Ce streptocoque inoculé sous la peau d'une souris provoque une septicémie mortelle au bout de 2 jours.

Ce cas rentre dans le groupe des septicémies hémorragiques ayant pour point de départ les amygdales et déterminant ensuite une bronchite hémorragique accompagnée de septicémie.

Les bronches contiennent un bacille ressemblante celui de la fièvre typhoïde, ainsi qu*un streptocoque qui se retrouve dans les foyers hémorragiques des poumons et des reins. Un autre bacille fin, trouvé dans le poumon, ne paraît pas avoir eu aucun r61e dans la production de cette septicémie, qui s'explique assez bien par l'action du streptocoque septique.

Observation XII Le malade N. S..., âgé de 48 ans, serviteur, est entré à l'hôpital

ÈTIOLOGIE DE CERTAINES FORMES D'iNFECTION RÉMORRHAGIQUE. 513.

dans le service de M. le professeur Stolcesco présentant un purpura hémorragique prononcé, surtout sur les parties supérieures du corps ainsi qu'une bronchite, avec expectoration transparente visqueuse ; un peu plus tard, il survient une pleurite ezaadative, la respiration devient fétide et les derniers jours on voit apparaître sur la face interne de la lèvre inférieure ainsi que sur la face inférieure de la langue quelques ulcères gangreneux.

Le malade succombant le 17 janvier nous procédons à l'autopsie et nous constatons ce qui suit :

Le cadavre est bien conformé, les pupilles sont inégalement dilatées, la conjonctive bulbaire présente de petites taches hémorragiques. La poitrine est large, le cou bien proportionné, l'abdomen un peu ballonné. Le corps et surtout les extrémités supérieures sont recouvertes de grandes taches hémorragiques irrégulières, en partie brunes ou jaunes. Les os crâniens présentent une injection diffuse sous forme de taches sur la lame interne ; la substance spongieuse est en petite quantité. Les méninges épaissies, œdematiées se détachent facilement. Les sillons sont plus larges. Le ventricule latéral contient un liquide sanguinolent; la substance grise est anémique, la substance blanche assez consistante. A la partie inférieure de la langue il existe de chaque cdté du frein une perte de substance, mesurant 4 centimètres de longueur sur 2 centimètres et demi de largeur, avec une base pulpeuse, brune, sale, sphacéleuse.

La muqueuse de l'épigiotte épaissie est livide, la muqueuse des cartilages de Wriesberg et Santorini est œdématiée. Le corps thyroïde petit, d'un rouge brun, est consistant. La muqueuse du larynx et du pharynx livide, sale, est recouverte d'une sanie blanchâtre.

Le poumon gauche adhérent à la partie supérieure est recouvert dans sa partie postérieure par des pseudo-membranes jaunes. La plèvre est épaissie, d'un aspect laiteux. La cavité pleurale gauche contient environ un litre de liquide trouble floconneux. Vers la partie supérieure et postérieure la plèvre présente des hémorragies ponctiformes et confluentes. Les parties supérieures du poumon gauche sont hyperémiques et laissent s'écouler k la pression beaucoup de liquide sanguinolent. Dans le lobe inférieur il se trouve une caverne gangreneuse à parois pulpeuses, sales, verd&tres, remplie par une substance ichoreuse et entourée d'un foyer marbré, qui, s'é tendant vers la base du poumon est plus consistant, tuméfié, fragile, d'un rouge brun sale. Les bronches sont entourées de points hémorragiques.

Le poumon droit est tuméflé, ses parties antérieures sont emphysémateuses. La partie postérieure du lobe inférieur plus consistante est inûltrée par un liquide rouge sanguinolent, peu aéré ; les bronches de cette région sont dilatées et remplies par une substance blanc jaunâtre, granuleuse, comme des grains de pavot. Les grosses bronches, en commençant au-dessous de la trachée, ont la muqueuse grise sale, injectée,

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finement granulée et recouverte par une substance ichoreuse d'un rouge sale, leur tissu profond ont une couleur rouge noire, hémorragique. La trachée ainsi que les grosses bronches présentent des pertes de substance superÛcieUes longitudinales, ayant des bords blancs granulés sur la partie postérieure.

Le cœur grossi, fiasque, est recouvert de graisse ; le cœur droit renferme des caillots décolorés.

Le foie grossi, gris jaunâtre, marbré à la surface, est assez consistant. Les voies biliaires sont libres; la vésicule biliaire, plus petite, contient un peu de bile liquide rouge orangé. Les reins sont plus petits, pâles, la capsule se détache facilement; la substance corticale un peu plus épaisse et fragile. U rate est tuméfiée, les follicules plus gros, la pulpe brun pâle; entre les follicules il existe un tissu rouge foncé; la pulpe, très ramollie, se laisse facilement enlever. L'estomac est dilaté, la muqueuse injectée notamment dans la région du pylore, de couleur brune, un peu mamelonnée. La muqueuse du duodénum est épaissie, injectée et recouverte de petites hémorragies. Les intestins sont en partie gonflés de gaz; quelques anses du petit bassin ont la muqueuse injectée. La muqueuse de l'intestin grêle, qui contient des matières crémeuses brunes, est livide.

Examen bactériologique, — En pratiquant des ensemencements des différents organes nous obtenons au bout de 24 heures les cultures suivantes : Les cultures du péricarde sur agar-agar glycérine renferment 2 sortes de colonies : 1* des bandes blanches brillantes, formées par un staphylocoque très dense, à membres très inégaux, de 0.5-1.5 |i de diamètre; et 2<» un voile finement pointillé, formé de poinU isolés bien visibles à la loupe, le liquide de condensation est assez clair montrant au fond un précipité blanchâtre plus dense. Les préparations de ces points font voir au microscope des formes ovales plus pâles au milieu, surtout en diplo, formant aussi des chaînettes et des groupes de 0.5 |i, col. 3-4.

Dans les cultures du cœur droit il y a, à côté d'un staphylocoque qui forme des bandes comme plus haut, des colonies ponctiformes, plus grosses dans les parties inférieures des stries; elles sont entourées d'une zone transparente, irrégulière et présentent un centre plus élevé.

Ces colonies sont formées par des chaînettes â membres aplatis ; ordinairement on voit des groupes comme un staphylocoque; cependant les individus de ces groupes ont toujours la tendance à former des chaînettes parallèles.

Dans les préparations colorées d'après le procédé de Gram on voit le plus souvent des chaînettes courtes, à membres ronds, mais il y a aussi des streptocoques plus longs dont quelques membres sont plus gros; en général ils ont de 0,7-0,8 y. de diamètre.

Les ensemencements des bronches, de la gangrène pulmonaire et de la plèvre font pousser sur agar-agar glycérine une seule espèce de

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colonies ponctiformes, blanchâtres, assez opaques» plus élevées au centre. Le liquide de condensation clair montre au fond un peu de précipité nuageux.

Au microscope on voit des chaînettes, moyennes comme longueur de 12-14 membres ronds ou aplatis, diplo, plus gros aux extrémités, de 0,8 |i. Colorant d'après le procédé de Gram on voit les mêmes microbes, ayant quelquefois des membres plus ovales de 0,8-1,2 \l.

Ce streptocoque forme sar gélatine des bandes larges, un peu granuleuses, composées de points transparents qui ne sont pas très confluents.

Le bouillon de culture se trouble dans les premières 24 heures, tenant en suspension de petits flocons ; au fond des tubes il se dépose un précipité granuleux, peu abondant.

Deux lapins, inoculés sous la peau, chacun avec 1 ce. de bouillon de culture âgé de 24 heures, résistent à l'infection; tandis qu'un troisième lapin inoculé sous la peau de l'abdomen avec une émulsion du poumon gangrené succombe au bout de i\ jours, présentant à l'autopsie un grand abcès au point d'inoculation, plein d'un pus liquide blanc et entouré d'hémorragies. Toute la paroi abdominale est gangrenée, de couleur verte. Dans la région de l'abcès il y a des adhérences entre la paroi abdominale et l'intestin avec l'épaississement de la paroi de celui-ci, mesurant 3 millimètres de grosseur. Le péritoine viscéral et pariétal est recouvert de minces fausses membranes flbrineuses. Les reins sont tuméfiés, les pyramides injectées. La rate tuméfiée aussi est livide verdâtre; le foie plus gros est aussi peu consistant.

Examen histologique. — Les sections de la paroi de la caverne gangreneuse du poumon font voir que cette paroi est formée par les couches suivantes : une couche assez épaisse composée exclusivement de streptocoques, ensuite une couche paie, un peu granuleuse, contenant des foyers des mêmes microbes ; une couche embryonnaire à cellules fragmentées et enfin un tissu particulier possédant beaucoup de vaisseaux de néo-formation bouchés par de grandes cellules plasmatiques ou de la fibrine.

Les masses bactériennes de la paroi pénètrent sous forme de pro» longements à l'intérieur du poumon, où l'on voit se former des abcès ou des petites cavernes ou bien des foyers, dont le centre est exclusivement formé par des streptocoques. A partir de ces foyers les microbes pénètrent le long ou à l'intérieur des vaisseaux qui forment une couche épaisse autour de ces cavernes. Le tissu pulmonaire voisin présente des vaisseaux dilatés à parois épaissies et la compression des alvéoles, qui sont remplis de fibrine dense. La grande prolifération des vaisseaux fait que le tissu du poumon est difficile à reconnaître.

La coloration d'après le procédé de Gram fait voir mieux la disposition décrite des streptocoques, qui se présentent en chaînettes plus courtes, irrégulières comme forme et fusionnées quelquefois en masses compactes.

516 y. BABËS.

La rate présente la prolifération des cellules de la pulpe, de sorte que Torgane renferme une moindre quantité de sang; la pulpe présente en outre un plus grand nombre de grandes cellules ovales ; on n'y rencontre pas de microbes.

Nous avons affaire dans ce cas à un purpura hémorragique avec bronchite; on constate plus tard la présence de foyers gangreneux pulmonaires et buccaux. Il est très probable que le purpura ait un rap* port avec Tinfection bronchique, car, nous y avons trouvé une maladie plus ancienne et hémorragique des bronches.

L'élément infectieux des bronches a produit la gangrène du poumon et de la cavité buccale, qui a été le point de départ de la saprémie et de la septicémie mortelle. Nous avons affaire ici, sans doute, à un streptocoque septique et hémorragique qui a fait son invasion dans tout l'organisme étant localisé cependant surtout dans les bronches et dans les foyers gangreneux.

L'expérimentation dans ce cas nous montre de nouveau ce que nous avons souvent constaté sur certains streptocoques, c'est-à-dire qu'ils perdent rapidement leur virulence [Septische Prozesse, 1888); les lapins inoculés avec des cultures pures résistent à l'infection, tandis que les animaux inoculés avec la substance des foyers pathologiques succombent, présentant des lésions analogues à celles qu'on a observées chez l'homme.

Résumé. — Dans mon travail sur rinfection hémorragique (Annales de t Institut de pathoL et de bactér., 1888-89), j'ai insisté sur Torigine de Tinfection, dans certains de nos cas, dans la muqueuse pharyngienne et surtout amygdalienne ; depuis [Congrès international d^ hygiène y Londres, 1891), j'ai pu constater des infections générales partant d'une bronchite. Dans ces cas, les hémorragies sont dues à difTérentes espèces de microbes, qui se localisent spécialement sur la muqueuse des bronches.

Dans la plupart des autopsies, on a constaté des hémorragies non seulement dans les bronches, mais aussi dans les parois des bronches et dans le tissu péribronchique, elles étaient souvent accompagnées de foyers inflammatoires péribronchiques.

L'aspect histologique des bronches dans ces cas varie selon l'action spéciale des microbes pathogènes et selon l'état de la lésion aiguë, chronique^ primitive ou secondaire. Dans plusieurs de nos cas nous supposons que le microbe hémor-

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ragique pénétrait dans les bronches malades à un moment donné, quand par le fait de la bronchite préexistante il y trouvait un milieu favorable de développement et d'invasion.

Les microbes hémorragiques ont été en môme temps septiques et parfois saprogènes, de sorte qu'on peut ordinairement constater que l'hémorragie, l'infection générale et parfois aussi une gangrène partent de la muqueuse des bronches. Dans certains cas, on peut reconnaître l'origine bronchiale de ces lésions, d'après l'ancienneté des lésions bronchiques et hémorragiques et, dans ces cas, on trouve le début du purpura au thorax et aux extrémités supérieures.

Ici comme dans d'autres formes de septicémies hémorragiques, on constate une grande variété de microbes, parmi lesquels certains streptocoques ou d'autres microbes septiques sont les plus fréquents. Il est possible que daus certains cas comme dans ceux de duodénite ou entérite, le microbe hémorragique se soit localisé secondairement dans les bronches.

Dans d'autres cas enfin, nous avons affaire à des hémorragies dues probablement à la résorption des substances solubles d'un microbe, tandis que celui-ci n'a pas pénétré dans l'intimité de l'organisme. Dans la plupart de nos cas le microbe, qui prédomine dans les bronches, est un diplocoque, qui ne peut pas être confondu ni avec le pneumocoque, ni avec un streptocoque et qui, dans certains cas, se retrouve aussi dans le parenchyme du poumon.

Dans un cas où un streptocoque se trouvait associé à un pneumocoque, nous ne pouvons pas savoir lequel des deux microbes a provoqué l'hémorragie ; tandis que dans d'autres cas on ne peut pas nier le caractère de produire des hémorragies d'un streptocoque court, très pathogène, répandu partout dans les bronches, et dans le tissu péri-bronchique, d'où il a pénétré dans le parenchyme du poumon et dans les organes éloignés comme les reins.

Dans un autre cas le diplocoque mentionné était associé à un streptocoque court non pathogène pour nos animaux de laboratoire, qui était répandu aussi dans d'autres organes.

St8 y. BABBS.

Enfin dans deux cas, nous avons eu affaire à une septicémie hémorragique ayant son point de départ dans le duodénum et dans un cas dans le jéjunum et qui avait produit une entérite et une bronchite hémorragiques. Dans Tun de ces cas les bronches ne renfermaient qu'un mucogëne, tandis que la muqueuse et le tissu profond du duodénum et les organes parenchymateux contenaient mi diplocoque lancéolé très gros, formant des chaînettes et un streptocoque ; dans Tautre cas nous avons eu affaire à un pneumocoque, qui partant probablement du duodénum s'est généralisé dans les autres organes.

Sur onze cas de bronchite hémorragique, on a trouvé dans cinq cas différents mycogènes, dont un déterminant des hémorragies, chez les animaux, deux fois le staphylocoque doré et quatre fois différents streptocoques et pneumocoques.

Qu'il me soit permis d'insister de nouveau sur l'importance des microbes hémorragiques de Thomme, retrouvés dans les bronchites hémorragiques et dont les uns correspondent aux bacilles hémorragiques spécifiques, décrits à peu près en même temps par Vassale {Ross, di sci&nze med.y 1888) et moi, ensuite par Tizzoni et Giovanini [Ziegler's Beitrage^ VI, 1889) et Kolb [Arbeiten ans, d. k. Gesundheitsam/e VII 1891), les autres à certains streptocoques, dont le pouvoir de produire le purpura a été établi par moi (Comptes rendus de la Société des médecins de Bucarest, 1887; Annales dél'Institutdepat, Bucarest, i%%%'i%%%\ tes Bactéries, 3* édition) et confirmé par d'autres auteurs.

Dans mes cas on pouvait distinguer différentes variétés importantes de pneumocoques et de mycogènes. J'avais donné le nom de mycogènes à un groupe de microbes que j'ai trouvé dans les voies respiratoires, surtout en cas d'affections catarrhales et dont j'avais publié un tableau comparatif dans le CentralblaU fur Bactériologie, 1890 et dans la 3* édition de nos « Bactéries » où on trouve aussi des photogravures. Ces microbes ont la propriété de produire dans les cultures des substances muqueuses abondantes et je leur attribue un rôle dans la formation des masses abondantes de mucus dans certains cas de bronchite. A ce groupe appartiennent encore quelques-uns des microbes connus, comme certaines formes

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de Protée et le microbe du rhinosclérome. Le microbe de Friedlsender prfoente aussi des variétés mycogènes. Un de ces microbes trouvé dans un de nos cas, possède, comme nous l'avons prouvé par nos expériences, des propriétés pathogènes et hémorragiques prononcées pour les animaux inoculés.

Il a été impossible de donner dans le cadre d'un article ayant pour but d'attirer Tattention sur Tétiologie des bronchites hémorragiques et de certaines formes d'infection hémorragiqiïe, une description détaillée des différents microbes trouvés dans mes cas. Comme l'analyse bactériologique, grâce à nos nouvelles constatations sur la grande variabilité, sur les variétés et Tassociation^des différents microbes, est devenue un objet d'étude très vaste, je réserve pour une monographie spéciale l'étude détaillée de ces microbes.

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