Y. BASES
étroitement liée à la soas- muqueuse ; la paroi intestinale, surtout dans la portion transversale inférieure du duodénum atteint jusqu'à 4 milli> mètres d'épaisseur et est infiltrée d'une substance gélatineuse trouble ou même purulente.
La séreuse péritonéale du duodénum est recouverte de fausses membranes épaisses, jaunes, stratifiées.
Diagnostic anatomo- pathologique, — Entérite phlegmoneuse et hémorragique aiguë du duodénum, suivie d'une péritonite et pleurésie aiguës. Bronchite hémorragique avec infarctus hémorragique du poumon droit et thrombose des parties périphériques des veines pulmonaires. — Méningite aiguë purulente généralisée au début. Anciennes adhérences des poumons.
Histologie, — Dans les sections microscopiques du poumon, colorées par le procédé de Gram et le bleu de méthylène, on voit que les alvéoles contiennent, à côté de globules rouges et de leucocytes en grand nombre, des diplobactéries ovales ou un peu aiguës, de 0.6 fi, fortement colorées, formant quelquefois des chaînes courtes. L'infarctus pulmonaire est caractérisé par la dilatation des vaisseaux et par l'extravasation du sang dans les alvéoles, qui, autour de ces extravasats, contiennent de la fibrine avec des cellules fragmentées.
En même temps, autour des vaisseaux des masses uniformes qui se colorent en bleu, d'après Gram.
Les vaisseaux sont remplis de cellules et globules rouges qui paraissent mieux retenir la couleur.
Les petites bronches ont un épithélium intact, les parois infiltrées par des leucocytes et les vaisseaux dilatés et pleins de sang.
Examen bactériologique, — Les cultures faites des bronches du poumon droit sur agar-agar se développent sous forme de plaques confluantes, étendues, opalescentes, blanchâtres, muqueuses et saprogènes. Le liquide au fond est trouble avec un dépôt muqueux, jaune-blanc. Les bacilles ont différentes longueurs : les uns gonflés au milieu, une large substance intermédiaire, réticulée, les autres en voie de destruction: les uns gros, les autres plus pâles et confluents de 0,8 — 1 [l (mycogèiies).
Sur gélatine on voit des plaques blanches transparentes en train de se liquéfier. Auprès de ce raucogène on trouve dans les bronches, dans les cultures sur agar-agar un bacille du groupe des coli commune.
Les cultures faites de la rate sur agar donnent des colonies ressemblant aux gouttes de rosée, en bas un précipité floconneux et transparent, une petite crête dans la profondeur. Ces colonies sont constituées de diplocoques, lancéolés de 0,6 fxde grandeur quelquefois en chaînes courtes étroites.
Colorés d'après Gram, ils se montrent comme (iiplocoques à peine lancéolés. Sur gélatine ils ne se développent pas à la température de la chambre. Les cultures de Tinfarctus pulmonaire, qui se développent
ÉTIOLOGIR DK CERTAINES FORMES D*INFECTION HÉMORRHAGIQUE. 501
vite sur Tagar, donnent des bacilles courts uniformes» les extrémités coupées, quelquefois parallèles, 0,7 p. de grandeur. Les cultures du péri* toine sur Tagar donnent des bacilles comme ceux de la fièvre typhoïde, mais plus rigides et plus précis 0,3 — 0,4 u de grandeur, liquéfiant la gélatine.
Les cultures du pus phlegmoneux de la sous-muqueuse duodénale, sur Tagar sucre se développent comme un voile blanchâtre clair ; dans la profondeur le développement est prononcé. La substance est fissurée par des bulles de gaz. Il s'agit de bacilles parallèles, droits avec tendance à se diviser incomplètement en parties ovales, avec les extrémités arrondies.
On constate encore des streptocoques aux formes ovales, ou quelquefois plats, formant des chaînes plus ou moins longues. Colorés d'après Gram on voit seulement des streptocoques ovales avec des points chromatiques de 1 p. de diamètre.
On a isolé de la sous-muqueuse à l'aide de dilutions successives : a) le diplocoque lancéolé de 0,7 fji qui se trouvait aussi dans les coupes de la paroi du duodénum» surtout dans les espaces lymphatiques de la muqueuse infiltrée d'un exsudât tibrineux, constituant par là une localisation rare et pas encore décrite; 6) un gros microbe lancéolé souvent en chaînettes beaucoup plus gros 1 — 1 ,5 (i de diamètre qui de même a été observé dans les tissus.
Par ensemencements des méninges de la base on obtient le staphylocoque doré, des diplocoques et d'autres microcoques disposés par quatre, ressemblant à des sarcines. La souris inoculée sous la peau avec du liquide pleurétique succombe au bout de trois jours.
Les ensemencements de ses organes sont stériles. Le lapin inoculé dans la cavité péritonéale avec le même liquide succombe au bout de quatre jours avec une péritonite flbrineuse très intense et la tuméfaction de la rate. On obtient dans les cultures obtenues à 37<^ du péritoine et du sang des streptocoques de 0,5 p. formant des chaînettes longues et rigides. La rate renferme un diplocoque à membres effilés, de 0,6 (i, formant parfois des chaînettes à membres aplatis.
En introduisant l'émulsion des organes de cet animal dans la cavité péritonéale d'un second lapin, celui-ci succombe au bout de vingtquatre heures avec péritonite et taches ecchymotiques sur le péritoine. Les cultures des organes contiennent le même diplocoque.
Résumé. — Les expériences sur les animaux faites dans ce cas avec le liquide pleurétique renfermant un diplocoque, avaient démontré le caractère virulent de ce microbe. A Taide de cultures, on a encore isolé des bronches un mycogène caractéristique du groupe des saprogènes et qui a la propriété d'engendrer du pigment jaune.
502 V. BABES.
Il est probable que ce dernier ait joué un certain rôle dans la production de la bronchite.
11 existait en outre, dans ce cas, une inflammation hémorragique du duodénum, laquelle parait avoir été le point de départ de Tinfection générale et a entraîné la mort à la suite de la puUulation d'un diplocoque très virulent du groupe des pneumocoques de Frânkel, associé à un microbe lancéolé plus grand, association constatée aussi par Texamen microscopique du tissu profond du duodénum.
Ce cas rentre donc dans les duodénites hémorragiques avec bronchite hémorragique secondaire.
Obsbrvation Vl
Le 14 mai 1B91 a succombé à la clinique de M. le professeur Stoîcesco, un individu à Tautopsie duquel nous avons trouvé le poumon gauche adhérent dans ses parties postérieures. Les parties antérieures sont emphysémateuses. Les lobes inférieurs rétrécis, durs, . brun grisâtre, de la consistance de la chair, laissant couler à la section beaucoup de liquide séreux rougeâtre, contenant un frand nombre de bulles d'air fines. Au centre du tissu carnitlé, on voit des tlots rouge gris, fragiles, spongieux, d'où s'écoule un liquide abondant trouble, grisâtre. Le poumon droit est aussi adhérent et œdématié. Les petites bronches et celles de moyen calibre ont une muqueuse très injectée par places hémorrhagiques et renferment une substance muco-purulente. L'estomac est dilaté, la muqueuse de couleur grise est injectée dans les parties supérieures.
La sous-muqueuse du duodénum est très injectée, œdématiée même, I infiltrée d'un liquide trouble. La muqueuse très injectée est couverte
d'ecchymoses.
I Diagnostic anatomo-pathologique, — Bronchite hémorragique avec
[ œdème pulmonaire. Pneumonie aiguë desquamative du lobe inférieur
i gauche. Duodénite hémorragique. Dégénérescence parenchymateuse des
' reins. Dans le muco-pus bronchique, on a trouvé des diplocoques res-
semblant à ceux de Pasteur, qui se colorent d'après la méthode de Gram. Examen bactériologique, — Cultures des bronches de moyen calibre sur agar-agar : i^ une plaque jaune ; 2® une plaque irrégulière, bosselée, blanche; 3^ crête dans la profondeur; 4« des colonies ponctiformes assez uniformes le long de la strie. Sous le microscope : P staphylocoques, de 1 (A, dans la plaque jaune ; 2^ bacilles courts, arrondis, les plus longs à extrémités renflées, dans la plaque blanche ; 3» et 4® diplocoques en groupes denses parallèles 0,5 \l coi. 3-f , dans la crête et dans les colonies ponctiformes.
ÉTIOLOGIE DE CERTAINES FORMES d'iNFEGTION HÉMORRUAGIQUE. 503
Cultures des bronches plus petites : sur agar-agar : 1° quelques points transparents; 2« d'autres blancs, concentriques, avec un point saillant au centre; crête et précipité pulvérulent.
Sous le microscope : diplocoques en chatnettes petites, droites, très denses, quelquefois des chaînes plus grosses et des coques isolés très distanciés dans les points transparents.
2<> Streptocoques comprimés, assez droits 0,5—0,7 col. 4 quelquefois très denses, imposant pour des bacilles.
Culture des reins : un peu de précipité au fond et une crête dans la profondeur. Cocci très gros, ovales, formant des diplo et des chaînes aux membres confluents comme des bacilles 1-1.2 \l.
Cultures du foie : plaques larges, coniluentes, diffuses, grises ; beaucoup de liquide muqueux au fond du tube, odeur spéciale, bulles de gaz. Sous le microscope : bacilles ovales, oblongs, formant des ûlaments, diplo, assez uniformes, très distanciés, un peu effilés parfois, de 1 (A, col. 4.
La souris inoculée sous la peau de la queue avec les diplocoques cultivés des bronches succombe au bout de 24 heures avec une congestion pulmonaire et des foyers inflammatoires dans les poumons. Dans les cultures et les coupes des organes on trouve le même diplocoque qui se colore par la méthode de Gram.
Sur les coupes du duodénum hémorragique on voit des streptocoques très petits en chaînettes minces et denses dans la profondeur de la muqueuse et obstruant un grand nombre de petits vaisseaux.
Résumé. — L'importance de ce cas résulte de la coexistence d'une duodénite hémorragique limitée, liée à la présence de streptocoques et d'autres microbes avec les caractères des pneumocoques. Il est à remarquer que tout l'organisme était infecté par ces derniers microbes. Les bronches renferment, à côté de ce microbe, le staphylocoque doré. Si nous considérons que la lésion des bronches était moins aiguë que la duodénite car la pneumonie desquamative avait son point de départ dans les lésions des bronches, si nous considérons en outre que les pneumocoques trouvés dans ce cas dans le tissu profond du duodénum se retrouvent souvent à l'état normal dans les voies respiratoires supérieures, nous croyons qu'il est permis de supposer que la muqueuse bronchique a facilité la pénétration dans la circulation générale du pneumocoque et peut-être aussi des streptocoques. Cette manière de voir trouve un appui dans la présence de ces micro-organismes