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UN STREPTOCOQUE DE LA BOUCHE

Nous avons trouvé dans la bouche saine, et en très grande abondance dans certaines angines pultacées, un spreptocoque dont le mode de culture sur la pomme de terre a particulièrement attiré notre attention.

Déjà après vingt-quatre heures à Tétuve à 37®, mais surtout après quarante-huit heures, il donne sur ce milieu, le long de la strie d'ensemencement, des colonies d'aspect tout à fait particulier, en petits grains, plus ou moins arrondis, légèrement mamelonnés, de lagrosseur moyenne d'une petite tête d'épingle d'autant plus petits qu'ils sont plus nombreux, d'aspect un peu humide, d'un blanc laiteux, se détachant distinctement sur le fond jaune paille de la pomme de terre. Les grains sont nettement séparés, même s'ils sont très serrés, — ainsi qu'on peut s'en rendre compte à la loupe. Ils sont très faciles à détacher de la surface de la pomme de terre. Ces colonies paraissent arrêtées dans leur croissance, le troisième ou quatrième jour. Elles donnent, au papier de tournesol, une réaction légèrement, mais nettement acide.

Durant toute une année, pendant laquelle nous avons fait un nombre considérable d'ensemencements, nous avons obtenu constamment, avec ce streptocoque, ces cultures caractéristiques. Nos pommes de terre (préparées suivant là méthode de Roux) étaient de diverses provenances ; nous évitions simplement l'emploi de celles qui avaient commencé à germer. Nous ne les avons pas alcalinisées Or ce streptocoque s'y développait encore très bien, alors que les cultures dans le bouillon peptonisé alcalinisé étaient très pauvres. Nous avons encore des pommes de terre, ensemencées en janvierfévrier 1892, sur lesquelles, malgré la dessiccation, les colonies sont encore très nettes. D'autres pommes, ensemencées

i . Note Bur un caractère différentiel d'un streptocoque de la bouche (Société de biologie, 5 noTembre 1892),

556 F. HAROT.

en avril et mai 1892, ne sont modifiées ni dans leur consistance, ni dans leur coloration; les colonies ont conservé leur couleur blanche primitive.

Nous avons dit plus haut que, avec le streptocoque de l^érysipèle, avec le streptocoque puerpéral , avec quelques streptocoques provenant d'angines pseudo-membraneuses, et ayant tué la souris blanche et donné de Térysipèle à l'oreille du lapin, nous n'avions jamais obtenu de culture apparente sur la pomme de terre.

Sur carottes — préparées comme les pommes de terre — nous n'avons pas obtenu de cultures.

Dans le bouillon : il y a une culture après vingt-quatre heures, à l'étuve à 37<*. Le liquide est limpide. Au fond du tube il y a un dépôt, plus marqué après quarante-huit heures, de grains un peu gros, floconneux. Si l'on agite le ^bouillon, les flocons se détachent du fond, se répandent dans le liquide, mais sans se désagréger, et, par suite, sans le troubler; ils se déposent à nouveau très rapidement. Il faut une assez forte agitation pour amener la désagrégation et un trouble passager du liquide. Le streptocoque de Térysipèle nous a paru donner au contraire des grains beaucoup plus fins, se désagrégeant et troublant le liquide à la moindre agitation, se redéposant très lentement, et souvent restant plus ou moins adhérents aux parois du tube.

Nous avons dit plus haut que, dans certains cas, la culture était très pauvre, à petits grains, alors qu'elle était encore abondante sur la pomme de terre.

Sur les autres milieux, peu de différences notables avec le streptocoque de l'érysipèle.

Sur plaque de gélatine : à Tœil nu, petites colonies blanc jaunâtres rondes, incluses dans la gélatine; au microscope, bords bien limités, surface finement granulée. Une seule fois (obs. III) nous avons obtenu des colonies tout à fait spéciales, qu'il nous a été impossible de reproduire : en même temps que des colonies analogues aux précédentes, incluses dans la gélatine, à la surface des petits boutons transparents comme des gouttelettes d'eau.

Sur gélatine, le long de la strie, après quarante-huit

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