STREPTOCOQUE A CULTURE APPARENTE SUR POMHE DE TERRE
heures, à Tétuve à 23®, petits grains arrondis, séparés, blanchâtres, de la grosseur d'une tète d'épingle moyenne.
Dans la gélatine, en piqûre: après vingt-quatre heures, le long de la piqûre, légère traînée nuageuse, qui, après quarante-huit heures, se montre formée de petits grains plus ou moins pressés les uns contre les autres, d'autant plus gros qu'ils sont moins nombreux.
La croissance des colonies parait arrêtée le troisième jour. Dans aucun cas, la gélatine n'a été liquéfiée, ni modifiée dans sa transparence et sa coloration.
Dans la gélatine (à 10 p. 100)maintenue liquide à l'étuve à 37*", nous n'avons pas observé que les cultures fussent notablement plus abondantes que dans le bouillon.
Sur plaque d'agar, à l'étuve à 37® : très petites colonies analogues à celles du streptocoque de Térysipèle.
Sur agar, en strie : petits grains arrondis, séparés, analogues à ceux de la gélatine inclinée, mais un peu moins blancs, un peu moins opaques, plus transparents, plus bleutés, très analogues souvent à ceux que donne le pneumocoque.
Sur sérum coagulé, le développement parait se faire assez mal; il se forme quelques colonies peu nombreuses, un peu blanchâtres.
Le lait — stérilisé à 100®, trois jours de suite — le plus souvent n'a pas été coagulé ; mais, rien de constant; quelquefois léger dépôt caséeux au fond du tube ; quelquefois même le lait était pris dans son entier en une [masse caséeuse, sans donner jamais cependant un coagulum rétracté, nettement séparé du sérum. Dans ces cas de caséification, la réaction du lait au papier de tournesol s'est montrée très acide.
Ce microbe pousse à la température ordinaire, mais mieux à celle de l'étuve. Il parait mourir assez vite dans les cultures, en général, semble-t-il, après trois semaines, en moyenne.
Il est très bien coloré parles couleurs ordinaires d'aniline, le violet de gentiane en particulier. Il n'est pas décoloré par la méthode de Gram.
La morphologie varie un peu suivant les milieux, le bouillon et la gélatine donnant dans les préparations des chainettes plus ou moins longues, nettement séparées, l'agar et
surtout la pomme de terre donnant généralement, à côté de quelques rares et courtes chaînettes, isolées, des amas très analogues à ceux des staphylocoques, pouvant en être distingués cependant par les chaînettes qui se détachent ordinairement de leurs bords.
Les chaînettes ont généralement de six à dix éléments, souvent cependant vingt à trente; quelquefois quarante à soixante. Elles sont moins ondulées, moins enroulées que les chaînettes de Térysipélocoque, assez souvent au contraire recourbées à angle droit. Les éléments sont souvent régulièrement arrondis et nettement séparés, quelquefois plus petits que ceux de Térysipélocoque ; d'autres fois, ils sont irréguliers de grosseur, dans une même chaînette, tassés les uns contre les autres, et alors déformés, ovalaires transversalement; quelquefois ce tassement se fait par deux et Ton a alors Taspect d'une chaînette de diplocoques.
La souris blanche ne paraît pas notablement incommodée par rinjection sous la peau d'un tiers de centimètre cube d'une culture en bouillon de trois ou quatre jours, non plus que par l'injection extemporanée de débris pultacés de certaines angines contenant ce microbe en abondance. Rien de notable au point d'inoculation.
L'injection sous la peau du cobaye n'a rien produit le plus souvent; deux ou trois fois, un petit noyau d'induration ayant abouti à l'élimination d'une petite eschare.
L'injection (une seule fois) dans le péritoine d'un cobaye n'a rien produit.
Deux fois avec des cultures provenant de l'agar et de la pomme de terre, et de streptocoques différents, nous avons frotté la muqueuse vaginale, préalablement excoriée, d'un cobaye, sans obtenir de productions pseudo-membraneuses.
L'injection sous la peau de l'oreille du lapin a amené des troubles variables, mais peu intenses. Quelquefois, simplement un peu de rougeur longue à disparaître ; ou bien rougeur avec œdème circonscrit autour du point d'inoculation, apparaissant après vingt-quatre heures, et disparaissant en grande partie après quarante-huit ; d'autres fois, noyau d'induration, aboutissant à la formation d'un petit abcès, de la grosseur
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d'une amande, contenant un pus caséeux, dont les ensemencements sont restés stériles ; enfin quelquefois œdème un peu plus prononcé avec chute légère de Toreille qui est un peu chaude.
Le lapin ne nous a pas paru incommodé à la suite de Tinjection, dans la veine de Toreille, d*une petite quantité de bouillon de culture de trois ou quatre jours.
L'injection dans la chambre antérieure de l'œil d*un lapin a amené la production, après vingt-quatre heures, d'iritis, avec congestion péri-kératique intense, inflammation encore augmentée après quarante-huit heures, avec synéchies, en voie de rétrocession yers le sixième jour, puis complètement guérie, sauf un reliquat de synéchies.
En résumé, ce streptocoque paraît peu virulent. Nous n'avons pas fait encore d'expériences suffisantes pour savoir si cette faible virulence pouvait être exaltée ; nous nous proposons de le faire par la suite en utilisant les procédés employés jusqu'ici pour Férysipélocoque.
Ce streptocoque est-il pathogène pour l'homme? Nous ne saurions le dire encore. Dans un cas, un peu de bouillon de culture ayant jailli au cours d'une inoculation, sur la conjonctive de l'expérimentateur, il y eut, dès le lendemain, un peu de conjonctivite légère qui dura trois jours.
Dans les cas d'angines pultacées, que nous avons examinés, nous avons trouvé dans nos ensemencements (faits avec les débris pultacés de l'angine), en très grande abondance, quelquefois presque exclusivement, ce streptocoque à culture apparente sur pomme de terre. En même temps que les ensemencements, nous faisions, à des souris blanches, des inoculations sous-cutanées, avec deux tiers de centimètre cube de bouillon stérilisé dans lequel nous avions fortement agité et désagrégé un peu de ces enduits pultacés qui bouchaient les cryptes amygdaliennes. Dans aucun de ces cas la souris n'est morte. Constatant, de ce fait, l'absence, dans ces débris pultacés, de pneumocoque virulent ou de streptocoque virulent pour la souris, en même temps que nos ensemencements nous permettaient de constater la très grande abondance du streptocoque à culture apparente sur. pomme de terre.
nous avons été amené à nous demander s'il n'y avait [pas lieu d'incriminer ce dernier dans ces cas d'angines pultacées, généralement bénignes. La répétition si fréquente de ces angines, la rapidité avec laquelle elles apparaissent à la suite d'un refroidissement, seraient ainsi plus facilement explicables, semble-t-il, par la présence fréquente (peut-être constante?) de ce streptocoque dans les bouches saines.