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STREPTOCOQUE A CULTURE APPARENTE SUR POMME DE TERRE

Du 10 mars au 31 mai 1892, nombreux ensemencements sur pomme de terre ; dans tous les ensemencements, cultures grisâtres, en nappes festonnées. — Lait coagulé. Pas pathogène pour la souris ni le cobaye.

VIL — Streptocoque d'un phlegmon de la cuisse chez un homme : culture apparente sur pomme de terre.

18 mars, 31 mat 1892. — Pas d'érysipèle à l'oreille du lapin; rien sous la peau, simplement un peu de rougeur dans les deux cas. Le lait n'est pas coagulé.

YlII. — Streptocoque ne donnant pas sur pomme de terre de culture apparente : amygdalite aiguë pseudo-membraneuse.

21 mars-26 avril 1892.

Angine ayant duré trois ou quatre jours avec une température ne paraissant pas avoir dépassé 39<',5. Erysipèle très marqué à l'oreille d'un lapin. — Souris blanche morte avec streptocoque dans le sang du cœur. Ensemencements nombreux sur pomme de terre : n'ont jamais donné de culture apparente.

IX. — Streptocoque puerpéral : pas de culture apparente sur pomme de terre; pas de coagulation du lait.

22 mars-4 avril 1892.

X. — Streptocoque puerpéral : pas de culture apparente sur pomme de terre ; coagulation du lait.

22 mars-4 avril 1892.

XL — Pneumocoque : pas de culture apparente sur pomme de terre ; pas de coagulation du lait.

23 mars-4 avril 1892.

XII. — Pneumocoque : pas de culture apparente sur pomme de terre ; peut-être légère coagulation du lait.

2 avril-11 avril 1892.

XIII. — Streptocoque à culture apparente sur pomme de terre : angine pultacée, purpura, arthropathies.

Ensemencements de sang recueilli au niveau des taches, res tés sté nies.

7 mai-31 mai 1892.

Non virulent pour la souris blanche. Rougeur et œdème légers à l'oreille du lapin ; oreille un peu tombante et un peu chaude.

Les cultures sur pommes de terre sont identiques dans les nombreux réensemencements.

XIV. — Pneumocoque : pas de culture apparente sur pomme de terre ; pas de coagulation du lait.

2 mai-12 mai 1892.

XV. — Streptocoque de l'ërysipèle : pas de culture apparente sur la pomme de terre; pas de coagulation du lait.

21 mai-31 mai 1892.

Erysipèle de la face d'un homme.

Souris blanche tuée. — Cinq pommes de terre ont ëté ensemencées.

562 F. HAROT.

XVI. — Streptocoque ne donnant pas de culture apparente sur pomme de terre : angine pseudo-membraneuse, considérée cliniquement comme diphtéritique.

9 aTril-2 mai 1892.

Souris blanche tuée.

XYII. — Angine pultacée : diphtéritique atténué et streptocoque; pas de virulence pour la souris blanche.

13 décembre 1892-26 janvier 1893.

Le bacille diphtéritique atténué était en très grande abondance et a été inoculé à la souris en môme temps que le streptocoque, qui n'a pas acquis, de ce fait^ de virulence pour la souris, encore vivante plusieurs mois après. Ce bacille diphtéritique, isolé et inoculé sous la peau de deux cobayes, a amené la production d'eschares, avec enduits pseudomembraneux, au fond de l'ulcération. — Ce bacille était très bien coloré par le Gram.

XVin. — Streptocoque à culture apparente sur ponmie de terre : angine pultacée.

13 janvier-2 mars 1893.

Les ensemencements sur plusieurs carottes n'ont pas donné de cultures.

Les grains sur la pomme de terre sont très nombreux, alors que les cultures en bouillon sont très pauvres.

L'inoculation sur la muqueuse vaginale excoriée d'un cobaye n'a pas amené la production de fausses membranes.

L'inoculation dans la chambre antérieure de l'œil du lapin a produit de riritis avec nombreuses synéchies.

L'inoculation sous la peau de l'oreille d'un lapin a amené la formation d'un abcès de la grosseur d'une amande. Les ensemencements du pus caséeux sont restés stériles.

XIX. — Streptocoque à culture apparente sur pomme de terre : angine pultacée.

24 février-2 mars 1893.

Les inoculations dans la veine de l'oreille d'un lapin, sous la peau d'une souris, dans le péritoine d'un cobaye, sur la muqueuse vaginale excoriée d'un autre cobaye, n'ont rien produit de notable.

Atat actuel du diagnostic bactériologique du choléra, par le

professeur R. Koch. {Zeitschrift fur Hygiène, t. XIV, fasc. 2, p. 319.)

On sait que le choléra, depuis quelques années, tend à devenir endémique en Europe, et que l'on en observe, chaque été, un certain nombre de cas. Ce fait donne un intérêt particulier à l'importante note que vient de publier M. Koch sur Vétat actuel du diagnostic bactériologique du choléra.

Ce diagnostic peut être établi, d'une façon sûre et rapide, et dans tous les cas, par l'ensemble des six procédés suivants :

Examen microscopique.

Culture dans les solutions de peptone.

Culture sur plaques de gélatine.

Culture sur plaques de gélose.

Réaction du rouge du choléra.

Expériences sur les animaux.

Pour l'examen microscopique, M. Koch recommande de prendre dans les selles un flocon muqueux, et de l'examiner à la manière ordinaire, après coloration avec la liqueur de Ziehl diluée^. Suivant les cas, on trouvera des bacilles cholériques en cultures pures ou presque pures, ou mélangés aux bactéries intestinales, au bacterium coli surtout. Dans les cultures pures de bacilles cholériques ou dans celles qui ne contiennent, outre le bacille virgule, que le bacterium coli seul, les bacilles virgules affectent une disposition particulière, surtout aux endroits de la préparation où le mucus a été étiré en filaments. Ils sont tous orientés dans le même sens, et produisent ainsi l'impression de poissons nageant dans un lent courant d'eau.

Mais c'est surtout à l'aide des deux procédés suivants : cultures dans les solutions de peptone et cultures sur plaques de gélose, combinés, que le diagnostic rapide du choléra doit être établi.

M. Koch conseille de procéder ainsi qu'il suit :

Dans une solution de peptone à 10 p. 100, additionnée de 1 p. 100 de sel marin et à réaction fortement alcaline, on ensemence une trace des selles suspectes, et on met le tout à l'étuve à 37®. Au bout de 8 heures

1. C'est le même réactif qua recommandé M. le professeur Straus pour la coloratioa des cils du bacille virgule. Ces cils, que M. Koch n'a point mentionnés, se voient de la façon la plus nette et la [plus facile, dans les cidtures récentes dans le bouillon. (Voir Comptes rendus de la Soc. de biologie, 1892, p. 542.)

564 ANALYSES BT BIBUOGRAPHIE.

environ, on trouve à la surface de la solution de peptone des cultures pures de bactéries cholériques. On procède à leur examen microscopique ; dès que l'on constatera la présence de bactéries recourbées, on pratiquera des ensemencements en strie sur plaques de gélose. Ces plaques, placées à l'étuve à 37», montreront, 8 à 10 heures après, des colonies en nombre assez considérable pour suffire à des recherches ultérieures. Ces colonies sont de dimension moyenne, transparentes, et d'une couleur gris brunâtre particulière. Les plaques de gélose sur lesquelles on les obtient doivent être placées, avant l'ensemencement, pendant 2 jours environ à Tétuve à 37<>, pour évaporer complètement l'eau qui se condense sur le couvercle de la plaque. L'examen des colonies ainsi obtenu, le réensemencement dans les tubes de peptone salée permettra de constater rapidement la réaction du rouge du choléra et de pratiquer des expériences sur les animaux.

Celles-ci seront faites par le procédé d'inoculation de Pfeiffer. On prend, à la surface de la plaque de gélose, une fine anse de culture, on la délaye dans 1 ce. de bouillon stérilisé et on l'injecte dans la cavité péritonéale de cobayes. Plus Tanimal est grand, plus la dose doit être considérable. La quantité de cultures contenue sur une anse de platine est suffisante pour tuer un cobaye de 300 à 350 grammes. Bientôt après l'injection, on voit survenir les phénomènes d'intoxication, parmi lesquels une chute de la température aboutissant à la mort est le plus important.

Concomitamment, on fera des plaques de gélatine avec ces mômes selles suspectes, ce qui servira de contrôle. Dans les cas douteux, on n'a rien sur les plaques de gélatine, et quelques colonies seulement sur les plaques de gélose. L'examen de ces colonies, par les moyens que nous venons d'indiquer, permettra de faire le diagnostic.

L'examen de l'eau, au point de vue des bacilles cholériques qu'elle peut contenir, exige encore une mention spéciale. Par la méthode ordi. naire, cet examen présente de grandes difficultés, les eaux polluées contenant peu d'unités du bacille du choléra, comparativement au grand nombre des antres espèces microbiennes qui y pullulent. Ce n'est, dit M. Koch, que par l'effet du hasard que j'ai réussi à constater des bactéries cholériques dans l'eau d'un tank hindou et dans celle du port de Dortmund, et que M. Lubarsch a pu retrouver ces bactéiies dans l'eau de cale d'un vapeur de l'Elbe.

Voici le nouveau procédé tel qu'il a été définitivement adopté :

On prend 100 ce. de l'eau suspecte; on y ajoute 1 gramme de peptone et i gramme de sel marin, et on place le tout à l'étuve à 37<>. Au bout de 10, 15 et 20 heures, on ensemence des traces de cette culture dans la solution de peptone salée et on fait des stries sur plaques de gélose. Toute colonie suspecte développée sur ces plaques sera examinée, réensemencée et soumise à la série de preuves de contrôle que nous avons déjà mentionnées (rouge du choléra, etc.).

M. Koch et ses élèves ont pu constater, à diverses reprises, que celte méthode ne laissait rien à désirer ni comme sûreté, ni comme rapidité. Les microbes que la réaction de Tindol et les expériences sur les animaux ont caractérisés comme étant des bactéries cholériques, n'ont été constatés que dans les eaax ayant joué un rôle manifeste dans la difTusion de l'épidémie de choléra. Les bactéries ont disparu dès la cessation de Tépidémie. Cette constatation est intéressante, car elle apporte un appui à ce fait, récemment encore mis en doute, que le bacille virgule est bien l'agent pathogène véritable du choléra. Il n'est, d'ailleurs, point besoin d'insister sur l'intérêt de premier ordre qui s'attache, au point de vue hygiénique et prophylactique, au diagnostic bactériologique rapide du choléra. Les nombreuses lacunes que les méthodes ordinaires présentaient à ce point de vue semblent avoir été comblées par celle que nous venons d'analyser brièvement.

R. WcaTz.

ProtozoaireB de nature parasitaire trouvés dans les tumeurs cancéreuses, par Armand RnfTer et Herbert, avec 3 planches, in Journal ofPathology and Bacteriology, octobre 1892.

L'origine parasitaire du cancer a déjà donné lieu à de nouveaux travaux. MM. RufTer et Herbert ont examiné systématiquement un grand nombre de cancers et y ont décelé, à l'aide d'une technique spéciale, la présence d'un organisme parasitaire. Ce parasite, dans les coupes, est sphérique; il contient un petit noyau entouré d'une grande quantité de protoplasme; le tout est entouré d'une capsule distincte. Le noyau est rond, et ses réactions colorantes diffèrent de celles du noyau de la cellule cancéreuse dans laquelle se trouve le parasite. Le protoplasme du parasite est d'apparence homogène; il est parfois strié ou contient de fines granulations. Il remplit complètement la capsule qui l'entoure, mais peut aussi en être séparé par un certain espace. Il semble alors flotter dans la capsule. Ces parasites, au nombre de un, deux ou trois, sont toujours à l'intérieur du protoplasme de la cellule cancéreuse. Jamais ils ne sont englobés dans les noyaux de ces cellules. Celles-ci gardent leur aspect normal, mais parfois dégénèrent et deviennent kystiques. Il se forme d'abord des vacuoles dans le protoplasma, puis le noyau cesse de se colorer et disparait. Les cellules contenant les parasites sont souvent envahies par les leucocytes. Ceux-ci pénètrent fréquemment au centre même du parasite, qui dégénère, devient granuleux, et ne tarde pas à être remplacé par un ou plusieurs leucocytes. €'est le même processus que celui qui a été étudié par Malassez et Pfeiffer dans la maladie coccidienne du lapin.

Les auteurs de cette intéressante constatation ne se prononcent pas sur la nature même de ces parasites, toute classification étant actuellement prématurée. R. Wurtz.

566 ANALYSES ET BIBUOGBAPHIE.

Dn ganglion intercarotidien, par le professeur Stilling (de Lausanne). Extrait du Becueil inaug, de VUniversUé de Lausanne, 1892.

Cet organe, découvert comme on sait en 1786 par Nenbauer et étudié par Andersch (1797), qui lui a donné le nom de ganglion intercarotidien, a été considéré par Luschka non comme un ganglion nerveux, mais comme une glande renfermant très peu de cellules nerveuses, et par Arnold, Eberth et Marchand comme un plexus artériel. M. Stilling avant d'étudier cet organe chez l'homme, Ta étudié chez le lapin et plusieurs autres animaux, et il croit pouvoir affirmer qu'on doit voir en lui une glande vasculaire sanguine, d'une structure analogue à celle des capsules surrénales. Malgré sa richesse en vaisseaux, on y distingue des cordons et amas cellulaires formant surtout à la périphérie du ganglion des lobules ronds ou ovalaires. Les amas cellulaires sont formés de deux espèces de cellules : les unes sont colorées en brun par le bichromate de potasse, et d'autres non colorées. Les premières, qui n'avaient jamais été signalées dans cet organe, sont semblables à celles qui se trouvent dans des corpuscules attachés au sympathique abdominal. (Stilling.)

Traite d'histologie pratique, par le professeur J. Renant (de Lyon).

Le deuxième fascicule du Traité d*histologie pratique du professeur Renaut, si impatiemment attendu de tous ceux qui ont lu et apprécié le premier fascicule, vient enfin de paraître.

Dans le premier fascicule, l'auteur avait étudié le mxHeu intérieur et le tissu conjonctif lâche. Il devait donc, tout naturellement, continuer, dans ce fascicule, l'étude des tissus du squelette, appartenant, eux aussi, au groupe nommé par Reichert tissus de substance conneetive.

C'est, dit-il, dès les premières lignes du fascicule, ce tissu qui, seul a forme les pièces solides intérieures des animaux qui, placés en série, conduisent à la forme vertébrale tant que ces animaux conservent un petit volume et une vie aquatique. Puis, quand la taille des animaux augmente, et surtout dès qu'ils doivent s'accommoder à la vie aérienne, la résistance des matériaux qui forment leur stroma doit aussi s'accroître. Pour cet objet, le tissu fibreux se modifie et engendre successivement les tissus fibro-hyalin, qui forme les pièces relativement résistantes du squelette intérieur des gastéropodes, tels que l'Hélix; cartilagineux, qui apparaît dans le squelette de la tête des céphalo-

ANALYSES BT BDLIOaRAPHIB. 567

podes; enfin osseux, qui est absolument caractéristique des vertébrés ».

Mais chez ces derniers, la forme générale du squelette, soit cartilagineux et persistant, soit cartilagineux d'abord et osseux ensuite, est dirigée et commandée pour ainsi dire par une formation toute spéciale, particulière aux chordata et qui ne parait pas, de prime abord, avoir de rapport génétique avec les éléments du squelette définitif. Cette production est la corde dorsale. Quoique n'ayant chez la plupart des vertébrés qu'une existence transitoire, simple épisode dans la formation du squelette, son importance est capitale cependant. Elle est Taxe primitif de soutènement du système nerveux myéiencéphalique, séparé de Fectoderme par invagination. G*est cet axe qui dirige le processus de formation des métamères vertébraux à la façon d'une tige directrice autour de laquelle les pièces du squelette axial prennent leur forme, et de là envoient, autour du névraxe et du tractus digestif, les arcs neurai et hëmal qui constituent le squelette définitif fondamental.

La corde dorsale acquiert donc, chez les vertébrés en particulier, la valeur d'une pièce adventice d'adaptation destinée à former un squelette temporaire, sorte de 'prosquelette qui doit disparaître ou être complété.

DB LA CORDB DORSALE OU NOTOCOBDB. — NoUS UO pOUVOnS SUivrO l'aU-

teur dans l'étude détaillée de cet axe primitif de soutènement dont il vient de nous indiquer le rèle et la valeur.

Il étudie successivement tout d'abord son développement et sa signification morphologique. Elle n'est pas, comme on l'admettait jusqu'ici, une formation du feuillet moyen ; les recherches récentes la font considérer par la plupart des embryologistes comme ayant une origine épithéliale et n'étant qu'une différenciation particulière de Ventoderme.

Passant ensuite à l'analyse histologique et à l'évolution de son tissu et de ses enveloppes, il étudie, comme types, les cordes dorsales : i^ d'un cylostome; 2<* d'un élasmobranche, tel qu'un squale; 3<» la corde transitoire d'un embryon de mammifère.

La conclusion de cette étude est que le tissu notocordien, assimilé autrefois par K5llikbii et la majorité des embryologistes au cartilage, ne possède aucun des caractères particuliers à ce tissu, comme le professeur Ranvieu l'a dit depuis longtemps déjà. Il se rapproche, au contraire, considérablement des productions épithéliales venues du feuillet externe, quand bien même on lui assigne généralement une origine entodermique.

Au chapitre suivant, l'auteur aborde l'étude du squelette fibreux primordial et de ses diverses pièces advetUices d'adaptation. L'idée fondamentale de ce chapitre est la suivante : le tissu fibreux parvient, à l'aide des différenciations qui lui sont propres, quelquefois même sans modifier profondément sa structure, à satisfaire aux nécessités quelconques du soutènement intérieur dont il est l'organe fondamental. U

y arrive en édifiant an moyen de transformations très simples de ses éléments anatomiques, ce que l'auteur a appelé pièces adventices d'adaptation. ^

Ces diverses adaptations sont successivement décrites dans autant de paragraphes, sous les noms de : 1* tissu fibro-hyalin; 2^ tissu fibreux cartilaginiforme; 3<* tissu fibreux.

Le terme de tissu fibro-hyalin est nouveau. Il s'applique au tissu de soutènement qui représente, dans la série animale, la première adaptation du tissu fibreux en vue de la formation de pièces différenciées du squelette. Il résulte de cette définition que rare chez les invertébrés inférieurs où l'organisation est rudimentaire, il acquiert tout son développement chez les invertébrés supérieurs. Un escargot est d'une mol* lesse parfaite, fiexible en tout sens ; il semble dépourvu de tout squelette, et cependant tous ses organes sont plongés dans une admirable gangue fibro-hyaline qui maintient exactement à leur place toutes les parties constituantes de son organisme. Chez les vertébrés inférieurs, ce tissu est déjà raréfié. Il ne doit plus exister, en principe, chez les vertébrés supérieurs; mais il y est ramené, çà et là, par des nécessités fonctionnelles (gaine lamelleuse des nerfs, etc.)

Nous comprendrons enfin le double rôle de soutènement et de mollesse, flexibilité excessive de ce tissu fibro-hyalin, si nous considérons qu'il e&t formé de fines fibrilles et de cellules globuleuses, molles, transparentes comme du verre, dans certains cas couvertes de godrons libres ou intriqués dans ceux des cellules voisines, cellules que Tauteur a décrites, dès 1872, sous le nom de cellules vésiculeuses et, en 1880, c'est-à-dire douze ans avant Th. Langhans, sous la désignation de cellules godronnées.

Après avoir étudié successivement le tissu fibro-hyalin de soutènement du névraxe et des organes des sens des cyclostomes, du nodule sésamoïde du tendon d'Achille de la grenouille et des cordons nerveux des vertébrés, l'auteur conclut par cette remarque neuve et importante que la corde dorsale n'est pas, comme on le pourrait croire, le prototype des formations squelettales de soutènement. Depuis longtemps déjà existait, dans la série des tissus émanés du feuillet moyen du blastoderme, un tissu qui peut être considéré à bon droit comme le précurseur des tissus du squelettCf et dont la corde née de l'entoderme ne fait que copier la structure et imiter les qualités. Ce tissu est le tissu fiJbrO'hyalin.

Avec le paragraphe suivant, nous passons à l'étude du tissu fibreux

CARTILAGINIFORME et du tisSU FIBR0-CARTILA6INEUX.

Laissant de côté, pour plus tard, l'étude de Vexosquelette avec ses productions adamantine et cornées, l'auteur ne s'occupe ici que de l'endosquelette.

Les pièces de Vendosquelette prennent leur origine dans le tissu conjonctif modelé qui se développe autour de la corde dorsale. L'auteur

étudiant d^abord le cartilage, le suit dans ses états successifs depuis la période chordale pendant laquelle la corde dorsale représente tout le système endosquelettique futur de tous les vertébrés, jusqu'à sa pé> riode ultime ou ostéo-formaUve^ en passant par la période de formation propre, période ehondro-formative. Il décrit successivement ensuite les cinq formes du tissu cartilagineux : 1« à stroma capsalaire; 2* hyalin ; 3'» à cellules ramifiées ; 4<» réticulé ; et 5<> le ûbro-cartilage.

Le fait important et neuf dans ce chapitre si intéressant sur le cartilage est l'étude de la constitution intime de la substance fondamentale du cartilage hyalin. Nous ne pouvons que signaler des faits si importants et sur lesquels nous désirerions si vivement nous étendre longuement.

Qu'il nous suffise de dire que l'auteur démontre, par une technique rigoureuse, que véritablement amorphe pendant la première période fœtale, la substance hyaline interceliulaire est plus tard formée de trois substances : une substance hyaline, un réseau admirable de pseudO'ûhnlle^ ou trabécules qui, en se rapprochant, s'éloignant tour à tour, dessinent des mailles comparables à celles d'un tissu réticule de ganglion. Autour des vaisseaux coupés en travers, les mailles de ce réseau s'ordonnent en rosaces; dans l'intervalle des vaisseaux, les traits du réseau suivent les lignes de cellules cartilagineuses et les relient par séries; mais ne pénétrant jamais dans leurs capsules, ils ne peuvent être des prolongements des cellules comme l'a dit 0. Van der Stricht- Enfin la troisième substance est la substance chondrochromatique qui, non colorable par le carmin et la purpurine, se teint en violet foncé par l'hématoxyline.

A signaler encore l'étude du groupement des cellules. Chaque 'groupe ou famille de cellules provenant de la prolifération d'un élément cellulaire initialement unique, l'auteur propose de l'appeler groupe isogénique. Tantôt le groupe forme un petit cercle en couronne autour de la cellule primitive, c'est un groupe isogénique simple, tantôt par la prolifération de ce groupe simple, chacune de ses cellules devient le centre d'une nouvelle couronne, il est dit alors isogénique coronaire composé.

Le TISSU OSSEUX est, à son tour, l'objet d'un long et remarquable chapitre dont l'analyse, même succincte, exigerait de longs développements.

Le tissu osseux est, au point de vue de l'anatomie générale, la différenciation la plus élevée que puisse éprouver le tissu connectif modelé. Un tendon ossiforme de la patte d'un oiseau, une lame ostéogène de l'un des os fibreux de la voûte du crâne, alors qu'elle est encore exclusivement formée de fibres de Sharpbt, fournissent l'un et l'autre des exemples de la transformation directe du tissu connectif, modelé sous la forme fibreuse, en os vrai d'origine également fibreuse ou, comme on a l'habitude de le dire, exclusivement périostique. Mais l'os émané de cette origine et construit en vertu d'une adaptation aussi simple n'a,

ARCH. DB MBD. BXPéll. — TOMB V, 38

le plus souvent» qu'une existence transitoire et ne constitue qa'on pur modèle pour l'ossification définitive. Ses travées osseuses déjà formées fournissent seulement des guides et des appuis à Tossification du mode Havérien. Pour cette raison, M. Renaut a cru devoir réunir sods un même terme, celui de préossification, les deux processus en vertu desquels le tissu fibreux et le cartilage fournissent à l'ossification havérienne leurs travées directrices; bien que dans le premier cas ces travées soient déjà vraiment osseuses, tandis qu'elles ne sont dans l'autre que formées parle cartilage calcifié. Fondamentalement donc il n'existe pour tous les os et totUes les parties des os qu'un seul et même mode d'ossification, c'est l'ossification efi'ectuée sous Tinfluence des ostéoblastes et au sein du tissu connectif. Les cellules fixes du tissu osseux ainsi formé demeurent, comme l'étaient celles du tissu connectif modelé, ordonnées par rapport aux éléments de la trame représentée par les fibres de Shabpet. Leur protoplasma émet secondairement, comme aussi dans le tissu connectif, des expansions anastomotiques, de manière à constituer un réseau qui devient continu quand le développement s'est poursuivi jusqu'au stade correspondant à l'état adulte du tissu osseux.

Cette longue citation résume fort bien, ce nous semble, les idées de l'auteur sur la structure du tissu osseux ; et si nous nous rappelons les anastomoses des prolongements des cellules conneetives du tissu conjonctif lâche si bien décrites par l'auteur dans le premier fascicule de cet ouvrage (p. 20), nous voyons la pleine justification de l'idée fondamentale émise plus haut, que le tissu fibreux parvient, même sans se modifier profondément, à satisfaire à toutes les nécessités de structure des organes de soutènement intérieur dont il est l'origine.

Nous voudrions reproduire entièrement ici le paragraphe où l'auteur applique ces notions d'anatomie normale à l'étude de l'osée et du rachitisme,

La moelle rouge, dit-il, est l'agent exclusif de l'édification de l'os havérien qu'elle dépose sur les formations directrices fournies soit par le périoste (fibres de Sharpet), soit par le cartilage calcifié (travées directrices ou de rivulation du cartilage), soit enfin par l'os déjà formé, puis remanié et morcelé préalablement par elle-même, et réduit à des Ilots ou des segments de forme diverse en vue des changements nécessités par la croissance de la pièce osseuse. Toute moelle rouge d'os en formation renferme encore des formations vasculairesdirectrices. Ce sont ces formations qui refont de Tos quand on transplante des lamelles osseuses vivantes, et cette moelle transplantée ne fera de l'os que si elle renferme ces formations.

Cela dit, le processus de ïostéite est facile à comprendre. Des vaisseaux normaux à type régulier et défini de l'os sain partent des bourgeons vasculaires qui, en dehors de toute loi définie, pénètrent dans la moelle. Celle-ci redevient aussitôt embryonnaire. Nous assistons à la réapparition des formations directrices, mais la puissance de l'agent irri-

tant qui les anime, si nous pouvons ainsi dire, est, à cette période aiguë, destructive au lieu d'être productive, et ces bourgeons rongent et détruisent l'os tout autour d'eux, le remplaçant partout par de la moelle embryonnaire.

Fait des plus intéressants : dans les vastes échancrures résultant de la destruction de l'os, on trouve souvent d'énormes myéloplaxes ou cellules géantes comparables aux cellules géantes des tubercules vrais ou faux; et l'auteur est ainsi amené à conclure, en présence de ces faits et d'autres encore qu'il nous est impossible de citer, que ces cel« Iules à noyaux multiples, partout o£l on les trouve, seraient dues à la présence de corps irritants dans leur intérieur, vivants ou inerteSt et seraient toujours les répartiteurs ou distributeurs de ces corps ou particules, soit qu'il s'agisse d'apporter ces corps étrangers dans les tissus, soit qu'il s'agisse, au contraire, de les leur soustraire. Conclusions que, pour notre part et d'après nos propres recherches, nous croyons pleinement justifiées.

Vient ensuite l'étude rapide mais très claire du rachitisme. Nous conseillons tout particulièrement la lecture de ces quelques pages à ceux qui désirent connaître l'anatomie pathologique, jusqu'ici incomplètement élucidée, des lésions anatomiques de cette variété d'ostéite.

Avec le livre troisième, commence l'étude des tissus et des organes entrant dans la constitution du système moteur.

Le protoplasma de toute cellule vivante, dit l'auteur, est sans cesse en mouvement et, quand ce dernier est enrayé par l'action d'un réactif coagulant quelconque, la vie s'arrête avec le mouvement, la cellule est morte.

Les premiers éléments spécialisés pour le mouvement apparaissent au sein des revêtements épithéliaux : ce sont d'abord les cellules épithéliales à cils vibratiles répondant aux mouvements qui s'exécutent sur des surfaces.

Appartenant encore aux épithéliums de surface, mais destinées par une plus haute différenciation à un mouvement non plus de surface, mais interstitielf telles sont les cellules myo-épithéliales.

Nous arrivons à l'étude du tissu musculaire proprement dit.

A noter d'abord la division fondamentale de tout le système musculaire en trois grands groupes : i<* les muscles lamellaires qui émanent des protovertèbres; ce groupe fort intéressant de muscles dont Fauteur Hait une étude très originale et très approfondie, n'existe à l'état définitif et ne conserve pendant toute la vie sa forme typique que chez les poissons seuls ; mais il est par contre toujours représenté pendant le développement chez les autres vertébrés; 29 les muscles fascicules; 3<> les muscles rétiformes dont le type est absolument particulier, et qui, au point de vue de l'anatomie générale, sont aussi différents des muscles fasciculées que ces derniers le sont des muscles lamellaires.

L'auteur commence ensuite l'étude analytique du tissu musculaire

572 ANALYSES ET BIBLIOGRAPUB.

par la description de la fibre cellule lisse. Tout serait à noter dans cet exposé si clair, si précis de la structure des fibres musculaires lisses. Nous ne pouvons que signaler rapidement les faits qui nous y paraissent plus particulièrement mis en lumière par l'auteur. Il insiste sur ce fait, très important au point de vue de l'anatomie générale et déjà démontré par Ranvier (Traité technique, 1875-1882, p. 524) que la fibrecellule lisse, tout comme la cellule musculaire striée, est formée de bâtonnets, de cylindres isolables juxtaposés comme les épis dans une gerbe. Rien de plus net que cet disposition telle qu'elle est représentée (p. 590, fig. 209) d'après une fibre-cellule géante du bras du poulpe commun.

Ces cylindres ou bâtonnets, dit l'auteur, ont l'éclat gras caractéristique de la substance musculaire ; mais, pas plus que dans un cil vibratile, on ne peut y découvrir trace de striation ou de structure quelconque. Cette affirmation de notre savant maître est irréprochable à l'heure actuelle avec les méthodes histologiques connues. Mais nous conservons la conviction personnelle, pour des raisons que nous ne pouvons donner ici, que la technique à venir nous prouvera que ces bâtonnets de substance contractile ont une structure réelle et bien définie. Qui soupçonnait, il y a quelques années à peine, la structure si complexe et encore même imparfaitement analysée des noyaux cellulaires en général?

Après avoir étudié la substance contractile à proprement parler, le noyau cellulaire, le ciment intermédiaire aux cylindres primitifs et le ciment inter-cellulaire, l'auteur étudie la disposition topographique des fibres-cellules lisses dans les tuniques principales qu'elles composent : tunique musculaire de Vintestin, des artérioles, de la vessie, etc., tuniques formées, le plus souvent de fibres accolées, cimentées; mais quelquefois anastomosées en réseau, par exemple dans le muscle moteur de la vessie de la grenouille.

Avec le paragraphe suivant, nous passons à l'étude du tissu musculaire strié.

Les histologistes de profession savent de quelles difficultés est entourée l'étude de la structure d'une fibre musculaire striée, difficultés telles que plus d'un point obscur reste encore à élucider. Mais depuis les si remarquables leçons professées au Collège de France, en 1876, par notre savant maître, le professeur Ranvibr, leçons auxquelles le professeur Renaut fait de nombreux emprunts, il ne nous avait pas été donné de lire une description si magistrale, soit des doctrines plus ou moins tombées dans le domaine de l'histoire, soit des faits lentement et laborieusement acquis, relatifs au tissu musculaire strié et soit fascicule, soit anastomosé, tel qu'on le trouve dans le muscle cardiaque.

Une analyse, même succincte, des 170 pages que l'auteur consacre à l'étude de ce tissu, est impossible.

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Ici encore nous ne pouvons que signaler rapidement les faits qui nous ont paru recevoir une interprétation un peu spéciale et pleinement motivée de la part de Fauteur.

U étudie tout d'abord la substance contractile de la cellule musculaire, substance qui est striée en long et en travers partout où existe, dans l'organisme, la contractilité du mode brusque .

BiCHAT n'admettait que par hypotbèse la fibre isolée qu'il n'avait pu voir avec les instruments d'optique de son temps. Aujourd'hui encore» la distinction nette, précise entre un faisceau musculaire prismatique primitif et la fibre simple irréductible, est si peu aisée qu'elle est l'objet de controverses.

Prenons, par exemple, la figure 225, page 624. Le professeur Renaut y représente tendues et anastomosées sous des angles divers, entre les cylindres primitifs du muscle moteur de l'aile d'un xylocope, des fibrilles d'e qu'il considère comme irréductibles : le cylindre primitif serait réduit ici à une seule et colossale fibrille.

Pour Ranvier, au contraire, c'est encore un faisceau décomposable en fibrilles plus élémentaires; et nous avouons que cette dernière hypothèse nous séduit davantage, convaincu que nous sommes que toutes les fibrilles élémentaires ont, dans toute la série animale des dimensions peu difi'érentes, les disques épais ou anisotropes ayant leur pièce principale formée, pour nous, d'éléments définis et de volume très peu variable.

Plus loin, le professeur Rknaut, après avoir rappelé qu'il a démontré, dès 1877, que les disques accessoires sont des dépendances du disque mince, décrit, sur un muscle de Lucane-cerf fixé tendu-tétanisé et examiné à la lumière polarisée, un segment contractile d'une complexité extrême, car le disque épais y apparaît formé de trois pièces, soit un segment épais fianqué de deux pièces accessoires ; et le nombre des bandes alternativement claires et sombres d'un tel segment contractile est porté à treize. On le voit, de nouvelles recherches, comme nous le disions tout à l'heure, sont encore nécessaires avant que la cause intime de la striation transversale soit parfaitement connue.

Passant à la discussion des théories si nombreuses émises sur le mécanisme de la contraction musculaire, le professeur Renaut examine tour à tour les hypothèses de Bowmann, d'Auici, de Krause, de Merkel, d'ENGRLMANN, pouT se rallier à la théorie de Ranvier qui, par Tétude successive du muscle fixé-tétanisé-tendu et fixé-tendUy a distingué, dans la striation, des parties contractiles à proprement parler et des parties élastiques. Sa conception est la plus admissible dans l'état actuel de la science.

L'étude des muscles striés rétiformes vient tout naturellement après celles des muscles striés fascicules. Commençant cette étude par une longue et remarquable description des cellules de Purkinje, l'auteur arrive à cette conclusion très rigoureusement déduite, «que la cellule

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cardiaque n*est qu'une cellule de Purkinje dans laquelle la formation de substance contractile répondant à Cassise des feuillets s'est annulée et a disparu.

Nous ne pouvons que signaler les paragraphes relatifs à l'étude de la cellule musculaire du myocarde (segments de Weissmann), de ses noyaux, de son protoplasma ou substance contractile, du ciment intercellulaire avec les traits scalariformes d'ËBERTH, enûn du tissu conjonctif des vaisseaux et des nerfs du myocarde ; ceux, des plus impor-» tants, sur le péricarde et Vendocarde,

Bien des faits seraient à relever dans ces descriptions; mais nous étendrions outre mesure le cadre déjà trop vaste de cette analyse. Les anatomo-pathologistes liront, avec un intérêt tout particulier, le paragraphe consacré aux lésions élémentaires des cellules musculaires striées : surcharge graisseuse du protopiasma, myosites en général et transformation colloïde de Zenker. Le professeur Renaut n'est pas seulement un maître en anatomie générale, il est encore maître, et des plus érudits, en anatomie pathologique et en clinique, prouvant ainsi à ceux qui en doutent encore peut-être, que la science du laboratoire et la science approfondie du malade, '^celle qui constitue les cliniciens les plus éminents, peuvent et, oserons-nous ajouter, devraient le plus souvent marcher de front.

Le quatrième et dernier livre de l'ouvrage est une étude non moins approfondie du système vasculaire. Après avoir dit, en quelques pages claires et concises, le premier développement du système vasculaire, l'auteur commence la description anatomique des vaisseaux par les capillaires. Avec Ghrzonszczewsri et Ranvier, il admet qu'en dehors de la couche endothéliale, les capillaires ont une paroi propre, membrane vitrée, et que les stomates ou oriûces de sortie des globules blancs ne sont pas permanents.

Gomme les livres précédents, ce dernier livre n'est guère susceptible d'analyse : tout serait à citer.

L'idée véritablement originale qu'il renferme, et qui constitue une importante découverte embryologique, est Vorigine entodermique des vaisseaux sanguins.

La découverte de ce fait est due à Uskow et surtout à Viallbton, chef des travaux histologiques à la Faculté de Lyon; et le professeur Renaut lui donne, dans son ouvrage, l'appui de sa vérification et de son autorité.

Quant à la description du système vasculaire en général, elle oscille tout entière autour de cette idée fondamentale que le tube endothélial primitif né de la différenciation marginale du germe vaso-formatif est la formation initiale et fondamentale. Tout vaisseau est d'abord un capil-taire vrai; les autres formations périendothéliales, fibres musculaires, tissu conjonctifs, fibres élastiques, etc., sont des formations secondaires et surajoutées.

Arrivés au terme de cette analyse fort étendue en apparence, mais dans laquelle nous n'avons qu'effleuré les belles descriptions qui remplissent les 600 pages de l'ouvrage, il nous est bien permis de dire, en quelques mots, notre pensée sur la valeur scientifique et l'opportunité de ce premier volume du Traité d^anatomie générale du professeur Renaut. Le lecteur appréciera de lui-même la valeur artistique et la clarté si démonstrative des 354 figures qui émaillent les descriptions et facilitent admirablement la compréhension du texte .

Dans un pays où, après le Traité d'histologie du professeur Ranvier, parait celui du professeur Renaut, l'étude de l'anatomie générale, loin de péricliter, est près d'atteindre son apogée. Le professeur Lépine (de Lyon), analysant le premier fascicule de ce même ouvrage (Revue de médecine, 1889, p. 276), écrivait : « On voit aujourd'hui les élèves déserter les laboratoires d'histologie au profit de ceux de bactériologie. Mais» en dépit de cet entraînement qu'expliquent, sans le justifier, les belles découvertes récemment faites dans le domaine de la microbie, l'histologie n'est pas abandonnée par tous les maîtres, et il n'est pas douteux qu'elle reprenne un jour son rang. » Ces paroles d'un maître, éminent lui aussi dans la double science du laboratoire et du malade, sont toujours pleines d'actualité.

Sans doute, à l'heure actuelle, la découverte d'un tout petit vaccin, si peu applicable qu'il soit à F espèce humaine, mène bien plus sûrement aux honneurs qu'une belle et neuve démonstration d'anatomie et de physiologie générales; mais la réaction est déjà commencée.

Certes, gloire à l'illustre Pasteur et à tous ceux qui, en France et à l'étranger, ne sont que ses élèves et ses commentateurs. On comprend déjà cependant que, comme le dit le professeur Renaut, dès les premières pages de son ouvrage : la physiologie et la pathologie générales ne feront de progrès réels qu'à la condition d'envisager le problème de la vie là où il doit en dernière analyse être reporté, c'est-à-dire dans la cellule animale. La manière d'être de l'organisme, en présence du microbe qui l'attaque, parut d'abord toute secondaire : elle prend tous les jours une importance croissante. Honneur donc aux Maîtres qui n'ont cessé d'étudier la cellule, son protoplasiia, c'est-à-dire lesubstratum anatomique de la vie physique des organes et de l'être tout entier.

Le Traité d^anatomie générale du professeur Renaut contribuera puissamment à faire comprendre aux jeunes générations que, fréquenter les laboratoires de bactériologie avant de connaître toute la science et la technique des laboratoires d'anatomie normale et pathologique, est une erreur qui laisse dans leur éducation scientifique une lacune irréparable,

HippoLYTB Martin.

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