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Cobaye de 620 grammes

U mars. — Injection sous-cutanée de 0",6 d'un mélange à parties égales de poison et de sérum.

14 mars. — Injection de 1 ce. d'un mélange contenant trois parties de poison pour une partie de sérum.

17 mars. — Poids 640 gr. Le cobaye est resté tout le temps bien portant.

S. Cobaye de 370 grammes :

14 mars. — Injection sous-cutanée de 0",6 d'un mélange contenant cinq parties de poison pour une partie de sérum. Infiltration dure au point d'inoculation. 21 mars. — Poids 530 gr. Le cobaye reste bien portant.

Paris, 20 mars.

SYSTÈME ANDRÉ Par M. E. OUINOGHET/phannacien en chef de Thôpital de la Charité

(travail dd laboratoire ob m. lb propbbsbur straus)

Après avoir été proclamé un excellent appareil de filtration, surtout au point de vue bactériologique, le filtre Chamberland a été, dans ces derniers temps, attaqué de plusieurs côtés; et Ton a dit, par une exagération contraire, que son emploi constituait un véritable danger, parce qu'il n'appoi*tait qu'une fausse sécurité permettant de consommer une eau impure qu'on croyait à tort privée de tous ses germes. On a cherché alors à expliquer pourquoi on pouvait trouver de» germes dans l'eau filtrée à travers les bougies de porcelaine ; l'opinion la plus générale consiste à admettre que, lorsque le filtre a servi pendant un certain temps, la couche glutineuse qui se forme à la surface et qui renferme un amas de microbes, permet à ceux-ci de pénétrer peu à peu à travers les pores de la pâte.

D'autre part, on a incriminé aussi la pression ; quand celleci est trop élevée, ou quand l'eau est soumise à des coups de bélier, les microbes seraient poussés, pour ainsi dire, à travers le filtre.

Je me suis proposé de reprendre en partie l'étude de ces questions, et c'est à Taide de l'appareil si commode que

M. ringénieur 0. André a appliqué à la bougie Ghamberland que j'ai fait mes expériences.

Je n'ai pas à décrire cet appareil qui est bien connu aujourd'hui, dont la description détaillée a paru d'ailleurs dans un grand nombre de recueils scientifiques, et qui est employé par le ministère de la guerre. Qu'il me suffise de dire que je me suis servi d'appareils à six bougies.

Dans une première série d'expériences j'ai employé un seul appareil; et, plus tard, deux appareils semblables accouplés de la façon suivante, permettant de faire passer au même moment la même eau dans les deux appareils , ce qui rendait les expériences comparatives (fig. 1) :

La conduite d'eau alimentant chaque appareil était munie d'un robinet d'arrêt, et d'un manomètre. Enfin l'eau venant de la conduite générale traversait un régulateur de pression Samarin et André avant de pénétrer dans les filtres. De cette façon l'eau qui traversait ceux-ci était toujours à une pression parfaitement déterminée. Les conditions se trouvant identiques pour les deux appareils, il m'a été possible d'apprécier ainsi l'influence de certains agents ou de certaines manipulations sur la filtration de l'eau, comparativement à cette filtration à travers des bougies Ghamberland installées comme elles le sont d'habitude.

Les expériences ont duré cinq mois.

Bien que différents expérimentateurs et surtout l'usage

Fig. 1.

648 E. GUINOCHKT.

déjà prolongé aient démontré Timmense avantage du nettoyeur André pour la rapidité du débit des bougies Chamberland, je crois qu'il n'est pas sans intérêt de donner les chiffres que j'ai obtenus, parce qu'ils l'ont été dans des conditions de comparaison parfaite. On sait, en effet, que l'eau d'une même origine voit son débit varier considérablement avec les saisons ou même les heures d'une même journée, suivant son plus ou moins grand état de limpidité. Dans mes expériences l'eau arrivant par une conduite unique et se bifurquant dans les deux appareils jumeaux, cette cause d'erreur est complètement annihilée.

Les deux appareils sont munis de bougies neuves préalablement essayées* en les plongeant dans de l'eau bien limpide et en y injectant de l'air sous pression ; celui-ci sort à l'état de bulles s'il y a la moindre fissure.

L'appareil n** 1 a fonctionné pendant la durée de l'expérience sans addition d'aucun produit, et sans nettoyage. L'appareil n" 2 a reçu de la poudre d'entretien (poudre inerte dont la densité se rapproche de celle de l'eau et qui a pour but, en frottant les bougies pendant l'opération du nettoyage, de rendre celles-ci nettes de tout dépôt sans les user) et a subi matin et soir à 6 heures et demie un nettoyage suivant les instructions contenues dans la note ministérielle du 24 mars 1892 {Bulletin officiel^ partie réglementaire, 1" semestre 1892, n« 21).

J'ai mesuré la durée du débit de 10 litres d'eau, et ramené par le calcul au nombre de litres débités pendant une heure. La pression a toujours été très exactement de 20 mètres, pour les deux tableaux ci-dessous A et B.

L'inspection des tableaux suivants démontre une fois de plus l'influence bien manifeste du nettoyeur André sur le débit des bougies, influence d'ailleurs mise en évidence dans le rapport de M. Netter au Conseil d'hygiène.

On voit nettement l'influence de la plus ou moins grande limpidité de l'eau. Les bougies de l'appareil n^ 2 avaient un débit initial identique dans les deux séries d'expériences

1. On trouve aujourd'hui, dans le commerce, des bougies qui portent la mention : « contrôlée » ; mais il est toujours préférable de les Yérifier soi-même.

(150 litres par heure); elles ont subi les mêmes nettoyages,

Tableau A.

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