RÉSULTATS OBTENUS
dd
de
de
àvio l'appakbix.
L* BMSBUraCBMBMT .
fonctionnement
joun à r4tuTe.
heurea.
joun.
Jourf.
14 avril . . .
10 tubes, rien.
10 tubes — rien.
Tube 3, 1 colonie.
- 5.1 - Les 8 autres, rien.
Tube n» 5/ — 1 colon.
Les 9 autres— rien.
Tube n' i , rien. Tube n* 1 — 6 colon.||
— 2, 13 colonies.
6 mai. . . .
i2 / - 5, liquéfié.
\ — 1', envahi. ^
— 2', 2 colonies.
— 3', 1 colonie.
— 4/, 5 colonies.
— 5 J5 — Tubes n-1^ 2', 3', 4 et 5' — rien.
- 5'.2 - Il
Tube no 1, n colonies. Tube n» 1 — liquéfié.||
\ — 1', rien.
— 2/, enrahi.
— 3/, rien,
— 4', rien.
— 1'— rien.
— 2/— 1 colon.
— 3'- rien.
— 5', envahi, i
MO B. GUINOCUBT.
Cette expérience, prolongée pendant 27 jours, montre bien la grande valeur des bougies Chamberland, au point de vue de Tarrêt des microbes, car le nombre des colonies obtenues est ou nul ou bien minime, surtout si Ton songe au volume d^eau véritablement considérable ensemencé dans chaque tube. Quant aux tubes liquéfiés, on sait qu'il suffît de quelques colonies liquéfiantes pour envahir rapidement la couche de gélatine tout entière ; il n'en faut-donc pas conclure au grand nombre de colonies.
Il résulte aussi de ces tableaux que la poudre d'entretien, excellente pour le nettoyage des bougies par son frottement sur celles-ci, ne remplit pas le rôle qu'on aurait pu lui croire dévolu, de former une espèce de matelas empêchant le contact des microbes avec la porcelaine, et par suite empêchant ceuxci de passer au travers ; puisque les résultats sont sensiblement les mêmes pour l'appareil n*" 1 n'ayant pas reçu cette poudre, que pour Tappareil n° 2 où on l'a employée régulièrement. C'est d'ailleurs une conclusion à laquelle est arrivé de son côté M. Lacours dans un travail récent, publié dans la Revue (T hygiène de juin 1893.
En résumé, il ressort des expériences précédentes que le filtre de porcelaine, dit filtre Chamberland, est excellent au point de vue microbien. Cependant il présente deux inconvénients, sensibles surtout lorsqu'on a besoin de grands volumes d'eau potable, c'est de s'encrasser rapidement (dans mes expériences le débit était peu ralenti, parce que j'opérais avec de l'eau de la Vanne, mais avec l'eau de Seine, ce débit peut être à peu près nul au bout de 3 à 4 jours), et ensuite, ainsi que cela ressort de mes expériences (voir Quatrième série d'expériences^ où les microbes commençaient, à passer en très petit nombre il est vrai, à partir du 12" jour) et de celles de M. Lacour [Revue (T hygiène de juin 1893), de laisser passer des microbes au bout d'un certain temps dô fonctionnement.
Le premier inconvénient est absolument annihilé par le nettoyeur mécanique André, puisqu'il suffit de quelques minutes pour faire un nettoyage parfait des bougies, et pour
retrouver par suite presque le débit primitif. Il n'est évidemment pas possible d'exécuter pratiquement ce nettoyage bougie par bougie, surtout lorsqu'on a affaire à une batterie de 28, 80, 100, etc., bougies. Or, il serait très désirable que ce nettoyage pût être pratiqué tous les jours.
Le second inconvénient disparaîtrait si l'on pouvait stériliser facilement et sans grande dépense ces bougies de porcelaine. Il ne faut pas songer à les démonter pour les stériliser; nous venons de voir qu'avec un grand nombre de bougies, l'opération n'était pas pratique, à cause de sa longueur et du danger de la casse. M. 0. André a proposé d'appliquer à ses appareils un mode de stérilisation par la chaleur, qui consiste à faire bouillir, sous une légère pression et en présence de carbonate de potasse, l'eau contenue dans l'appareil; mais il faut employer un fourneau spécial, ou un brûleur à gaz, qui augmente la dépense, et il faut faire du feu, ce qui rend l'opération un peu longue et un peu gênante.
Il serait à désirer qu'on pût faire la stérilisation à froid. Le procédé qui se présente naturellement à l'esprit consiste à introduire dans l'appareil une dissolution d'une substance antiseptique, à la laisser en contact avec l'extérieur des bougies pendant un moment, puis, rétablissant le courant d'eau, à faire passer cette substance à travers la porcelaine et par suite au contact de toutes les parties formant réservoir autour des bougies.
Mais, par cela même qu'elle sera antiseptique, cette substance sera plus ou moins toxique ; il faudra donc s'assurer qu'elle a complètement disparu de toutes les parties de l'appareil avant de se servir de l'eau filtrée. On ne peut nécessairement songer à déceler celte substance par un procédé chimique quelconque; il faut que le premier venu puisse reconnaître facilement le moment de l'élimination complète de cette substance ; il faut aussi que les personnes chargées de surveiller le fonctionnement du filtre soient averties par un signe certain que Ton a bien procédé à la stérilisation.
L'alun, proposé par M. Lacour, étant une substance incolore, ne me parait pas remplir toutes ces conditions, et puis, c'est une substance faiblement antiseptique.
«62 E. 6UIN0CHET.
Le permanganate de potasses au contraire, m'a semblé répondre à tous ces desiderata. Voici comment il convient d'opérer. On introduit, par Touverture supérieure de l'appareil, le courant d'eau étant nécessairement arrêté, et après un nettoyage préalable avec les frotteurs en caoutchouc, une solution de permanganate à 1 millième et on ferme cette ouverture; on laisse en contact une demi-heure, puis on rétablit le courant d'eau afin de faire passer cette solution à travers les bougies et au contact de toutes les parties formant réservoir; au bout d*un quart d'heure, on arrête l'eau, on fait écouler la solution contenue dans l'appareil, on rince deux ou trois fois à l'eau ordinaire, puis on rétablit définitivement le courant d'eau, et on ne recueille celle-ci que lorsqu'elle sort parfaitement incolore, ce qui demande seulement quelques minutes. La couleur si intense du permanganate permet de reconnaître facilement le moment où il a été complètement éliminé de l'appareil.
Je n'ai pas besoin de rappeler les propriétés antiseptiques de ce sel, qui stérilise parfaitement et à froid, plus rapidement à chaud bien entendu, toutes les parties du filtre; j'ai fait quatre fois l'expérience, et chaque fois j'ai obtenu des résultats absolument négatifs avec l'ensemencement de Teau dans la gélatine et dans la gélose. Le permanganate a un autre avantage ; en même temps qu'il produit une stérilisation parfaite, il nettoie les bougies de porcelaine en oxydant les matières organiques glutineuses qui imprègnent ces bougies non seulement à l'extérieur, mais qui pénètrent aussi dans les pores de la porcelaine pour les boucher; en effet, comme on a soin de faire passer, en rétablissant le courant d'eau, le permanganate à travers tous les pores de la bougie de porcelaine, il s'ensuit qu'il brûle toutes les matières organiques qui y sont engagées.
Mais, dira-t-on, vous rentrez dans l'inconvénient de l'emploi d'un antiseptique, vous proposez un corps caustique, le
i. n ne faut que 6 grammes de permanganate, sel peu coûteux d'ailleurs pour un appareil de 50 bougies, d'une contenance de 60 litres, tandis que M. Lacour indique 30 grammes par bougie, ce qui fait i 500 grammes pour une stéri* lisation.
EXPÉRIENCES SUR LE HLTRE GHAMBERLAND. 663
permanganate de potasse; et, bien que celui-ci doive être totalement éliminé avant de recueillir Teau filtrée destinée à la consommation, ce qui, en réalité, est facile, puisque Teau qui contient encore du permanganate est colorée en rose, quel inconvénient en résulterait-il cependant si, par inattention, on recueillait dans les réservoirs de l'eau renfermant encore un peu de permanganate? La dilution du sel serait telle qu'évidemment aucun danger ne pourrait résulter de l'ingestion de cette eau. Il y a plus, et c'est là une propriété heureuse de cet antiseptique, il se détruit au fur et à mesure de soii action en se transformant en un corps, le bioxyde de manganèse, qui, étant insoluble, se précipite facilement et qui, d'autre part, non seulement est absolument inoffensif, mais même est employé en thérapeutique comme succédané des préparations ferrugineuses, de sorte que l'eau qui renfermerait primitivement un peu de permanganate n'en retiendrait plus trace au bout de quelques heures.
Conclusions. — Les bougies en porcelaine, dites filtres Ghamberland, constituent un appareil excellent de filtration. Sous la pression de 20 mètres, elles ne laissent passer aucun microbe pendant une durée d'au moins 40 jours, et seulement un nombre infime pendant une durée de 27 jours (limite de mes expériences).
Le nettoyeur mécanique 0. André permet, au moyen d'un nettoyage facile et rapide, pouvant être journalier, de maintenir la constance du débit de ces filtres, ce qui constitue une très importante amélioration sur les appareils Ghamberland ordinaires.
Ce même appareil 0. André permet d'opérer à froid une stérilisation complète au moyen du permanganate de potasse, parce qu'avec cet appareil on peut introduire facilement ce sel grâce à une ouverture placée à la partie supérieure, le laisser en contact avec les bougies à Tintôrieur et à l'extérieur et l'éliminer ensuite de la façon la plus complète.