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Nettir, Soc. méd, des hôpitaux, 22 août

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dont quelques-^unes sont dues au staphylocoque. L'inoculation est-elle également cutanée 4&as Tostéomyélite? On l'ignore jusqu'à présent.

L'infection staphylococcique n'est pas toujours mortelle. Alors elle se révèle au clinicien par des accidents localisés, une arthrite suppurée, le plus souvent. La pleurésie purulente est plus rare, Courtois-Suffitla considère même comme exceptionnelle, et déclare que le staphylocoque dans la pleurésie purulente est presque toujours associé à d'autres agents, plus importants, celui de la tuberculose surtout.

Les abcès miliaires des reins sont une complication importante, qui a été signalée. Le staphylocoque s'élimine du reste par l'urine, mais nous n'avons pas recherché ce détail dans notre observation. D'autres abcès miliaires, métastatiques, peuvent s'observer partout, dans les muscles, le tissu cellulaire, etc. Preti rapporte un fait d'éruption cutanée de même nature.

Le tissu osseux est souvent intéressé. Il l'est avec prédilection à l'époque de la vie où il est en pleine croissance ; il peut l'être à un âge avancé, l'ostéomyélite n'étant pas exclusive à la jeunesse et à l'adolescence. Et par analogie, on peut supposer que les arthrites purulentes sont dues à des foyers osseux qui avortent et qui provoquent la lésion articulaire, comme dans notre fait, l'abcès pulmonaire a déterminé la pleurésie.

Une forme très rare, mais certaine, de l'infection staphylo^ coccique est la forme puerpérale. Elle est signalée par Dôderlein'; M. Louis Martin, interne des hôpitaux, nous a dit eu avoir vu un cas. Ici, comme dans d'autres infections générales, le staphylocoque remplace le streptocoque, et produit des effets pathogènes analogues. Il faudra étudier de près tous les cas pour relever toutes les différences. Insistons sur une d'elles qui est capitale dans notre fait.

L'inoculation cutanée du streptocoque se traduit en gêné* rai par une lésion typique, c'est l'érysipèle. L'inoculation du staphylocoque peut simuler l'érysipèle, se faire par une lé-

1. KUnisches und bacteriologisches Uber eine Puerperalepidemie. Arch. /l GynOkologie, Bd XI, p. 99.

UN CAS d'infection A STAPHYLOCOQUES DORÉS. 681

sion diffuse du tissu cellulaire sous-cutané : il y a analogie et non identité, et nous avons dû rejeter chez notre malade le diagnostic d'érysipèle; inutile de revenir ici sur les caractères que nous avons déjà rapportés. Nous avions comparé les lésions à celle que produit un furoncle de la lèvre, avec phlébite au début; dans les deux cas, il s'agit bien d'infection staphylococcique.

Nous n'avons relevé dans les auteurs aucune observation de « pseudo-érysipèle à staphylocoques » comparable à la nôtre.

M. Rendu a publié récemment^ un cas d'infection staphylococcique généralisée où la durée fut plus longue (cinq semaines environ), qui se révéla par des symptômes généraux très graves, sans température élevée, avec des signes de congestion pulmonaire peu intense. Les derniers jours, la température s'éleva, et des signes de broncho-pneumonie survinrent à la base droite. A l'autopsie on trouva, au milieu d'un foyer broncho-pneumonique du lobe inférieur droit, deux abcès lobulaires. La rate était molle et diffluente; les reins, pâles et exsangues, semblaient gras. Dans le poumon et les abcès lobulaires, on trouva le staphylocoque doré associé au pneumocoque, dans la rate le staphylocoque seul. M. Rendu insiste sur l'absence d'abcès viscéraux; l'examen anatomo-pathologique n'a pas été pratiqué : peut-être eût-il révélé des lésions analogues à celles que nous avons vues. Dans les deux cas il existait de petits abcès du poumon ; M. Rendu signale la broncho-pneumonie, mais il ne s'agissait que d'un aspect microscopique, et du reste les bronchioles étaient respectées.

1. Bulletin de la Société médicale des hôpitaux, 17 mars 1893.

Par M. le D' MARTHA, ancien interne des hôpiUax.

Dans une ville de garnison des environs de Paris règne, depuis le commencement de Tannée, une épidémie de scarlatine et de diphtérie : des fausses membranes prises sur des malades ont été envoyées au laboratoire de bactériologie du Val-de-Grâce où Ton a trouvé le bacille spécifique de Lôffler.

Un soldat frappé, pendant cette épidémie, de scarlatine et de diphtérie, est venu en convalescence à Paris, et nous lui avons donné des soins : c'est cette observation qui a été le point de départ de cette note.

La scarlatine avait été accompagnée, chez ce malade, d'une angine avec fausses membranes ayant envahi les amygdales et la luette; la contagion s'était faite à Thôpital, où ce soldat, étudiant en médecine, remplissait les fonctions d'infirmier,

La scarlatine avait évolué normalement ainsi que la diphtérie ; pendant la convalescence le traitement avait consisté en toniques ; de plus, tout malade qui avait eu la diphtérie était tenu de continuer, comme pendant la maladie, Tusage d'un gargarisme composé cTeauphéniquée au centième; nous insistons sur ce traitement qui, selon nous, a pu jouer un rôle dans l'évolution secondaire du bacille de Lôffler,

Neuf semaines environ après le début de la diphtérie, le malade, venu en convalescence à Paris, nous a consulté pour savoir s'il pouvait voir les enfants de son entourage sans

danger pour eux. Avant de donner une réponse affirmative nous avons cru devoir pratiquer l'examen bactériologique du pharynx.

On sait en effet que la persistance de la vitalité du bacille de la diphtérie est très longue dans la bouche et le pharynx ; ce bacille continue à vivre sur ces muqueuses pendant des semaines et des mois : on n'a pas encore pu, malgré de nombreuses recherches, fixer, même d'une façon approximative, l'époque à laquelle le bacille diphtérique disparaissait ou n'était plus virulent. Par contre, un malade ayant eu une diphtérie légère ou grave, guérit, après avoir été éloigné des siens pendant toute sa maladie, il rentre dans sa famille une dizaine de jours après la disparition de toute fausse membrane : quelques jours après il donne, ayant toutes les apparences de la santé, la diphtérie autour de lui.

Ce sont malheureusement là des cas fréquents qui préoccupent les hygiénistes. C'est ainsi qu'en février 1893 M. le docteur Deschamps fit à la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle' une communication sur ce sujet. Dans e/^2ix cas il s'agissait de contamination due au retour dans sa famille d'un enfant guéri de diphtérie à l'hôpital : « Le jeune Charles M..., âgé de 2 ans, est pris de diphtérie et entre le 8 janvier à l'hôpital Trousseau; il en sort guéri le 21. Six jours après, le 27janvier, son frère, Auguste M..., âgé de 6 ans, tombe malade à son tour et entre à l'hôpital Trousseau. »

Dans les deux cas cités par le docteur Deschamps y la désinfection avait été faite très complètement et avec le plus grand soin par les étuves municipales, après le transport de chaque enfant à l'hôpital. Dans les deux cas il n'y a pas eu de contagion, tant que le premier malade est resté à l'hôpital ; la contagion ne s'est faite qu'après son retour.

M. Deschamps cite, dans son travail, des cas' où la durée de la puissance contagieuse est encore plus considérable : deux malades ont été contagionnés par un convalescent au 34* jour; un autre, arrivé au 40* jour de la maladie, a pu également contagionner ses voisins.

1. Revue d*hygiéne et de police sanitaire, 20 mars 1893, n* 3, p. 241.

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