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Baumoartbn. Veber Tuberkel und Tuberculose, Berlin

dans les abcès dès 1884. Mais on n'eut pas Tidée que ces cellules pussent engager une lutte avec les envahisseurs; on supposa plutôt qu'elles leur servaient d'aliment.

hn, phagocytose y envisagée comme un procédé général de défense de l'organisme animal contre les bactéries, est une conception qui appartient à M. Metchnikoff. De ses études de pathologie comparée dans la série des êtres zoologiques cet auteur fut amené à conclure, que le phénomène essentiel et irréductible de l'inflammation, est une lutte corps à corps des cellules de l'organisme avec les agents pathogènes. Il montra les péripéties de cette lutte dans les conditions les plus simples, chez l'être unicellulaire, l'amibe. Il montra ensuite que chez un être plus élevé dans la série et possédant des tissus et des cellules différenciées, le rôle de défense est dévolu aux cellules mobiles du mésoderme qui affluent sur le point lésé. Chez les vertébrés supérieurs les moyens de défense deviennent plus compliqués ; aux cellules migratrices viennent se joindre en nombre considérable des leucocytes émigrés des vaisseaux et obéissant à une attraction chimiotactique. D'autres cellules encore manifestent l'activité phagocytaire ; ce sont divers éléments fixés dans les tissus, mais provenant originellement des cellules mobiles et ayant conservé une certaine indépendance et des propriétés contractiles, tels que les endothéliums des capillaires et des cellules spéciales décrites par MM. Waldeyer, Ehriich et Ranvier. Enfin, dans les cas difficiles apparaissent des cellules de renfort, épithélioïdes et géantes, que M. Melchnikofl' considère, suivant Cohnheim, comme des leucocytes hypertrophiés ou conglomérés.

Le point de vue de l'auteur est, comme on voit, très différent de celui de ses prédécesseurs. La diapédèse, qui était le phénomène essentiel de l'inflammation dans la théorie de Cohnheim, devient une circonstance accessoire et qui peut faire défaut dans ce que M. MetchnikofiF entend par inflammation. Tout le processus se résume dans une activité parti* culière, phagocytaire, qui se développe dans un certain ordre de cellules en présence des agents nocifs et particulièrement des micro-organismes pathogènes.

 l'exemple de ses prédécesseurs immédiats, M. Metchni-

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koff ne comprend pas dans Tinflammation les phénomènes de la réparation. Ceux-ci ne commencent que lorsque le combat est terminé, et que le théâtre de la lutte ne renferme plus que des cadavres. Chez les larves de batraciens, la réparation s'accomplit par le moyen des leucocytes mononucléés qui, en se fixant dans le tissu, remplacent les cellules mortes; mais chez les vertébrés supérieurs, les cellules fixes seules ont mission de réparer les pertes de substance.

Ce qui était particulièrement nouveau et inattendu dans la doctrine de M. MetchnikofT c'était une conception vitaliste de la maladie telle que le monde médical ne l'avait pas entendu formuler depuis plus d'un siècle. L'inflammation n'est plus présentée comme l'ensemble des désordres produits dans l'économie par un agent nocif, mais plutôt comme l'ensemble des moyens de défense que l'économie oppose à cet agent. Tous les actes qui la composent sont mesurés, adaptés au mode d'action de la cause pathogène, proportionnés à l'intensité de celle-ci, et ont un caractère providentiel et salutaire. Et telle a été la puissance suggestive de cette nouvelle manière de voir qu'elle a été acceptée avec faveur par des auteurs qui sont loin d'admettre les prémisses de M. Metchnikoff, notamment par M. Grawitz qui, au point de vue histologique, est partisan de la pathologie cellulaire, et par M. Leber qui n'accorde au phénomène de la phagocytose qu'un rôle curatîf très secondaire.

Quelles seront les conséquences pratiques de ce néo-vitalisme? En bonne logique, la thérapeutique antiphlogistique, si chère à la médecine de tous les temps, devra, semble-t-il, être abandonnée comme un non-sens. Pourquoi combattre un processus toujours utile et louable? Il serait plus juste de s'efforcer de l'exciter, et nous voici revenus à la médecine de Brown.

Les recherches modernes ont porté, en outre, sur les rapports qui existent entre le processus local de l'inflammation et l'infection générale concomitante, c'est-à-dire sur l'influence que peut exercer la résorption des produits toxiqueset vaccinantsdes micro-organismes sur laleucocytose, sur la dilatation des vaisseaux et la diapédèse. Ces questions,

MODE DE FORMATION ET GUÉEISON DES ABCÈS. 7i<l

qui ont été traitées avec une compétence particulière par M. Bouchard * dans une série de travaux, et notamment dans sa leçon d'ouverture sur les théoriesMe Tinflammation, sont restées étrangères à l'objet de notre travail; aussi nous bornerons-nous à les mentionner.

Cette courte revue nous parait justifier les remarques que nous avons présentées au début. Il n'est pas dans cette question de l'inflammation un seul point universellement admis. Quelle est l'origine des leucocytes, des cellules épithélioïdes et géantes qui jouent un si grand rôle dans le processus; proviennent-ils des cellules fixes, des cellules mobiles ou des cellules mobiles devenues sédentaires ? — Quel est le phénomène essentiel et caractéristique de l'inflammation; est-ce la prolifération cellulaire, la diapédèse ou la phagocytose? — Quelle est la signification du processus ; est-il d'une nocivité absolue, d'une utilité relative accompagnée d'inconvénients, ou d'une souveraine utilité?

Descartes considérait avec surprise <c combien il peut y avoir de diverses opinions touchant une même matière qui soient soutenues par des gens doctes, sans qu'il y en puisse avoir jamais plus d'une seule qui soit vraie ». Peut-être les théories dissemblables que nous venons d'analyser contiennent-elles chacune une part de la vérité, et sont-elles comme les aspects différents d'un phénomène complexe observé de divers points de vue. C'est ce que nous aurons à examiner dans les conclusions de ce travail.

II. — Propriétés pathogéniques du M. tetragenxts; raisons qui nous ont déterminé à le choisir comme objet d*étude. Procédés de recherche et division adoptée dans ce travail.

Nous avons choisi pour objets d'étude les abcès provoqués par l'injection sous-cutanée d'une culture de M. tetragenus chez le cobaye. Les raisons de ce choix sont les suivantes :

y Comme nous nous proposions de suivre le processus

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