NOMBRE DE COLONIES
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sur 8«rum, de la dUntion entourée H
d'eau.
de eoltttlon
de Buirale
de cuiTre ammon.
de Mlution
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de potaaie.
Débat de l'expër.
2 mai, 9 h. 30. .
3 mai, 10 h. 15. .
5 — oh. 30. .
envirti 15 h.
impuretés.
Exp. XIV. — Éclairage au soleil. Dilution dans l'eau distillée. Action de différents rayons.
Toujours ]e même dispositif. La dilution est faite avec une culture sur gélose âgée de 4 jours. De plus, on expose aussi à la lumière du soleil un tube large de 0,03 de diamètre rempli d'eau et dans l'eau duquel est fixé un thermomètre à maxima. Tous les tubes sont suspendus à une barre de fer, sur le toit du laboratoire, au soleil, le 6 mai, k 9 heures 1/2 du matin. Les ensemencements successifs donnent les résultats suivants :
HEURES
des
DURÉE
de l'éclairage
au ioleU.
NOMBRE DE COLONIES •ur sérum, de la dilution entourée
d'eau.
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Début de l'expér.
6 mai, 9 h. 30'. .
Irèt MBbreiuet.
id.
Le thermomètre à maxima n'a pas dépassé 2i*, à H heures; il marquait 22», à 12 h. 10 min. et 24<» à 2 h. 15 min.
A 2 h. 15 min. on termine Texpérience, en ensemençant, toujours avec la même effilure qui a servi pour les ensemencements successifs, la reste de la dilution primitive, conservé dans une armoire fermée depuis le matin. Cet ensemencement sur sérum donne d'innombrables colonies.
IV. — La lumière, agent prophylactique contre le bacille diphtérique. Action sur les fausses membranes diphtériques.
Les expériences qu'on vient de lire nous autorisent à penser que, dans la nature, la lumière devient un agent prophylactique contre la diphtérie, dans quelle mesure précisément, nous l'ignorons ; mais, ce que nous savons bien et devons expliquer, c'est qu'on se ferait une idée erronée de ce r6le de la lumière si l'on généralisait, sans attention et sans restriction, l'enseignement de ces expériences.
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Les médecins ont remarqué depuis longtemps la rareté des épidémies de diphtérie dans la belle saison. « La mortalité par la diphtérie arrive à son maximum en hiver et au printemps et à son minimum en été S »
« La diphtérie est une maladie essentiellement d'hiver », a dit Besnier. Et cela, peut-être pour des causes multiples qu'il est facile d'imaginer, surtout si Ton admet que les affections dites a frigore, de la gorge et des premières voies respiratoires, affections plus fréquentes en hiver, augmentent les prédispositions individuelles. Quelles que soient les di« verses influences qui, en été, font obstacle à Texpansion du fléau, celle du soleil, dont la lumière est plus intense eu été qu'en hiver, ne doit pas être omise.
Le pouvoir de tuer le bacille diphtérique appartient, nous l'avons vu, non seulement à la lumière du soleil, mais à la lumière dispersée par les nuages, à celle des espaces bien éclairés, quoique sans soleil. Exposés à ces rayons d'intensité décroissante, les bacilles diphtériques meurent en quelques heures, en quelques jours, qu'ils flottent dans l'air à l'état de poussières microscopiques ou se déposent sur les objets, sur les surfaces en plein jour, ou encore qu'ils soient en suspension dans des eaux limpides et peu profondes.
Lorsqu'on a débarrassé les salles qu'ont habitées les diphtériques des meubles et surtout des étoffes et linges qui cachent souvent dans leurs replis des matières virulentes et les conservent des semaines et des mois à l'abri des causes de destruction, lorsqu'on a enlevé tout ce qui peut être souillé parlesdébris de fausses membranes, la lumière achève à son tour l'œuvre de désinfection, elle rend inoffeusives toutes ces particules invisibles qui recèlent des germes de diphtérie et font de la chambre du malade un foyer d'infection.
D'autre part, il ne faut pas oublier que, dans nos expériences, les cultures étaient soigneusement diluées ou étalées en couches minces. Ce que ces expériences nous ont appris sur l'action bactéricide de la lumière ne reste vrai que si ces conditions sont remplies, par exemple lorsqu'il s'agit de
1. Dictionnaire encyclop. des se. méd., article Diphtérie, par Samnb, p. 650.
ACTION DE LA LUMIÈRB SUR LE BAaLLE DIPHTÉRIQUE. 797
ces fréquentes souillures résultant du contact des objets avec les diphtériques : des fausses membranes mal recueillies, la salive, les doigts du malade ont servi de véhicule aux bacilles; ceux-ci, en faibles amas, sont mêlés aux liquides qui tachent les linges ou unis aux produits desséchés, peu importe, il est encore admissible que dans ces conditions qui s'éloignent déjà des données précises de l'expérience, les bacilles diphtériques soient détruits, pourvu que la lumière éclaire ces amas superficiels et pénètre ces macules chargées de bacilles.
Mais nous ne savons plus s'il en sera de même lorsque les microbes sont protégés par des fausses membranes qui passent avec raison pour un agent redoutable de contagion. La lumière ne traverse plus les strates de la fausse membrane comme elle traversait les couches minces de culture sèche ou les dilutions transparentes. L'expérience seule peut nous apprendre ce que devient l'action de la lumière sur les bacilles diphtériques protégés par les couches fibrineuses.
Exp. XV. — Lumière du solHl, — Fausse membrane diphtérique. — Plus de bacilles diphtériques vivants au bout de 1 jours.
Le 12 juillet, une faasse membrane provenant d'un enfanl atteint d'angine diphtérique est ensemencée sur sérum et donne de nombreuses colonies de bacilles de Lôffler. Cette fausse membrane est mise dans un tube à essai stérilisé et bouché à la ouate, coiffé d*un capuchon en Terre qui permet rentrée de l'air, mais empêche l'eau de pluie de mouiller la ouate. Ce tube à essai est fixé dans Taxe d'un tube plus large rempli d'eau. Un thermomètre à maxima est mis dans un tube à essai semblable au précédent et disposé de même. Le tube à fausse membranes et le tube an thermomètre sont exposés au soleil sur le toit le 12 juillet.
Le 19 juillet, soit au bout de sept jours pendant lesquels le temps a été pluvieux, la fausse membrane est ensemencée sur sérum. Pas de colonies de diphtérie. Le thermomètre à maxima n'a pas dépassé 30<>.
Exp. XVI. — Lumière du soleil — Fausse membrane diphtérique, — Persistance du bacille diphtérique vivant au bout de 3 jours, de 6 jours» — Virulence.
Le 19 juillet, une fausse membrane provenant du larynx d'un enfant trachéotomisé est ensemencée sur sérum et donne les jours suivants d*in-
798 LED0UZ-&B8ARD.
nombrables colonies. Anssitât après cet ensemencement, la fausse membrane est divisée en trois fragments : denx de ces fragments sont placés encore humides au fond de tubes à essai stérilisés; le troisième fragment est mis aussi dans un tube à essai mais avec quelques centimètres cubes d'eau de fontaine stérilisée; les tubes sont maintenus dans Taxe de tubes larges remplis d*eau (afin de prévenir une élévation de température), et exposés au soleil, sur le toit du laboratoire, à partir du 19 juillet, à 4 heures.
Le 22 juillet, à 5 heures, soit au bout de trois jours, on ensemence sur sérum: i^ le fragment qui macère dans Teau, 2« Tun des fragments mis à l'état frais dans le tube à essai et qui s'est rapidement desséché. La température dans le tube à sec n'a pas dépassé 35<* comme l'indique un thermomètre à maxima placé dans un tube à essai disposé de même que les tubes à fausse membrane et exposé au soleil au même endroit.
Ces deux ensemencements donnent des cultures de diphtérie. Avec l'une des colonies qu'a donnée le premier fragment, on a ensemencé un tube de bouillon qui, deux jours après, a été inoculé, à un cobaje, à la dose de i/4 ce. Ce cobaye est mort en 6 jours. La culture était donc virulente, bien que faiblement, vu la forte dose inoculée. Le troisième fragment exposé au soleil dans le tube à essai, sans addition d'eau, est ensemencé le 2^ juillet, soit au bout de six jours. Le thermomètre à maxima, dans le tube témoin, marque 35<>. Cet ensemencement donne encore, sur sérum, des colonies de bacilles de Lôffler.
Exp. XVII. — Lumière directe du soleil. — Fausse membrane diphtérique, — Bacilles vivants et virulents après une vingtaine d^heures d'éclairage.
Le 5 juillet, une fausse membrane provenant d'un enfant diphtérique de l'hôpital a été placée dans un tube à essai stérilisé et laissée pendant deux jours sur la table du laboratoire, exposée seulement à la lumière diffuse jusqu'à dessiccation.
Le 7 juillet, on en excise une parcelle qui est ensemencée sur sérum et donne de nombreuses colonies de bacilles diphtériques. Le même jour, à 10 heures et demie, le tube à essai contenant la fausse membrane est placé dans un tube large rempli d'eau, et exposé au soleil sur le toit de l'hôpital en même temps qu'un tube semblable et pareillement disposé, contenant un thermomètre à maxima.
Le 8 juillet à 4 heures après midi, la fausse membrane insolée est ensemencée sur sérum et donne les jours suivants des colonies de bacilles diphtériques.
Le 7 juillet, le thermomètre n'a pas dépassé 38«. Il a atteint 40® le 8 juillet.
La fausse membrane a subi l'action du soleil pendant une vingtaine d'heures. Les bacilles sont restés vivants.
Une des colonies déyeloppées à la suite de rensemencement sar sérum de la fausse membrane insolée a serri à ensemencer un tub e de bouillon. Celui-ci, au bout de deux jours, a été inoculé à un cobaye, à la dose de 1/4 ce. Le cobaye est mort deux jours après.
Les bacilles avaient donc conservé leur virulence.
Exp. XVIII. — Lumière diffuse. — Fausse membrane, — Persistance de bacilles virulents au bout de 23 jours.
Le 23 juin, une fausse membrane provenant d'un enfant diphtérique sert à un ensemencement de tubes de sérum qui fournissent, les jours suivants, des colonies de bacilles diphtériques. Aussitôt après l'ensemencement, la fausse membrane est divisée en trois fragments et Ton place chacun d'eux au fond d'un tube à essai stérilisé. Les trois tubes, suspendus, à l'aide d'un fil, à une tige horizontale sont exposés à la lumière diffuse venant du nord, derrière une fenêtre du laboratoire.
Le 29 juin, au bout de six jours d'éclairement, on ensemence sur sérum un des fragments; les 10 et 13 juillet, soit après dix-sept et vingt jours d'éclairement, on ensemence les deux autres fragments. Il faut noter que le fragment ensemencé le 13 juillet était bien plus épais que les deux autres.
Les deux premiers ensemencements sont restés stériles. Le dernier (13 juillet) a donné des colonies. L'une d'elles a servi à ensemencer un tube de bouillon qui deux jours après a servi à inoculer un cobaye à la dose de {1% ce. Le cobaye est mort en six jours.
La culture était donc virulente, niais faiblement.
Les résultats de ces expériences sont bien différents de ceux obtenus déjà avec les cultures diluées ou sèches, en couches minces. Au lieu de ces faibles écarts dans les nombres qui représentaient la durée de résistance des cultures éclairées, nous trouvons ici des différences considérables. Telle fausse membrane est stérile après six jours d'éclairement à la lumière diffuse; telle autre, de même provenance, contient encore après vingt jours des bacilles vivants et virulents.
Il serait nécessaire de multiplier ces expériences pour fixer une limite maxima en delà de laquelle les bacilles sont toujours détruits. Elles suffisent cependant à nous enseigner quelques faits utiles à connaître.
D'abord, les bacilles des fausses membranes diphtériques peuvent vivre longtemps dans Teau, même à la lumière, lorsque cette eau est devenue impure et riche en matière
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organique, grâce à la macération des fausses membranes.
En outre, les bacilles des fausses membranes desséchées résistent longtemps à la lumière, incomparablement plus longtemps que les bacilles des cultures étalées en couches minces, non que les premiers se comportent autrement que les seconds vis-à-vis de cet agent, mais parce que, en réalité, lui échappent. Cela est si vrai que lorsqu'on se borne à ensemencer le produit du grattage, avec le fil de platine, des couches superficielles de la fausse membrane préalablement ramollie dans de Teau distillée, les ensemencements restent parfois stériles, alors que les couches profondes, moins pénétrables k la lumière, contiennent encore des bacilles vivants.
Il est préférable d^ensemencer le fragment tout entier de la fausse membrane, quitte à ensemencer ensuite un plus grand nombre de tubes.
La lumière ne tue les. microbes que si ses rayons arrivent jusqu'à eux, et encore avec une intensité suffisante. C*est pourquoi elle ne tue que lentement les bacilles diphtériques des fausses membranes dont la destruction rapide exige d'autres moyens de désinfection.
CONCLUSIONS
L'action de la lumière diffuse n'empêche pas le développement des cultures de diphtérie, soit à 33-3S®, soit à la température ordinaire. La lumière du soleil arrête ce développement et stérilise les bouillons de culture en quelques jours.
La lumière diffuse a un pouvoir bactéricide nul à Tégard des bacilles diphtériques en dilution dans du bouillon neutralisé, grand, au contraire, à l'égard des bacilles diphtériques en dilution dans l'eau distillée. Dans ce dernier cas, l'eau distillée agit dans le même sens que la lumière. La destruction des bacilles est la résultante de ces deux actions concordantes.
La lumière diffuse tue les cultures sèches de diphtérie, étalées en couches minces, en moins de deux jours (24 heures d'éclairement).
La lumière directe du soleil agit comme la lumière diffuse, mais avec plus de rapidité.
Le pouvoir bactéricide de la lumière à l'égard du bacille diphtérique est dû presque exclusivement aux rayons les plus réfringents du spectre.
Les rayons les moins réfringents ont une action bactéricide nulle ou presque nulle.
La lumière, grâce à son pouvoir bactéricide, stérilisant en moins de deux jours les bacilles diphtériques humides ou secs, est, à ce titre, un agent prophylactique contre la diphtérie.
Dans les fausses membranes diphtériques exposées à la lumière, celle-ci n'arrive aux bacilles diphtériques qu'après avoir perdu tout ou partie de son intensité et les bacilles diphtériques conservent longtemps leur vitalité et leur virulence.
La lumière peut être utilisée dans la désinfection des locaux contaminés par la diphtérie, mais seulement à titre de moyen adjuvant.
ARCH. DS MKD. BZPBa. — TOMR T. 53