‹ Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologiqueChapitre 291 sur 298 · LION · texte numérisé non relu

LION

à la paroi et à pousser vers l'intérieur de l'alvéole des sortes de bourgeons végétants.

Au centre d'un petit nombre d'alvéoles, les éléments cancéreux se trouvent transformés en un magna uniformément coloré en jaune sale par ie picro-carmin et dans lequel il n'est plus possible de distinguer ni contours cellulaires, ni noyaux. Ce sont des foyers de nécrose pro* bablement produits par défaut dans l'apport des sucs nutritifs.

Une altération bien plus importante, qui se rencontre dans presque tous les alvéoles, aussi bien à leur partie centrale qu'à leur périphérie et au milieu même des cellules vivaces, consiste dans la formation d'espaces remplis de petites masses à peu près de la grosseur des cellules cancéreuses, comme elles polyédriques par pression réciproque, mais incolores, transparentes, limitées par un fin contour sombre et privées de noyau.

La situation de ces productions, leur forme, leurs dimensions font de suite naître Tidée qu'elles représentent les vestiges d'éléments néo* plasiques ayant subi une dégénérescence totale, et se trouvant remplacés en dernier terme par des gouttelettes, à contour polyédrique, formées d'une substance particulière que ne colore pas l'acide osmique.

Une étude attentive rend cette interprétation encore plus vraisemblable. On ne rencontre en effet nulle part de cellules vésiculeuses ou laissant sourdre une boule hyaline comme cela serait si on se trouvait en présence d'une transformation partielle ou d'une séci^tion. Au contraire, on peut surprendre certains éléments dont le protoplasma est à peine teinté par le carmin et dont le noyau est pâle et ratatiné, et d'autres encore dont le protoplasma est complètement clair et le noyau transformé en un petit bloc presque incolore, ne contenant plus ni nucléoles, ni granulations. Enfin, les dernières traces du noyau disparaissent et il est rare de poi\voir en retrouver au milieu des espaces clairs, quelquefois assez étendus que comblent les petites masses polyédriques et transparentes décrites plus haut. La dégénérescence envahit donc les cellules cancéreuses simultanément dans toutes leurs parties ; le noyau plus résistant met seulement un temps, plus long à se transformer.

Résumé. — Une femme atteinte de cancer de l'ovaire propagé au péritoine se présente à Thôpital avec une ascite considérable. Deux premières paracentèses donnent un liquide citrin qui ne se différencie par aucun caractère marquant des liquides ascitiques ordinaires. Une troisième ponction donne au contraire un liquide d'aspect laiteux tout spécial. Du 9 juin au 25 juillet on retire en cinq fois 33 lit. 70O de ce liquide.

La première idée qui me vint à l'esprit à la vue de ce

Page 1