SUR UN CAS DASCITE LAITEUSE NON CHTLEUSE
Ces différents caractères, principalement celui de se dédoubler par TébuUition en présence d'un acide fort pour donner une substance réductrice, rangent la matière albuminoïde contenue dans le liquide d^ascite parmi les glyco-protéides d'Hammarsten.
Les quelques recherches bibliographiques que j'ai faites ne m'ont pas permis de découvrir d'autre cas d'ascite laiteuse non graisseuse. Mais j'ai trouvé dans un travail d'Hammarsten* des détails intéressants sur les substances mucoïdes [Mukoidsubstanzen) qui se rencontrent dans certains liquides d'ascites.
Les recherches de cet auteur portent sur 6 cas, dont 4 de cirrhoses hépatiques alcooliques ou syphilitiques, un de cancer de l'estomac et du péritoine, et un de péritonite tuberculeuse.
Dans tous ces cas le liquide d'ascite était jaune pâle, opalescent, semblable à une solution de glycogène. L'ascite provenant du malade atteint de cancer de l'estomac, faiblement jaune verdâtre et presque complètement claire au moment de la ponction, prit seule l'aspect laiteux après plusieurs mois de conservation (on y avait ajouté du chloroforme pour le conserver et Hammarsten suppose que ce chloroforme avait empêché la putréfaction mais avait laissé se produire d'autres transformations causes du changement d'aspect du liquide).
Les six liquides ainsi recueillis contenaient une matière protéique fournissant par l'ébullitioa en présence d'un acide une substance réductrice. Hammarsten tente l'isolement de cette matière protéique et obtient deux corps différents qu'il désigne par les termes de mucinalbumose et de mucoïde. 11 n'y a pas lieu d'insister ici sur les procédés d'analyse mis en pratique par le savant allemand, ni sur les propriétés chimiques des deux substances isolées. 11 est, par contre, intéressant de noter que la mucinalbumose a toujours été trouvée en quantités manifestement prédominantes sur la mucoïde. De plus, on doit se demander si les deux substances
1. Ueber das Vorkommen von Mukoidsubstanzen in Asciies-flûssigkeiten ^Ohov Hammarsten. Zeitschrift far physiologische Chemie, 1891, t. XV, p. 202.
ARCH. DB MBD. BXPBR. — TOMB V. 55