WiDENMANN, BeitrÛge zur klin. Ckir., t. IX, 1892, p
ÉTUDE DE l'aRTÉRITE OBLITÉRANTE PROGRESSIVE. Ii3
térite parfaitement distincte de rathéromé avec lequel on Ta sans doute fréquemment confondue.
L'artérite oblitérante dont il s'agit ici s'observe plus souvent chez rhomme. C'est une affection de Page adulte, de la seconde période de la vie qui s'étend de la 30* à la 60* année.
Son étiologie est des plus obscures. Ni Talcoolisme , ni la syphilis, ni Timpaludisme ne se retrouvent à son origine; elle n'est pas liée non plus à tel ou tel état diathésique déterminé. Elle ne coïncide ni avec le diabète, ni avec l'albuminurie. Comme Tathérome, comme toutes les modifications anatomiques des artères des membres qui aboutissent par une évolution lente à l'oblitération de ces conduits, elle détermine dans les membres où elle siège, et longtemps avant l'apparition du sphacèle, des troubles d'ordres divers : des douleurs survenant sous forme de crises passagères, de la cyanose, des crampes, du refroidissement des extrémités; tous ces symptômes, qui au début ne se montrent que d'une façon transitoire et à l'occasion des mouvements de la marche, finissent par s'installer à demeure lorsque la période des gangrènes approche. Les douleurs sont à ce moment d'une violence, d'une ténacité remarquable ; l'abaissement de la température du membre, sa coloration violacée, l'absence de battements sur le trajet des artères indiquent l'imminence du sphacèle. Des taches ecchymo tiques, des phlyctènes apparaissent sur un ou plusieurs points de l'extrémité du membre, au niveau desquels la peau va se sphacéler. Les eschares se produisent parfois un peu au-dessus de l'extrémité des doigts ou des orteils, sur le dos du pied, au tiers inférieur de la jambe. Tantôt sèche, tantôt humide, la gangrène, suivant les cas, se cantonne ou se propage avec plus ou moins de rapidité. En général, ce sont les membres inférieurs qui sont frappés les premiers. Mais parfois c'est aux mains que le sphacèle apparaît en premier lieu (observ. de Heydenreich). L'affection ne se montre pas toujours d'emblée symétrique. Le plus souvent les membres inférieurs sont pris l'un après l'autre, et quelquefois à des années d'intervalle. Des phases de rémission plus ou moins marquées traversent l'évolution ordinairement lente de cette affection (5 ans dans notre. cas)4
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Dans les amputations nécessitées par la gangrène et les douleurs atroces qui raccompagnent ou note assez souvent que les artères ne donnent pas de sang; le sphacèle, la cicatrisation lente du moignon ne sont pas rares en pareil cas, alors même que la section a porté très haut, loin des parties mortifiées. Indépendamment des états infectieux qui peuvent entraîner la mort des malades soit avant, soit à la suite de Famputation, on a vu se produire dans quelques cas, traverr sant le cours des accidents ou terminant la scène morbide, des complications fort significatives : un embolie de Tartère centrale de la rétine (cas de Charcot), une crise d'angine de poitrine (cas de Heydenreich), une embolie pulmonaire.
La guérison semble avoir été obtenue dans un petit nombre de cas. Mais on n'a pas suivi les malades longtemps après Tamputation ; il est donc permis de révoquer en doute Tauthenticité de ces faits, d'autant que l'évolution des lésions n'est pas toujours uniformément progressive et que de longues périodes de répit peuvent, nous l'avons déjà dit, succéder à une première ou une seconde atteinte.
Telle serait à peu près, dans ses points essentiels et d'après les faits connus jusqu'à ce jour, l'histoire naturelle de l'artérite oblitérante.