J.-M. Charcot, Œuvres complètes^ t. V, p
ÉTUDE DE l'aRTÉRITE OBUTÉRANTE PROGRESSIVE. 119
qui suivirent, les douleurs cessèrent et l'ulcération du petit orteil se cicatrisa. Mais en janvier 1891, une phlébite de la jambe gauche compliquée d'embolie pulmonaire se développe. Cet accident terminé, la guêrison s'est maintenue depuis cette époque, et le pied qui fut le siège de l'ulcé* ration gangreneuse présente un aspect tout à fait normal.
Il est à remarquer qu'aucun des traitements qui furent mis en œuvre avant que le malade se fût soumis à un repos absolu n'avait été suivi d'une amélioration notable ni du côté de l'ulcération gangreneuse, ni en ce qui concerne les douleurs qui raccompagnaient.
L'observation suivante est encore un exemple del'influence favorable que peut exercer le repos sur les troubles dépendant d*une oblitération des artères principales du membre inférieur.
Observation RésuMÉR. — M. X..., officier de marine, âgé de 59 ans: Claudication intermittente depuis 10 ans. Le membre inférieur droit puis le gauche ont été intéressés successivement. Actuellement les 1*' et 2* orteils du pied sont rouges, engourdis et froids. Quand le malade se lève, tout le pied et la jambe jusqu'au genou prennent une teinte cyanotique. On ne sent plus les battements de l'artère poplitée ni ceux de la poplitée. Le sphacèle parait menaçant. Après une longue pério de de repos, tous ces troubles se sont dissipés et le malade a pu reprendre son service.
Il y a donc intérêt, ainsi que nous le disions au début de ce chapitre, à savoir, le cas échéant, rechercher le symptôme de la claudication intermittente, puisque sa constatation conduit au diagnostic précoce des oblitérations artérielles des membres inférieurs et permet aussi d'instituer en temps opportun le seul traitement qui soit efficace, à savoir : le repos absolu.
Dans ces derniers temps le symptôme claudication intermittente a été signalé à la suite des phlébites des membres inférieurs \ au cours de certains états hystériques ou neurasthéniques, mais ces faits qui tendent à montrer que la claudication intermittente n'est pas toujours liée à l'obturation des artères sont encore en trop petit nombre pour que nous puissions les opposer au groupe si important des claudications d'origine ischémique.
1. Vaquez, Troubles nervettx post-phUbiliques, {G axetle hebdomadaire, 1892, p. 391.)