MORPHOLOGIE
Le B. coli est un microbe très polymorphe, qui se présente sous des aspects bien différents, suivant que la culture que l'on examine est jeune,
1. EscHBRicB, Dte Darmbacterien des Saûglings und ihre Beziehung zur Phytiologie der Verdatiung. {Fortschrilte der Medicinif p. 6J5, 1885.)
OU qu'elle est restée pendant un temps plus ou moins long à Tétuve. Au début, ce sont des éléments se rapprochant plutôt de la forme des coccus que de celle des bacilles. Ces éléments ^ont ovalaires, ayant un centre brillant; plus tard il y a des bâtonnets, plus ou moins longs, et de véritables filaments.
L'aspect microscopique d'une préparation de B. coli montre donc des formes très variées et diverses, et peut faire penser au premier abord que l'on a affaire à une culture impure. Les formes en navettes, décrites par Artaud pour le 6. d'Eberth, se montrent fréquemment dans les culturps de B. coli, au bout de 2 ou 3 jours d'exposition à l'étuve à 37®. Enfin, dans les vieilles cultures foisonnent les formes bacillaires, très longues, peu ou point mobiles, inégalement épaisses et quelquefois remplies à une extrémité.
En ce qui concerne les prétendues spores du B. coli, elles sont, comme celles du B. d'Ebertb aussi communes et aussi nombreuses, si l'on entend par spores ce corpuscule réfringent qui se trouve souvent à une des extrémités et s'imprègne avec la plus grande facilité des couleurs d'aniline. Cette spore peut d'ailleurs occuper un point quelconque du corps du bacille, dont la résistance à la chaleur, disons-le déjà, est relativement très faible.
Cils, Le bacille d'Escherich, possède des cils qui ont été découverts assez récemment par Klemensievicz ^ Cet observateur a pu les colorera Taide d'une légère modification de la méthode de Lœffler. Ces cils sont beaucoup moins nombreux que dans le bacille typhique. Il n'y en a qu'un petit nombre, qui ^ont placés aux extrémités du bâtonnet mobile. Le B. typhique, au contraire, possède de véritables flagella à ses deux extrémités et souvent aussi des cils partant à angle droit du corps môme du bâtonnet. La mobilité du B. coli est sous la dépendance de ces cils. Peut-être les échantillons immobiles n'en possèdent-ils pas ?
Mobilité. Le B. coli est mobile, mais non d^une façon constante. Le fait a même été constaté par certains auteurs. C.Frœnkel',Tavel'. Cette mobilité se manifeste tantôt par des mouvements sur place,' tantôt par de véritables mouvements de translation comme ceux du vibrion septique. Les bacilles traversent alors le champ du microscope. Je n'ai d'ailleurs observé qu'assez rarement des échantillons de B. coli aussi mobiles. Les conditions biologiques dans lesquelles ce mouvement s'observe sont inconnues. Dans les selles humaines on isole tantôt des spécimens mobiles tantôt des spécimens immobiles. Ce caractère d'immobilité ou de mobilité se conserve d'ailleurs d'une façon immuable. On n'est pas encore arrivé, jusqu'à présent, à transformer, par un artifice de culture, un B. coli immobile en B. coli mobile, ou inversement.
1. KLBMBNsiByicz, Société de médecine de Styrie, février 1892. {In Bulletin Méd., 9 mars 1892.)