‹ Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologiqueChapitre 5 sur 298 · DE L*ÉVOLUJION DE LA TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

DE L*ÉVOLUJION DE LA TUBERCULOSE

Enfin, tout récemment, Wissmann', étudiant Tinfluence des bacilles tuberculeux morts sur Torganisme des animaux, observa qu'ils provoquaient la formation d'un tubercule qui se distinguait du tubercule provoqué par les bacilles vivants seulement parce qu'il ne subissait pas, comme ces derniers, une métamorphose caséeuse, mais se transformait en tissu fibrineux. L'auteur traita avec la tuberculine 3 lapins infectés de bacilles morts et ne remarqua aucune modification, excepté un petit agrandissement de la rate.

A la suite des documents ci-dessus mentionnés on peut se poser les deux questions suivantes : 1** Pourquoi le processus tuberculeux, dans les expériences de Prudden, Hodenpyl et d'autres, provoqué par les bacilles morts, est-il sujet à une métamorphose régressive ? et T Comment se fait-il qu'en traitant la tuberculose avec la tuberculine de Koch, tous les expérimentateurs n'aient pas obtenu les mêmes résultats, les uns signalant des résultats favorables à la tuberculine, les autres n'apportant que des données négatives? Si dans les expériences de Dônitz, Klebs, etc., la tuberculine contribuait à la guérison de la tuberculose, a fortiori doit-elle guérir cette maladie provoquée par des bacilles morts, puisque alors, comme Straus et Gamaleïa Font prouvé, le processus est simplement local et, selon lendroit où les bacilles ont été introduits, les animaux succombent à la suite des mêmes symptômes que provoque l'injection des bacilles vivants.

Sur le conseil de M. le D' Gamaleïa, je procédai, au laboratoire de M. le professeur Straus, à des recherches concernant la solution de ces questions.

MÉTHODE d'expérimentation

Une culture de tuberculose humaine dans du bouillon avait été soigneusement broyée dans un mortier de verre stérilisé et délayée dans du bouillon. Cette émulsion qui contenait ime assez grande quantité de bacilles tuberculeux fut portée à

1. WissMAN, Wirkung todier Tuberkelbacillen und des Tuberculins aufden thiêriscken OrganUmut, [Archiv. von Virchow, 1892, Bd 129, H. 1.)

10 J. KOSTENITSCn.

Tautoclave où elle resta pendant une demi-heure à la température de 118°.

L'expérience a été faite sur 20 lapins. Après avoir retiré, après anesthésie de la cornée par la cocaïne, une petite quantité de liquide de la chambre antérieure des deux yeux de 19 lapins, on y introduisit de la susdite émulsion en quantité telle que Tiris pouvait à peine se distinguer; en outre, ces 49 lapins furent injectés par la même émulsion à la dose d'à peu près 2 ce. dans le poumon droit. Au 20* lapin, le plus vigoureux (poids 2 420 grammes), on introduisit la même quantité d'émulsion dans la veine de Toreille.

Le lendemain, on put observer, chez presque tous les lapins, une hyperémie plus ou moins prononcée de la conjonctive bulbaire et des paupières, qui, dans certains cas, était œdémateuse; chez plusieurs lapins, la cornée faisait saillie en avant. Les cadavres des bacilles introduits dans la chambre antérieure avaient en partie disparu ; chez plusieurs lapins, on voyait distinctement la pupille, chez quelques-uns la périphérie de ririset,chez d'autres, de petites parcelles de culture bacillaire restée dans la région de la pupille en une quantité tout à fait médiocre.

Le même jour, les lapins furent divisés en deux lots, dont l'un, composé de 12 lapins, a été gardé pour l'étude de l'action des bacilles tuberculeux morts sur l'organisme des animaux et pour servir en même temps de contrôle pour les lapins soumis au traitement avec la tuberculose; l'autre groupe, composé de 8 animaux, fut encore une fois divisé en deux groupes de 4 chacun.; cette subdivision a été motivée par l'état des yeux ; ainsi chaque groupe contenait 2 lapins avec une hyperémie de la conjonctive bulbaire fortement prononcée et 2 autres avec une hyperémie plus faible ; dans chacun de ces deux groupes, il y avait 1 lapin chez lequel on observait une quantité tout à fait insignifiante de bacilles dans la région de la pupille. En général, l'état des yeux de ces lapins était meilleur que celui des 12 animaux laissés pour le contrôle.

Le 1" groupe commença dès le 2" jour à recevoir la tuberculine d'après Pfuhl, à la dose de 0,01 ; 1,0; 0,5 tous les deux jours, dose qui a donné à ce savant les meilleurs résultats

DE l'Évolution de la tuberculose. il

(page 252, table V, cobaye n'*4, qui a vécu 19 semaines).

Le 2* groupe fut soumis au traitement par la tubercUline, d'après Dônitz, par des doses que nous avons citées plus haut. La dose maxima (qu'il n'indique pas) était chez nous : 0,1.

Pour reconnaître si les grandes doses de tubercuiine n'étaient pas nuisibles aux lapins du 1" groupe, j'en introduisis la même quantité et dans le même ordre à 1 lapin tout à fait bien portant (le 21*) *.

En outre, j'injectais, tous les deux jours, sous la peau de l'un des 12 lapins de contrôle un demi-ce. de glycérine mêlée avec la même quantité d'une solution à 1/2 p. 100 d'acide phénique, dans le but de me convaincre, que la glycérine qui se trouvait dans la tubercuiine n'avait pas d'influence quelconque sur les animaux soumis au traitement par la tubercuiine.

Page 1