Gilbert et Girodb, Soc. de bioL, 1890, p
Peu de temps après MM. Voillon et Jayle* constalèreut la présence dn B. coli dans un abcès dysentérique du foie. Une ponction permit de retirer du pus qui, examiné par M. Netter, oe contenait aucun organisme cultivable. Un mois après l'abcès fut ouvert largement; le pus contenait exclusivement le B. coli. Dans ce cas, il semble difficile de faire jouer à cet organisme un rôle pathogène, car il n'était apparu dans le pus qu*à une époque avancée de raffection.
MM. Gharrin et Roger* ont obtenu le même résultat dans un cas d'angiocbolite. De plus, l'injection de B. coli dans les voies biliaires de lapin déterminèrent la formation d'abcès d'origine biliaire. Rodet^ men. tionne également une observation d'angiocholite suppurée & B. coli.
Ces observations intéressantes montrent l'origine intestinale de bon nombre d'affections du foie. Le B. coli, qui peut exister dans la bile d'aspect normal, peut envahir fréquemment les voies biliaires, dont il constitue fréquemment l'agent dé suppuration, soit primitivement, soit secondairement, comme dans le cas de MM. Veillon et Jayle.
11 peut être aussi rendu responsable d'autres accidents. Il est probable que c'est lui qui, 'pour une bonne part, détermine les accidents infectieux du cancer du foie. On sait enfin que l'on a émis l'opinion que certaines formes de la lithiase biliaire pouvaient résulter de l'influence de l'envahissement des voies biliaires par les micro-organismes. Dans son excellente thèse, M. Ernest Dupré avait déjà soulevé cette question du catarrhe iithogène infectieux. Cette théorie pathogène de la litliiase, considérée comme une infection biliaire primitive, a été discutée au congrès allemand de médecine interne (Wiesbaden, 1891) Naunyn, Schrœder, Furbringer et Mosler prirent part à ces débats. Us conclurent que pour déterminer le processus lithiasique, deux conditions essentielles étaient nécessaires : la stagnation de la bile et l'infection.
En dehors de la lithiase biliaire, on a retrouvé le B. coli dans d'autres affections du foie. Girode^ rapporte l'histoire de 2 malades atteints d'ictère infectieux dont il rapporte la cause au B. coli; dans ces 2 cas, il y eut élimination des bactéries par les urines.
On voit donc que le B. coli, dans bon nombre d'affections hépatiques, peut être incriminé comme agent pathogène. G'est de tous les microbes intestinaux celui qui envahit le plus volontiers les voies biliaires, dont il est un des agents de suppuration les plus communs.