DE L^ÉVOLUTION DE LA TOBERCULOSE
couche de détritus étaient disséminés des foyers transparents composés de leucocytes polynucléaires avec noyaux nécrosés et de petits groupes de bacilles tuberculeux morts bien colorés par la fuchsine. Au-devant de la couche de leucocytes dé« truits s'appliquait une mince couche composée de cellules fusi' formes; entre ces dernières et la membrane de Descemet, dans un étroit espace, se trouvaient des grains d'exsudation, des filaments de fibrine, des leucocytes poly- et mononucléaires isolés et des cellules rondes contenant des grains de pigment.
Dans les cas où la chambre antérieure était macroscopiquement claire et où l'on voyait seulement sur Tiris des petits points ou des taches d'un blanc jaunâtre, Texamen microscopique y montrait la présence de grains d'exsudat en quantité parfois minime. Les points et les taches sur Tiris apparaissaient sous le microscope sous forme d'amas ronds ou ovales composés de petits groupes de bacilles tuberculeux et de plusieurs cellules épithélioïdes, contenant souvent des bacilles et des grains de pigment. Quelquefois, parmi les cellules épithélioïdes, on put rencontrer des cellules géantes. Ces tubercules siègent dans les couches tout à fait extérieures de l'iris ou bien immédiatement sur la surface antérieure et dans cet endroit l'endothélium qui recouvre cette membrane fait défaut. Du côté de la chambre antérieure, les tubercules sont couverts d'une mince couche composée ordinairement d'une seule rangée de cellules fusiformes. Les mêmes petites tumeurs, mais un peu plus volumineuses, s'observent quelquefois dans le cul-de-sac de la chambre antérieure, dans la région de la blessure cornéale; mais dans ce cas elles sont recouvertes d'une assez grosse couche de cellules fusiformes communiquant avec la cicatrice cornéale ; en arrière, ces tumeurs s'allongent, sans limites précises, dans le tissu de l'iris.
Il a été dit plus haut que la culture des bacilles tuberculeux tués par la chaleur, introduite dans la chambre antérieure, se disposait quelquefois dans la région de la pupille en forme de masse friable, blanchâtre, qui plus tard devenait plus compacte, prenait une teinte jaunâtre et remplissait toute la pupille. Examinée au microscope, la partie centrale de cette
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masse consiste en une petite quantité de débris leucocytaires et un certain nombre de bacilles contenus dans une masse granuleuse; dans sa partie périphérique sont disposées des cellules épithélioïdes contenant souvent des bacilles et des grains de pigment. Ces cellules, sans limites circonscrites, s'introduisent dans la couche moyenne du bord de la pupille. Ce bord est considérablement épaissi ; du côté des chambres antérieure et postérieure une couche de cellules fusiformes s'appose aux cellules épithélioïdes et vient se fondre avec le tissu de riris. Du côté de la chambre postérieure, cette couche est exclusivement composée de cellules pigmentées fusiformes.
Dans les cas où Ton voyait macroscopiquement dans l'iris des nodules, le microscope indiqua qu'ils ne différaient en rien des nodules provoqués par les bacilles tuberculeux vivants. Le nodule est composé de cellules épithélioïdes contenant des bacilles isolés; les groupes de bacilles, bien colorés par la fuchsine, sont disposés dans le centre du nodule. Dans un cas (traité d'après Dônitz) avec une tuberculose très prononcée dans l'iris, les cellules épithélioïdes ont un aspect friable dans les nodules : c'est la friabilité du nodule dont la caséification n'est pas encore survenue. Chez ce même lapin on a trouvé, comme il a déjà été dit, sur le diaphragme, sous le poumon infecté, une tumeur qui avait la structure suivante : la partie centrale était com- .posée d'une masse caséeuse et la partie périphérique d'une assez grosse membrane de tissu conjonctif abondamment munie de vaisseaux sanguins, près desquels on put trouver par endroits une grande quantité de leucocytes mononucléaires. Dans les couches les plus profondes de la membrane, qui touchent à la masse caséeuse, on trouve de petits groupes de cellules épithélioïdes contenant parfois des bacilles. Dans la masse caséeuse on n'a pas réussi à trouver des bacilles, peut-être parce qu'une partie de la tumeur seulement a été soumise à l'examen microscopique et non la tumeur en totalité.
Dans les poumons des lapins qui succombèrent pendant les 13 premiers jours après Tinfection, on trouva à l'endroit de
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Finjection une hémorrhagie, des débris leucocytaires et des groupes de bacilles. Chez les autres lapins ayant succombé dans les stades ultérieurs, des nodules s'étaient formés dans le poumon au milieu desquels on observa souvent des groupes de bacilles et dans les cellules épithélioïdes des bacilles isolés parfaitement colorables par la fuchsine. Les cellules géantes ne furent trouvées dans les nodules des poumons que chez un seul lapin.
Je termine ici l'exposé de Tcxamen microscopique des yeux et des poumons des lapins ayant succombé entre le S** et le 38* jour après l'infection par des bacilles tuberculeux morts. Mais avant de procéder aux conclusions il faut discuter la question suivante : Pourquoi les lapins infectés par les bacilles tuberculeux morts ne succombèrent-ils pas tous, mais seulement une partie d'entre eux, c'est-à-dire 16, tandis que les 4 autres restèrent encore en vie 64 jours après l'infection ? De ces quatre animaux l'unjn"* H, celui de contrôle, et le u" 10 traité d'après Dônitz succomberont sans doute plus tard parce qu'ils sont actuellement très affaiblis ; le poids primitif du premier lapin a diminué de I/o (415 grammes) et le second, quoique n'ayant pas autant maigri, présente, après l'interruption du traitement, une respiration difficile et son poids commence à diminuer notablement. Les deux autres lapins, len°12 de contrôle et le n** 4 traité par la tuberculine d'après Dônitz, se trouventactuellementdansunétatdesanté favorable. Gommece mémoire doit être terminé, je résolus de sacrifier ces quatre lapins.
A l'autopsie du lapin de contrôle n" 1 1 , on ne trouva dans le poumon droit ni le point de l'infection ni aucun nodule ; apparenunent les bacilles ont été injectés dans la bronche ^t expectorés, car on remarque qu'immédiatement après l'injection des bacilles morts dans le poumon droit, ce lapin avait une respiration bruyante et de l'enrouement. Les poumons et les autres organes ne présentaient pas de modifications visibles. Après l'éloignement soigneux de la cornée, le pus encapsulé dans la chambre antérieure fut facilement enlevé de riris siur la surface de laquelle on voit quelques nodules et des taches blanches jaunâtres.
Chez le lapin de contrôle n"* 13 la partie supérieure du
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poumon est augmentée de volume, compacte (hyperplasic du tissu conjonctif) et des nodules isolés sont disséminés à sa surface; à l'endroit où le poumon était incisé la pression faisait sourdre sur la surface des points purulents. Sur le diaphragme de ce lapin on trouva une tumeur de la grandeur d'une noisette, couverte de vaisseaux sanguins. Coupée, cette tumeur parut se composer d'une membrane assez épaisse de tissu conjonctif enveloppant une masse épaisse d'une couleur blanc jaunâtre. Les autres organes ne présentent pas de modification visible. Dans Tiris des deux yeux, un pointillé blanc jaunâtre rappelant beaucoup les tubercules.
A l'autopsie du lapin n° 10 qui avait reçu 40 injections de tuberculine, on constata que tout le poumon droit était augmenté de volume, très compact (hyperplasie du tissu conjonctif), sa surface parsemée de points blanc jaunâtre et par places de nodules ; dans les autres organes, rien de particulier. La cornée d'un œil est couverte d'un pannus et sa chambre antérieure contient du pus encapsulé; sur l'iris de l'autre œil un pointillé blanc jaunâtre et des nodules isolés.
Enfin chez le dernier de ces lapins, n° 4, traité par la tuberculine d'après Donitz, on trouva sur la face interne du thorax une tumeur tout à fait pareille à celle trouvée chez le lapin de contrôle n* 12. Cette tumeur était attachée au poumon droit par une fausse membrane et, sauf cette fausse membrane, }e poumon ainsi que les autres organes ne présentaient rien d'anormal. Les pupilles des deux yeux étaient remplies d'une masse blanc jaunâtre et sur l'iris on voyait de petites taches de môme couleur. L'examen microscopique des yeux et des poumons de ces quatre lapins n'a pas été fait; d'ailleurs, après les recherches microscopiques ci-dessus décrites, cet examen n'aurait rien révélé de particulier ; la seule chose qui pouvait encore offrir de l'intérêt, c'est lasclérose du poumon constatée dans ces cas.
Il résulte de cet exposé que les bacilles tuberculeux morts introduits dans les poumons des lapins en quantité suffisante, peuvent, déjà peu de temps après l'introduction, provoquer la mort de ces animaux avec un amaigrissement considérable. Evidemment la mort qui survient, avant le développement du
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processus tuberculeux dans les poumons, résulte de Tintoxication des animaux par les produits qui se trouvent dans les corps des bacilles tuberculeux morts. Si les animaux parviennent à supporter Tintoxication primitive, la tuberculose se développe presque dans tous les cas dans la région de l'injection des bacilles et tôt on tard amène la mort des animaux à la suite de phénomènes pareils à ceux que [provoque l'introduction des bacilles vivants. Même dans les cas où, pendant l'infection, une petite partie seulement des cadavres bacillaires avait pénétré dans le poumon et où la plupart s'étaient encapsulés dans la cavité pleurale, une tuberculose limitée se développait à l'endroit de l'infection ; processus entraînant, quoique plus tardivement, une action funeste sur l'organisme de l'animal (lapin n"" i2) et quelquefois sa mort (n"" 3 d'après Donitz). Dans les cas où l'on constatait l'enkystement des bacilles morts dans la cavité pleurale (sans aucune pénétration dans les poumons), les lapins peuvent rester en vie : sacrifiés ils ne présentent aucune lésion dans les organes. L'introduction des bacilles tuberculeux morts dans la circulation générale d'un lapin, k la même dose que dans les injections intra-pulmonaires, provoquait la mort avec une plus grande perte de poids ; les animaux avaient perdu presque la moitié de leur poids primitif.
L'amaigrissement du lapin n*" 11 qui, par hasard, n'a pas eu le poumon infecté, dépend évidemment du développement de la tuberculose dans l'œil.
Dans les cas où la chambre antérieure était remplie de pus, le microscope n'a pas toujours révélé Ja présence de nodules dans l'iris. Cela vient de ce que les bacilles tuberculeux morts étant introduits dans la chambre antérieure en grande quantité, ne peuvent s'y disperser facilement et provoquent une abondante accumulation de pus qui, exerçant une pression sur l'iris, empêche l'accès des bacilles dans cette membrane. Plus tard ils s'enkystent dans la chambre antérieure. Dans les cas où la chambre antérieure était tout à fait libre de pus, le moment de l'apparition des nodules macroscopiquement visibles varie ; quelquefois on les voyait déjà à la fin de la 3* semaine, quelquefois ils n'apparaissaient
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qu'au bout de 45 jours après rinfection et il y avait des cas où Ton ne pouvait découvrir leur présence même à la fin du second mois et où Ton ne voyait que des taches blanc jaunâ* tre, qui examinées au microscope ne sont rien autre que des tubercules composés de cellules épithélioïdes disposées à côté de petits groupes de bacilles; dans ces derniers cas la plupart des bacilles introduits dans la chambre antérieure et entourés de cellules épithélioïdes s'enkystèrent dans le culde-sac de la chambre antérieure ou bien dans la région de la pupille. En outre, il fut constaté que les nodules provoqués dans riris par les bacilles morts ne grandissaient pas également : dans un cas ils augmentaient relativement assez vite de volume, dans les autres au contraire très lentement ; le pointillé blanc jaunâtre et les taches, c*est-à-dire les nodules (d'après Fexamen microscopique), restaient des semaines entières sans aucune modification apparente. Cette différence dans le temps de Tapparition des nodules dans Tiris et dans la rapidité de leur accroissement dépend évidemment de la quantité des bacilles morts ayant pénétré dans cette membrane et peut-être aussi des particularités individuelles des animaux.
Les données ci-dessus exposées peuvent servir à distinguer la tuberculose provoquée dans l'iris des lapins par des baciUes morts du processus provoqué, de la mémo façon, par les bacilles tuberculeux .vivants. Ceux-ci donnent naissance à des nodules qui, s'ils sont assez virulents, se révèlent microscopiquement dans l'iris déjà à la fin du 13° jour après l'infection de la chambre antérieure; la croissance des nodules s'effectue rapidement et surtout on n'observe pas l'enkystement des bacilles dans la chambre antérieure, comme cela arrive souvent dans les cas d'infection avec les bacilles morts.
La structure microscopique du nodule dans l'iris et le poumon provoqué par les bacilles tuberculeux morts ne diffère en rien de la structure du nodule provoqué par les bacilles vivants. Seulement, je n'ai pas réussi à observer la modification caséeuse du nodule, indiquée par Straus et Gamaleïa; mais une fois la friabilité commencée, comme on l'a vu dans
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les nodules de Tiris, la transformation caséeuse doit absolument survenir. Je n'ai pu l'observer sans doute à cause de la tardive apparition des nodules qui a bientôt été suivie de la mort des animaux.
Aussi ne m'est-il pas arrivé non plus de voir que le nodule, provoqué par les bacilles tuberculeux morts, offrit la métamorphose régressive indiquée par Prudden, Hodenpyl et les autres, parce que, dans les cas où les cellules fusiformes arrivaient à entourer le nodule, on n'observait pas de formes intermédiaires entre ces cellules et les cellules épithélioïdes du nodule. Les cellules fusiformes proviennent, d'après mes constatations, des éléments du tissu de granulation et des éléments fixes du tissu de l'iris. Dans les poumons, près des nodules, les cellules fusiformes ne s'observent pas.
Ainsi mes expériences sur les bacilles tuberculeux morts confirment les recherches de Straus et Gamaleïa, mais ne s'accordent pas avec celles de Prudden, Hodenpyl et des autres auteurs, qui constataient que les nodules provoqués chez les lapins par les bacilles tuberculeux morts, sont sujets à une métamorphose régressive et que les animaux restent en vie.
L'explication de ce désaccord doit être cherché dans la quantité et la qualité des bacilles tuberculeux morts introduits dans l'organisme des animaux. A l'introduction d'une quantité médiocre de bacilles tuberculeux morts dans la circulation générale d'un lapin, comme l'ont montré Straus et Gamaleïa (page 710), l'animal commençait à maigrir, puis se remettait et reprenait son poids primitif. Grâce à Baumgarten, Gzaplewsky et Roloff, nous savons qu'à la suite de l'introduction de bacilles tuberculeux vivants affaiblis dans la chambre antérieure des lapins, il se développe dans l'iris une tuberculose qui est sujette à une évolution régressive. J'ai pu observer ce phénomène dans la cornée des lapins, au courant de mes expériences avec les bacilles vivants de la tuberculose aviaire.
Il est évident que la même chose doit avoir lieu à la suite de l'introduction dans l'organisme des animaux des bacilles morts, provenant de cultures peu virulentes, ce qui arriva
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probablement dans les expériences des savants ci-dessus indiqués. En tous cas les recherches ultérieures donneront une explication définitive de ce désaccord.
L'hypothèse que, si la tuberculine est en mesure de guérir le processus tuberculeux provoqué chez les animaux par des bacilles tuberculeux vivants, elle pourrait d'autant plus facilement guérir ce même processus, quand il est provoqué par les bacilles morts et demeure purement local, cette hypothèse ne s'est point vérifiée.
Il ne m'est pas arrivé de voir que la tuberculine administrée aux doses proposées par Dônitz exerçât une influence quelconque, non seulement sur la guérison de la tuberculose provoquée chez les lapins par les bacilles tuberculeux morts, mais aussi sur le cours de la maladie. Dire que la tuberculine retarde le développement de la tuberculose expérimentalement provoquée chez les animaux, comme l'indiquent quelques investigateurs, est presque impossible, attendu qu'il est difficile de juger de ce retard dans les cas où l'on ne dispose pour contrôle que d'un très petit nombre d'animaux. L'évolution du processus tuberculeux provoqué dans l'œil des lapins par des bacilles tuberculeux morts et vivants peut être très variable, même en dehors de tout traitement. Il est difficile de trouver deux animaux chez lesquels ce processus évolue identiquement. Il arrivait même que chez un animal dont le corps vitré des deux yeux fut simultanément infecté par la même culture, le processus tuberculeux et l'intensité des phénomènes inflammatoires d'un œil différaient entièrement de ceux de l'autre. (Kostenitsch et Wolkoff, Arch. de méd. exp., novembre 1892.) Donc, les résultats favorables obtenus par Donitz et d'autres expérimentateurs, dans le traitement de la tuberculose provoquée par les bacilles vivants chez les lapins, dépendent probablement de ce que ce processus a été provoqué par des bacilles tuberculeux affaiblis, ce qui lui permit do prendre la marche régressive, indiquée par Baumgarten,Czaplewsky et Roloff.
Quant au traitement de la tuberculose par des doses de tuberculine indiquées par Pfuhl pour les cobayes tuberculeux, il n'exerça pas non plus d'action favorable sur la tubercu-
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lose des lapins provoquée par des bacilles morts ; on pourrait même admettre que ce traitement a hâté l'issue mortelle chez ces animaux, à en juger d'après le lapin bien portant dont le poids surpassait de beaucoup le poids des animaux soumis au traitement et qui, après 11 injections de tuberculine d'après Pftthl, perdit 360 grammes de son poids primitif. La même chose fut observée par Straus et Gamaleïa dans leurs expériences avec le bouillon privé de cultures bacillaires par filtration.
Pfuhl se prononce en faveur du traitement de la tuberculose des hommes et des animaux par la tuberculine^ en se fondant principalement sur la prolongation de la vie des cobayes traités et des cobayes témoins, et sur le fait que chez les animaux soumis au traitement par la tuberculine l'endroit infecté se cicatrisait, et que, chez les quatre cobayes qui donnèrent à Fauteur des résultats favorables, le foie et la rate étaient libres de nodules et que les animaux succombèrent à la suite d'une tuberculose localisée dans les poumons.
A ces arguments invoqués en faveur de l'efficacité du traitement par la tuberculine, d'après les faits consignés dans notre travail, on peut répondre que la prolongation de la vie des cobayes, quand il s'agit d'infection locale, peut varier considérablement en dehors de tout traitement. Par exemple, à la suite de l'infection seule de la chambre antérieure, chez un petit nombre de cobayes, quand on les sacrifiait, on ne trouvait pas du tout de lésions dans les organes internes, ou bien la rate était simplement augmentée de volume et fortement envahie par les tubercules.
Évidemment que, dans ce dernier cas, l'animal aurait succombé quelques semaines avant les animaux dont les organes étaient encore restés intacts, et que le processus tuberculeux, à infection locale, se développera en premier lieu dans l'organe dans lequel les bacilles seront entrés d'abord ; quant à la mort, elle dépend de l'intensité du processus tuberculeux et de Fimportance pour la vie de l'organe attaqué par ce processus.
A propos de l'observation de Pfuhl, que l'endroit infecté se cicatrisait chez les cobayes traités par la tuberculine, il suffit d'examiner la table m et iv de cet auteur pour voir que la même chose arrivait chez les cobayes (qui peuvent être re-
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gardés comme animaux de contrôle) qui reçurent de si médiocres doses de tuberculine que lui-même trouvait ces doses inefficaces.
Ainsi la tuberculine, quelles que soient les doses, grandes ou petites, auxquelles on l'administre, ne peut guérir ou ralentir le processus tuberculeux local provoqué chez les lapins par les bacilles tuberculeux morts; administrée à forte dose, elle pourrait plutôt être nuisible; dans ces cas, la tuberculine ne contribue pas à Tenkystement du tubercule et des bacilles, d'où la conclusion que la tuberculine, telle qu'elle est administrée actuellement comme remède antituberculeux chez l'homme, doit être abandonnée.