REVUE D'ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES
I. Etudr sur le thajet central des nerfs vaso-moteurs ; par Helweo. {Arch. f. P.sycft., XIX, 1.)
Dans les maladies mentales, il existe invariablement des troubles du système vaso-moteur. Or, chez 95 p. 400 des aliénés, on trouve dans la moelle, entre les cordons antérieurs et latéraux, un triangle caractérisé par un amincissement anormal des fibres nerveuses. C'est là, d'après Tauteur, Tanomalie congénitale provert, et il paraît jaune si Ton a suggér<^. ù la malade rhallucînation de la couleur bleue sur le premier carré.
M. Charcot a montré qu'il faut avoir la précaution de déterminer avec soin la nature de la couleur qu'on suggère ; si par exemple on se contente de suggérer du rouge, la malade peut se représenter soit le rouge qui a pour complémentaire le vert, soit un rouge orangé dont le complémentaire est le bleu. — On retrouve des phénomènes analogues dans la vision mentale de certains individus normaux (Wundt), mais Tétat hypnotique exalte celte propriété physiologique.
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ductrice des troubles vaso-moteurs, c'est en elle que consiste cette prédisposition aux affections psychiques. Ce triangle offre les dispositions suivantes. Au haut do la moelle cervicale, il a sa base tournée en dehors, cette base mesure 4 mil). 7 ; son sommet arrive à mi-chemin de la corne antérieure; il paraît projeté par compression d^arrièreen avant surles racines nerveuses antérieures. Tandis que chez les individus sains d*esprit, les fibres nerveuses y présentent un diamètre ordinaire, chez les aliénés les libres ne mesurent pas plus de 4 ft à 1 fi 5. Ce triangle offre en arrière de lui une zone diffuse plus foncée que les parties adjacentes du faisceau pyramidal et iatéro-cérébelleuz et formée par des fibres du plus mince calibre. Les meilleures coupes transverses sont prises au milieu de la colonne dorsale (M. Helweg n'a pu le suivre plus bas), en remontant à la commissure postérieure du cerveau. Soit par i*anatomie, soit par l'interprétation des faits physiologiques, l'auteur est arrivé à en rattacher les zones supérieures à Tolive inférieure, au milieu de la calotte, dont il sort avec le ruban de Reil, pour gagner probablement les tubercules quadri jumeaux antérieurs. L'origine corticale devrait en être cherchée dans le lobe occipital ou temporal. Quant à la zone diffuse, elle passe aussi dans Tolive inférieure, et la calotte (figure ovale), et gagne, après s'être divisée en trois trousseaux distincts, la commissure postérieure qu'elle forme exclusivement, la couche optique et le lobe frontal (terminaison probable). P. Kkraval
U. Contribution a la qcsstion des dégénérescences secondaires DANS LE pédoncule cÉHÉBaAL; par W. B£CHiEREW.(^rcA.^ Psych,^ XIX, 4.)
Il existe une espèce de dégénérescence descendante qui se dirige du genou de la capsule interne aux tubercules quadrijumeaux. 11 en existe une autre qui occupe le segment médian de la couche du ruban de Reil et se prolonge dans la portion inférieure du noyau réticulaire (de Bechterew) au niveau du plan inférieur de la protubérance, ce qui prouve que le segment en question ne se termine pas dans la couche intermédiaire des olives. L'atrophie de la portion externe du ruban de Reil principal, doit être proba-» blement mise sur le compte de l'atrophie du noyau originaire du cordon cunéiforme du côté opposé. Le segment médian du ruban de Reil prend racine dans les ganglions de la base (noyau lenticulaire?), le segment externe de ce ruban vient du globus pallidus du noyau lenticulaire ; rien ne prouve leur origine dans l'écorce. P. K.
m. ËXAXEN UISTOLOOIQUE D*UN CAS DE RA«E *, par K. ScHAFFER.
{Arch. f. Psych., XIX, 1.) Examen de la moelle d'une femme de quarante ans atteinte de
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rage un mois après la morsure, et morle en trois jours. Myélite aiguë ascendante. Diapédèsc et dissémination excessive de leucocytes envahissant la substance grise; on en trouve partout, autour des vaisseaux ou dans la corne antérieure, en grappes encadrant les groupes de cellules et les capillaires, oblitérant le canal central sur toule sa hauteur. Infiltration pigmentaire des grandes cellules nerveuses des cornes antérieures, avec atrophie de quelquesuns de ces éléments, et espaces péricellulaires très augmentés ; les petites fibres de cette région ont disparu. Dans les cornes postérieures, il n'y a plus que quelques cellules éparses. Les trousseaux de fibres nerveuses ont perdu leur myéline et les cylindraxes dégénérés ressemblent à des cheveux roulés sur eux-mêmes eu spirale. Ou constate encore un foyer apoplectique circonscrit; de véritables pertes de substance criblent les cordons postérieurs, et les cordons antcro-laléraux au pourtour des cornes grises. Hyperplasie par places de la névroglie. Par-ci par-là, quelques corpuscules suigeneris, représentants des produits de destruction, indemnes de substance amyloîde. P. K.
IV. Des altérations progressives des cellules nerveuses dans les INFLAMMATIONS. A/)pendic6 relatif aux altérations actives des cylindraxes; par M. FaiEDMANN. (ArcA. f, Psych,, XIX, i.)
Expériences sur des lapins et des moineaux (action des caustiques). D'après ces recherches, Thypergénèse des noyaux ne serait pas démontrée dans les cellules nerveuses pyramidales. Dans l'inflammation de la substance grise du cerveau, ce sont les cellules rondes dont les noyaux se multiplient. Dès le troisième jour qui suit la cautérisation , le protasplasmé du corps de celles des cellules pyramidales qui possèdent encore leur forme et leurs prolongements normaux, au lieu de conserver la striatrion, devient un beau réseau à larges mailles, qui prend un ton de plus en plus clair ; la trame du noyau participe à l'altération. Tel est le rajeunissement ou retour à l'état embryonnaire des cellules. Pour que le noyau se divise, il faut que les cellules nerveuses se soient transformées en gros éléments ronds semblables à des cellules granuleuses. Quoi qu'il en soit, ce sont surtout les granulations normales des couches cérébrales du système nerveux et non les grosses cellules des cornes antérieures qui sont le plus capables de ces modifications actives. Il n'est pas prouvé que les cylindraxes subissent de semblables altérations actives. P. K.
V. Altération des centres nerveux dans un cas de paralysie INFANTILE Cérébrale; par Wallenberg. (Arch, f. Psych,, XiXj 2.)
Observation de paralysie cérébrale infantile, suite d'endocardite. Accidents datant de l'âge de six ans; autopsie à l'âge de quarante-
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neuf ans. Sorte de Jésion systématique combinée, caractérisée par la dégénérescence de diverses parties des cordons postérieurs et ]a perte de (ibres dans les faisceaux cérébelleux et pyramidaux ; en même temps atrophie de celJuies nerveuses au sein des colonnes de Clarke. Mais l'hémiplégie unique du malade, la localisation des lésions des cordons postérieurs à la moitié supérieure de la moelle, au contraire la généralisation de celles des cordons latéraux à toute la longueur de Tor^aue, l'analogie des altération avec celles du pédoncule cérébral , leur forme au sein des cordons postérieurs , Tabsence d*ataxie et de lésions transversales permettent d'éliminer Tidée de toute affection exclusivement et primitivement spinale. £n revanche, le foyer du pédoncule cérébral gauche (kyste apoplectique) explique par son âge , son étendue , sa nature, les altérations de la moelle; il se rattache lui-même à une embolie. P. Keraval.
VI. Des variations dans le degré de dévbloppeiient des vaisseacz
ENCÉPHAUQCE3 ET DE L'iMPORTANCE DE CES FLUCTUATIONS AU POINT DE VUE PHYSIOLOGIQUE KT PATHOGÉNÉTIQUE ; par L. LŒWBNFELD,
{Arch.f. Psych., Wni, 3.)
Le rapport entre le diamètre des artères et le poidsdeTeDcéphale est, dans les conditions normales, sujet à des fluctuations très considérables. Mais, dans l'immense majorité des cas, Tartère carotide gauche présente le plus grand diamètre. Cela n'implique pas une moindre irrigation de Thémisphère cérébral droit, à raison des communicantes et du cercle de Willis. Mais il est bon de rapprocher ^e fait de Texcès de développement habituel de Thémisphère gauche. M. Lœwenfeld a en outre tenté à l'aide de mesures prises sur plus de deux cents cas, d'établir une répartition des deux valeurs diamétrales additionnées des carotides et des vertébrales (quotité vasculairej par rapport à cent grammes de cerveau, de façon à obtenir une sorte de coefficient de la largeur relative des vaisseauxencéphaliques et par suite une sorte d'indice d'irrigation* Nous ne voyons pas que les résultats soient encore bien précis.
P. Keraval.
Vil. Contribution a l'étude des lésions de la zone motrice du cerveau; par W. Kœnig. (Arc/ï. f. PsycA., XVllI, 3.)
Deux observations. — Observation I. Jeune dément de trentequatre ans ayant présenté longtemps, à la suite d'une chute, de l'hémiparésie droite de la face, de la langue, des extréroilés, avec analgésie et aphasie motrice, suivie d'affaiblissement progressif des facultés. Autopsie. Sclérose des ascendantes gauches, de l'opercule, du segment postérieur de la troisième frontale du même côté. En outre, et toujours à gauche, hématome dure-
m H£VUB DE PATHOLOGIB MENTALE.
inërieii, hydrocéphalie externe et interne, inflammation granu* leuse de i'épendvme. Les cellules et les fibres de Técorce ont disparu; intégrité de la substance blanche. — Observation 11. Epilepsie corticale. Tumeur du cerveau. P. K,
I. La théorie de l'incohérence avec desordre dans LES IDÉES ; par WiLLE. (ArcA. f. Psych,, XIX, 2.)
La France ne possède pas seule le privilège des discussions terminologiques en matière de psychiatrie. Dans la folie systématique aiguë hallucinatoire, des auteurs allemands, M. Wille se préoccupe du symptôme qu'il considère comme principal, de Tenchevètrement dans hs idées dû à la multiplicité des liallucina* lions et des conceptions délirantes qui se pressent et se transforment au gré des images morbides. Nous ne voyons pas qu'il y ait lieu de démarquer ni de subdiviser l'entité dont nous connaissons non seulement les types mais les variantes selon qu'on se trouve en présence d'une des trois classifications de MM. Schuele, de KrafTt-Ebing, Meynert. M. Wille retire de ces trois classifications un certain nombre de faits et les élève à la dignité d'entité morbide nouvelle sous le nom de confusion psychique, P. K.