‹ Archives de neurologie (volume 2)Chapitre 12 sur 87 · IV. Contribution a l'btudb des maladibs db l'appareil cir · texte numérisé non relu

IV. Contribution a l'btudb des maladibs db l'appareil cir

CULATOIRB CHEZ LBS ALIENES, par T. DUNGAN GrEBNLEBS.

[The Journal of Mental science^ octobre 1885.)

Ce mémoire très intéressant, très nourri de faits, et qui a obtenu le prix de l'Association médico-psychologique, se résume dans les conclusions suivantes :

i"* Les affections cardiaques se rencontrent plus fréquemment chez les aliénés que chez les sujets sains d*esprit.

2<> Cette augmentation de fréquence est en partie réglée par la fréquence des affections cardiaques parmi la population saine d*esprit résidant au voisinage de Tasile où est faite l'observation é

3» Les affections cardiaques sont plus fréquentes chez les aliénés des comtés dans lesquels le rapport du nombre des aliénés au nombre des sujets sains d'esprit est le plus élevé.

4^ La distribution des affections cardiaques chez les sujets sains d'esprit est réglée par la position géographique, les influences diététiques et autres, agissant comme causes prédisposantes. Des conditions analogues paraissent exercer une influence sur la fré* quence des afiections cardiaques chez les aliénés.

5« La différence numérique entre les aff'ections cardiaques chez les aliénés et ces mômes affections chez les sujets sains d'esprit n*est pasconsidérable^ si on prend une vue d'ensemble de la question ; en effet, les maladies du cœur donnent une mortalité de 8,72 p. 100 chez les derniers et de 9,36 chez les premiers.

6® Il résulte des observations que j'ai recueillies à l'asile, que les affections cardiaques se rencontrent chez 12,94 p. 100 des

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aliénés vivants et qu'elles causent la mort dans 13,51 p. lOi) des décès. Tant à Tépoque de l'entrée à l'asile qu'à répoquedelt mort, l'âge du plus grand nombre des malades porteurs de maU« dies du cœur était compris entre 60 et 70 ans.

7* Les symptômes cliniques du reûux mitral chez les aliénée vivants, et ceux d'une affection mitrale avec hypertrophie à gauche à Tautopsie, constituent les affections les plus commanes.

8"* Le cœur est plus lourd chez les aliénés que chez les sujets sains d'esprit et cette augmentation de poids se remarque plus spécialement dans la paralysie générale, où le cœur est très souvent hypertrophie.

9^ Dans beaucoup de cas de folie, la circulation générale est paresseuse et les extrémités sont froides, livides ou môme enflées. Cet état est surtout fréquent dans les cas chroniques ou avancés.

iO^ Les artères sont fréquemment malades chez les aliénés ; mais si l'on tient compte de l'Age, la dégénérescence aihéromateuse des tuniques artérielles ne paraît pas être plus précoce que chez les sujets sains d'esprit. Cependant, dans la paralysie générale, répaississement des tuniques artérielles, ou môme la dégéné* rescence athéromateuse des artères cérébrales se manifeste d*ane façon absolument indépendante de l'âge et parait être influencée plutôt par la durée de la maladie que par l'âge du malade.

11* Chez les sujets sains d'esprit, les affections cardiaques paraissent exercer une intluence considérable sur l'esprit, au point de modifier le tempérament et de changer le caractère du malade; ces modifications peuvent devenir assez importantes pour que les phénomènes psyi-hiques auxquels elles donnent lieu soient ceux de la folie vérital)le.

12* Non seulement les affections cardiaques modifient le type et les délusions de la folie, mais il existe encore certains cas d'aliénation dans le quels il est impossible d'assigner à l'aberration mentale une auti e cause que la lésion cardiaque ou le trouble général de l'appa-eil circulatoire : dans les cas de cet ordre, H n'est pas douteux que la lésion cardiaque joue le rôle d'une cause prédisposante à la folie.

Le mémoire se termine par quelques considérations sur la structure des vaisseaux cérébraux à Tétatsainet dans quelques formes particulières d*aliénation. R. M. G.

V. Fbactore de sept côtes, reconnue après la mort, chez un MALADE d'asile, par Harry a. Benham. {The Journal of Mental science^ b avril 1885.)

La terreur qu'inspirait k ce malade le moindre contact lors de son entrée à Tasile attira l'attention de fauteur, qui soupçonna, sans pouvoir rien découvrir à cet égard, un traumatisme anté-

SOCIBTâs SAVANTES. 115

rieur. Le malade fut soumis à une surveillance très étroite, eu sorte que toute idée de violences subies à Taslle peut et doit être écartée. 11 succomba bientôt à l'affection cérébrale qui avait motivé Aon internement, et à Tautopsie on constata que sept côtes étaient fracturées; ces fractures n'étaient accompagnées d'aucun déplacement. On apprit qu*avant son entrée à Tasile, ce malade, qui était aveugle, s'était livré chez lui, à des actes de violence, tels que bris de meubles et démolition d'une partie du toit de sa maison. C'est probablement en accomplissant ces actes délirants qu*ii s'était fracturé les côtes, dont le tissu osseux était d'ailleurs dans un état de dégénérescence très accusé. L'auteur a pensé qu'il y avait intérêt à publier ce fait, parce que, lorsqu'on rencontre des fractures de côtes, à l'autopsie d'un malade interné dans un asile, on est naturellement enclin à accuser le personnel de l'asile de violences intentionnelles ou non. Le cas actuel montre qu^ily a des cas où ce personnel ne doit pas être incriminé, et où, en faisant remonter l'enquête jusqu'à une période antérieure à Tadmission du malade, on peut préciser l'origine des lésions constatées. R. M. G.

SOCIÉTÉ MÉDlGO-PSiYCHOLOGI QUE.

Séance du S9 octobre 1888. — Prbsidence de M. Cotard.

Des dangers de Ihypnotisnie, — M. Seglas communique l'observation d'une hvslérique affectée de troubles intellectuels dune certaine gravité et consécutifs à des tentatives d'hypnotisme pratiquées par un magnétiseur.

M. Bbiano. La Revue de V hypnotisme a publié dans un de ses derniers numéros une observation analogue recueillie par mon interne H. Lewoff. J*ai en ce moment même, dans mon service, une autre malade qui a été prise d'hallucinations avec idées de persécution à la suite d'une séance chez un hypnotiseur. 11 est à craindre que ces faits ne soient pas aussi rares qu'on le pense.

Rapport sur la class^cation des maladies mentales, —M. GAnNiEn, se tenant le plus possible à l'écart de toute discussion dogmatique, rappelle que les essais de classification se sont adressés tour à tour à l'analomie pathologique, aux lois de la psychologie normale transportée dans le domaine de la psychologie morbide, à la

Hé

symptomatolo^'ie, à l'éliologie ou palho^énie. Il est résulté, ce qui s'ob«erve si souvent, l'application d'une théorie exclusive. Pour chacune de ces méthodes de classement, on a été entraîné à outrepasser les limites rationnelles ; on a obligé les faits à se plier à l'esprit de système, car aucune d'elles ne se prêtait complètement à l'esprit de généralisation qu'on poursuivait. Mais l'observation exacte reprend toujours ses droits, et les faits s'échappent d'eux-mêmes des formules impropres ou trop étroites, où Ton a voulu les enfermer.

C'est pour éviter ces menus écueils que la Commission a élaboré une classilkation mixtCf étayée sur une base composée de quatre éléments : anatomiCf étiologie, sympionmtologiej évolution morbide. Ainsi se trouve constituée la classiflcation établie en 1882 par M. Magnan et dont voici le tableau comparé avec la classification proposée pour la statistique internationale par la commission du congrès d'Anvers (1885).

CUSStriCATlON DE M. MAGNAN

t. ETATS HIITES

tSHAlIT VI LA titHOLoail n Ol LA ' MTCBIITIIB.

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