Délire cbronique
1 0 Folie intermittente]
il. Folie des dégëné-| rés (syndromes, épisodiques et dé-^ lires d'emblée.)
(Éléments simples.)
Incubation.
Persécutions.
Ambition.
Démence.
Simple.
Circul.iire.
A double Torme.
Alterne.
Idiots.
Imbéciles.
Débiles.
Déséquilibrés.
Folie des héréditaires (démence simple
(primitive on con-jP !ȏcutive). '
iÏJrJ^oAn; • • • •{ Méraniolie.
^Mélancolie . . . • (démence simple con- ^sécutiTc).
Délire aigu ou) ^^^ii^e chronique.
chronique j
Folicmorali'.. .jFoIic des dégénérés. Folie circulaire. Folies intcimittentcs
Aliénatiofu mentales compliquées de
P.iralysic. . , .| paralysie générale.
Kpilcp^ie. • • • Epilepsie.
Hystérie ... .1 Hystérie.
Tumeurs et foyers^ Lésions circonscrioérébraux . .*. .Ues.
Aliénation mentale* Alcoolisme et autres par intoxication, .«intoxtcationi.
SOOIBTBS SAVANTES. 117
Vous penserez sans doute comme nous^ dit M. Garnier, qu'il convient, pour répondre à l'appel qui nous est fait de nous tenir autant que possible sur le terrain où l'accord est le plus près de se faire, et je crois qu'il y a place pour une entente internationale fur les bases indiquées, où déjà elle a commencé si manifestement à 8*opérer. Nous ne présentons rien là qui soit définitif et immuable, bien entendu ; mais nous pouvons croire que la classification proposée donne l'expression des idées modernes et se trouve en rapport avec le niveau de nos connaissances actuelles en pathologie mentales. Nous estimons qu'elle peut représenter dignement À l'étranger Tétat de la science française et affirmer une fois de plus son bon renom dont vous êtes légitimement fiers.
M. Marakdon dk Montyrl pense qu*une classification éliolo- ^ique des maladies mentales est non seulement possible, mais est ia seule possible. Des quatre méthodes de classification jusque-là tentées, la méthode symptomatologique et la méthode fonctionnelle ne résistent pas à l'examen , la méthode anatomo-pathologique est encore une impossibilité: M. Luys, le seul auteur qui ait osé baser sur elle une description des maladies mentales, a pris une... hypothèse pour point de départ. La méthode étiologique résisterait donc seule si l'on n'avait parlé des classifications mixtes. C'est une classification de cette nature que M. Garnier nous propose au nom de la commission. De l'aveu môme du rapporteur, cette classification est une attente. Pour l'accepter, encore faudrait-il, au moins, être certain de ia nécessité de s'y résigner ! 11 n*en est rien, car la classification étiologique est possible en principe et eu pratique. En principe, deux objections se sont élevées: Tune do Berthier qui est puérile (il s'agit de la difficulté d'obtenir des renseignements précis] ; la seconde de Falret père qui insiste &ur la multiplicité des causes dans chaque cas et sur ia difficulté ' de distinguer la part de chacune. Difficulté ne veut pas dire impossibilité. M. Marandon de Montyel termine en demandant que la société se rallie à la méthode étiologique d'abord parce qu'elle est la vérité, ensuite parce que cette vérité se trouve être un émanation de la science française.
M. A. Voisin pense que la manie et la mélancolie no devraient pas figurer comme entités morbides. Il croit que, dans la classification mixte proposée par M. Garnier, une assez large place n'a pas été accordée à l'anatomie pathologique. Celle-ci aurait cependant permis de démontrer qu'il existe précisément plusieurs formes de manie et de mélancolie. La manie reconnaîtrait comme cause, selon M. Voisin, diverses sortes de lésions, de iaconnexité des hémisphères cérébraux ; on trouverait de même dans la mélancolie des lésions de la base microscopiquement différentes.
118 SOCIÉTÉS SAVANTB8.
M. J. SÉGLAS présente l'observation tombée on état de mal hystérique à la suite de tentatives d'bypnoiisme faites par un magnétiseur. Le fait de l'éclosion ou de l'aggravation de manifestalions hystériques, soniatiques ou psychiques, à la suite de tentatives d'hypnotisme. Ce fait est très évident chez cette malade qui est tombée alors dans un étal mental particulier et dont les attaques débutant à ce moment ont revêtu, par suite d'un phénomène d'auto-suggestion, un caractère spécial leur donnant l'apparence de certains étals hypnotiques. D'ailleurs, cette malade n'a jamais dormi et ce pseudo-hypnotisme ne consiste en réalité qu'en des attaques hystériques d'une allure un peu particulière dans lesquelles elles sont apparues, la malade ayant l'apparence d'une cataleptique, mais étant en réalité plus ou moins contracturée. La confusion, qui a été faite d'ailleur*, était d'autant plus possible à un examen superficiel que la malade était suggestible à l'état de veille. D'un autre côté, si la suggestion à l'état de veille a pu avoir ici quelque action curative, toute tentative d'hypnotisme, dans quelque but qu'elle soit faite, est formellement contre indiquée. Ces considérations diver.-es, ainsi qu*une fugue de la malade hors de son domicile pour aller rejoindre le magnétiseur, prouve le danger de l'hypnotisme entre les mains de gens inexpérimentés ou peu scrupuleux, dont les manœuvres constituent un danger pour la santé publique et doivent élre sévèrement réprimées. Marcel Briano.
Séance du 16 novembre 1888. — Présidence de M. Cotard.
Congrès intemational de médecine mentale. — M. le secrétaire général fait connaître les résultats des travaux du comité d'organisation du Congrès international de médecine mentale de 1889.
Ce congrès se tiendra au grand amphithéâtre de la faculté de médecine du 19 au 24 août. Il comprendra des membres fondateurs qui sont les membres titulaires de la société et des membres adhérents français et étrangers. La souscription des fondateurs est fixée à 25 francs, celle des adhérents français à 20 francs ; celle des adhérents étrangers à 15 francs. Les travaux du congrès se composeront :
10 De communications sur les questions proposées par le comité ; 2^ de communications sur des sujets étrangers au programme, mais relatifs à la pathologie mentale.
Le comité a arrêté le programme suivant :
a. Pa(/io/o^/e mew^i te. — Obsessions avec conscience (intellectuelles, émotionnelles et instinctives). — Rapporteur M. Falret. l). Légid'dion. — Législation comparée sur le placement des
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aliénés dans les établissements spéciaux, publics et privés. — Rapporteur M. Bail.
c. Médecine légale, — De la responsabilité des alcoolisés. >- Rapporteur M. Motet.
Pour faciliter les discussions, les rapports sur ces différentes questions devront ôtre publiés dans le n*' de mai des annales médico-psychologiques ^ Les membres du congrès qui désireront prendre la parole sur ces questions du programme, ou faire des communications sur d*autres sujets, devront se faire inscrire au plus tard le 15 juillet. Vingt minutes seront accordées pour chaque communication.
Deux séances auront lieu chaque jour : une le matin et une autre le soir. Celle du soir sera consacrée à la discussion des questions du programme et à la lecture des communications étrangères au programme ; celle du matin sera réservée à la discussion des intérêts professionnels.
Le rapport de M. le secrétaire général est adopté et la Société fait des vœux pour que le congrès de (889 obtienne le même succès que celui de 1878.
Morphinomanie guérie par suppression brusque du poison. M. Christian communique la très intéressante observation d*un morphinomane qui en était arrivé à s*injecter concurremment avec de la cocaïne la dose énorme de 3 grammes de morphine par jour. Â son arrivée dans le service de M. Christian, la morphine lui a été supprimée brusquement malgré ses supplications les plus vives. On n'a pu faire longtemps usa^e de la spartéine parcequ'elle a déterminé très vite des vomissements. Le malade a guéri sans incidents. M. Christian termine sa communication par un aperçu sur Topporlunité de la séquestration des morphinomanes.
M. Ball n*est pas surpris des troubles gastriques signalés par M. Christian. L*estomac supportant mal la spartéine, il vaut mieux l'administrer par voie hypodermique.
M. RiTTt a vu guérir sans accidents, par suppression brusque, des individus déjà traités sans succès par la démorphinisation progressive.
M. Briand est partisan do la suppression brusque. Les morphinomanes qu'il a pu suivre ne sont pas faits pour modifier sa manière de voir k cet égard, étant donné surtout la grande difOcuité qu on éprouve à diminuer les doses avec certitude. 11 est toutefois des précautions élémentaires qu'il ne faut pas négli-
* Nos lecteurs trouveront en temps voulu le résumé de ces rapports dans notre compte rendu des séances de la Société médico-psychologique. (Sole de la rédaction.)
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gcr de prendre : soutenir le malade en lui administrant des toniques et surveiller attentivement le cœur. Si le patient avait des tendances syucopales, la digitale, la caféine, la spartéine et autres agents du môme ordre suffiraient à rétablir l'équilibre. La cocaïne que s'injectait le sujet de M. Cbristian me rappelle ajoute-t-il, deux malades de mon service qui, elles aussi, avaient pris l'babitude dans les derniers temps de mélan|?er la cocaïne à leur dose quotidienne de morphine : Je n*ai pas présentes à Tesprit les quantités auxquelles elles m'étaient arrivées, mais ce qui est certain, c'est que chez Tune et chez l'autre, peu de temps après avoir fait usage de cocaïne, de singuliers troubles de la sensibilité ont fait leur apparition : c'étaient d abord de petites secousses convulsives et très courtes des muscles sous-cutanés, plus fréquentes dans la région du dos, qui donnaient au malade la sensation d'un léger choc. Plus tard, quand survinrent les hallucinations de Touîe, les patients éprouvèrent la sensation d'une main leur frappant sur l'épaule en môme temps qu'une voix les appelait. Plus tard enfin, se montrèrent d'autres troubles de la sensibilité : il leur semblait qu'elles marchaient sur du coton. On a pu constater aussi, chez l'une et chez l'autre, des plaques d'ânesthésie cutanées liées à l'hystérie, laquelle se manifestait encore par les modifications habituelles du caractère et un rétrécissement notable du champ visuel. Y a-t-il entre les injections de cocaïne et les premiers phénomènes une relation de cause à effet? — Je n'ose le dire, mais j'ai cru qu'en tout cas le fait méritait d'être rappelé.
Pour ce qui est de l'opportunité de la séquestration des morphi« nomanes, il n'y a qu'à leur appliquer les mesures applicables aux buveurs. Tant que le buveur ou le morphinomane ne délirent pas, on n'a aucune raison de les séquestrer à moins qu'ils ne le demandent. Mais dès que surviennent dos hallucinations, la loi commune aux autres aliénés leur devient applicable.
M. CiiEiSTiAN. Mon malade ne m'a parlé d'aucune de ces seusasions ; il est vrai que mes investigations ne se sont pas portées de ce côté.
M. Legbain pense que dans certains cas, la séquestration du morphinomane peut être légitimée avant même qu'il n'ait des hallucinations, car on doit le considérer comme un malade hanté par des obsessions sous l'influence desquelles il peut réagir dangereusement.
M. Ballet. Je ne nie pas que la démorphiuisalion progressive ne soit bien difficile à régler. Personne, je crois, ne nie davaaitage aujourd'hui qu'on ne puisse dans certains cas, supprimer brusquement la morphine, mais il faut cependant se rappeler aussi que cette méthode peut être suivie d'accidents — Kst-il possible de
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soigner et de guérir les morphinomanes en ville? —Je ne le pense pas, à cause de la facilité qu'ils ont de se procurer leur poison favori. Mais doit-on pour cela les séquestrer dans un asile d'aliénés? — Celle mesure me semble bien excessive. Il existe entre la famille et Tasile d'aliénés, des maisons de santé, où il est aisé de faire assez bonne garde autour du patient pour Tempôcher de coutiuuer ses piqûres.
M. Christian. Si le malade veut bien entrer dans Tune de ees maisons de santé ouvertes, rien de mieux, mais s'il sj refuse, l'abandonnerez-vous à ses impulsions ?
M. Garnier ne croit pas que la loi autorise à séquestrer malgré lui, un morphinomane, sous le seul prétexte que ses pratiques sont dangereuses pour sa sauté.
M. Pigeon a observé dans les asiles, uue vingtaine de morphinomanes traités par la démorphinisation progressive; donc, elle est possible. Il en a d'ailleurs publié un grand nombre d'observations et n'a qu'àse louer des résultats obtenus.
M. Riu cite deux observations : une première malade, de quarante ans, entrée à l'asile dans de mauvaises conditions physiques, avec des hallucinations de l'ouïe consécutives à des injections liypodermiques de morphine, qu'elle se faisait depuis deux ans. Traitée par la suppression brusque, elle a eu pendant six mois des vomissements. Les hallucinations ont persisté pendant un an. Le malade a guéri au bout de quinze mois.
La seconde observation est relative à uue jeune hystérique de vingt-trois ans, dont les attaques augmentaient de fréquence en même temps que s'élevaient les doses du poison. Traitée par la suppression brusque, elle a eu dès le deuxième jour des vomissements et aussi des selles diarrhéiques. Peu après, elle se plaignit de crampes dans les mollets, de contractures des muscles lombaires et de fourmillements à la plante des pieds et à la paume des mains. Le dixième jour, tous ces phénomènes disparaissaient. La malade n'a plus d'atlaques et ou peut la considérer comme guérie.
Classification des maladies mentales. (Suite de la discussion.) — M. Dagonet développe la thèse suivante : Il ne croit pas que l'évolution morbide puisse servir de base à une classincalion des maladies mentales, parce que d'abord, il est impossible de -prévoir révolution d'une maladie, eu l'observant à son début et ensuite, parce que beaucoup de psychoses n'évoluent pas. Les lésions anatomiques que M. Â. Voisin parait considérer comme facteur, ne doivent pas davantage entrer en ligne de compte, parce que le plus souvent ces lésions n'existent pas. La cause des maladies mentales presque toujours insaississabie, il s'ensuit que l'ctiologie proposée pav M. Marandon de Monthyel doit, elle aussi, être écar-
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tée de loutc classification. Comme conséquence, M. Dagonet propose de s'en tenir ù la classiGcation de Baillarger. M. B.
LVl« CONGRÈS DE L'ASSOCIATION DKS MÉDECINS ANGLAIS