‹ Archives de neurologie (volume 2)Chapitre 25 sur 87 · SURDITÉ VERBALE · texte numérisé non relu

SURDITÉ VERBALE

coup venant du côté droit du plan médian de la vision n'était pas évité; des groseilles répandues sur le plancher n'étaient prises que du côté gauche, l'animal tournant autour dans celte direction.

Chez un autre singe, on enleva les deux lobes occipitaux, laissant les plis courbes intacts; il en résulta une cécité totale et persistante. L'animal ne pouvait trouver ses aliments qu'eu se servant du toucher et de l'odorat; amené dans un endroit inconnu, il se heurta contre chaque obstacle; placé dans une chambre obscure où l'on fit jaillir sur lui une lumière éclatante, il ne donna aucun signe de perception. Schafer, en commentant ces expériences, prétend que les résultats opposés obtenus par Ferrier, qui enlevait les deux lobes occipitaux, sans déterminer de symptôme de lésion de la perception visuelle, étaient dus à ce que l'ablation était incomplète'.

Au moment d'écrire les lignes précédentes, mon attention a été frappée par une importante communication de M. Chauffard, dans laquelle il donne un récit détaillé de cécité subite survenue chez un malade de son service, chez lequel, après la mort, il trouva une lésion des deux lobes occipitaux *. Dans le même article, parmi diverses autres observations semblables, M. Chauffard cite le cas suivant rapporté par Pflûger in Berliner Klin. WochenscrifU fiir 1885 : un jeune homme reçoit de près un coup de fusil qui l'atteint dans la région occipitale; il est frappé de cécité subite. Il est mort le trente-neuvième jour^ et à l'au-

* Ferrier. — Punetions ofihe Brain, 2« édition, p. 273, 284, 288. 'Schafer — Op. cit., p. 3, 5 et 7.

* Revue dt Médecine, février 1888, p. 132.

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topsie ou trouvait des lésious profondes des deux iobes occipitaux, où uu certain nombre de grains de plomb étaient restés fixés.

Ou observera que tes deux cas de cécité verbale dont j'ai parlé étaient compliqués d'une hémianopsie bilatérale droite, symptôme fréquemment associé à la cécité verbale. Selon les recherches récentes de M. Charcot, qui a étudié ce sujet très minutieusement, il semblerait que dans l'hémianopsie de cause cérébrale, d'origine corticale, la lésion occupe à peu près la même région que celle qui a été indiquée comme étant le siège des altérations dont relèverait la cécité des mots. M. Charcot cependant émet cette opinion avec une très grande réserve, et, dans le même paragraphe, il dit que si la cécité verbale et l'hémianopsie reconnaissent le même siège dans le cerveau, les deux phénomènes cliniques devraient à peu près toujours se montrer associés. Or, cela ne semble pas être, car on peut citer des exemples d'hémianopsie cérébrale sans cécité verbale, et de cécité verbale sans hémaniopsie^

Les conclusions diamétralement opposées auxquelles les différents physiologistes sont arrivés, laissent la question de localisation de la lésion de l'aphasie sensorielle encore indécise. En vérité, on peut presque dire que les expériences sur les animaux sont entièrement inutiles pour élucider la théorie de la cécité verbale; et même par rapport au centre visuel luimême, les résultats obtenus par les observations sur les animaux peuvent à peine être considérées comme rigoureusement applicables à l'homme.

* Charcot. — Le^onB siu^ les Maladies du système nerveux^ t. UI, p. 171.

SURDITÉ VBRBALB. ±2o

Bien que l'éviileuce de ceux qui oui fait des recherches sur cette branche obscure de la pathologie cérébrale soit sujette à contestations, on doit accorder que Topinion générale place l'aphasie sensorielle dans Taire des distributions des branches pariéto-sphénoïdales de la sylvienne gauche, mais les opinions contradictoires qui remportent maintenant pour préciser la localisation peuvent seulement être mises d'accord par des observations cliniques et auatoroo-pathologiques plus considérables et plus soignées.

Norwich, avril 1888.

RECHERCHAS CLINIQUES ET EXPÉRIMENTALES SUR LES ACCI- DENTS SURVENANT PAR L'EMPLOI DES SCAPHANDRES»;

Par M. le D^ Michel CATSARAS,

Professeur agrégé de la Faculté d'Athènes: Médecin de Tasile de Dromocaitis ; Membre de la Société Médico«psycbologique de Paris.

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