‹ Archives de neurologie (volume 2)Chapitre 26 sur 87 · F. — FORMB PARALYTIQUE SPINALE TRANSITOIRE · texte numérisé non relu

F. — FORMB PARALYTIQUE SPINALE TRANSITOIRE

Les paralysies qui appartiennent aux différentes formes décrites jusqu'à présent sont plus ou moins durables. Les paralysies au contraire de la forme paralytique, que nous allons esquisser dans un instant sont transitoires, fugitives; elles ne durent que quel-

* Voir Archives de Neurologie^ ii» 47, p. 145; n« 48. p, 246; d» 4», p. ^. Archives, t. XVil. 15

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ques miuutes, quelques heures, ou quelques jours tout au plus.

Les paralysies transitoires sont très fréquentes; je me bornerai à rapporter trois observations, qui suffisent amplement pour donner une idée de cette forme.

Obsbrvation XXIX.

Antoine Sorocos, âgé de trente ans, pas d'antécédents héréditaires ou personnels. Il a commencé à travailler sous Tair comprimé au mois de mai 1886 et il aurait travaillé pendant un mois sans accident.

Le 2 au 3 juin, il a passé une nuit d*agitation. d'inquiétude ; il n'a pas fermé l'œil. Le 3 juin, le matin, le malade se lève ayant la voix rauque et toussant, pas de frisson ni de fièvre. A 10 heures, il fait à jeun sa première immersion à 24 brasses de profondeur et après avoir demeuré dix minutes, il s'est fait remonter. Il aurait déjà antérieurement fait beaucoup d'immersions exactement dans les mômes conditions de travail, c'est-à-dire même profondeur, même durée du séjour et même décompression sans acci* dent. Il importe de remarquer qu'il n'avait pas été fatigué.

Cinq minutes après la décompression et l'enlèvement du casque, ce scaphandrier tombe soudain complètement paralytique de ses membres inférieurs, qui étaient en même temps absolument insensibles. Il n'y aurai t pas eu d*autres symptômes. Cette paralysie n'a duré qu'un quart d'heure environ, au bout duquel elle a disparu d'une façon complète et définitive.

Observation XXX.

Georges Stavros, âgé de vingt-deux ans, sans antécédents héréditaires au personnels, a commencé le métier de plongeur à scaphandre en 1885. Il aurait travaillé à peu près une année sans accident.

Le 15 mai, il fait sa première immersion de la journée, à 8 heures du matin, à une profondeur de 22 brasses, ayant trouvé beaucoup d'épongés, il prolonge son séjour pendant trois quarts d'heure, au bout desquels il s'est brusquement décomprimé. Ce plongeur, interrogé avec beaucoup de^oin par nous, affirme qu'il a déjà antérieurement fait un bon nombre d'immersions à cette profondeur et d'une décompression absolument isochrone sans accident, mais il n'a jamais prolongé son séjour au delà de 15 mi-

DES ACCIDBNTS PAR*l'bMPLOI DBS SCAPHANDRES. '227

Dutes; pas de refroidissement, pas de repas, pas de troubles respiratoires avant l'immersion.

Dix minutes après Tenlèvement du casque, le plongeur est pris d*une parésie *àu membre inférieur gauche, qui dans quelques minutes s'est transformée en une paralysie complète. Il ne peut pas nous donner de renseignements sur Tétat de la sensibilité. Il n'y aurait pas eu d'autres symptômes nulle part. Vers 1 heure du soir, le membre a récupéré in integro sa motilité.

Observation XXXL

Oémetrès Compotis, âgé de vingt-cinq ans, sans antécédents héréditaires ou personnels, a commencé à travailler dans l'air comprimé, en 1883. 11 a fait régulièrement ses campagnes pour la pêche d'épongés, pendant trois ans, sans jamais avoir eu daccident.

Le 15 mai 1886, cet homme se lève le matin, mal portant ; toute la journée il a des frissons accompagnés d*un malaise géné« rai ; il n'a pas voulu travailler.

La nuit du 15 au 20 mai fut agitée; insomnie; rien du côté de la poitrine; il ne toussait pas.

Le matin, 20 mai, sans tenir compte de cette indisposition, il descend à jeun pour la première fois, à une profondeur de 22 brasses seulement et après avoir séjourné une dizaine de minutes, il s'est fait brusquelnent remonter.

Cet homme serait descendu dans les mômes conditions du travail, telles que profondeur, séjour et décompression, sans acci* dent. Notons bien aussi qu'il n'avait pas été fatigué. Un quart d'heure se passe pendant iequel le malade se sent parfaitement bien portant. Au bout de ce tcmps^ il est pris tout d'un coup d'une parésie des membres supérieurs, bienlôt suivie de celle des membres inférieurs.

Quelques minutes après, le malade est réduit à l'impossibilité absolue de mouvoir ses quatre membres, il ne bougeait plus que la tête. La sensibilité était complètement abolie. Il y avait en outre de la rétention d'urines et de selles, ayant nécessité l'emploi de la sonde et des purgatifs. Excepté quelques faibles vertiges, il n'y a pas de symptômes céphaliques ou autres.

Le soir, le malade commence à mouvoir ses membres supérieurs et dans le cours de la nuit, Tamélioration faisant des progrès étonnamment rapides, il récupère complètement la motilité de ces membres. Les membres inférieurs restent dans le même état.

Le 17 et le 18 mai, pas d'amélioration.

Le 19 mai, à 3 heures du matin^ le malade a pu se tenir debout et faire de petits pas à l'aide de deux appuis. A 10 heures, possi«>

'iiS GLINIQUB NERVBUSB.

bilité de marcher à l'aide d'un seul appui. A midi, il peut marcher sans appuij traînant toutefois le^ jambes. Il a pu rendre seul ses urines. #

£nfin, le soir, le malade était complètement et défi nitivemeut ^'uéri, la raotilité aussi bien que la sensibilité de ses membres inférieurs étant revenue à l'état normal.

Nous avons tu le malade le 16 juillet 1886, c'est-à-dire, deux mois après l'invasion de son accident et nous n'avons pu rien constater. — Comme on a pu le remarquer, cette forme peut se présenter sous trois types distincts : !<> le type de paraplégie des membres inférieurs ; 2^ le type de double paraplégie et 3* le type de paralysie partielle.

Quel que soit le type que cette forme puisse affecter, elle présente toujours les mêmes caractères, qai sont au nombre de deux : A soudaineté ou brusquerie de l'invasion et B disparition rapide de la paralysie eu quelques minutes, en quelques heures ou en quelques jours.

. B. -^ Accidents cérébraux ou formes cérébrales.

Les accidents cérébraux qui peuvent survenir chez tes plongeurs à scaphandre sont d'une variété et d'une multiplicité aussi bien que d'une complexité extrême.

Or, pour les étudier systématiquement, il nous faut tout d'abord examiner et décrire les cas pathologiques qui sont d'une simplicité et d'une pureté remarquables. Ces cas nous permettent d'étudier les formes simples fondamentales, isolées de tout élément étranger et dégagées de tout mélange. Ce n'est qu'après avoir étudié ces formes simples qu'il nous sera facile d'analyser les cas complexes dont le tableau clinique est constitué par des symptômes appartenant aux dif* Cérentes formes simples et fondamentales.

Les cas qui sont tombés sous notre observation nous permettent de distinguer les formes simples et fondamentales suivantes : 1 , la forme aphasique; 2, la forme sensorielle; 3, la forme épileptiforme ;

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4, la forme cérébrale paralytique; 5, la forme vertigineuse; 6, la forme de perte de connaissance.

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