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CONGRÈS DES ALIÉNISTES DE L'EST DE L'ALLEMAGNE

SBSSION DK BRXSLAU 1887.

Séance du 90 novembre 1887, — PaisiDENCE de M. WEaNictB.

M. LissAUBB (de Breslau) communique trois cas d'affaiblissement de la mémoire chez les alcooliques, -r Les deux premiers concernent des épileptiques alcooliques qui, à la suite d'un épisode de délire, conservèrent un profond affaiblissement de la mémoire caractérisé, non seulement par Voubli rapide des impressions récentes, mais aussi par Voblitération très accusée de réminiscences d'ancienne date. Amélioration et guérison presque complète en queU

* Voy. Manuel technique et pratique d'anthropométrie craniocéphatique. Bbkioikt et P. Keiaval. Paris, in-8*, 1889. Lecrosnieret Babé, édheurs.

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ques mois. La troisième observation est relative à un délire insidieux un peu prolongé, associé à des manifestations spinales et à des paralysies des muscles de Tceil; Taffaiblissemcnt de la mémoire lui succéda dans les mêmes conditions et le patient succomba, sans retour à la santé psychique, de phthisie pulmonaire.

M. Freund (de Breslau). Deux cas d affaiblissement grave et généralisé de la mémoire, — Ils se rapportent à deux femmes, alcooli*ques de vieille date. La première, âgée de 65 ans, est prise d'une sorte de délire qui se termine par un coma grave. Néanmoins les accidents s'amendent au bout de deux semaines, tout va bien. Mais dans la suite, série d'accès d'angoisse, de moins en moins fréqueut;^ et légers, par instants. Ce qui persiste invariable, c'est l'affaiblissement de la mémoire, relatif aux événements antérieurs à l'explosion de la maladie aussi bien que pour les faits postérieurs à rictus. 11 en est de même à l'égard de la seconde observation. Ici il s agit d'une tâbétique, de 52 ans; hépatomégalie; une poussée délirante assez grave et assez tenace est chez elle suivie du même genre d'amnésie. Ces deux démentes ne se rappellent même plus qu elles ont été mariées, qu'elles ont perdu leurs maris et leurs parents, que leurs enfants ont grandi, que leur ftge personnel ne représente plus la première jeunesse, que le médecin vient de les visiter, qu'elles sontàThôpital depuis un certain temps; elles ne se rendent même pas compte de l'endroit où elles sont, salle, cabi* net d'aisances, lit. Une phrase, un vers, un objet qu'on vient de leurjire ou dénommer, sortent deleur esprit en quelques minuteei. Sorte d'agraphie amnésique correspondante.

M. Neisser (de Leubus). De la folie systématique originelle (type Sûnder), — Ce n'est pas tant l'hérédité ni les commémoratifs qui méritent de l'importance dans cette entité morbide, que les illusions de la mémoire à Taide desquelles le malade brode de fabuleux délires (confabulalion). (Publié tn extenso dans les Arch, f. Psyché)

M. Leppmann. De Valiénation mentale comme cause de divorce. -^ Une femme mariée, atteinte de folie systématique, suite delà ménopause, a été interdite il y a 6 ans. On diagnostiqua à cette époque la démence dans le sens légal. Le mari demandant le divorce en se fondant sur le sens même d'un autre terme du code de procédure, M. Leppmann affirma l'aclivité plus grande des idées délirantes qui se traduisent» sans que la malade y puisse rien, dans le moindre de ses actes, dans la moindre de ses manifestations conceptuelles (systématisation délirante). Immédiatement l'arrêt de divorce fut prononcé. La folie systématique est donc en matière juridique le prototype de la démence. [Allg. Zeitsch. f. Psych^^ XLIV, 6.) P. Keeâyau

* Voy. Revues analytiques.

SESSION DE BRESLAU i888.

Séance du 23 février 1888. — Présidence de M. We&nickb.

M. Frkund {de Breslau). Quelques cas mitoyens entre Vaphaaie et la cécité psychique. — Huit observations avec autopsie. On eî?t d'après ces faits autorisé à distinguer, à côté de l'aphasie motrice (de Broca) — de Taphasie sensorielle de Wernicke — et des sousgenres de ces deux types — tout un groupe de troubles de la parole d'ordre aphasique formant une catégorie à part.

Ainsi, tes fonctions delà parole demeurant intactes, il existera une gêne très accusée à trouver les substantifs propres, à exprimer une notion concrète; le malade changera à tout instant de substantif, il le remplacera par une périphrase ; quand ou lui présentera des objets, il n'en pourra trouver le nom, après avoir cherché, réfléchi, s'être posé une série de questions, il s'en tiendra à un synonyme. (Notons qu'il s'agit d'objets usuels.) Ce sont évidemment les substratums optiques des notions et des objets qui présentent des lacunes. En effet, on constate en même temps des troubles de la vue d'origine cérébrale : hémianopsie du côté droit, trouble grave de la lecture et de récriture (alaxie optique corticale), cécité psychique secondaire; d'autre part, à l'aide des impressions que lui fournissent les autres sens, le malade récupère lactivilé verbale, en touchant les objets, il arrive à récupérer le nom qui leur convient. D'après l'étude des lésions, on est en droit d'admettre une altération interrompant la continuité des fibres reliant les deux sphères visuelles au centre de la parole (du côté gauche). Le terme d* aphasie optique serait le plus rationnel.

Les autres observations peuvent être divisées en trois groupes : 40 aphasie optique, avec hémianopsie du côté droit; — 2^ aphasie optique avec cécité psychique; — 3® aphasie optique avec cécité psychique et aphasie sensorielle acoustique (Wernicke). Ce troisième groupe permet difflcilement de déceler l'aphasie optique, à raison de la simultanéité de l'aphasie sensorielle acoustique. Les cas d'aphasie optique combinée à la cécité psychique témoignent d'altérations pathologiques bilatérales. On attribue d'ordinaire la cécité psychique à des lésions de l'écorce occipitale ; mais, à côté de la perte des images commémoratives optiques due à la lésion de l'écorce du lobe occipital, il faut aussi faire la part des ramollissements étendus de la substance blanche des deux lobes occipilauz, l'écorce étant demeurée tout à fait normale (examen microscopique).

Quoi qu'il en soit, les images commémoratives optiques demeurant intactes, la cécité psychique peut résulter de la destruction des ûbres d'association qui joignent les centres des images com-

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mémorativcs optiques aux autres réceptacles d'images sensoriel les d'ua autre ordre. (Interruption de la correspondance ichonopsychique.)

M. NEissER(de Leubus). La classification des maladies mentales proposée par Kahlbaum en 1863. — L'heure avancée ne permet pas de procédé à cette communication qui sera publiée in extenso dans le Jarhbûcher. f, Psych *.

M. Webnickk présente deux malades de sa clinique. C*esL d'abord un cas d'aphasie maniaque caractérisée par une émission spotitanée de sons articulés dépourvus de sens, inintelligibles, de syllabes inarticulées, sous forme de discours et de vociférations sans un. Quand on arrive à flzer Tatlention du malade, on obtient une parole intelligible. La manie, extrême, existe depuishuit jours, en môme temps que la plus grande agitation motrice. Les mouvements présentent d'ailleurs un caradère plutôt choréique; et l'on peut dire encore que, concurremment, il s*agit là d'une aphasie choréiforme. — Voici maintenant un paralytique général, absolument sourd, et paraphasique. Cet état a déjà été assez souvent observé, à la suite d'attaques congestives, d'une façon passagère. L'aphasie sensorielle consécutive aux attaques congestives est moins rare que la surdité absolue; on l'a également observée de temps à autre chez ce malade, on a cependant réussi dans ces conditions à faire concourir le malade, bien qu'il ne comprit pas un mot, à un chœur de mélodies sifûées devant lui.

M. Wernickk communique à l'assemblée qu'après avoir transféré la clinique psychiatrique au nouvel asile d'aliénés de la ville, on y a installé un laboratoire scientifique, qui contient six à huit places, et tous les ustensiles nécessaires. Il est donc possible de soumettre à l'étamine de l'analyse les matériaux de la clinique et en môme temps d'apprendre aux jeunes médecins Tanatomie normale et pathologique. (Allg, Zeitsch,f. Fsch., XLIV, 6.)

P. Kbbaval.

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