‹ Archives de neurologie (volume 2)Chapitre 86 sur 87 · SECTION DE NEUROLOGIE · texte numérisé non relu

SECTION DE NEUROLOGIE

!<>' jour : 18 septembre 1888.

M. le D^ Philip C. Knapp (de Doslon). Affections tierveuses consécutives à un traumatisme, -^ Le trauma peut donner naissance à de grosses lésions mécaniques, mais aussi chroniques et insidieuses, à des processus de dégénérescence, à des atfections fonctionnelles (psychoses, phénomènes hystériques et neurasthéniques). Ces deux derniers accidents peuvent compliquer des affections organiques, d'où obscurité du diagnostic.

M. le D' SÉGUIN dit que les signes subjectifs sont de peu de valeur, attendu que Thystérie peut simuler les malades nerveuses les plus complexes, soit par suggestion extérieure, ou autosuggestion.

M. le D*" GiRAY rend compte des difficultés de ce diagnostic au point de vue de la médecine légale.

M. le D^ Zenner dit que les phénomènes hystériques ne sont pas d'ordinaire simulés. Il clic un tremblement survenu à la suite d'un coup, disparu après trois séances d'hypnotisme.

M. le D' IsAAC Ott (d'Easton), des centres caloriques chez rhomme. — Ils résideraient dans le corps strié et près du sillon de Rolando. (Ce dernier d'après les lésions pathologiques.)

M. le D** Hare dit qu'il ne faut pas conclure d'après une lésion pathologique, ces centres pouvant n'être que des cenlres d'inhibition calorique.

M. le D' FisiiF.R (de New-York). Observations d'épilepsie consécutives à Vhémiplégie cérébrale. — Les lésions de cette sorte d*épilepsie, de même que celle de l'cpilepsie idiopathique, portent sur l'écorce cérébrale.

M. le D' Robert T. Edes (de Washington). Rapport entre les maladies des reins et celles du système nei*veux. (Urémie.)

M. le D' C.-L. Dana (de New- York). Localisations cérébrales des sensations cutanées* — 11 y a une identité complète, entre les zones motrices corticales sensitives et motrices. Quand il y a anesthésie, on trouve une lésion plus profonde.

M. le D** C.-K. Mills pense qu'il y a un grand nombre des lésions des centres moteurs corticaux sans anesthésie.

M. le JK Allbo Siaaa dit qo^il est fort difficile de jug-er des lésions entraînant les troubles de la sensibilité, à cause du voisinage de rhypocampe et des pédoncules cérébraux. Il pense que les centres tactiles sont bilatéraux. Dans certains cas d*hémiplégie, rhémisphère normal peut compenser les lésions de Fautre.

M. le D' SÉGUIN admet les localisations corticales de la sensi' bilité. Il a \a Schifl enlever des points de l'écorce cérébrale chez des chiens, avec des troubles d'anesthésie. Il a souvent constaté Taura sensitif dans Tépilepsie jacksoniennedans des cas de tumeurs cérébrales ou d^autres lésions corticales. Une dysestésie spéciale précède souvent les spasmes. Il décrit des cas de tumeurs souscorticales opérées, ayant donné les làèmes signes que dans les cas du Di" Dana.

Deuxième jour. i9 septembre,

M. le D** F.-X. Dercum (de Philadelphie). Dystrophie du tissu conjonciif sous^nitané, des bras et du dos^ associée à des signes de myxcsdéme. Le tissu sous-cutané présente un aspect muqueux avec sclérose des nerfs et des ganglions. Il y avait anesthésie, la glande thyroïde était absente. Il n*y avait pas de lenteur de la parole, de la pensée, du mouvement, ni d'imbécillité.

M. le D*" C.-K. Mills relate un cas semblable où la face était prise. Le malade mourut subitement et on ne put faire Tautopsie.

M. le D' PuTNAM pense que ce sont là des cas de transition vers le myxœdème.

M. le D*' G.-W. Jacoby (de New-York). Polymyosite progressive subaiguè. — Cette affection débute par les muscles du membre inférieur, puis envahit tous ceux de l'économie. Elle se manifeste par de la douleur, de la paralysie avec atrophie de certains groupes atteignant fatalement en deux ans ou un an et demi les muscles respiratoires. De l'examen histologique, on trouve une myosite pareuchymateuse subaiguë. L'auteur conclut qu'il y a une forme de myopathie primitive aiguë, voisine des formes chroniques.

M. le B. Saches (de New-York). Dystropkies musculaires. — Il pense que l'atrophie à type péronéal a peut-être les mêmes lésions que le type Aran-Duchenne.

Il propose de classer comme suit les atrophies musculaires ; I. amyotrophies spinales progressives (1^ type de la main; 2^ type de la janibe dont une forme, la forme péronéale), II. Dystrophies primitives progressives (P pseudo-hypertrophie; 2^ forme d'Erb). Il range la forme Déjerine-Landouzy dans la forme d'Erb.

M. le D'^ Jacoby pense que l'atrophie myopathique est due à une malformation embryonnaire.

MM. le D' James H. Lloyd et John B. Dbaver : Un cas d'épilepsie en foyer traitée avec succès par la irépanatwn et Vexcision du centre moteur, sans réapparition des attaques au bout de deux mois.

M. le IK Ferrier (de Londres) a eu le plus souvent des insuccè<> dans des cas semblables. Le cas du D*" Lloyd est intéressant au point de vue de Texpérimentation physiologique.

M. le D' Victor Horsley (de Londres) mentionne un cas où Tépilepsie s'est reproduite deux ans après Topération, et un autre avec guérison et retour de Téquilibre intellectuel. Il faut opérer dans ces cas le plus tôt possible. La cocaïne est très utile dans ces opérations pour faire contracter les artérioles des membranes. Il se sert du spray antiseptique pendant l'opération. . M. le P' MiLLis ajoute que dans le cas opéré par MM. Llojd et Deaver, il n'y avait pas de perte de la sensibilité après l'opération.

M. le D*" Séguin dit que dans le cas opéré par lui et le D'' Weir, répilepsie a réapparu avec une parésie plus grande. Il y a en outre une anesthésie tactile de la face, du bras et des doigts du côté affecté. La température et le sens musculaire sont normaux. La tumeur était située au niveau des centres de la face et du bras, et avait 18 à 20 millimètres de diamètre.

M. le D*" James J. Putnam (de Boston). Observations et expériences àpropos de la pathologie de la névrite,

M. le D^* S.-G Webber a remarqué que la névrite siège surtout au niveau des étranglements de Ranvier.

M. le IK Pyr SMrrH (de Londres) pense que la goutte est une cause fréquente de névrite.

Troisisiême jour, 20 septembre,

M. le D'G.-L. Walton (de Boston). Fracture des vertèbres cet' vicales. Dans deux cas, il y a eu guérison spontanée.

M. le D*" L.-C. Gray cite le cas d'un enfant qui s'est fradturé la 2^ vertèbre cervicale deux fois de suite. 11 présentait de la paralysie du membre supérieur, de la parésie du membre inférieur et de la difficulté de la déglutition. Il est actuellement en bon état.

M. le D' Welbbr cite un cas de fracture de la colonne cervicale qui a guéri, gardant une parésie des membres supérieurs.

M. le D' Putnam pense que dans un cas du D** Walton, latropbie peut être expliquée par une liémorrhagie au niveau de l'origine d'un nerf.

M. le D** Bannistbr cite un cas avec atrophie du bras et de la langue due à de la pachy-méningite cervicale.

M. le D"^ Sandon C. Gray (de New-York). Symptômes typiques de

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sclérose diffuse, examen post-mortem révélant de la lepto-méningiU,

M. Je D' S. Weib MitChell (de Philadelphie). Anévrysme d'une artère anomark^ causant une division antéro-postérieure du chiasma optique et une kémianopsie bitemporale.

M. le D*" F. Pktebson (de New- York). Contribution a Fétude du tremblement musculaire.

M. le D' Philip C. Knapp (de Boston). Troubles moteurs hémpligiques chez les enfants.

M. le D'' J.-H. Llyod (de Philadelphie). Un cas de tumeur de la moelle cervicale.

M. le D"" Wharton SiNKLsa (de Philadelphie). Chorée hérédHaire.

Aimar Raoult.

X. Ivrognerie^ ses causes et son traitement; traduit par P.-J. KovALEvsKY, pi'ofesseur des maladies meotales el nerveuses à rUniversiléde Kharkoif, 1888, traduit par Waldemar de Holstein.

Petit volume qui par la coquetterie de son format et de sa reliure semble destiné aux gens du monde, mais sera lu avec intérêt par le public médical en raison de son style clair^ de son allure simple et des nombreuses idées orij?inales de Tauteur, idées que nous nous bornons à exposer. L'ivrognerie est une maladie et une maladie guérissable, tel est le sujet de Tavant-propos.

Dans le 1^^ chapitre : symptômes de l'ivrognerie, Tautear distingue rivrognerie maladie de Tivrognerie vice, nous donne les symptômes de Ja première, mais non les signes de la seconde en sorte que le lecteur n'est nullement fîxé sur les caraclëras distiuctifs. Ce n'est que dans un chapitre très éloigné qu'il déÛnit rivrognerie « est un état particulier de l'organisme ou de la totalité du système nerveux qui survient quand l'individu ressent dans tout son être une faiblesse, un malaise particulier et un besoin irrésistible de supprimer ces sensations par ralcool. C'est une faim ou une soif pathologique d'alcool ».

Il nous apprend que déjà, en 16(7, Wircung avait traité deTivro* gnerie, maladie terrible qu'il décrivait immédiatement après la perte.

Lauleur, avec Crothers et Mauns, admet deux périodes dans

révolution de Tivrognerie, la période nerveuse ou prémonitoire et la deuxième celle de la dypsamonie.

. La période prémonitoire présente d*abord les synaptôroes vulgaires de la neurasthénie (défaut d'équilibre et irritabilité du système nerveux , affaiblissement des centres supérieurs de l'encéphale devenant ainsi incapables d'inhiber les réflexes et les impulsions); puis ceux de neurasthénie alcoolique ou diathèse alcoolique, à moins que celle-ci n'apparaisse d'emblée (hérédité), bizarreries du caractère, devenant subitement soupçonneux au moment de l'excès de boisson, apparition subite dans les mêmes conditions d'une manie se répétant toujours la môme, manie de marchander des chevaux, d'héberger des amis, de se préparer à la mort^ etc., ou bien des rêves nouveaux, étranges, qui plus tard Se confondent avec la réalité; bizarreries de régime hygiénique ou non, souvent manque d'énergie comme par le surmenage physique et intellectuel, d'où apparition de « cette faim de la force » qui fait recourir à l'alcool à titre d'essai.

Gomme symptômes de neurasthénie alcoolique héréditaire l'aU' teur mentionne des états d'ébriété sans alcool, survenant chez les enfants ; d'autres fois à un âge avancé, parfois sous l'influence d'un choc moral ou traumatique, dans d'autre cas s'éveillent par contagion; à la vue d'un homme ivre, le neurasthénique alcoolique héréditaire deviendrait en état d'ébriété sans alcool ; l'auteur cite de vieux membres de société de tempérance qui^ quoique très sobres, tombaient dans cet état rien qu'en dépeignant dans leurs discours le désordre des alcooliques.

L'auteur termine ce chapitre par une indication que nous approuvons celle d'éviter d'administrer des alcools aux neurasthéniques dans leurs maladies, quelle que soit la neurasthénie.

La deuxième période c'est l'ivrognerie proprement dite : alcoolisme chronique, si elle est continue; dypsomanie, si elle est périodique.

D'après J'autcur. les premières tares dans l'alcoolisme chronique, débutent par le sens moral, Tétique qui s'émousse et finit par être remplacé par des impulsions égoïstes, animales et ordurières, puis parles facultés intellectuelles, paresse, défaut d'initiative, perte de mémoire et des autres facultés, et à peu près en même temps les troubles si connus des sphères motrices sensibles circulatoires et viscérales.

L'incapacité de s'adopter, la négligence de la famille, de soimême, les idées de persécution avec des sous-idées de grandeurs sont décrites de main de maître.

Dans ce chapitre, l'auteur rappelle les faits de Bourneville relatifs à l'influence nuisible de l'alcool sur les enfants.

Le chapitre de la dypsomanie très complet ne contient pas de vues nouvelles; l'auteur la considère avec tous ceux qui ont traité

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la question comme une psychose impulsive délerminée bien plus par le besoin que par le goût de i'alcool.

Les chapitres suivants sont consacrés aux causes prédisposantes et aux causes provocatrices; souvent même la cause quia été prédisposante d'abord devient provocatrice ensuite.

La monomanie ou diathèse alcoolique congénitale, acquise oii latente est la principale cause prédisposante.

Un peu d'obscurité de la part de l'auteur quand il cherche comment elle est acquise, « Tacte de boire de Talcool laisse aoe trace, cette trace répétée engendre Thabitude, devient besoin et le besoin de transforme en névrose i. Ici nous comprenons bien les mots, mais non le mécanisme.

Les autres causes prédisposantes étudiées par Tanleur, telles que rhérédité homogène ou hétérogène, directe ou indirecte, le sexe, rage, la religion (rareté chez les juifs), le climat, Tétat de Tair (influence marquée des vents d'ouest), l'instruction, la profession, la fortune, toutes ces causes sont étudiées d'après des documents anglais et correspondent aux idées des aliénistes français. Il en est de même pour les causes provocatrices; signalons ici un habile parallèle de l'auteur entre les surménages et l'oisiveté au point de vue de leur influence nuisible sur Tivrogiferie.

Le dernier chapitre (traitement de Tivrognerie) contient des aperçus sur les sociétés de tempérance, sur le système de Gothenburg (accaparement du commerce de Talcool par les sociétés de tempérance appuyées par TEtat (Suède et Norwège) sur le traitement de la neurasthénie, l'indication des remèdes dils spécifîques, l'exposé des régimes diététiques et hygiéniques et surtout une étude sur les établissements spéciaux pour le traitement des ivrognes, arec la suppression pour ceux-ci du ho-restreiut dont l'auteur est au contraire partisan pour les aliénés non alcooliques.

La statistique de tels établissements eu Amérique donnerait de 30 à 40 p. 100 de guérison. Cuarpentieb.

XI. Les maladies de la volonté; par Th. Ribot (Paris, Alcan).

La remarquable étude de M* Ribot se divise en deux parties bien distinctes : Tune, sous le titre d'Introduction, est Toxposé de la doctrine qui guide l'auteur; l'autre renferme l'étude des faits examinés à la lumière ; cette doctrine se termine naturellement par des conclusions conformes à la théorie. N'y a-t-il là qu'une question de forme, un procédé d'exposition qu'il était loisible de pré* férer à tout autre? Ou bien, est-ce l'indice d'un reste d'andiennes habitudes, la dernière trace d'un ancien pli de l'esprit dû à la première discipline métaphysique qu'a subie M. Ribot et dont, malgré les puissants efforts dont témoigne son livre, il n'aurait pu se

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débarrasser absoulmeut ? Au fond, cela importe peu ; il [eu resle cependant, quoi qu'on fasse, une certaine impression de défiance. On eût préféré voir la doctrine sortir de Texamen des faits au lieu d'aToir Tair de découler d'axiomes ou de propositions établis à priori : la conviction serait venue plus aisément.

Il nous faut encore chercher à M. Ribot une querelle préalable, dont est le sujet le titre même de son ouvrage. La volonté n'étant, selon lui, ni une fonction, ni une propriété où une faculté, pas même une disposition psychique stable, se résolvant, au contraire, en volitions instables, résultantes variables de causes incessamment changeantes, la volonté n'ayant, en un mot, pas d'existence réelle, comment peut-elle être susceptible de maladies? Nous savons bien que Ton parle couramment de maladies de la vue, du mouvement ; encore ces expressions, que nous n'aimons guère, peuvent-elles à la rigueur passer pour de simples métaphores désignant les troubles de l'appareil visuel ou du système moteur. Pour la volonté, déOnie par M. Ribot, on cherche en vain le substratum réel auquel la métaphore pourrait se rapporter pour se justifier. Querelle de mots, si l'on veut, mais non pas sans importance, parce qu'ici les mois contredisent le fond, parce que le fond est toute la doctrine, parce qu'enfin, avec un homme comme M. Ribot, on n'a pas le droit de rien négliger.

Devant tel autre auteur ou en face d'un traité d'oculistique, nous n'aurions rien dit : maguarda der passa.

D'une bien autre importance toutefois est le point suivant* M. Ribot a voulu étudier la pathologie de la volonté sans toucher à la question du libre arbitre, poser la question sous une forme conciliable avec toute hypothèse et conclure sans donner aucune solution du problème métaphysique. L'abstention lui paraissait nécessaire. C'était là sans doute la marche rationnelle, et M. Ribot a eu raison de ne s'enrôler au début sous aucune bannière; son indépendance en eût péri ou ses recherches auraient été d'avance inutiles. Il n'a eu garde de prendre pour point de départ ce qui doit ôtre le terme de toute psychologie vraiment scientifique. On ne saurait trop l'en louer et il faut reconnaître que, fidèle à ses promesses, il s est efforcé de se tenir dans les limites de l'expérience interne et externe. Est-il aussi sûr de n'avoir abouti à aucune conclusion? 11 n'en exprime, à la vérité, formellement aucune ; mais peut-être ne faudrait-il pas beaucoup presser ses propres expressions pour en faire sortir une capable de satisfaire le déterministe le plus orthodoxe. M. Ribot espère que « l'absence de toute solution sur ce point (le libre arbitre) ne sera même pas une seule fois remarquée ». Ne pourrai l-on dire que si son espoir s'est réalisé, si cette absence de solution ne se remarque pas, cest que la solution ressort de ce qu'il dit, bien qu'il ne la formule pas? S'il est vrai que des deux éléments de tout acte volontaire, le

premier. l'état de conscience, n'a aucune efticacilé, tandis que le pouvoir d'agir ou d*enipêcher, réside uniquement dans le second, dans un mécanisme psychophysiologique très complexe ; s'il est vrai que ce mécanisme ait pour fond déGnilif et pour moteur ultime le caractère, c'est-à-dire le moi en tant qu'il réagit; s'il est vrai que le caractère est le produit, si complexe qu'il soit, de l'hérédité, des circonstances physiologiques antérieures et postérieures à la naissance, de l'éducation , de l'expérience, c'est-à-dire l'état de l'organisation tel que l'ont fait les conditions de sa genèse et de son développement; si tout cela est vrai, c'est le déterminisme qui triomphe. Et il ne servira de rien d'ajouter que, pour les animaux supérieurs, la complexité de leur miliea est une sauvegarde contre l'automatisme. Car, à cette pro> position qui, pour le dire en passant, ressemble fort à une adhésion à l'hypothèse de la liberté, on peut répondre que la difficulté même l'impossibilité de préciser et de démêler les conditions d'un phénomène n'implique nullement qu'elles ne sont pas en elles-mêmes parfaitement définies.

M. Ribot admet que le réflexe est le type unique de toute action nerveuse, de toute vie de relation. Chez le nouveau-né le réllexe agit seul d'abord, et, en l'absence de tout état de conscience, il n'y a point chez lui d'acte volontaire, il n'y a que transformation des excitations en mouvements. Plus tard, le désir, première esquisse du caractère individuel, marquent le passage de l'élat purement réflexe à l'élat volontaire. Accompagnés d'un état de conscience souvent très intense, ils ont une tendance immédiate et irrésistible à se traduire par des actes, comme les réflexes purs. Plus tard encore interviennent les idées que M. Ribot classe, suivant la force de leur tendance à se transformer en actes, en trois groupes : le premier comprend les états intellectuels extrêmement intenses, passant à l'acte presque aussi rapidement que les réflexes, surtout quand ils s'accompagnent de sentiments vifs. Le deuxième groupe représente l'activité raisonnable où la conception est séparée de l'acte par une délibération plus ou moins longue. La tendance à l'acte est modérée, comme Télat affecté. Ënfln viennent les idées abstraites, avec lesquelles la tendance au mouvement est au minimum, à moins qu'elle n'éveille

Xll. Dei* Vetiauf der Phychoscn, par R. Arndt et A. Doum ; Vienne et Leipzig, in-8, 1887. Urban et Schuarzenberg, édil.

L'élo/Te de ce mémoire est à peu près constituée par la théorie du professeur Arndt, sur la folie en général. Nous avons dans ce recueil même consacré, en temps opportun, une longue analyse

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à sa doctrine à propos de soa T^'aité de Psychiatrie ^ Il s'agit ici de la représentation graphique de la marche de Valiénation mentale, obtenue à l'aide de courbes qui se meuvent le long d'une échelle verticale dont chacun des échelons horizontaux constitue un des épisodes symptomatiques , l'échelon du milieu figure le fonctionnement normal. Des teintes savamment dégradées et géométriquement groupées forment les images de leur intensité ainsi que de leur durée; elles correspondent aussi aux dénominations séméiologiques adoptées par M. Àrndt. Les dates sont inscrites au-dessous des tableaux ; on ne saurait mieux les comparer qu'aux planches démographiques et statistiques d'un usage constant aujourd'hui, dont on réunirait, à dessein, sur une feuille unique, les divers éléments intéressant l'humanité. P. Kbraval.

XIII. Le cerveau et l activité cérébrale au point de vue psychophysiologique ; par A. Hbrzen. (Paris, in-16, 1888. J.-B. Baillière, éditeur.}

Le professeur de physiologie de Lausanne tente d'asseoir la physiologie générale sur le fait, suivant lui, fondamental qu'il n'y a point de mouvement d'activité psychologique sans mouvement moléculaire corrélatif des éléments nerveux. 11 tire ses arguments d'un judicieux usage, d'une habile association des deux espèces d'associations : externe ou objective, — interne ou subjective. Il établit ainsi :

l"" Que la face psychique se trouve avec le mouvement moléculaire nerveux dans une corrélation telle qu'eile doit son existence à un mouvement qui expire en produisant un autre mouvement, ce qui prouve qu'elle ne peut être elle-même autre chose qu'un mouvement;

2» Que toute cette psychique consiste en une transmission et une modification d'une impulsion extérieure, c'est-à-dire en une forme particulière de mouvement {Première partie : notion de l'activité psychique).

Aussi con^me tout mouvement, l'activité psychique est-elle liée à la production d'une certaine quantité de chaleur (II® partie, chap. i). Il en résulte encore, dans l'ordre biologique, que rien ne se créant, toute action n'est qu'une réaction, et que, par conséquent, la spontanéité témoigne simplement d'un excellent état de la nutrition des tissus appelés à agir ; elle traduit aussi la modalité de la réaction d'une organisation individuelle en face d'une impression d'apparence identique pour tous et représente l'ensemble des particularités d^organisations individuelles, innées ou acquises, permanentes ou passagères qui donnent l'empreinte individuelle à la réaction afiective par un organisme dans un cas

* Voyez Archives de Neurologie, 1884, t. Vlli, p. 388.

Archives, t. XVIL 32

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parlicoJier (chap. ii]. La Jiberié est alors ane éToiatîon de la spontanéité (ch. m) ; la résolatioo n'a rien à roir arec une émanation soi-disant indépendante de la Tolonlé ; elle est le résaltat nécessaire et inévitable : a, de l'organisation îndÎTÎdueile ; — b. de l'ensemble des impressions qui fappeitt riodirida à on moment donné ; — c, de l'état dans lequel se troarent, à ce moment-là les centres nenreax de cet indiTÎda.

Dans nue dernière partie, M. Herzen a étudié les conditions dans lesquelles l'activité cérébrale devient consciente, il formole ainsi la la loi de la conscience :

Liée exclusivement à la désinlégration fonctionnelle des élémenu nerveux centraux, la conscience possède une mteosité en proportion directe de cette désintégration, et, simultanément, en proportion inrerse de la facilité avec laquelle chacun des éléments transmet à d'autres la désintégration qui s'empare de loi et avec laquelle il rentre dans la pbase de réintégration.

Malheureusement, M. Herzen est obligé de compter dans l'application avec la compétence spécifique de diverses régions : moelle épinière, centres sensorio- moteurs, centres corticaux, et de faire de la conscience du moi ou personnalité un cas particulier de la conscience en général, ce qui ne nous parait pas élucider la question. Il faut absolument quand on aborde l'examen des mécanismes, les soumettre de nouveau au contrôle de rexpérimentation, tes matériaux traditionnels deviennent toujours insuffisants.

P. Kkbaval.

XIV. De quelques troubles moteurs posl-kémiplégiques chez les enfants; par le D*' Coombs Knapp. (Boston, Gupples et fiurd, édit.)

L'auteur rapporte trois cas d'hémiplégie enfantile avec coatraeture, qui be semblent être autre chose que des troubles de sclérose cérébrale. Ces hémiplégies ont été suivies de spasmes toniques du côté paralysé, augmentés par les excitations, les effoi*ts pour se servir du membre malade, au moment d'un mouvement associé. Il en résulte une incoordination des mouvements volontaires^ ressemblant à l'hémiataxie décrite par Grasset. Le D*" Knapp propose de donner à cette forme le nom de spasme du mouvement.

XV. La psychologie physiologique ; par G. Sbrgi, traduction française

de M. Mouton. (Paris, in-8, 1888, F. Alcan, édit.)

L'étude de l'activité psychique par l'observation et par Tanalyse de phénomènes palpables qui en émanent ou l'engendrent, est d'une lumineuse clarté dans cette traduction revue et complétée

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par Tauteur. Voilà de la vulgarisatioa de bon aloi. On n^attendra pas de nous que nous discutions un ouvrage de fonds, dont la matière et la méthode ne sont plus à discuter ni à exposer. Ce serait un travail inutile qui exigerait de longues pages d*une revue. Mais nous ne saurions laisser passer sous silence un livre d'ensemble bien supérieur aux traités de psychologie physiologique que nous possédons jusqu'ici en français, livre qui fait autant d'honneur à M. Mouton qu'à M. Sergi. Il est en outre au courant des toutes dernières recherches. P. Kerayal.

XVI. Affections nerveuses consécutives à un traumatisme [commotion spinale^ troubles de la moelle et du cerveau après des accidents de chemin de fer) ^ parle D>^ Goombs Knapp. (Boston, 1888. Gupples et Hurd, édit.)

Cette étude comprend douze cas de ces troubles ; l'auteur émet des doutes sur la commotion médullaire au sens strict du mot, à la suite des traumatismes ; ceux-ci pourraient entraîner des troubles musculaires, de Tirritation spinale et des névrites périphériques, à des processus dégénératifs typiques. Fréquemment, ils sont les causes de troubles nerveux tels que Thystérie, la neurasthénie, les psychoses (anxiété, hypocondrie, dépression cérébrale). L'auteur à leur suite a rencontré un complexus symptomatique type avec troubles psychiques, anesthésie, lenteur des mouvements, exagérations des réflexes dus sans doute à une lésion organique. Le pronostic de ces troubles est grave ; ils peuvent s'amender mais non pas guérir complèlemenL A. R.

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