C. Lobe pariétal
a. Lobule pariétal supérieur.
Synonymie : Lobule du deuxième pli ascendant (Gratiolet) ; Gyrus pariétal supérieur (Pansch); Première circonvolution pariétale (Broca) ; Erste Scheitelbeinlappenswindung (R. Wagner); Obérer S cheitelbeinlappen(Jl\jL%çi\\iQ)\ Obère innere Scheite^gruppe (Bischoff) ; Troisième temporale ou lobule temporal supérieur d'Huguenin [erreur typographique 1 lisez pariétal); Ancienne seconde pariétale des Français, à Tépoque où la pariétale ascendante s'appelait première pariétale ; Posteroparietal lobule (Huxley f Turner).
L'expression finale est des plus propres à provoquer une confusion avec le gyrus postero-parietal (Huxley), qui désigne la pariétale ascendante. Monakow a commis cette faute (voy. Charcot et Pitres, Jtevue de médecine, 1883 *}.
* Étude critique et clinique de la doctrine des localisations motrices dans l'écorce des hémisphères cérébraux de l'homme. Mai-octobre 1883.
iî)0 REVUE CRITIQUE.
Les traits du tableau de cette zone sont fréquemment défigurés par les plis de passages transversaux de Gromier, qui en joignent la portion inférieure à l'ilot sous-jacpnt dont nous allons parler. En tout cas, la queue du lobule pariétal supérieur participe à la constitution du pli de passage externe qui, lorsqu'il existe, unit le lobe pariétal au lobe occipital.
La. scissure inlerpariéiale (Ecker), doit fixer quelques instants Tesprit de Tobservateur. Connue sous les noms de sillon pariétal {BTOca);Intraparietalfissiire{TuTneT);Sulcusparietalis{PQ,nsch); Siilcus occipitO'parielalis (Schwalbe), elle part, en avant, du bord postérieur de la pariétale ascendante et monte un peu avant de décrire la courbe qui, comme on le verra plus loin, coiffe le lobule supramarginal (Gratiolet). Cette partie ascendante, parallèle au sillon deRolando, avait été, dans le principe, appelée parEcker, sulcus postcentralis ; elle était le pendant de sulcus frontal vertical, prœcentralis, inferior. Aujourd'hui, on réserve souvent ce nom à une branche ascendante, projetée par le même tronçon [ramus ascendenSy de Pansch), branche variable, dont on trouve les vestiges sur bien des cerveaux, mais à quelque distance du coude envisagé. — La scissure interpariétale se continue en arrière fréquemment dans le sillon occipital transverse qui trouvera sa place ultérieurement; à ce niveau, ou bien elle s'arrête, ou bien elle poursuit, sans interruption, sa marche dans le lit même du sillon occipital supérieur. C'est dans ce dernier cas, que le terme de sulcus occipito-parietalis lui convient. Malheureusement, on l'a également attribué à la scissure perpendiculaire (interne et externe) qui sépare le lobe occipital du lobe pariétal; aussi devrait-on lui ajouter uneépithète appropriée, ou plutôt s'en défaire.
En résumé, la scissure interpariétale séparela ligne des replis pariétaux supérieurs de la ligne des replis pariétaux inférieurs. Elle rattache la pariétale ascendante au lobe occipital, en passant au-dessus de l'extrémité postérieure de la grande branche de la scissure de Sylvius, au-dessus également de l'extrémité postéro-supérieure du premier sillon temporal (parallèle). Elle est souvent interrompue par les plis de passage verticaux (de Gromier), et horizontaux (Gratiolet), déjà mentionnés. C'est pourquoi la résfularité de la description est fréquemment toute artificielle, et la terminologie revêt un aspect polymorphe. Qu'on en juge.
6. Lobule pariétal inférieur (Ecker). — La comparaison des textes originaux d'Ecker S de Gharcot *,deGratiolet ^ dePozzi*, de Schwalbe *, et des figures annexées à chacun d'eux, ainsi que des schémas de Richer*, permet de dégager les notions indiscutables qui vont être exposées,
La série des replis qui gît au-dessous du lobule pariétal supérieur, limitée en haut par la scissure interpariétale, a reçu d 'Ecker le nom collectif de lobule pariétal inférieur. Cette masse est l'ancienne troisième pariétale des Français, dritte Scheitellappenwindung , Gyrm parietalis tertlus inferior^ de R. Wagner; Gyrus parietalis secundus, de Schwalbe.
Or, du sommet de la courbe de la scissure interpariétale tombe un sillon vertical, généralement assez accentué {sulcus inlermedins, de Jensen). Ce sillon scinde le lobule pariétal inférieur entier en deux segments qui couronnent : l'un, Textrémité postérieure de la scissure de Sylvius, l'autre, l'extrémité postéro-supérieure du sillon temporal parallèle [Fig. 6). Ce sont les points de repère dont s'est servi M. Ecker pour, à l'exemple de Gratiolet, diviser en deux îlots son lobule pariétal inférieur. Un îlot antérieur, qui coiffe la scissure de Sylvius (pli marginal supérieur et lobule du pli marginal supérieur de Gratiolet), a été appelé par lui lobule supramarqinaL Un ilôt postérieur surmonte la pointe de la scissure parallèle : c'est le pli courbe de Gratiolet désigné par Ecker, sous le titre de gyrus angulaire (expression d'Huxley), à raison de sa forme. Dans la classification d'Ecker, par conséquent, le pli courbe est en arrière. Pour adjoindre, sans s'écarter du plan de Gratiolet, une troisième appellation à cet îlot postérieur, on serait en droit de penser que l'expression de lobule du pli courbe conviendrait le mieux, puisque c'est là le pli courbe, et que Gratiolet avait déjà trouvé pour l'îlot antérieur, supramarginal, la qualification succédanée de lobule du pli marginal supérieur. Ainsi a pensé M. Richer, tandis que M. Pozzi, conservant sans doute le pli courbe en arrière, a baptisé du nom delobule du pli courbe la zone antérieure. Il en résulte qu'aujourd hui, selon qu'on suit la terminologie de la Salpêtrière ou celle de M. Pozzi, le lobule du pli courbe se place en arrière ou en avant. Pour peu donc, quand il s'agit d'anatomie pathologique, qu'on ne soit pas aidé par un croquis, on ne s'y reconnaît plus ou l'on confond de bonne foi ! Ces assertions ont un exemple à l'appui dans l'observation de
1 1 3 i 5 6 loc. citât.
M. Chauffard, relative à la cécité psychique {Revue de mêdect'ne, 1881); ici nous possédons une gravure qui nous montre que l'altération rapportée atteint le lobule supra marginal (Ecker), et une partie du lobule du pli courbe (Richer), en même temps que le texte nous prouve que M. Chauffard, en rédigeant, avait dans l'esprit, tantôt le lobule du pli courbe de M. Pozzi,
Fig 6. — Face externe. Hémisphère gauche, 1, scissure de Sylviiis; 2, sillon de Rolande; 3, scissure interpariétale; 4, scissure parallèle; 5, scissure perpendiculaire externe.
Fi, première circonvolution frontale; F*, deuxième circonvolution frontale ; F3 troisième circonvolution frontale ; F», circonvolutiou frontale ascendante; P„ circonvolution pariétale ascendante; Ps, lobule pariétal supérieur ; P», lobule pariétal inférieur; Pc, lobule du pli courbe; T|, première circonvolution temporale ; T*, deuxième circonvolution temporale; T3, troisième circonvolution temporale; 0|, première circonvolution occipitale; Oî, deuxième circonvolution occipitale; O3, troisième circonvolution occipitale.
tantôt le lobule du pli courbe de M. Richer. Que serait-il advenu pour le lecteur, s'il eût été privé du dessin 7 — Ajoutons enfin que M. Richer a remplacé le terme de lobule supramarginal par celui de lobule pariétal inférieur ; celui-ci devient par suite une fraction du lobule pariétal inférieur d'Eçker. — Un résumé sous forme de tableau de correspondance des termes et des divisions, nous semble indispensable, en guise de corollaire.
DES CIRCONVOLUTIONS CEREBRALES,