‹ Archives de neurologie (volume 3)Chapitre 26 sur 39 · RBVUB D ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

RBVUB D ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE

de la scissure perpendiculaire externe, comme en témoignent ses rapports avec le sillon interpariétal, la scissure parallèle, le sillon occipital transverse, ainsi que sa direction sur la face médiane de rhémisphère où il rejoint la fissure calcarine (scissure perpendiculaire interne). Le rapprochement et la critique des descriptions de ce genre relatives à Thorame, dues à Sander, Fischer, Meynert (Arch. f, Psych., V. V(I) à Rûdinger (Mémoire de Bonn, <88l), Giacomini (Arch, ital. de BioL, I, fasc. 2, 1882), des réflexions de Stark {Zeitsch. f, PsycJi., XXXIII), des études d'Kcker, de Panscb, de Schvifalbe, entraînent Mendel à cette conclusion que Ton doit, chez rhomme, appeler du nom de fente simienne, non pas une fissure située en arrière de la scissure pariéto-occipitale, non pas le sillon occipital transverse, mais bien une scissure représentant le prolongement de la scissure pariéto-occipitale (scissure perpendiculaire externe), qui se confond assez souvent avec le sillon occipital externe de Meynert si fréquemment absent d'ailleurs, et* sis un peu avant de la scissure pariéto-occipitale. P. Kéravâl.

IX. La substance de soutènement du système nerveux central ; par GiERKE. {NeuroL Centralbl.y 4883.)

Ce mémoire d'avant-garde relate brièvement les points les plus essentiels d*une étude qui sera publiée plus tard in-extenso. Et cependant son analyse est incompatible avec la concision. — Il nous faut néanmoins satisfaire à cette double proposition. — En ce qui concerne la question de nature, l'auteur adopte les expressions de glie, névroglie, ciment nerveux de Virchow, et refuse de la considérer comme du tissu conjonctif. Elle se compose d'éléments figurés et de substance amorphe. Cette dernière constitue, par exemple, la substance fondamentale de la substance grise et des plus fortes travées de la substance blanche ; elle est molle, mais ferme, absolument anhyste, claire et transparente comme du verre, un peu plus brillante que le sérum sanguin coagulé, et se colore très difÔcilement par le carmin ; Texamen à l'aide des plus forts objectifs à immersion dans l'huiJe démontre sa parfaite homogénéité. Les cellules de la névroglie sont remarquables parles prolongements qu'elles projettent en divers sens. On en distingue deux formes principales; les unes ne possèdent presque pas de protoplasma (les prolongements semblent partir et môme partent parfois du noyau); les autres sont munies d'un corps cellulaire dans lequel on n'aperçoit fréquemment aucun noyam. Les premières fournissent des prolongements bien plus uns, bien plus ramifiées mais moins abondants que les secondes. — Au point de vue de la texture générale, la névroglie forme la substance de soutien et d'enveloppe des éléments nerveux; elle sert de tuteur à chaque fibre, à chaque cellule^ en môme temps qu'elle embrasse

Archives, 1. VIIL 21

322 REVUE d'anatomie et de physiologie.

tout le système nerveux central, depuis les méninges jusqu'au revêtement épithélial des cavités. C'est une toile dont les mailles ne présentent pas de déchirures. Il n'y a d'interruption, et encore estelle peu importante, que dans la moelle allongée, où les fibres nerveuses du stratum zonale d'Arnold arrivent tumultueusement, en se séparant les unes des autres, directement sous la pie-mère. — C'est surtout dans la substance blanche de la moelle qu'on en constate le mieux les rapports, parce que la plupart des fibres nerveuses ont un très gros calibre, et que la disposition en est très régulière. Les cellules de la uévroglie s'appliquent contre les éléments nerveux, soit par elles-mêmes, soit à l'aide de leurs prolongements, faisant office de gaines, sans constituer de vraies membranes. — Dans la substance grise, la névroglie forme des réseaux cellulaires dont les intervalles sont remplis de substance fondamentale. Ici prédomine la substance fondamentale; c'est elle qui cimente le nombre prodigieux des fines fibrilles nerveuses et les fibres amyéli niques, tandis que les cellules névrogliquesassujettissent les cellules nerveuses. Il y existe aussi des endroits tout entiers construits de substance de soutènement. — Tels sont les traits généraux qui doivent être notés. Les particularités variables selon les régions (moelle épinière, écorce du cervelet, écorce du ceiveau et cavités du névraxe, glomérules du bulbe olfactif) impliqueraient la copie des passages correspondants. Il nous faut cependant dire en terminant, que, parmi les vaisseaux sanguins, les uns (substance blanche de la moelle, du bulbe, du cerveau), possèdent une enveloppe de névroglie (cellules et substance four damentale), les autres (substance grise de l'encéphale) courent, sans enveloppe vraie, dans les travées glieuses, mais alors ils sont munis d'une tunique adventice (d'origine pie-mérienne) sur laquelle s'attachent les prolongements des cellules névrogliques. En tout cas, il existe bien réellement des espaces périvasculaires limités en dedans par l'adventice mais privés de parois ambiantes, espaces périvasculaires qui sont des lacunes lymphatiques. P. K.

X. Sur la localisation de la sensibilité cutanée et du sens musculaire A la surfack des hémisphères cérébraux ; par Bechterew. (Neurol. CentralbL >I883.)

De la revue critique des expériences instaurées jusqu'ici, auxquelles il ajoute le résultat des siennes propres S M. Bechterew tire les conclusions suivantes. — 11 existe, pour la perception dans l'écorce, des sensations tactiles, du sens musculaire, des sensations douloureuses, des centres spéciaux, situés au voisi-

* Voy. Archives de Neurologie^ t. VIII, p. 231.

REVUE d'aNATOMIE ET DE PHYSIOLOOrE. 323

nage de la zone motrice. Les centres destinés aux sensations tactiles gisent immédiatemeut en arrière et en dehors du champ moteur; ceux qui président au sens musculaire et aux sensations douloureuses occupent une région qui surmonte le début de la scissure de Sylvius. Ces deux derniers centres sont contigus, mais ils ne se confondent pas, car certaines lésions limitées du département en question se sont traduites exclusivement, tantôt par un trouble du sens musculaire des extrémités opposées, tantôt par une diminution de la sensibilité à la douleur. P. K.

XI. Recherches expérimentales sur les atrophies de l'écorce du CERVEAU ; par Monakow. {NeuroL CentralbL 4883) •.

Première expérience. — Quand on interrompt, dans la partie postérieure de la capsule interne les faisceaux de fibres de projection de la sphère visuelle, l'atrophie s'étend dans les deux sens et, par conséquent, ces fibres de projection prennent leur origine dans la région occipitale, nommée par Munk, sphère visuelle^. Elles aboutissent aux éléments des troisième et cinquième couches.

Deuxième expérience. — La destruction, dans le faisceau pyramidal de la capsule interne, des fibres qui pénètrent dans la zone motrice, exerce une influence des plus délétères sur le développement de cette zone. La lésion porte spécialement sur les cellules pyramidales géantes. L'atrophie s'est limitée dans l'espèce au département cortical dont la destruction est nécessaire pour entraîner la dégénérescence complète de la pyramide de la moelle allongée. P. K.

XIL Résultats expérimentaux sur le trajet des fibres du nerf

OPTIQUE dans le CHEMIN QU'eLLES SUIVENT DEPUIS LES CORPS GE- NOUILLÉS jusqu'aux TUBERCULES QUADRIJUMEAUx ; par BECHTEREW.

{Neurol. CentralbL 1883.)

Gudden dit que toutes les fibres du nerf optique, aussi bien celles qui s'entre-croisent dans le chiasma, que celles qui ne s'entre-croisent pas, constituent le faisceau externe de la bandelette optique et parviennent au corps genouillé externe qu'elles traversent, pour gagner de là^ au moyen du bras antérieur, le tubercule quadrijumeau antérieur. Le faisceau interne de la bande-

1 Voy. Archives de Neurologie^ Congrès des Naturalistes, t. VIII, p. 233. * Voy. Archives de Neurologie^ VI, p. 403, et Progrès médical, 1879, p. 161.

324 RBYUB DANATOMIB ET DE PUYSIOLOOIË.

lette, qui contient principalement des fibres de la commissure de cet auteur, et qui, par conséquent, n'entretient aucune relation avec le nerf optique, passe par le corps genouillé interne en rapport, de son côté, avec le tubercule quadrijumeau postérieur {Arck. f. Ophtkalm,, t. XXV). Or, M. Bechterew a réussi, en pénétrant par le pharynx à sectionner le bras antérieur entre le segment postérieur de la couche optique et le tubercule quadrijumeau antérieur, sans toucher à aucun de ces deux organes (U lésion inévitable d'une partie de la qommissure moyenne et du segment contigu de substance grise importe peu quant à la vue) ; le même opérateur a pu altérer isolément le corps genouillé externe sans intéresser le corps genouillé interne ni les fibres du bras postérieur. Un seul et même effet a été obtenu, savoir: le rétrécissement du champ visuel dans les deux yeux ; du côté opposé à la lésion, rétrécissement dont les allures ont été identiques à celles que Ton signale après la section de la bandelette optique correspondante; rien aux pupilles. Les vues anatomiques de Gudden sont par conséquent confirmées par la physiologie expérimentale. P. K.

XIII. La FONCTION DES COUCHES OPTIQUES. RECHERCHES EXPERIMENTALES;

par W. Bechterew. {NeuroL CentralbL, 4883.)

Ce résumé provisoire d'expériences entreprises sur des grenouilles, des oies, des poules, des lapins, des chiens, par la double méthode d'excitation et de destruction des tissus, peut se formuler ainsi. — La destruction, chez le chien, du segment antérieur de la couche optique produit des troubles de la vue tout à fait passagers ; la destruction du serment postérieur de cet organe engendre une hémiopie homonyme qui,si la lésion n'est que faible, porte sur un seul œil. — Conclusion. Entre-croisement incomplet des fibres du nerf optique dans le chiasma du chien.— Les allures delà pupille et les troubles de l'équilibre notés dans l'espèce par Tauteur dérivent, non de la destruction de la couche optique, mais de la lésion simultanée de la substance grise centrale adjacente, qui entoure la partie la plus profonde du troisième ventricule. — La sensibilité et la motilité ne subissent aucune atteinte quand on limite l'altération à la couche optique seule. En revanche, la couche optique est le lieu de concentration des voies de conductibilité destinées à l'innervation spontanée des groupes musculaires qui entrent en jeu pour l'expression des sensations de divers ordres, expression spéciale à chaque espèce animale; elle préside aux mouvements et aux sons expressifs; elle est le centre des mouvements qui servent aux animaux normaux à exprimer leurs divers sentiments. P. K.

REVUE d'aNATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE. 325

XIV. Recherches EXPÉRIMENTALES surl'entre-croisement des fibres ou NERP optique DANS LE chiasma; par W. Bechterew. [NeuroL CentralbL, 4883.)

Après avoir résumé ce qui a été fait dans ce sens, M. Bechterew étudie les deux méthodes de section de ]a bandelette et du chiasma, par le pharynx au niveau de la selle turcique, ou par le crâne en passant au-dessus de Tarcade zjgomatique. Chacune d'elles a ses avantages et ses inconvénients. De ses interventions comparatives à tous égards (technique et physiologie) voici les résultats. — La section transverse du nerf optique entraîne la Cécile complète de Tœil correspondant, une très forte dilatation delà pupille, et l'immobilité pupillaire, sous Tinfluence de la lumière, à la condition que Toeil sain soit fermé. — La section transverse du chiasma n'entraîne la complète cécité d'aucun œil. L'animal voit, .et évite adroitement les obstacles, quand les deux yeux sont ouverts; il ne se heurte pas. Rien aux pupilles qui réagissent nettement, quel que soit Toeil que Ton incite. — La section transverse d'une bandelette optique ne produit pas non plus la cécité sur l'un quelconque des yeux. II faut procéder à une recherche attentive pour déceler la perturbation. Mais, dès qu'on ferme un œil on s'aperçoit que l'animal se heurte aux obstacles qui occupent la direction du côté sain. En un mot, il y a sur chaque œil rétrécissement des champs visuels, qui siègent du côté opposé à la bandelette optique sectionnée, c'est-à-dire perte de fonction des zones des deux rétines qui occupent le même côté que la bandelette optique sectionnée. Peut-être même cette hémianopsie est-elle exactement limitée par la verticale (?) Réaction des deux pupilles normale, au moins quelque temps après l'opération.

Toutes ces observations sont en faveur d'un entre-croisement incomplet des fibres du nerf optique dans le chiasma du chien. Les allures de la pupille après la section du nerf optique et de la bandelette prouvent que les fibres centripètes, qui servent à la contraction réflexe de la pupille, ne parcourent pas la bandelette, qu'elles viennent du nerf optique après que le chiasma a pénétré dans la substance de l'encéphale, et se rendent alors aux noyaux de l'oculo-moteur commun correspondant. P. K.

XXIII. Un cas D*APPecTiON chaonique de la xoclle epinièeb, guérison ; par Alessandro Maeina. {Lo Sperimentale, avril 4883.)

Homme de vingt-huit ans qui dans ses fonctions de pompier fut, dans un incendie, exposé au refroidissement et mouillé; le lendemain, douleurs rachidiennes, à la nuque et fièvre ; celles-ci disparaissent au bout de douze jours et sont remplacées par des parésies des membres inférieurs et des troubles de coordination ; bientôt paralysie véritable et anesthésie des membres affectés. — Jamais de paralysie de la vessie ni du rectum, pas d'eschares, spasmes fréquents dans les membres inférieurs, impuissance. Après deux ans pendant lesquels Tétat du malade ne subit pas de changements, Fauteur constata une énorme augmentation des phénomènes tendineux, et une anesthésie complète dans toutes les modalités; aucune trace d*atrophie musculaire. — Pas de réaction de dégénération lors de l'examen électrique; énorme résistance électrique. — Légère contracture des genoux. — La paralysie et les anesthésies s'évanouirent ultérieurement, les troubles de coordination persistèrent pendant quelque temps, puis cessèrent aussi ; seule, la sensibilité tactile resta un peu diminuée. — Quant au diagnostic, Tauteur, après avoir examiné les différentes hypothèses qui peuvent se présenter^ finit par conclure qu'il y a eu une lésion probablement peu profonde du renflement lombaire.

P. Marie.

XXIV. Deux cas de paralysie du trijumeau ; par G.-W. Mueller. Arch, f, Psych., XIV, 2 et 3.)

La première observation concerne Tatteinte de la portion sensitive du trijumeau droit : paralysie totale, à l'exception du globe oculaire, de la paupière supérieure, du dos du nez, de la région parotidienne ; le goût a disparu dans les deux tiers antérieurs de la langue. En même temps, la sensibilité de Tocciput et celle du bras droit n'existent plus; la sueur, les larmes, la salive sont sécrétées du même côté en moindre quantité. Evolution lente en huit années. L'application des courants continus guérit presque complèement des accidents, mais après six ans de traitement.

Dans la seconde observation, toutes les branches du trijumeau gauche sont affectées, les muscles masticateurs sont atrophiés et paralysés, comme le sphénostaphylin ; il existe une otite neuroparalytique. Ultérieurement on constate à droite une ophthalmie neuroparalytique^ ainsi que des troubles de la sensibilité, mais ceux-ci limités aux branches maxillaires du nerf. Tout l'intérêt de la discussion gît dans la genèse de Totite, semblable à celle que Hagen, Berthold, Baratoux et Kirchner ont observée à la suite de la section du trijumeau, et dans l'existence de Tophthalmie en une région où la sensibilité était intacte. Absence d'autopsie. P. K.

XXV. Sur la sclérose diffuse et disséminée du système nerveux central, ET sur la dégénérescence VITREUSE EN MACULES DE l'ECORCR

DU cerveau; par F. Greiff. {Arch, Psych,, XIV, 2.)

Sous ce titre, Fauteur rapporte deux observations de formes associées de sclérose multiloculaire et de paralysie progressive.

Une femme de quarante-trois ans, indemne d'hérédité, après avoir, pendant quelques mois, présenté les symptômes prémonitoires habituels de la paralysie générale, est indubitablement atteinte de cette ailection. Dans les deux derniers mois de la maladie, on notait des tremblements de la tête et des extrémités à l'occasion des mouvements voulus ; hyperexcitabilité réflexe et mécanique des muscles et des nerfs; contracture et parésie des membres. Mort au bout de deux ans. La nécropsie révèle les altérations ordinaires de la méningo-périencéphalite ; la substance cérébrale et la moelle sont dures et élastiques. Le microscope montre qu'à côté des lésions de la démence paralytique le cerveau est le siège d'un processus scléreux nettement caractérisé ; de plus entre la substance blanche et la couche corticale, on rencontre des rayures vitreuses à peine larges de t millimètres et longues de 7 millimètres, composées chacune d'un vaisseau épaissi à parois vitreuses, d'un tissu périvasculaire finement granuleux, et de cellules nerveuses ayant subi, elles aussi, la dégénérescence vitreuse. Sclérosé évidente de la protubérance et de la moelle; cellules granuleuses et corpuscules amyloïdes dans les deux cordons posté ro-latéraux; petits foyers scléreux dans les divers cordons.

Un homme de quarante-neuf ans en proie à la syphilis tertiaire est aussi en proieàdu tremblementavec affaiblissement des jambes, parésie des sphincters; trouble de la parole. Quatre ans plus tard, ce sont des symptômes de paralysie générale qui constituent le tableau clinique; la marche typique aboutit en deux années à une issue mortelle. Autopsie. Sclérose diffuse de l'encéphale; leptoméningite spinale chronique ; sclérose diffuse de la moelle ; foyers de sclérose disséminés dans les divers cordons. P. K.

XXVI. Contribution a l'anatomie pathologique de l'encéphalite CHRONIQUE multiloculatre (connuc sous le nom de sclérose cérébrale disséminée)^ accompagnée de remarques sur la structure du tissu conjonctif normal de Tencéphale ; par M. Frieduann. {Jahrbûch. f. Psych., IV, 2 et 3.)

Ce long mémoire est basé sur Téiude micro^raphîque pure de deux faits. L'auteur établit que la substance grise contient un réseau à mailles fines constitué par de la substance fondamentale conjonctive dont les travées solides etconstellées de granulations se rapprocheraient, quant à leur constitution chimique, de la neurokératine bien plus que du tissu élastique. Les noyaux qui occupent la substance même de ce réseau appartiennent à des cellules formant des centres qui rassemblent autour d'eux une certaine partie du réseau. Les intervalles libres de ce dernier sont dénatures très diverses; leur somme est plus grande que celle des mailles, bien qu'elle ne soit pas très considérable. Le réseau proprement dit est ininterrompu. En dehors des cellules déjà mentionnées du réseau et des cellules-araignées, il existe encore soit des cellules jeunes, soit des cellules en voie de développement. M. Friedmann, admet, en ce qui concerne la substance blanche, les théories de Jastrowitz, Kûhne, BoU {Arch, f. Psych, III, IV) ; il n'existe pas de noyaux libres; la charpente conjonctive n'est pas continue, les gaines cornées des fibres nerveuses sont en connexion avec elle. L'auteur doute qu'en dehors des prolongements des cellules, il y ait des fibres libres; nulle part on ne voit de substance granuleuse amorphe. — Quant au processus scléreux en question, il est bien de nature inflammatoire et d'origine vasculaire. La prolifération porte non seulement sur le tissu conjonctif, mais encore sur les fibres et les cellules nerveuses, sans qu'il soit permis de préciser davantage. Deux formes seraient admissibles :runelente, traînante, engendrant la destruction graduelle de la substance nerveuse ; l'autre, à évolution rapide, dans laquelle les éléments nerveux seraient primitivement et promptement désagrégés. P. K.

XXVII. Sur LE bégaiement, son rapport avec la pauvreté, et son trai-

tement; par Bbrkhan. {Arch, f. Psych, XIV, 2.)

Le bégaiement, c'est l'impuissance convulsive temporaire d'émettre ou d'assembler certaines consonnes ou voyelles, qui s'accompagne d'appréhension ou d'angoisse.

Le balbutiement est une incapacité constante, indemne de toute angoisse psychique, d'émettre exactement ou même absolument des consonnes déterminées, plus rarement des voyelles. Ces deux infirmités comportent des degrés élevés, moyens, faibles; la division est toute arbitraire, mais on peut dire que le bégaiement

maximum s'accuse par une grande anxiété, des grimaces avec contorsions de la physionomie, des mouvements d'impatience dans les mains et les pieds; le balbutiement le plus fort entraîne une si grande modification dans l'articulation de quelques syllabes que la parole devient inintelligible ou difficile à comprendre. Dans la ville de Brunswick, qui compte 75.038 habitants, sur 4,052 enfants (1,920 garçons et 2,432 filles), qui fréquentent les écoles municipales inférieures, on en trouve 86 afîeclés de ces vices d'articulation (72 garçons et 14 filles). 57 garçons bégaient (dix au plus haut point); 15 balbutient (un seul à un degré élevé, deux à un degré moyen). Six tilles bégayent (trois excessivement i;huitbalbutient(trois au maximum). Une très petite quantité devrait, parmi ces individus, être en réalité rattaché aux écoles municipales d'ordre plus relevé; mais on n'en trouve pas un seul dans les maisons d'instruction des classes aisées. La proportion est à peu près semblable pour l'idiotie : sur 116 idiots, 82 sont les enfants de travailleurs, 26 ont leurs parents dans les classes moyennes. Le rapport est le même en ce qui concerne les sourds-muets. — Le faible développement des déshérités en question (bégayants et balbutiants) qui ont de 6 à 16 ans, les dififormités qu'ils présentent du côté du voile du palais, des dents (implantation) etdu maxillaire inférieur le peu d'amplitude de leur thorax (détails et figures dans le mémoire), l'analopie de ces troubles avec l'idiotie et la surdi-mutité ont servi de point de repère à M. Berkhan pour dresser un plan d'instruction destiné à remédier à de tels vices d'articulation. Ceux qui bégaient font pendant les deux premiers mois des exercices de respiration méthodiques (inspiration, expiration, chant) accompagnés d'une gymnastique spéciale ; on y ajoute, dans les deux mois suivants^ des émissions de sons déterminés; enfin, les cinquième et sixième mois sont consacrés de concert avec la série des deux sortes d'entraînement précédents, à l'assemblage des consonnes et des voyelles dans plusieurs ordres prescrits. A ceux qui balbutient, on explique le mécanisme exact de l'articulation que l'on décompose en leur proposant d'imiter le maître; puis l'on passe aux exercices d'union des voyelles aux consonnes. P. K.

XXVIIL Contribution a la connaissance de la névrîte dégénerative multiple; par A. Struempell. {Arch.f, Psych. XIV, 2.)

Un premier malade a été observé, autopsié et analysé au microscope par l'auteur. C'est un homme de quarante-sept ans, buveur, qui, après avoir souffert pendant plusieurs années d'élancements dans les bras et les jambes, présenta bientôt de l'affaiblissement graduel et de l'incertitude de la démarche et finalement une paralysie des bras et des jambes. La sensibilité est conservée presque par-

tout, mais les réÛexes cutanés sont soit anéantis soit affaiblis, et les réflexes tendineux ont absolument disparu. L'atropbie musculaire est générale; réaction dégénérative aux membres. Quand on agil sur les extrémités inférieures, en Jes remuant, on provoque des douleurs assez violentes. Délire; atrophie des segments externes des deux nerfs optiques ; augmentation de la fréquence du pouls; byperlhermie vespérale. Soudain, trouble respiratoire, cyanose, mort. La nécropsie montre qu'il s'agit d'une tuberculose pulmonaire et intestinale. On trouve, au microscope, Tinlégrilé de la moelle épinière et des racines antérieures. Les nerfs radial, médian, crural, sciatique, présentent la dégénérescence atrophique de leurs fibres. Les muscles sont en partie dégénérés (disparition des stries transversales, état cireux, absence de bien des fibres, multiplication des noyaux, hyperplasie conjonctive, augmentation du tissu graisseux). M. Strûmpell se rattache à l'idée d'une névrite dégénérative systématique pure, sans inflammation. Les altérations musculaires constitueraient une simple coïncidence. L'alcoolisme est d'ailleurscapable d'expliquer tous lessymptômes.— Deux autres observations sont relatées, mais elles sontincomplètes, puisque les nerfs périphériques n'ont pas été examinés. L'une d'elles est, en fait de complexus clinique, un exemple de paralysie ascendante aiguë ayant évolué en dix-sept jours; la mort eut lieu par suite de dyspnée avec œdème pulmonaire. Le diagnostic se base sur l'intégrité du cerveau et de la moelle. Bien des cas, tels que celui-ci, considérés à tort comme une paralysie ascendante aiguë, ne sont-ils pas des faits de névrite dégénérative? P. K.

XXIX. (^lONTRIBUTION A l'ÉTUDE DE LA DÉGÉNÉRESCENCE SECONDAIRE DANS

LA MOELLE ÉPINIÈRE DE l'homme (avcc remarques sur Tanatomie pathologique du tabès); par Schultze. {Arch. f, Psych, XIV, 2)».

Les quatre premières observations rapportées par Schultze concernent la série des altérations de la moelle consécutives à des fractures et luxations de la colonne vertébrale, à diverses hauteurs de la région lombaire, et au niveau du tiers inférieur de la région dorsale. De ces faits, l'auteur déduit que la partie des fibres des cordons postérieurs qui est en connexion avec le nerf sciatique occupe burtout le segment postéro-in terne des faisceaux de Goll ; que l'étendue et le volume de la zone de dégénérescence secondaire ne paraissent pas être absolument parallèles à l'importance des symptômes cliniques de déficit; qu'enfin c'est le microscope qui fournit la notion exacte de la perfection plus ou moins complète de la dégénérescence. La dernière observation

» Voy. Congrès de Bade du 11 juin 1882. Archives de Neurologie,!, V, p. 260.

(Obs. V^ met en lumière le même ordre de lésions, mais celles-ci dérivent d'une tumeur périméningée, ayant, par compression graduelle, déterminé Tatrophie et la solution de continuité totale de la portion moyenne du renflement cervical. D'après les réflexions terminales de l'auteur, les cordons de Goll,àla ré^iion cervicale, se composeraient essentiellement de fibres nerveuses en connexion avec les racines sensitives postérieures destinées aux extrémités inférieures (faisceaux longs). A côté de cela, les cordons postérieurs renfermeraient de courtes fibres qui s'arrêtent ailleurs (cellules des cornes postérieures?) ; toutefois, l'importance physiologique et le lieu d'arrivée de ces tractus ne sauraient être fixés. Il est non moins impossible, à l'aide de i'embrj^ologie ou de la pathologie, de tracer Taire topographique définitive des cordons de Goll. — La dégénérescence descendante atteint, bien que faiblement, les cordons latéraux et les faisceaux radiculaires des cordons antérieurs. Elle semble épargner les départements les plus internes des cordons latéraux et la substance blanche contiguë des cornes antérieures, ainsi que toute la couche latérale limitrophe. — La dégénérescence ascendante des cordons latéraux dans le cervelet s'étend plus en avant que Fiechsig ne l'avait figuré.

Ces études inspirent à M. Schultze quelques aperçus sur Yana' tomie pathologique du tabès, 11 rattache cette maladie à l'atrophie primitive des fibres nerveuses, et pense que l'expansion de la dégénérescence, dans l'espèce, démontre que rallération atteint exclusivement les prolongements des racines postérieures, aussi bien les longs que les courts tractus. 11 y aurait donc identité d'allures anatomiques entre le tabès et la dégénérescence secondaire qui succède à la lésion de la queue du cheval. Si l'on considérait les deux espèces de faisceaux comme deux systèmes défibres distincts, on pourrait à l'épi thète systématique qui caractérise le tabès, , ajouter celle de combinée; mais, auparavant, il faudrait prouver qu'il existe une différence fonctionnelle entre les faisceaux longs qui se rendent aux pédoncules cérébelleux inférieurs (clava) et les faisceaux courts qui, dans leur trajet, sont situés parmi les fibres radiculaires des cordons postérieurs. P. K.

XXX. Contribution a la dégénérescence combinée des cornes antérieures ET DES cordons LATÉRAUX DE LA MOELLE ; par 0. VlERORDT.

{Arch. f. Psych., XIV, 2.)

L'observation présentée a pour caractères cliniques : un affaiblissement croissant, suivi d'atrophie des muscles, des extrémités, la conservation des réflexes tendineux, la réaction dégénérative sans traces de contractures, des douleurs rhumatoïdes, l'intégrité de la vessie et du rectum, l'absence de phénomènes bulbaires.

Mort par une affeclion respiratoire intercurrente. Durée six ans. Les cornes antérieures grises offrent un degré d'altération très avancé surtout dans les renflements de la moelle et notamment à la région lombaire (prolifération très accusée de cellules araignées, disparition absolue d*UD certain nombre de cellules nerveuses). Dégénérescence fort prononcée (nombreuses cellules granuleuses, prolifération interstitielle modérée) du faisceau pyramidal des cordons latéraux depuis la portion lombaire jusqu'à la décussation. Dégénérescence des nerfs moteurs et des muscles. L'auteur fait remarquer que la dégénérescence du faisceau pyramidal ne s'observe ni dans la moelle allongée, ni dans le pédoncule cérébral et que la lésion des cornes antérieures est la plus âgée, le plus, l'atteinte du faisceau pyramidal avait déterminé une paralysie flasque sans rigidité ni contractures. 11 rapproche ce cas de la paralysie bulbaire amyotropbique de Leyden. P. K.

XXXI. De la mort subite pendant la crise hystérique; par H. MoluÈRE. (Lyon médical, 1883, n®* 43 et 44.)

Le sujet de l'observation est une femme de cinquante-neuf ans, sans antécédents nerveux personnels. L'affection a débuté il y a trois ans et neuf ans après la ménopause. Les crises consistent eu sensation classique de la boule hystérique, en éructations, cris, agitation et perte de connaissance. Elles se bornent parfois à des éructations très fétides. La pression sur l'ovaire gauche les provoque ou les arrête.

Elle a de véritables syncopes après certaines attaques subies sans aucune conscience. Celles-ci ne se renouvellent pas plus de quatre fois durant chacun des trois jours qui précèdent la mort. On trouva, après un troisième accès/ la malade inanimée hors de son lit.

La température n'a pas été prise au moment des attaques. En dehors d'elles, on l'a trouvée normale.

Autopsie absolument négative.

Après avoir rappelé les opinions des auteurs sur cette terminaison exceptionnelle, après avoir discuté et réduit encore le nombre des observations qui en sont rapportées, Tauteur n'admet comme cause de la mort que l'asphyxie due au laryngisme.Roseuthaly joint l'hémorrhagie cérébrale et la syncope. Dans le cas présent, la mort paraît due plutôt à celle-ci. L'auteur note en effet constamment après les accès observés par lui, l'absence du pouls et des bruits cardiaques et exceptionnellement Tarrêt simultané des mouvements respiratoires.

Personne n'a assisté au dernier accès. Si l'absence de thermomelrie peut laisser des doutes sur la complète exactitude du dia-

KËVUË DE PATHOLOGIE NBRVBDSB. 333

gnostic, la contracture des membres supérieurs survenue après une. attaque des plus grave est bien propre à le corroborer.

D. Bernard.

XXXII. Tumeur de la moelle allongée; diabète sucré; par de Jonge.

{Arch. f. Psych. u. Nervenk., XIII, 3.)

Reçu à l'hôpital pour une phthisie pulmonaire chronique compliquée d'ascite et d*anasarque, le malade, homme de trente-sept ans, présente, quelques semaines plus tard, les signes de diabète auxquels se joignent bientôt de la céphalalgie et des vertiges. Un beau jour, perte de connaissance, suivie d'hémiplégie droite comprenant le facial, avec disparition de la sensibilité; rotation de la tête à gauche, mort dans le coma. La tumeur occupe le bord gauche de la moelle allongée ; elle commence immédiatement au-dessous des olives et s'étend jusqu'au lieu d'émergence de la première paire cervicale. La destruction n'a porté que sur le segment de la tête de la corne postérieure situé entre le bord postérieur de l'olive et l'origine de la première paire cervicale. 11 n'y a pas eu de pression exercée sur le voisinage, si ce n'est quelque empiétement sur les fibres longitudinales, un peu de compression du cordon cunéiforme et du faisceau grêle. Pour l'auteur, le tubercule de la moelle allon* gée a engendré le diabète non en agissant sur le centre physiologique habituel, mais en détruisant ou irritant les tractus qui de ce centre gagnent le bulbe pour se rendre à la périphérie. P. K.

XXXIII. Des altérations ARTIFICIELLES CADAVÉRIQUES ET PATHOLOGIQUES

DE LA MOELLE ÉPiNiÈRE ; par R. ScHULz.(i\retiro/. Cen!ralbL 4883.)

Sur vingt cadavres d'individus ayant succombé à toute espèce de maladies laissant la moelle indemne, l'auteur enlève l'organe en question de une à quarante-quatre heures après la mort et traite indistinclement toutes les pièces par la même série de manipulalions. Il constate alors que Information de vacuoles dans les cellules nerveuses ganglionnaires pourrait se produire par le seul fait des artifices de la technique, qu'elle serait généralement une altération artificielle; que la pigmentation des cellules nerveuses constitue un état normal régulier; que l'hypertrophie (bouffissure hyaline vitrée) du corps cellulaire avec épaississement de ses prolonge- . ments n*est ni un effet de l'âge ni le résultat d'altérations cadavériques, qu'elle est artificielle, du moins lorsqu'elle est légère; qu'il faut adopter la même manière de voir pour lai sclérose (rapetissement, recoquillement, rétraction) faible des mêmes éléments ; que la tuméfaction et V hypertrophie des cylindraxes sont, non pas artificielles, non pas cadavériques, mais bien pathologiques; qu'enfin V agglomération de cellules rondes autour et jusqu'à l'intérieur du

33 i REVUE DE PATHOLOGIE NERVEUSE.

canal central est normale. — M. Schulz ajoute que les variétés d'aspect de la névroglie dans les cordons blancs de la moelle résultent des diversités dans la réussite des procédés de durcissement; que les lamelles cartilagineuses que Ton rencontre parfois sur la pie-mère spinale de moelles normales paraissent être un effet de l'âge, et surtout de la sénilité précoce. 11 termine jpar le tableau des dimensions des diverses régions de la moelle et des différents cordons dans les endroits où ils présentent le plus grand diamètre. P. K.

XXXIV. NÉVRITE DU NERF CUBITAL DANS SON RAPPORT AVEC LES CONTRAC- TURES coHDiPORMES DES DOIGTS ; par EuLENBURG. (NcuroL CentralbL, 4883.)

Une dame, dont la mère est névropathe (asthme cardiaque et céphalalgie), est, depuis deux ans, atteinte de rétraction bilatérale en flexion des quatrième et cinquième doigts de la main. En même temps elle accuse de violentes douleurs qui, parties de cette région, gagnent le coude et montent jusqu'à Fépaule. On l'examine, et l'on trouve des deux côtés, une névrite du cubital caractérisée surtout par une sensibilité extrême du nerf à la palpation, et des douleurs spontanées sur tout son trajet; en même temps existent des paralgésies et une diminution considérable de tous les modes de sensations. — La névrite est-elle la cause, estelle une complication accidentelle, est-elle la conséquence des contractures (rétraction de l'aponévrose palmaire de Dupuytren) ? La bilatéral ité des troubles, leurs allures, leurs rapports topographiques permettent d*éliminer l'idée d'un hasard. L'idée d'une névrite ascendante secondaire (inflammation de l'aponévrose palmaire) par contiguïté, ne plaît pas à l'auteur, parce que la névrite manque dans les autres cas nombreux de ce genre, même lorsque le processus est ancien, et qu'ici elle existe également du côté le moins affecté (côté gauche). Deux circonstances cliniques plaidederaientau contraire en faveur de la formation, de par la névrite, de tractus sous-cutanés conjonctifs rétractiles; telles la limitation de la contracture aux deux derniers doigts (domaine du cubital) et la symétrie des accidents. La névrite pourrait donc être tenue pour la cause de tous les désordres, de même qu'en d'autres cas, elle provoque des modifications multiples dans la nutrition des tissus épidermiques, osseux, articulaires. P. K.

XXXV. Contribution a l'étiologie de la tympanite abdominale des

HYSTÉRIQUES, QUI AFFECTE UNE ÉVOLUTION AI6UE ; par EbSTEIN.

(iVewro/. CentralbL, 4883.)

Dans la tympanite aiguë de l'estomac et de l'intestin, il semble^ eu certaines circonstances, nécessaire d'admettre que le sphincter

du pylore ne ferme pas suffisamment ou ne ferme pas du tout l^orifîce; il y a alors passage immédiat, dans le tube intestinal, de Tair avalé ou de Tacide carbonique accidentellement produit à l'intérieur de la cavité stomacale. — Tel est le thème à Tappui duquel viennent deux observations. La distension suraiguë soudaine, fut, dans l'espèce, si considérable que la guérison fut suivie de rides dans le réseau sous-cutané de Malpighi (vergetures). — Pour vérifier le fonctionnement de Torifice pylorique, quelque temps après les accidents en question, on fit ingérer aux malades deux doses successives d'acide acétique et de bicarbonate de soude ; on vit alors, chez les deux individus, sous l'influence du dégagement d'acide carbonique, se gonfler, nou seulement l'estomac, mais encore le ventre ; par conséquent le pylore ne fermait pas complètement. D'où la genèse de la distension par l'insuffisance de la valvule pylorique. P. Keraval.

XXXVl.A. Sur le ralentlssement de la conductibilité des impressions

SENSIBLES DANS LES LÉSIONS DES NERFS PÉRIPHÉRIQUES; par W. ErB.

— B, Noie sur le même sujet; par Westphal. {Neurol. Ceniralbl.^ 4883.)

A. L'observation de M. Erb peut se résumer ainsi : deux mois après la production d'une luxation de Tépaule droite parfaitement et heureusement réduite, apparaissent des douleurs qui vont du coude au creux de la main en même temps que des formications sur la face dorsale de Tavant-bras. L'examen révèle : une paralysie atrophique avec réaction dégénérative complète du deltoïde, du domaine du musculo-cutané, des fléchisseurs de la main et des doigts et de Tensemble des petits muscles de la main; une dimi^ nution de la sensibilité à la face interne du bras et de Tavant-bras, à la main, dans les doi^'ts, sur les mêmes zones que la paralysie. La douleur est en ces régions, au moins par places irrégulières, très lentement perçue, mais l'impression, une fois sentie, persiste. Quatre mois d'électro thérapie déterminèrent une amélioration graduelle de la motilité et de la sensibilité. La sensibilité finalement récupéra son intégrité avec ses qualités et ses allures complètes. Par conséquent Topinion d'après laquelle le ralentissement de la conductibilité sensitive émane toujours d'altérations de la substance grise de la moelle, cette opinion doit supporter certaines restrictions ; elle ne convient pas à tous les faits.

B. M. Westphal avait observé ce phénomène il y a quatorze ans, mais il ne l'avait pas publié. Depuis cette époque, il n'a jamais rien rencontré de semblable.il résume ce qu'il a vu en 4869 en attendant qu'il publie le fait en détail '• P. K.

* Nous l'analyserons à ce moment.

XXXVll. Hypertrophie GLIOMATËUSE DE LA PROTUBERANCE ETDE LA MOELLE

ALLONGÉE, par R. ScHULz. {NeuroL CentralbL, iS%3.)

L'observation concerne un homme de trente-deux ans, indemne d'hérédité et de syphilis, présentant successivement delà céphalal* gie, des vertiges, des parésies bilatérales dans le domaine des oculo moteurs externes, de la parésie faciale gauche, de Taffaiblissement des muscles masticateurs, de l'anarthrie, de la parésie des extré< mités gauches, tous accidents permettant le diagnostic de processus bulbaire progressif, mais ne donnant aucune indication sur la nature de la lésion. La terminaison apoplectiforme faisait penser à une hémorrhagie bulbaire finale. L'autopsie aidée du microscope montra l'existence d'un néoplasme diffus occupant surtout la protubérance; moins accusé dans la molle allongée, mais venant occuper la gauche, du bulbe et envahir la région des noyaux gris. Hyperplasie des cellules de la névroglie, à divers degrés de développement.

XXXVilf . Contribution a la question de la dégéneresclnce secondaire; par 0. BiNswANGER et G. Mœli. {NeuroL CentralbLf 1883.)

C'est un résumé d'expériences instituées chez le chien.

Dans tous les cas d'extirpation des zones motrices de Técorce du cerveau, la substance blanche fut trouvée lésée sur une étendue variable (expansion de l'inflammation provoquée par l'opération). On rencontra toujours, alors même que les pertes de substance étaient très superficielles, très limitées, une dégénérescence secondaire qui occupait le pied du pédoncule cérébral, la protubérance, la pyramide de la moelle allongée, et le cordon latéro-postérieur du côté opposé; intégrité constante du cordon antérieur. La section de la capsule' interne, à partir de la branche descendante de la deuxième circonvolution longitudinale, et à la hauteur de la coupole de la première, entraîna presque toujours la mort. Les animaux qui survécurent plusieurs semaines présentèrent de la dégénérescence secondaire ; pas de paralysie complète ; quelquesuns eurent des troubles de la sensibilité. La capsule interne contient donc les fibres centrifuges dont la lésion entraine la dégénérescence secondaire, et les fibres centripètes en rapport avec certaines sphères de la sensibilité. La mort prématurée des victimes ne permet pas de mieux localiser. P. K.

XXXIX. A. Nouvelle communication sur l'atrophie des fibres nerveusesamyéline dans l'écorce du clrveau des paralytiques généraux; parTuczEK. — B. Note relative au dégagement représentatif des riBREs nerveuses a myéline dans l'écorce du cerveau; par Tuczek.

HBVUB DK PATHOLOGIE NERVEUSE. 337

— C. Remarques concernant cette note ; par Mendel. — D. Sur

LE développement DES FIBRES NERVEUSES A MTELINE DANS LES CIRCON- VOLUTIONS DU CERVEAU DE l'bomme; parTuczEK (NeuroL Centralbl,^ 4883).

Sept nouvelles autopsies ont fourni à M. Tuczek (A) les mêmes résultats que dans les précédentes communications ^ à l'aide de la même méthode d'examen. Cette atrophie appartient-elle exclusivement à la paralysie générale? La réponse appartient à l'avenir. Pour le moment, il a actuellement neuf faits de démence paralytique présentant cette lésion, qui se décomposent en quatre femmes^ cinq hommes âgés de trente-deux à cinquante-huit ans,ayant étéatteinte des formes galopante, circulaire, hypochondriaque, démente de la maladie. Quelles que fussent la brièveté et la modalité de l'évolution, le gyrus rectus, l'insula et la circonvolution de Broca étaient toujours affectés et toujours, dans ces trois zones, la raréfaction des fibres nerveuses à myéline était des plus nettes. Intégrité constante de la frontale ascendante, du lobule paraceutral, de la seconde temporale, du lobule pariétal supérieur, du lobule pariétal inférieur, du lobe occipital. L'extension et l'intensité des lésions signalées ne sont pas en rapport avec la leptoméningite. — En tout cas, la méthode d*Exner remporte pour la mise au point des éléments sur celle de Wei^rt >. La méthode de Weigert ne fait ressortir que les fibres nerveuses du plus fort calibre, elle est inégale et ne fournit aucune notion sur la partie constitutive des éléments. Celle d'Exner, au contraire (Tuczek, B.), révèle les fibres de tous calibres et prouve leur revêtement médullaire. Quand la méthode de Weigert produit l'apparition des fibres, c'est que celles-ci sont réduites à leurs cylindraxes. —Cette technique à l'acide osmique n'est pas du goût de M. Mendel (C). Il annonce qu'il a perfectionné la méthode de Weigert. Au lieu d'employer une solution aqueuse, il se sert d'une solution alcoolique de fuschine acide ; il se contente ensuite de plonger la préparation dans une solution alcoolique de potasse sans l'y laisser (deuxième temps). Les éléments, colorés en rouge, se voient déjà à la loupe. Or, ce traitement ap^ pliqué aux cerveaux de paralytiques généraux ne traduit aucune différence d'avec l'état normal ; quant aux fibres myéliniques c'est la substance intercellulaire épaissie qui masque un peu les détails. Les préparations de M. Tuczek montrent bien une différence entre le nombre des petites raies noires (fibres) du cerveau de paralytiques généraux et celui des mêmes éléments tangentiels d'un cerveau normal, mais il doit y avoir une cause d'erreur (décomposition par exemple). Pour admettre que cette atrophie est la lésion primitive

« Voy. Archives de Neurohgie, t. Vil, p. 365 et VIII, p. 90. » Voy. trf., t. VU, p. 365.

Archives, t. VIII. 22

etqae l«%s autres altérations lui succèdent, il faudrait faire table rase des contradictions de M. Tuczek (intégrité des fibres à myéline dans les circonvolutions ascendantes et cependant troubles moteurs précoces des paralytiques généraux en relation avec des lésions d*un autre ordre en ces organes). — Le dernier mémoire (D)n'a d'ailleurs plus trait à la paralysie générale. M. Tuczek a eu l'idée de soumettre à la méthode d'Exner les circonvolutions cérébrales de deux nottveau-nés à terme, d'un nouveau-né avant terme, d'un enfant venu à terme et âgé d'un mois à peu près, pour suivre, dans l'échelle du développement, la genèse des fibres. 11 arrive aux conclusions suivantes :

4* Dans toutes les circonvolutions cérébrales, c*est d'abord à la lisière de la substance blanche qu'apparaissent les fibres nerveuses à myéline, puis elles se montrent dans l'écorce. Leur développement marche, sans désemparer, du centre de la périphérie ;

%• La lisière de substance blanche de l'écorce du lobule paracentral et des deux ascendants est la région où ces fibres se constatent d'abord (avant même que le neuvième mois intra-ulérin soit écoulé). Puis l'apparition s'en fait dans le lobe occipital et dans certaines portions de Tinsula. Aucune autre zone que celles qui viennent d'être citées ne contient, chez le nouveau-né, de fibres myéliniqucs ;

3* Ultérieurement les fibres myéiiniques se développent à peu près d'un pas égal dans les deux hémisphères;

4® Chez un enfant de vingt-sept jours, en dehors du lobule paracentral, en dehors des circouvolulions ascendantes, en dehors du lobe occipital, il n y a pas d^autres zones du manteau dont la substance grise contienne des fibres nerveuses à myéline. Et encore les circonvolutions précédemment nommées ne renferment-elles de fibres nerveuses à myéline que dans le tiers inférieur de l'écorce. Le système des fibres tangentielles supérieures manque encore complètement;

6^ C'est à une période plus tardive que se forment les fibres nerveuses à myéline dans le lobe frontal, qu'il s'agisse des circonvolutions de la convexité ou de celles de la base. Chez un enfant de vingt-sept jours, le gyrus rectus, la partie orbitaire du lobe frontal, la deuxième circonvolution frontale ne contiennent encore, dans la lisière de substance blanche, aucune fibre nerveuse à myéline. P. K.

XL. Asphyxie parles vapeurs de charbon. Suppression de l'excita- Biuri DBS nerfs phréniques; par Emhinghaus. {Neurol. CentralbL, 1883.)

L*accideat a trait à trois femmes. Les deux premières reprirent assez facilement connaissance. L'autre, persopue vigoureuse, à

laquelle un des assistants avait assez longtemps tenu la bouche et le nez fermés, espérant ainsi combattre la syncope, présentait, outre la perte de connaissance, une complote rigidité avec raideur de la nuque et violent trismus, ainsi que tous les phénomènes de Tasphyxie par Toxyde de carbone. Immobilité du thorax en station d'inspiration modérée; pouls perceptible, très fréquent, incomptable. G*est en vain, en s'entourant des meilleures conditions possibles (humidification de la peau du cou et des électrodes) que Ton applique le courant secondaire d'un appareil d'induction dans toute sa force (appar. de Spamer), aux lieux d'élection correspondants aux phréniques, c'est en vain qu'on tient fixement les pôles appliqués sur ces endroits, qu'on alterne la fermeture et l'ouverture du circuit suivant un rhytbme déterminé ; il faut attendre la septième interruption du courant pour voir apparaître une faible inspiration qui, peu à peu, acquiert de l'amplitude et finit par s'accompagner de mouvements d'élévation des bras et de l'épaule, (action sur le plexus brachial); au bout de dix minutes, la respiration s'exécute spontanément. On traîne la malade à l'air libre; un quart d'heure après, elle éprouve un violent frisson qui nécessite son retour dans la pièce. Elle tombe de nouveau en syncope; les mêmes accidents exigent le même traitement, qui révèle la même inexcitabilité des phréniques, la même lenteur dans les effeb du courant d'induction. La malade, ramenée à l'air, se plaint d'un nouveau frisson qui exige sa réintroduction dans la chambre; suspension de la respiration ; troisième faradisation aussi lentement fructueuse, mais cette fois à jamais efficace. P. K.

XLI. Apoplexie bulbaire résultant de coups dans la région de la NUQCE, par R. Schulz. {Neurol, CentralbL^ 4883.)

Les symptômes déterminés par les mauvais traitements de la part d*un maître d'école furent les suivants : troubles paralytiques de la parole, céphalalgie, état nauséeux, bientôt suivi de parésie des branches inférieures du facial droit. Quatorze jours plus tard, parésie des extrémités droites se transformant rapidement en paralysie complète avec contracture dans le sens de l'extension. Dix semaines après, afiaiblissement des extrémités gauches avec convulsions toniques par périodes; augmentation très prononcée des réflexes tendineux; tension musculaire forte; intégrité de la sensibilité et du sens musculaire; affaiblissement de la coatractilité vésicale; parésie légère de l'appareil musculaire du voile du palais à droite. Sensibilité extrême de la colonne vertébrale à la nuque. Au bout de quatre à huit semaines, troubles de la déglutition ; hypersécrétion salivaire ; amélioration de la parésie du facial droit, tandis que le facial inférieur gauche devient parétique. Trois semaines encore, et les muscles masticateurs se paralysent

340 REVUB De PAtltOLOGÏB NfeRVSDSfi.

passagèrement; enfin, un mois plus loin^ Ton assiste à une blépharoptose de la paupière supérieure droite : accélération de TactîTité cardiaque, sans élévation de température. La soudaineté des accidents, leur nature, leur coïncidence avec les violences exercées permettent de formuler le diagnostic d'épanchemcnt sanguin, consécutif au traumatisme, s'étant effectuée dans les méninges au niveau du quatrième ventricule de façon à embrasser la moelle allongée surtout en avant et à gauche. — L*auteur fait remarquer qu'il s'agit d'un enfant prédisposé, car il porte un coloboma de Tœil droit. P. K.

XLU. RbCHKRCHES sur l'action des bains FARADIQUES ET GALVANIQUES;

par EuLENBURG. {NeuroL CentrabL^ i883.)

Il s'agit d'une sorte d'extrait précédant une publication ultérieure plus détaillée Cet extrait préalable se décompose en cinq parties : — I. Les grenouilles, plongées dans un bain faradique (eau ou solution de chlorure de sodium à 1/2 */•), en des conditions facilement mensurables, qui seront l'objet d'une mention postérieure, sont prbes de convulsions tétaniques coïncidant avec le courant d'ouverture ; ces convulsions prédominent ou se manifestent exclusivement sur l'extrémité ou la moitié du corps qui correspond à l'électrode négative. Il en est à peu près de même pour les bains galvaniques^ si ce n'est qu'ici c'est la fermeture du courant qui entre surtout en jeu. — Le bain galvanique entraîne d'abord un court stade d'hyperexcitabilité motrice, qui d'ailleurs peut aussi manquer absolument, suivi d'affaissement progressif et continu de l'excitabilité motrice. Cette décroissance de l'excitabilité motrice doit être tenue pour l'effet du bain galvanique seul. — II. Il est impossible d'exercer sur chacune des parties du corps (lapins ou cadavres humains), une dérivation de trainées de courants mensu^ râbles ou de mesurer (homme vivant) aucun des cercles de dérivation éventuellement produits. — III. Action physiologique sur l'homme vivant des bains galvaniques et faradiques. Une électrode de forme appropriée, reliée à l'un des pôles de Tappareil d'induction ou de la batterie plonge dans le liquide du bain; l'autre (bâtonnet métallique revêtu d'un conducteur humide) est saisie par le baigneur en dehors du bain ou est mise en contact avec l'une des parties du corps qui se trouve en dehors de l'eau. On utilise toute espèce de baignoire conductrice, à la condition que le patient soit isolé dans le liquide sur un lit de sangles. Dans ces conditions, on constate que la combinaison des bains faradiques et galvaniques ne présente pas de notables avantages. Le bain faradique (IV) détermine, à la surface de la peau, des sensations de picotements, démangeaisons, élancements, brûlures, surtout au Voisinage de la cathode, qui permettent de graduer la force du

courant; une diminution de la fréquence du pouls (de 8 à 42 battements), absolument en rapport avec Télectrisation ; une diminution variable de la sensibilité farado-cutanée, indépendante, elle aussi, et de la température du bain et de la résistance de la conductibilité de la peau. Le bain galvanique (V) comprend deux espèces : le bain de cathode (c'est la cathode qui plonge dans Teau), et le bain d*anode (c'est Tanode qui est immergée). Tous deux entraînent, à six milliweb.yles mêmes sensations que suprà^ quelles que soient les modalités du circuit, sans sélection réglée pour Télectrode;le pouls diminue de 10, 14, 20 battements ; la respiration est moins fréquente ou ne subit pas de modification; la température axillaire s'abaisse de 0,2 à 0,5 de G. La sensibilité faradocutanée s'amoindrit par lesbainsde cathode, s'élève dans les bains d'anode, sans qu'on soit en droit de formuler de lois. Le sens du tact (espace, pression), prend un peu plus d'acuité dans les deux modes d'intervention. On obtient des sensations gustatives et visuelles à l'aide de très faibles courants (un à trois milliweb.), à la condition d'administrer uu bain de cathode et de procéder en approchant l'anode de la tète, au gonflement et au dégonflement des courants. La même manœuvre engendre des convulsions, d'abord à la fermeture, plus tard également à l'ouverture, et même le circuit demeurant fermé ; elles apparaissent dans le bain de cathode sur les pieds, l'avant-bras, les coudes; elles occupent dans le bain d'anode les parties placées en dehors de l'eau, au voisinage de la cathode. Notons finalement la diminution de lexcitabilité motrice. P. K.

XLllL Papille étjianqlék bilatérale avec périnevrite dans l'hématome DE LA dure-mère; par Zacher. (Neurol, CentralbLf i883.)

Tout l'intérêt de l'observation en question, qui concerne un homme de cinduante-cinq ans,g]t, au point de vue clinique, dans la mobilité et le vague des accidents symptomatiques. C'est au dernier jour de la maladie, alors que le patient est plongé dans an profond coma, accompagné de vomissements, de pâleur cjanotique, d'inégalité et d'immobilité pupillaire, de flaccidité des quatre extrémités, de lenteur du pouls, d'inspirations saccadées, qu'on constate une papille étranglée bilatérale plus prononcée àgauche. L'autopsie révèle un hématome excessif, une périnevrite bilatérale avec début de névrite interstitielle, et une papille étranglée. L'auteur après discussion, adopte la patho^énie suivante. Sous l'influence, de par l'hématome, de l'augmentation de la pression cérébrale, les gaines des nerfs optiques se remplissent de liquide; celui-ci jouant le rôle d'irritant, enflamme les parois vaginales, de sorte que, tandis que son reflux suffit pour produire la papille étranglée, son séjour provoque des altérations perinévritiques. P. K.

XLIV. Sur la sommation drs excitations dans les nerfs sensitifs de l'homme; par. de Wattkvillk. (i^Teuro/. CcntralbL, 488).)

On dit qu'il 7 a sommation d «zcitations d*un tronc nerveux quand ces excitations, trop faibles par elles-mêmes pour entraîner une réaction consciente, Unissent cependant par solliciter Tactivité du nerf ejt parvenir à Ja connaissance de l'individu exploré, alors qu*on en augmente la fréquence. On a la démonstration de cette addition, en employant des décharges d'induction, dont la succession peut varier entre vingt-trois et cinquante au plus à la seconde. Le nouvel interrupteur de Gaaffe se plie à ce genre d'expériences, seulement il faut remarquer qu'à mesure .qu'on augmenteles interruptions, on diminue les chances de parfaite interruption, et par conséquent on alfaiblit les décharges. Quoi qu'il en soit, le résultat d'une grande quantité d'expériences est que Telfet des excitations qui s'exercent le long du trajet d'un nerf sensitif croit (dans l'espace de certaines limites) avec leur fréquence. La sommation des excitations sur le tronc nerveux s'opère plus facilement, quand le segment du nerf incité est exposé à la cathode, qui en augmente l'excitabilité au lieu d'application. Cette hynerexcilabilité locale jouerait un grand rôle dans les manifestations de la sommation. M. de Watteville pense que la sommation dans les fibres serait la résultante de contre-coups (actions, ultérieures) des excitations électriques» tandis que la sommation dans les cellules dériverait de cgntre-coups (actions ultérieures) des excitations physiologiques.

XLV. Son des modifications de la réaction dégénérative partielllb et sur l'occurrence de la paralysie spinale atrophiqub chronique chez l'enfant; par Ehb, (Neurol. CentralbL^ 4883.)

Ces modifications sont à rapprocher de la réaction dégénérative faradique de E. Remak déjà traitée par Kast^ Elles consistent en ce que le muscle se contracte paresseusement non pas seulement quand on l'excite directement par les courants galvaniques, mais encore quand on l'excite directement par les courants faradiques. Même remarque pour l'excitation du nerf qui l'anime, de quelque façon qu'on modifie le courant, à quelque allure qu'on le condamne, de quelque sorte et de quelque variété qu'il soit. Parmi les trois observations qui servent de base à cette détermination, la première concerne une poliomyélite antérieurechronique CHEZ UNE fillette DE SIX ANS (fait uniquc); la seconde a trait à une paralysie rhumatismale (ou par compression?) du

Voy. Archives de Newologie, t. VIIÏ, p. 82.

radial gauche; la troisième porte sur ane paralyêie faciale rhuma'»^ iismale à forme moyenne. Dans tous ces cas, la convulsion est lente et tonique ; il en est de même lorsqu'on emploie les excitations mécaniques. En outre, pour les nerfs, seules sont KaS et AnO actives ; pour Jes muscles, KaS et AnS agissent seules^Ces modalités électro-physiologiques se rattachent pour Fauteur à une question de degré dans les altérations histologiques et chimiques principament du muscle, sans qu'il soit possible de préciser davantage.

XLVl. Contribution a la galvanoparadisation ; par Stcin. (Neurol. CeniralbL^ 4883.)

Nous sommes ici en présence de l'utilisation pratique du procédé de de Wattevilie *. M. Stein Ta employé dans raflfaîblissement musculaire généralisé des neurasthéniques. Il a obtenu une guéri* son bien plus rapide qu'en se servant de courants faradiques simples. Un appareil spécial en permet l'application commune. C'est une électrode ordinaire qui recèle dans sou manche deux fils isolés; l'un de ces ftis correspond à l'un des pôles de la batterie galvanique ; l'autre est en relation avec l'un des pôles du cylindre secondaire de l'appareil d'induction. Chaque fil aboutit à un petit tambour qui surmonte la plaque terminale de l'électrode. Un petit bouton permet par simple pression, d'ouvrir, de fermer chaque circuit, de faire passer les deux sortes de courants ensemble ou isolément, d'agir sur chaque pôle. En insérant sur les pas de vis de lelectrode, selon des dispositions prévues d'avance, les fils des pôles + ei — ou en se servant d-un commutateur, on peut encore donner aux deux espèces de courants des directions identiques ou inverses. Au reste, les courants galvanique et faradique arrivent séparés à la surface du corps et l'on tient, sans plus de façons, une électrode double de chaque main. P. K.

XL VU. Un cas d'hêmianopsie hétérontme latérale ; par Gnacck. {Neurol. Centralbl., 4883.)

C'est l'observation détaillée du malade présenté à la Société de psychiatrie et maladies nerveuses de Berlin (décembre 4 889) i. Nous rappelons que Thémianopsie bilatérale avait débuté par la moitié externe de chaque rétine, pour empiéter des deux côtés sur la moitié interne médiane. En dix semaines, on constatait une atro-

1 Voy. po jr Texplication des signes allemands la leçon de M. Gharcot Maladies du système nerveux^ t. iil, fascic. i, p. 135, et comparativement Archives de Neurologie^ t. I, p. 575.

8 Voy. Archiva de Neurologie, t. Vllî, p. 99.

3i4 RBVUB DR PATHOLOQIB NRRVKUSB.

fihîe bilatérale da nerf optique. Pois survenaient des phénomènes de compression cérébrale; mais, en somme, après une amélioration notable, il restait finalement une lacune hémianopsique temporale avec perturbation considérable du sens des couleurs, sur Tœii gauche. — Diagnostic. Tumeur (de la base ?) occupant l'angle antérieur du chiasma,ou le milieu de cet angle, compliquée à certains moments d'inflammation circonvoisine. L*autopsie n'a encore pu être faite. P. K.

XLVni. L'action de la fèvb de calabak sur les organes digestifs ; par EscHLE. {NeuroL Centralbl.^ 4883.)

L'idée d'employer Tésériae en injections hypodermiques contre Tentérite catarrhale prend sa source dans plusieurs observations qui témoignèrent à la suite de l'action calmante de cet alcaloïde. Tune, épreintes violentes et d'évacuations séreuses (vingt-cinq milligr.), les autres, de constipation (un à quinze milligr.)etde disparition des accidents intestinaux quand ils existaient préalablement. Trois exemples viennent à l'appui des effets thérapeutiques spécialement poursuivis dans l'espèce. Signalons le cas III. Un syphilitique atteint de dyssenterie chronique du Gap (vingt-quatre selles sanglantes par jour) reçoit une première injection d'un milligramme ; il n'a plus que douze évacuations de même nature. Le lendemain, on injecte, un milligramme et demi; consécutivement, cinq garde-robes pâteuses rayées de sang. Le lendemain, pas d'injections : quatre garde-robes sanglantes. On injecte encore quatre milligrammes et demi, et Ton ne note plus que trois garderobes dépourvues de sang. P. K.

XLIX. Sur la perte de force des membres non paraltsâs dans l'hê- MiPLÉGiB cérébrale; par R. Friedlœnder. (NeuroL CentralbL^ 4883.)

Ce mémoire repose sur l'examen de vingt-trois hémiplégiques, à l'aide du dynamomètre de Duchenne (de Boulogne) en modifiant le dispositif adopté par Pitres ; la modification en est assez heureuse malgré l'interposition de poulies. — I. L'étude préalable de sujets normaux quoique cacochymes révèle les valeurs moyennes déjà enregistrées par Pitres ; comme lui, M. Friedlœnder trouve que le bras droit est plus fort que le bras gauche, tandis que la jambe gauche est plus forte que la jambe droite. — IL Quant à l'hémiplégie, voici les conclusions : i^ l'extrémité supérieure non paralysée perd en moyenne 48 kil. de sa force ; 2* dans l'hémiplégie cérébrale droite, le bras indemne perd plus de sa force que dans l'hémiplégie gauche; la différence moyenne est de 42kil. ; 3° l'extrémité inférieure valide perd une quantité de force pro-

portionaelle à la perte en force du bras correspondant, c'est-àdire à peu près 16 kil. pour la tlezion comme pour l'extension ; 4* dans Thémipiégie droite, la jambe intacte perd plus de sa force que dans Thémiplé^ie gauche ; la différence est de 3 kil.; 5* dans un certain nombre de cas, les extrémités paralysées, notamment les jambes, sont capables de déployer plus de force que celles qui ne sont pas paralysées, c'est-à-dire que des extrémités qui jadis élaient paralysées sont capables de produire plus de force et d'opposer plus de résistance que celles qui n'ont pas été atteintes par la paralysie; 6*mème dans les hémiplégies très anciennes (datant de vingt à trente ans), il existe une évidente faiblesse des extrémités non paralysées ; cette faiblesse, règle générale, n'est ni plus grande ni moindre que celle des cas récents.

L. Un cas d'atrophie faciale faÊMiLATÉRALB; par E. Mendel. {Neurol. Centralbl., 1883.)

Cette observation, qui concerne une jeune fille de vingt- trois ans, ayant, sans cause héréditaire ou névropathique présenté de la folie System a tique chronique ^ de concert avec une hémiatrophie faciale et linguale gauche, est en outre remarquable par ce fait que le bras et la jambe, et en particulier le pied et la main, du même côté participaient aux altérations. Cette extension de l'atrophie indique dans l'espèce une lésion centrale portant sur certains centres trophiques. Jusqu'ici l'autopsie manque. P. K.

U. Sua UNE CONVULSION RÉFLEXE saltatoire; par A. Kast. {Neurol. Centralbl., 4883.)

Un journalier de trente-neuf ans, indemne de tare héréditaire, mais rhumatisant, est à la suite de fatigue, atteint brusquement d'accès caractérisés par le soulèvement convulsif des talons dès que la plante du pied touche le sol; le patient est alors en proie à un trépignement convulsif incoercible rendant la station debout impossible ; il accuse également des élancements dans les deux jambes. Les deux premières attaques durent un mois, la troisième huit jours, ia quatrième dix jours, la cinquième également dix jours. L'examen décèle pendant cet état l'intégrité absolue de tous les modes de la motilité, l'intégrité de la sensibilité et de l'excitabilité électrique; l'exagération des réflexes tendineux dans les membres atteints et dans les extrémités supérieures, une légère rigidité des muscles de la jambe^ un peu d'augmentation des ré-

^ Yoy. Archives de Neurologie. Société de psychiatrie et maladies nerveuses de Berlin, avril 1883, t. YIll, p. 251.

346 RBVUB DB PATHOLOGIE KERVBUSE.

tlexes cutanés, un réflexe crémaslérien très accusé. Un traitement tonique, réparateur, détermine laguérison ; elle s'annonce par la disparition des réflexes tendineux. P. K.

LU. Sur les altérations de texture des centres nerveux produites PAR l'inanition; par Rosenbach. (Neurot. CentralbL, 4883.)

L'auteur communique, sous ce titre, les résultats principaux de recherches instituées chez les chiens et les lapins. D'une manière générale, on constate une atrophie dé^énérative des cellules nerveuses, de la névroglie et des vaisseaux, les fibres nerveuses et les parties constitutives du tissu conjonctif conservant leur intégrité. — En ce qui a trait à la moelle, ce sont les cellules des cornes antérieures qui souffrent le plus. On distingue trois stades : un premier stade de tuméfaction trouble du protoplasme, qui masque le noyau, est suivi de rétraction du contenu cellulaire; pendant cette période, le noyau devient fortement réfringent, tandis que le corps de la cellule se creuse de vacuoles et perd toute connexion avec ses prolongements qui s'atrophient. Plus tard, le noyau n'a plus de limites tranchées, et disparaît totalement, les cellules sont réduites à de petits grumeaux amorphes en partie soluble, dans Téther. Dès la seconde période, le carmin ne teint que difflcilement le protoplasme. — Le même processus atteint les cellules ganglionnaires de l'écorce du cerveau, et les cellules cérébelleuses de Purkinje, mais l'altération arrive rarement aux phases ultimes. C'est sur les cellules nerveuses des ganglions spinaux du grand sympathique que Ton constate les lésions les plus accentuées du même genre. — Partout les vaisseaux gorgés d'hématies et de leucocytes présentent des espaces périvasculaires dilatés. Souvent (moelle épinière) il v a eu diapédèse. On trouve aussi des masses d'un exsudât plasmatique, hyaloîde, se colorant fortement par le carmin, qui ont comprimé et détruit autour d'elles le tissu voisin. La paroi même du vaisseau offre une dégénérescence graisseuse des cellules endothéliales. — La névroglie est le siège d'une tuméfaction trouble dans les régions que nous venons d'envisager, mais sans altération de texture de ses cellules. P. K.

LIIL Contrirution au traitement électrique de la convulsion des

MUSCLES de la FACE QUI SERVENT A LA MIMIQUE; par 0. BERGER.

{NeuroL CentralbL i883.)

A la suite d'une blessure dans la région de la joue, ayant ouvert l'artère sous-orbitaire, blessure guérie en huit jours sans fièvre, apparaît un spasme convulsif de Torbiculaire, du surcilier, du

REVUE DE PATHOLOGIE MENTALE. 3i7

frontal, du môme côté. Ce spasme dure sans interruption pendant des heures, devient de jour en jour plus intense et envahit les muscles homonymes du côté opposé. Aucun traitement ne réussit d*abord. L'examen ne révèle pas de troubles de la motifité de la sensibilité, de Texcitabilité électrique. La cicatrice est mobile et non douloureuse, on peut la manipuler sans provoquer de perturbations, à moins qu'on ne comprime profondément le nerf sous-orbi taire gauche ; cette compression arrête une demi-minute la convulsion, mais celle-ci reparaît, diminuée il est vrai, bien qu'on continue la pression. La même manœuvre pratiquée sur le sus-orbitaire gauche n'a que peu d*action, elle n'exerce aucune influence quand elle porte sur les nerfs sus et sous-orbitaire du côte droit. — M. Berger reprend Télectrisation galvanique; en appliquant Tanode en permanence sur le nerf infrà-ôrbi taire gauche et en plaçant la cathode dans la main, il n'obtient que deà résultats partiels insuffisants. H installe alors l'anode au-dessous de la protubérance occipitale et fait tenir la cathode à la main, les convulsions disparaissent; elles n'ont plus reparu depuis neuf mois. P. K.

LIV. Reharqces sur certaines formes de l'atrophie névrotique {dite névrite dégénérative multiple); par W. Erbé. {Neurol. Centralbl. 4883.)

C'est la rédaction plus développée de la communication de l'auteur à là section de psychiatrie et de neurologie du Congrès des naturalistes de Fribourg^ qu'on peut résumer par Texpression de revue critique. P. K.

XXXI V. De la sclérose miliaire ; par J.-W. Plaxton. (Journal of mental Science , avril 1883, p. 27.)

La sclérose miliaire se produit-elle pendant la vie? N'est-elle au contraire qu'une altération consécutive à la mort? L'auteur

• Voy. Archives de Neurologie^ t. VI, p. 280.

318 ftEVUE DE PATHOLOGIE MENTALE.

penche pour celte dernière opinion, par deux raisons : i« cette lésion n'a que très rarement fait défaut dans les cerveaux qu'il a examinés depuis qu'il dirige lasile de Ceylan; 2* personne ne s'est risqué à établir un lien entre cette lésion et des phénomènes observés sur le vivant. Toutefois, il n y avait là que des présomptions; M. Plaxton résolut d'instituer quelques recherches dont voici le résultat : ayant dans son laboratoire vingt-deux fragments de cerveaux conservés depuis un temps plus ou moins long, il résolut de les examiner au point de vue de la recherche de la sclérose miliaire; ces fragments se décomposaient ainsi : vingt provenaient de cerveaux d'aliénés morts à i'asile, un provenait d'un cerveau supposé normal, et un d'un cerveau de chauve-souris. Dans vingt-un fragments (y compris le cerveau de chauve-souris), il trouva de la sclérose miliaire; dans un seul fragment, il n'en rencontra pas. Or, M. Plaxton a l'habitude d'emporter à la salle d'autopsie un flacon rempli d'alcool, pour y plonger de suite le fragment de cerveau qu'il désire conserver; ayant un jour dérogé à cette habitude, il eut soin de noter par écrit cette dérogation; il se trouva que le cerveau où il n'avait pu trouver de sclérose miliaire était précisément celui qui avait été l'objet de cette exception. Se demandant si la production de la sclérose miliaire n'était point causée ou tout au moins influencée par l'action de l'alcool, il s'efforça de vérifier ce point. Sur quatre cerveaux d'aliénés, il préleva huit fragments (deux sur chaque cerveau) ; des deux fragments de chaque cerveau, l'un fut placé immédiatement dans une solution de bichromate de potasse, l'autre dans Talcool ; puis les divers fragments furent examinés; la sclérose miliaire fut trouvée dans trois des fragments traités par l'alcool; elle manquait dans le quatrième; — elle ne fut trouvée dans aucun des fragments traités par le bichromate de potasse. — Enfin deux autres cerveaux qui avaient été plongés dans l'alcool furent examinés ; tous deux oiïraient les lésions de la sclérose. — En résumé, dans les cas où l'alcool avait été employé, la sclérose miliaire n'a pas été constatée une seule fois; dans le cas où l'alcool avait été employé, la sclérose miliaire a été trouvée vingt-six fois; elle a manqué une fois. Sans suivre l'auteur dans les quelques considérations ultérieures auxquelles il se livre, notamment sur l'action de la température, nous reproduirons simplement ses conclusions : 1* l'observation clinique ne nous fournit que peu ou point de raisons de supposer que les altérations propres à la sclérose miliaire soient le fait d'un maladie; 2* l'examen microscopique du tissu cérébral, l'observation des effets de l'alcool nous donnent la certitude que cet agent peut donner lieu à des altérations trompeuses; 3* enfin l'auteur est disposé à aller plus loin encpre, et à penser qu'il y a de fortes raisons pour mettre en doute la réalité de la sclérose miliaire pendant la vie^ et pour la

tlBVtJfi DE PATHOLOÔIB MENTALE. 319

considérer comme le résultat d'une altération consécutive à la mort, quel que soit d*ailleurs le mécanisme suivant lequel cette altération prend naissance. R. M. G.

XXXV. De l'influence de la grandeur des asiles et de quelques autres CIRCONSTANCES SUR LA PROPORTION DES GUÂRISONS ET DES DÉCÈS

par T.-A. Ghapman. {Journal of mental Seienc€f avril 1883, p. 4.)

Travail intéressant de statistique, renfermant de nombreux tableaux, propres à éclairer les diverses faces de la question. Les principales conclusions qui résultent de cette étude peuvent être sommairement résumées de la façon suivante : En ce qui touche les guérisons : autrefois, lorsque les grands asiles n'étaient, en Anf|:letcrre, ni aussi nombreux, ni aussi gigantesques, le chiffre proportionnel des guérisons était très faible; depuis cinq ou six ans, ce chiffre s'est notablement re!evé, et ce sont eux qui fournissent les proportions les plus favorables; mais il y a lieu de faire à cet égard une très importante réserve : en effet, ces grands asiles appartiennent à des districts étendus et populeux et dans lesquels existent des modes divers d'hospitalisation des aliénés; c'est ainsi que les cas les plus favorables, les plus guérissables sont choisis pour être internés à Tasile, tandis que les cas défavorables (chroniques) sont dirigés sur les « workhouses ».

En ce qui touche les décès : l'élément qui parait influer le plus sur le taux de la mortalité des asiles, c'est le rapport entre les admissions et la moyenne des malades résidant à l'asile.

On peut ajouter : 1* qu'un accroissement rapide dans la proportion totale des aliénés d'un district internés dans un asile, ou ce qui revient à peu près au même, l'admission dans cet asile de cas chroniques, antérieurement traités soit au «workhouse », soit à domicile, aboutit à une faible proportion de guérisons; cet accroissement n*influe pas, d'une façon bien nette, sur la proportion des décès, bien que probablement il le réduise un peu; 2* que si une grande partie des aliénés d'un district reçoit l'hospitalisation au «workhouse », il en résulte que les aliénés internés à l'asile sont choisis parmi les plus curables et que le taux des guérisons à l'asile s'élève; 3* enfin, que létaux de la mortalité, tend à suivre les fluctuations du taux des guérisons. R. M. G.

XXXVI. Le mariage chez les sujets « nburotiques » ; par G.-H. Savage. {Journal of mental Science , avril 1883, p. 49.)

L'auteur définit d'abord ce qu'il entend par sujets neurotiques, {neurolic subjects)] les personnes qu'il désigne sous ce nom sont

les sujets qui oui élé alteiiits d*aIiénaliou mentale, d*épilepsie ou de grande hystérie, ainsi que leurs proches parents consanguins. On sait que les médecins sont souvent consultés, par des personnes intéressées à divers titres, sur la question de savoir s'il convient de permettre ou d'interdire le mariage à des sujets neuro- Uques, et dans quelle mesure Tunion conjugale peut leur être soit nuisible, soit avantageuse.

Les médecins se divisent à cet égard en deux camps : pour les uns, le mariage implique des chances sérieuses de guérison, ou tout au moins d'amélioration, et ils s'empressent de le conseiller; pour leb autres, il entraîne des risques d'aggravation, et ils le repoussent de toutes leure forces. M. G. Savage ne partage, d'une façon absolue, ni l'une ni l'autre de ces opinions extrêmes, et il termine sa très consciencieuse et très judicieuse étude de cette . grave question par les conclusions suivantes : a En résumé, on peut dire que le mariage produira une amélioration dans un certain nombre do cas d'hystérie, et qu'il peut se justifier, dans un certain nombre de cas, chez des sujets ayant présenté les signes de Taliénalion mentale. Toutefois, je ne conseillerais jamais le mariage comme moyen curatif de l'hystérie sans prévenir l'entourage du futur conjoint que ce moyen peut échouer, tout comme il peut ôtre avantageux et que l'avantage éventuel à en retirer ne dépend pas seulement du mariage lui-même, mais d'une foule d'autres circonstances.Je ne m'opposerais pas dans tous les cas indistinctement au mariage d'une personne qui aurait été aliénée, à la condition toutefois qu'un seul des conjoints se trouvât dans ce cas, l'autre présentant une bonne santé physique et étant exempt de toute prédisposition nerveuse », R. M. G.

XXXVII. Du PAIX RELATIF DES GRANDS ET DES PETITS ASILES ; par Henry Rayner. (Journal of mental Science, aviil i883, p. i.)

11 résulte des recherches faites par M. Rayner, en s'appuyant sur des documents officiels que dans les grands asiles (au delà de 600 malades) le prix de construction par lit, le prix d'entretien du bâtiment et du matériel, enfin le prix d'entretien même des malades, est plus élevé que dans les asiles de moyenne grandeur (de 450 à 600 lits.)

L'auteur est d'avis qu'il convient de s'opposer par tous les moyens possibles à la construction des grands asiles, non seulement au point de vue pécuniaire, mais encore au point de vue du tiaitement des malades et de la responsabilité médicale.

RBVUB D£ FATH0L001£ MENTALB 351

XXXVIil. Pabalysie générale par lésion du crâne; par JuHusMickle. {Journal of mental Science^ janvier 1883, p. 544.)

L'auteur constate que, dans les cas qu'il a observés, la lésion crânienne lui a paru jouer plus souvent le rôle de cause efficienle. Cependant, il peut se faire que dans cette interprétation on soit trompé par les apparences; on ne sait jamais en effet si la lésion n'a pas laissé après elle une altération permanente de Tencéphale, ou bien encore quelque processus inflammatoire obscur, insidieux, latent, qui sous des influences accidentelles diverses peut faire un jour éclore la paralysie générale. 11 est probable que dans la majorité des cas de ce genre, la maladie est due au concours de plusieurs influences d'ordre différent.

M. Mickle rapporte dans ce travail quatre observations dans lesquelles la paralysie générale a fait son apparition plus ou moins longtemps après une lésion crânienne ; dans l'une, le traumatisme du crâne lui parait avoir joué le r61e de cause simplement prédisposante ; dans l'autre il parait avoir agi comme cause déterminante; dans un troisième cas, il aurait agi encore comme cause, déterminante; mais les antécédents syphilitiques bien constatés du malade imposent une réserve toute particulière; ei'Ûn, dans un dernier cas, on avait assigné comme cause à la paralysie générale une lésion de l'épine dorsale; mais il parait démontré qu'il y avait eu intervention simultanée d'un traumatisme du crâne.

XXXIX. De la folie chez les jumeaux. [Journal of mental Science, janvier 1883, p. 539.)

I. Jumelles présentant des accès similaires de mélancolie ; par George*H. Savage.

Il s'agit de deux jumelles, dont la ressemblance physique est très frappante et qui présentent toutes deux les symptômes de la mélancolie avec stupeur. On n'a pu trouver chez elles aucun antécédent héréditaire; elles sont placées dans des salles séparées.

M. Savage a vu un cas dans lequel des troubles nerveux ont fait leur apparition au même moment chez des jumeaux, mais sous une forme différente; l'un en effet devenait fou, tandis que l'autre devenait épileptique. Il a vu aussi la folie survenir chez deux jumeaux; mais presque toujours ils habitaient ensemble, et étaient soumis aux mêmes influences; ici, les jumelles avaient quitté en se mariant la maison paternelle et vivaient séparément.

RRVUB DE PATHOLOGIE MBKTALfi

Voici le résumé de ]a double observation :

A. -S. U..., Tîn^'huit ans, femme d*un fermier, entrée le 14 août 1882.

Trois enfants : le plus jeune a dix mois.

Durée du premier accès : deux semaines. (La cause supposée est rémotion ressentie en voyant sa sœur atteinte de mélancolie.)

Idées de suicide ; malade non dangi^reuse.

Sobre et bi^n élevée.

Tempérament calme.

Symptômes du début: excitation et loquacité ; elle s*écrie que Dieu a pris son cœur et qu*elle a gravement pécbé contre lui.

Etat actuel : ne s*assied jamais; se tient debout les mains en avant, pendant des heures, sans parler.

On r.e la décide qu*avec peine à s*alimenter.

E.-G. W..., vingt-huit ans, femme d'un architecte ; entrée ie 17 août 1882.

Trois enfants: le plus jeune a huit mois.

Durée du premier accès : neuf semaines.

Cause inconnue.

Pas d*idées de suicide; pas dangereuse.

Sobre et bien élevée.

Tempérament gai, tranquille, actif.

Symptômes de début : évanouissement; état semi-conscienl pendant une semaine ; au réveil , grande dépression et mélancolie.

Etat actuel : à peu près identique; ne s'assied pas, ne parle pas ; on est obligé de la nourrir à la cuiller.

Page 1