II. Manie chez des jumelles ; par Cliffobd Gill
On ne peut guère résumer celle observation, qui est extrêmement longue et intéressante surtout par ses détails. Il suffira d'indiquer que ces jumelles avaient présenté de bonne heure un parallélisme morbide, qui, pour avoir été signalé assez souvent, n'en est pas moins remarquable; c'est ainsi que Tune des sœurs tombant malade dans une ville, déclarerait que sa sœur, alors dans une autre ville, devait souffrir à ce même moment de la même maladie, ce qni fut reconnu exact. Un autre pointa signaler, c'est que dans celte famille, qui compte cinq enfants, ces enfants, bien qu'on ne puisse trouver aucun antécédent bérédi taire, sont tous atteints soit de névrose, soit d'aliénation. R. M. C.
XL. ATROPHIE DU CERVEAU ; IMBECILLITE ; par Fletcher Beach. {Journal of mental Science, janvier 1883, p. 535.)
L^auteur rappelle que l'on décrit ordinairement deux formes d*atrophie cérébrale : l'une dans laquelle on constate un arrêt de développement, l'autre qui résulte de la disparition des éléments nerveux qui existaient auparavant. Le cas dont il s'agit appartient à la seconde catégorie. L'observation peut se résumer ainsi :
Fille de dix-huit ans, dont Ja mère est une aliénée homicide (elle a tué un de ses enfants), actuellement internée. La malade est épileptique depuis Tâge de deux ans et demi, et son intelligence s'en est ressentie. Paralysie motrice du membre supérieur droit et faiblesse marquée du membre inférieur du même côté. C'est une imbécile, mais d'un type élevé; elle lit passablement, écrit très bien de la main gauche, fait des opérations assez compliquées d'arithmétique, aime la musique, distingue très bien les couleurs. Elle devient bientôt phthisique, a fréquemment des attaques de petit mal, et meurt sept mois après son entrée.
A l'autopsie, on constate que l'hémisphère gauche est très atrophié, et que l'arachnoïde de ce côté est épaissie par places et opaque. L'atrophie est surtout appréciable dans les régions frontale et pariétale. Au toucher l'hémisphère malade est dur etferme, tandis que le droit est normal. C'est surtout le lobe moyepa gauche dont le volume est diminué. A la face convexe de la moitié postérieure de l'hémisphère gauche, on constate une dépression du volume d'une petite poire. Une coupe transversale montre que le ventricule latéral gauche est énormément dilaté. La dépression signalée plus haut est due^ comme on peut alors le constater^ à l'effondrement de la paroi supérieure du ventricule. Les circonvolutions du côté gauche sont plus petites qu'à l'état normal.
La substance blanche des lobes antérieur et moyen est réduite à gauche à une couche linéaire. Malheureusement le corps strié et la couche optique n'ont pas été étudiés au point de vue d'une comparaison entre les deux côtés.
Le côté gauche du crâne est beaucoup plus épais que le côté droit; le lobe antérieur gauche du cerveau est déprimé par suite de la plus grande épaisseur de la portion du crâne correspondante.
Le cervelet n'a pas été spécialement examiné; mais comme la fosse cérébelleuse gauche était plus grande que la droite, il ne parait pas douteux que le lobe gauche du cervelet ait été plus volumineux que le lobe droit.
Il résulte de cette observation, comme de celles qui ont été rapportées par Van der Kolk, par Taylor et par d'autres observateurs, que les lésions que l'on rencontre habituellement en pareil cas sont les suivantes : épaississement du crâne, opacité et épaississement des membranes, épanche ment séreux dans l'espace sous- arachnoïdien, quelquefois dans les ventricules, et atrophie d'un hémisphère, y compris le corps strié, la couche optique et la protubérance du côté atteint.
Suivant M. Fletcher Beach, voici qu'elle paraît être la marche des faits : D'abord, à la suite d'une inflammation chronique des méninges ou de la région corticale, il se produit une atrophie unilatérale du cerveau. Par compensation, le crâne s'épaissit, et
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il se fait un épanche ment de sérosité sous l'arachnoïde et dans les ventricules. Dès lors les parties du cerveau qui sont préposées au mouvement étant atrophiées, les membres dont l'action est régie par ces parties n'ont plus qu'une nutrition imparfaite, et s'atrophient à leur tour. R. M. G.
XLI. Atrophie et scl£rosb ou cervelet dans un cas d'imbécillité épileptiqub; par Herbert-C. Major. {Journal of mental Science, janvier 4883, p. 532.)
Voici le résumé de l'observation :
Femme de trente-deux ans, épi]eptîque et idiote depuis sa naissance ; est devenue sujette, en grandissant, à des crises d'excitation et de violence; intelligence bien au-dessous de la moyenne dès l'enfance; pas de mémoire. Â son entrée, elle comprend à peine les questions les plus simples, est incapable Je poursuivre un entretien : elle ne se rend compte ni de sa situation ni du milieu oh elle se trouve. Pas de troubles de locomotion. Intégrité apparente des sens spéciaux. Menstruation régulière. Les attaques, fréquentes et graves, présentent les caractères du grand mal : elle tombe en avant, sans qu'on ait observé de rotation. Agitation sans but, violences, gâtisme ; à la suite d'une série de fortes attaques, elle tombe dans un état de stupeur, et ne tarde pas à mourir, après avoir présenté les symptômes d'une complication cérébrale nouvelle.
A Tautopsie, on trouve au-dessus de l'hémisphère droit un kyste sous-arachnoïdien assez récent, de couleur foncée, contenant un liquide sanguinolent brunâtre, adhérent à l'arachnoïde pariétale; selon toute probabilité, cette lésion a été la cause immédiate de la mort.
Cerveau petit ; circonvolutions normales ; couche corticale pâle» d'épaisseur ordinaire, ne paraissant pas altérée à l'œil nu. Poids du cerveau entier: 1,120 grammes (cervelet, 115 grammes).
Lobe cérébelleux gauche normal ; lobe droit sensiblement plus petit, aplati, donnant au toucher une sensation de dureté, de densité, évidemment en état de sclérose avancée. A la coupe, la substance grise normale est convertie en substance presque blanche ; bien qu'avancée, la sclérose n'a pas pénétré profondément.
L*examen histologique montre nettement les lésions de la sclérose, surtout sur les coupes qui comprennent du tissu sain en môme temps que du tissu altéré. Dans les diflférentes couches, mais seulement sur la portion de la coupe qui répond au tissu malade, on trouve des corps arrondis (corpuscules amyloïdes). Les cellules de Purkinje font entièrement défaut dans les points sclérosés ; on les voit peu à peu diminuer, puis disparaître à mesure qu'on passe du tissu sain au tissu malade. La couche dite granuleuse, située
au-dessoiis des cellules de Purkinje, qui est large à Tétat normal, se trouve réduite dans toute la région atrophiée, à une étroite bande de cellules. Mais bien que le nombre des éléments constituants de cette couche soit très réduit, ces éléments eux-mêmes,— qui sont en majeure partie de petites cellules nerveuses étoilées, — ne paraissent que peu altérés.
Les fibres nerveuses qui succèdent ordinairement à la couche granuleuse sous la forme d'un petit centre blanc distinct à Tintérieur de chaque feuillet, sont absentes, ou à peu près dans les feuillets malades ; elles sont remplacées par des fibres du tissu connectif, et d'une façon générale, par des éléments de la névroglie ayant proliféré.
Enfin, un dernier point à remarquer, c'est la façon dont les feuillets ont, pour ainsi dire, fusionné, dans les régions malades, par une sorte d'union des couches adjacentes de substance grise pure. Cet état, que Tauteur n'avait jamais observé auparavant, parait dû à ce fait que les fibres de la pie- mère hypertrophiée auront largement pénétré dans les feuillets, les membranes ellesmêmes ayant fusionné et s'étant réunies.
M. Herbert Major ajoute qu'il ne connaît aucune observation où Ton ait histologiquement étudié cet état du cervelet, si ce n'est l'observation d'idiotie paralytique, qu'il a lui-même publiée, et dans laquelle on voyait des lésions microscopiques semblables, mais moins avancées, correspondre, comme dans le cas actuel, à flairophie et à la sclérose d'un hémisphère cérébelleux. Il en conclu! <[ue ces altérations histologiques sont réellement propres à l'atrophie et à la sclérose cérébelleuses, et que les différences que l'on peut observer sont liées à l'état plus ou moins avancé du processus morbide. R. M. G.
XLII. La philosophie du « restraint » dans la direction et le traitement DES aliénés; par R. Gameron. (Journal of mental Science ^ janvier i883,p. 519*)
Ge long mémoire se termine par les conclusions pratiques que voici :
40 Un « restraint » d'une nature ou d'une autre sera toujours nécessaire, tant que la folie existera telle qu'elle existe actuellement ; 2<* il faut en limiter l'application autantque cette limitation est compatible avec le bien du malade et les intérêts du public ; 3<> il faut, autant que possible, graduer le « restraint » en se conformant aux exigences de chaque cas particulier; 4« un contrôle direct, moral et physique, exercé par de bons serviteurs, sous la direction des fonctionnaires supérieurs de l'asile, constitue le meilleur moyen d'atteindre ce résultat ; b» le «restraint » pratiqué autrement que de la façon qui vient d'être indiquée n'est pas
souvent nécessaire dans un asile bien tenu où Ton tient compte des besoins des malades, tant au point de vue de la nourriture, du vêtement et du logement, qu'au point de vue des occupations industrielles et des amusements; 6^ il présente de temps en temps des cas où il est impérieusement nécessaire d'avoir recours à un « restraint » exceptionnel, l'emploi de la force physique par les serviteurs n'étant jamais exempt de danger; 7» dans le plus grand nombre des cas de ce genre l'isolement doit être préféré au « restraint » soit mécanique, soit thérapeutique ; il constitue un procédé plus sûr, plus avantageux et plus humain que n'est l'emploi des appareils mécaniques ou des médicaments stupéfiants ; 8° l'emploi d'un appareil mécanique dans un but de contention ne se justifie que dans les cas chirurgicaux, pour empêcher le malade de défaire des pansements, ou bien dans les cas imprévus, et en attendant que l'on puisse se procurer d'autres et de meilleurs moyens de contention ; 9° l'emploi systématique de médicaments stupéflants comme moyen de calmer les aliénés constitue une pratique pernicieuse capable de compromettre la vie et de nuire d'une façon permanente à la santé ; 10® l'emploi incident de ces agents, concurremment avec d'autres remèdes tels que les bains froids, les drogues nauséabondes, etc., est quelquefois indiqué, à titre de punition; leur emploi est alors justifié, car il constitue le moyen le plus rapide et le plus efficace de combattre des tendances morbides et de ramener le malheureux malade dans le sentier qui doit le conduire à la santé mentale, et peut-être à la guérison définitive.
Nous devons ajouter qu'a propos de cette dernière conclusion et du chapitre qu'elle résume, la Rédaction du Mental Science a mis au bas de la page une note par laquelle elle rappelle qu'elle n'est pas responsable des opinions émises dans les mémoires signés. Elle ajoute que l'auteur paraît oublier qu'il n'est pas le chef d'une maison de répression, mais bien le surintendant médical d'un hôpital d'aliénés. R. M. C.
XL1 II. Sur l'état mental dans l'hypnotisme; par D. Hack Tuke. [Journal of mental SciencCy avril 1883, p. 55.)
Ce mémoire a été lu devant l'Association médico-psychologique anglaise peu de temps après une séance donnée à l'hôpital de Bethlem, par un célèbre hypnotiseur danois, Cari Hausen. Les données sur lesquelles l'auteur a tenté de se faire une opinion ou d'édifier une théorie sont les suivantes : f. Conditions nécessaires pour provoquer l'état dont il s'agit ; IL Symptômes objectifs chez le sujet hypnotisé, dans la mesure où il est possible de les observer; m. État subjectif éprouvé et décrit par le sujet lui-même, dans les cas où il a conservé, d'une façon plus ou moins nette, le souvenir
de ce qui a été présent à son esprit pendant l'état hypnotique. — Nous suivrons Tordre adopté par l'auteur, et après avoir rendu sommairement campte des deux premiers chapitres, nous reproduirons textuellement les conclusions par lesquelles il résume luimême son troisième chapitre, le plus long et le plus important.
I. Le principe commun à toutes les méthodes d'hypnotisation est, au point de vue physique^ la stimulation plus ou moins prolongée d*un nerf sensoriel en étroit rapport avec le cerveau; le résultat final de cette stimulation est Tépuisement d'une partie deTorgane; — au point de vue mental, c'est la concentration de l'attention sur une idée unique.
La fixation d'un objet, brillant ou non, n'est pas nécessaire, puisqu'on peut hypnotiser des aveugles.
Le renoncement à toute volonté, la passivité absolue à l'égard de l'hypnotiseur, constituent également, dans presque toutes les méthodes, un facteur important. Toutefois, chez certains sujets, qui ont déjà été hypnotisés et qui sont très sensibles aux impressions sensorielles, le concours de la volonté n'est pas nécessaire, et M. P. Richer, dont les recherches sur l'hypnotisme sont bien connues, dit M. Hack Tuke, a démontré que le sujet peut-âtre surpris, et même mis en état de catalepsie, dès que son attention est le moins du monde arrêtée.
IL II va de soi que, chez les sujets hypnotisés, les symptômes objectifs varient suivant la période et le type ; nulle description théorique n'est capable de s'appliquer à tous les cas. L'auteur rappelle ici que MM. Charcot et Richer, et, après eux, MM. Tamburini et Seppeli ont admis trois types fondamentaux : type cataleptique, type léthargique et type somnambulique ; il rappelle ensuite les caractères aujourd'hui bien connus qui distinguent chacun de ces types.
Les symptômes objectifs ont, en matière d'hypnotisme, une grande importance; car c'est le plus souvent par l'observation de ces symptômes, tout au moins de ceux qui ne peuvent être simulés, que l'on pourra découvrir la simulation si fréquente en pareil cas, et si facile à pratiquer dans l'ordre subjectif.
État des pupilles. Si, en faisant fixer un objet, on exagère les effets de l'accommodation, il en résulte une dilatation pupillaire et du strabisme; plus tard, si le sujet entre en hypnotisme, les pupilles se dilatent et deviennent souvent un peu paresseuses.
Circulation cérébrale. On observe quelquefois de la congestion de la face, et Braid a trouvé quelquefois la face si congestionnée et le cœur si tumultueux qu'il s'est hâté de réveiller le patient; toutefois les troubles cérébraux quelque peu sérieux paraissent très rares.
Respiration et circulation. Règle générale, la respiration et l'ac-
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lion cardiaque sont accélérées au débuts Les tracées du professeur Tamburini et les observations de Hcidenhain confirment ce fait.
Les recherches de M. Richer ont montré ie parti que Ton pouvait tirer des tracés pour découvrir la simulation.
Muscles, L'auteur se borne à rappeler les observations faites sur ce sujet par M. Richer.
Action réflexe. Si Ton admet, comme il parait log^ique de Tadmettre que, dans Thypnotisme, les fonctions corticales sont plus ou moins éteintes, on ne sera pas étonné de constater la facilité avec laquelle une stimulation sensorielle provoque la rigidité musculaire. — Dans le plus grand nombre des cas, Tauteur a trouvé les réflexes tendineux identiques à ceux que Ton constatait dans Tétat de veille ; dans quelques cas, ils étaient exagérés.
Réaction galvanique. L'auteur a trop peu de documents pour formuler une opinion; il se borne à rappeler les faits observés par d'autres expérimentateurs.
in. Conclusions de Tauteur :
u lo La conscience peut exister dans l'état d'hypnotisme et le ' sujet peut passer, rapidement ou lentement, à un état complet d'inconscience, comme dans Tétat aomnambulique; les manifestations ne dépendent aucunement de l'existence ou de l'absence de la conscience, qui n*est qu'un épiphénomène ;
« 2^1j8l direction volontaire des pensées et des actions est suspendue;
« 3» En conséquence, l'action réflexe par laquelle l'écorce cérébrale répond aux suggestions venues du dehors entre en jeu tant qu*une voie de communication demeure ouverte ;
« 4* Tant que la conscience persiste, la perception de cette action cérébrale réflexe et automatique donne au sujet l'impression de deux moi;
u 5<* Quelques fonctions mentales, comme la mémoire, peuvent être exaltées ; et il peut y avoir des hallucinations et des délusions très vives et très frappantes ;
« 6<> II se peut qu'une imitation réflexe inconsciente soit le seul phénomène mental qui subsiste; le sujets en ce cas, copie minutieusement tout ce qui est dit, ou fait par la personne avec laquelle il est en rapport ;
« 7o Les impressions venues du dehors peuvent se trouver limitées à certains points de l'encéphale, suivant que tel ou tel territoire est affecté, et suivant qu'il est plus ou moins complètement hypnotisé; c'est ainsi qu'une impression ou une suggestion,—
' M. le professeur Bernheim a donné de cette accélération initiale une explication ingénieuse et qui paraît fort judicieuse. (Voy. Bernheim. De a suggestion dans titat hypnotique et dans Vétat de veille, Chap. IV, p. A5.)
qu'elle ait pris sa source dans un geste, un mot, ou une stimulation musculaire, - peut affecter exclusirement les ganglions de la base, ou bien pénétrer dans Técorce, et lorsqu'elle a atteint Técorce, exciter Tidéation et des actions musculaires réflexes avec ou sans conscience et d'une façon tout à fait indépendante de la volonté;
« 8<> Il peut exister, dans les différents états d'hjpnotisme, soit une exaltation, soit une dépression des sensations et des sens spéciaux. » R. M. G.
XLIV. Contribution a la casuistique de l'inversion de l'instinct sexuel; par G. Gantarano. (La Psychiatriaj Naples, 4883.)
L'auteur rapporte l'observation d'une jeune fille qui, dès son enfance, se faisait remarquer par son humeur vagabonde et fuyait la maison paternelle ; un peu plus tard^ renfermée dans un asHe de filles repenties, elle ne tarda pas à lier des relations impures avec un grand nombre de ses compagnes, et même avec les femmes préposées à la surveillance de la maison, sur lesquelles elle avait pris un grand ascendant ; elle finit par s'échapper et mit le feu à la maison paternelle ; se déguisa en homme et courut ainsi les maisons mal famées, puis fut de nouveau enfermée dans un asile. — En outre de la relation des aventures de la malade, l'auteur donne les résultats de l'examen desorganes génitaux et de la mensuration de la tête, et, de plus, un rapide résumé de la question de Tinversion de Tinstinct sexuel. P. M.
XLV. Sclérose de la lisière de substance blanche du cerveau dans LA DÉMENCE PARALYTIQUE; par ToczER. {Neuvol, CentralbLy 1883.)
Description anatoroopathologique détaillée du fait présenté à la Société des aliénistes allemands \ L'auteur suit la ligne grise trouvée par lui sur le cerveau d'un tabétique de cinquante ans, mort en état de démence paralytique avancée, entre l'écorce et la substance blanche, au moment où il pratiquait des coupes après durcissement par le liquide de Muller. Il signale les faits semblables de Baillarger et de Rey. (Annales médico-psychologiques, VII, 4; VIIÏ, 4.) P. K.
XLVI. Sur l'action de la paraldéhtde et de l'acétal chez les aliénés ; par G. Langredter ". {Arch, f. Psych,, XV, 1.)
Modification polymérique de l'aldéhyde, la paraldéhyde qui a
« Voy. Archives de Neurologie, t. VII, p. 366.
s Voy. Société de psychiatrie et maladies nerveuses, de Berlin (juillet 1 883) ; Archivesde Neurologie, t. VIII, p. 383, et thèse de Nercam, Paris 1884 .
ponr formule C*H** G*, à la dose de cinq à six grammes, dans une potion huileuse menthée, fait le plus souvent dormir très rapidement(généra]ementen cinq minutes, rarement en un quart ou une demi-heure), ou tout au moins calme les malades agités, anxieux, etc., à la condition qu^ils ne soient pas préoccupés par ce qui se passe autour d*eux. Diaprés M. Langreuter, il est très facile, en causant avec d*autres personnes, de réprimer l'envie de dormir provoquée par ce médicament. Le sommeil est d'ailleurs léger, de sorte qu'il est difficile d'observer les patients, auxquels on en a prescrit, dans leur état d'hypnose. Mais, somme toute, sur deux cent dix cas comprenant cent quarante- huit observations à doses vespérales et soixante-deux observations à doses diurnes, l'auteur a obtenu :
/ 134résult.complet8(somm. parfait.) ( ^i^ ce qui concerne 170 résultats l 2 — part.(calm.ousomui. agité.)! les doses
qui se \ il ^ nuls, ( vespérales,
décomposent j 38 résultats parfaits, \
en : r 16 ^ partiels , | à l'égard des doses diurnes. V 8 — nuls, )
Toutes les formes de perturbation mentale sont représentées dans ces chiffres, y compris l'insomnie purement nerveuse et la migraine. Le sommeil parai déhydique dure, en moyenne, six heures cinq minutes (la nuit) on deux heures six minutes (le jour}. Les affections dans lesquelles, la connaissance étant troublée, les malades ne participent pas à la vie extérieure permettent d'enregistrer des résultats éclatants. La paraldéhyde n'est pas cependant un anesthésique; le goût n'en est guère plus désagréable que celui du chloral, mais elle s'élimine par les poumons et infeste toute une pièce cinq, sept, douze heures même encore après l'ingestion, mais il en faut des doses trois fois plus fortes. Ces doses peuvent, du reste, être élevées et prolongées sans inconvénients pour le cœur, pour la respiration, pour l'ensemble de l'économie. — L'acétal a des effets semblables à ceux de la paraldéhyde, mais il n'est pas fidèle, il a des effets accessoires (renvois, odeurexhalée, etc.), bien plus désagréables et bien plus nombreux ; M. Langreuter déconseille d'en poursuivre la recherche. P. K.
XLVU. Rapports médico-légaux sur des états mentaux douteux; par DE Krafft-Ebikg. (Jtt/irfcùcÀ. /. Fsych,, IV, 1.)
Deux faits sont publiés. Dans le premier, il s'agit d'un affaiblissement psychique acquis, d'origine probablement syphilitique. Le délit commis était un attentat contre une fillette mineure. Pour établir l'existence delà démence organique, le rapporteur se fonde sur la marche de l'affection, le patient ayant présenté successive-
ment : de la paralysie de roculomoteur externe gauche manifestement de cause centrale (dilatation pupillaire alternante, parésies partielles des muscles de la face) ; de Tafifaiblissement de la mémoire, des facultés intellectuelles, du raisonnement; de Tincohérence dans les discours ; des modifications immotivées dans le caractère, les allures, l'humeur ; de Texcitabilité sous toutes ses formes, de la propension à l'isolement; de la céphalalgie. L'affaiblissement du sens moral a nécessairement apparu à son tour. — La seconde observation concerne un affaiblissement psychique congénitaL Une fille de trente-huit ans met le feu par jalousie ; Texamen décèle Tarrêt de développement en question, à raison du mode d'exécution de Tacte, des motifs allégués, de la forme et de la teneur des réponses; absence de sens moral ; prédominance des instincts égoïstes. Son amant la quitte; elle met tout simplement le feu à la demeure de sa rivale. Quoi de plus naturel î P. K.