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Presqu'au début de notre carrière médicale, M. le professeur Cbarcot nous envoyait, pour le soumettre à un traitement hydrothérapique, un jeune malade affecté d'une céphalée tenace qui l'empêchait de se livrer à ses études depuis plusieurs années. Cette affection nous parut curieuse et nous fîmes des recherches pour trouver une relation de faits analogues. Toutes nos recherches furent infructueuses. M. Charcot, à qui nous nous adressâmes alors, voulut bien nous éclairer sur le sujet. Il nous apprit que cet état était assez fréquent chez les jeunes gens, mais qu'il n'avait guère attiré
* Nous avons publié un résumé do cet article dans le Progrès médical du 25 novembre 1882. De son côté, le D^ René filache vient de faire paraître une étude fort intéressante sur cette même question dans la Revue mensuelle de VEnfance^ numéro d'avril 1883. Il a donné à l'affection le nom de « Céphalalgie de croissance ». En comparant nos deux articles, on poun*a constater que nos opinions se sont rencontrées sur la plupart des points.
Abchives, l. VL 1
jusqu'alors rattention des auteurs. Il nous engagea à prendre note des cas du même genre que nous pourrions observer, et à en faire à l'occasion un examen plus approfondi. Nous nous sommes conformé à ces conseils, et c'est le résultat de ces observations que nous allons reproduire ici.
Nous exposerons d'abord les faits tels qu'ils se sont présentés à nous.
Observation I. — M. A..., âgé de dix-huit ans, grand et beau garçon, fils d'un artiste des plus distingués. Il n'y a ni rhumatisants, ni goutteux dans la famille.
A... a eu, au dire de sa mère, une enfance un peu délicate, mais sans qu'il y ait eu cependant rien de bien particulier à signaler dans sa santé. Il était intelligent et apprenait très facilement. Jusqu'à l'âge de douze ans, il a été instruit en dehors des écoles. A cet âge, on le plaça au lycée. Il commença alors à se plaindre de douleurs de tête, qu'on croyait d'abord causées par la chaleur du poêle et le gaz. Mais bientôt son travail ne put plus être qu'intermittent. L'enfant restait souvent plusieurs jours de suite à la maison pour se reposer, les maux de tète devenant de plus en plus violents. Enfin, au mois de mai de l'année suivante, il dut interrompre complètement ses études et, depuis cette époque, il lui fut impossible de jamais terminer tout à fait une année scolaire.
L'enfant passa ses vacances à la campagne. Sous l'influence du repos et du grand air, son état s'améliora; mais, à la rentrée des classes, les maux de tète le reprirent, et il ne put de nouveau suivre les cours que moyennant de fréquentes interruptions. Il quitta le collège, comme l'année précédente, au mois de juin, et retourna à la campagne ou, encore une fois, le repos lui procura du soulagement. L'année qui suivit fut encore plus mauvaise que les précédentes. Les maux de tète devinrent plus tenaces et plus violents; il y eut, en outre, des vomissements assez fréquents. Cette année-là, il fut incapable de toute application intellectuelle. L'idée seule d'essayer de lire une ligne lui était pé . nible. Le sommeil, qui avait été bon jusqu'à ce moment, se trou^ bla aussi et le jeune malade eut des nuits entières où il ne dormit pas. Enfin, le moral fut affecté à son tour et l'enfant, découragé.
tomba dans une hypochondrie profonde. Il évitait toute société et fuyait toute distraction. On avait essayé en vain bien des médications. Un autre retour à la campagne ne modifia pas beaucoup cet état. Au mois d'octobre suivant, il ne fut même pas question de replacer le jeune homme au lycée. Il passa entièrement cette année-là à ne rien faire, ou plutôt il ne prit que de rares leçons chez lui. Vers le mois de mars, le médecin de la famille conseilla l'hydrothérapie, et Ton mena le jeune homme dans un gymnase du quartier. Mais cette hydrothérapie, loin de soulager le malade, parut aggraver son état. Il fallut, au bout de trois semaines, renoncer à ce traitement. C'est alors que les parents désolés allèrent consulter M. Charcot. Celui-ci rassura la famille, déclara que le jeune homme guérirait, et me Tadressa.
Voici ce que je constatai chez A. . , qui avait alors dix-sept ans. Il se plaint d*une douleur qu'il localise sur le devant du front ; il lui semble qu'un arc de cercle se resserre douloureusement dans cette région. Par moments, cette douleur devient tout à fait aiguë et s'accompagne de battements et d'élancements dans la profondeur. La douleur est presque continuelle ; elle ne paraît guère se calmer que pendant le temps consacré aux repas. Autrefois, elle était moins forte le matin et augmentait dans la journée ; mais, maintenant que le malade ne dort pas, il n'y a plus de répit matinal. La moindre lecture, même la plus petite tension d'esprit, aggrave les sensations. Depuis deux mois le malade n'a pour ainsi dire pas fermé l'œil. Il rend souvent ses repas et a fréquemment des nausées et des vomissements de glaires qui coïncident avec les paroxysmes de son mal. L'appétit est cependant assez bien conservé. Les changements de temps sont vivement ressentis; le malade préfère, en général, le temps mou et humide au temps froid et sec. La pression exercée sur le crâne ne provoque de douleurs dans aucun point, les nerfs sous-orbitaires ne sont point sensibles, la souffrance ne s'étend pas aux yeux, la vue est bonne, les pupilles sont dans l'état normal.
A... commença son traitement le 1" juin. Je lui administrai une douche froide matin et soir. Quelques jours après, je fis précéder la douche d'un bain de pieds à eau courante. Dès les premiers jours de ce traitement les douleurs de tête diminuèrent, les vomissements s'arrêtèrent. Mais l'insomnie persista. Je lui prescrivis alors une dose de 1 gramme 50 de
chloral, le soir, au moment de se coucher. La nuit fut excellente. Le lendemain, je réduisis la dose à 1 gramme; elle suffit pour amener le sommeil. Le jour suivant, le malade se sentant disposé à dormir supprima de lui-même le médicament. Il passa une fort bonne nuit et, à partir de ce moment, le sommeil ne fit pas défaut. Les effets de Thydrothérapie s'accentuèrent alors rapidement. Au bout de deux mois, les maux de tête avaient presque totalement disparu. Le malad e pouvait lire et travailler plusieurs heures par jour, sans trop de fatigue. Il partit pour la compagne, où je lui recommandais Texercice au grand air et des bains de rivière.
Au mois d'octobre, il rentra au lycée. Il commença sa préparation au baccalauréat èslettres, et travailla activement jusqu'au mois de juin. Il n'était pas complètement affranchi de ses douleurs de tête; mais celles-ci ne revenaient avec un peu d'intensité que lorsqu'il se surmenait, et le repos suffisait pour les calmer. Mais, vers le mois de juin, ayant à fournir un travail plus soutenu pour la fin de l'année qui approchait, les douleurs reprirent avec plus d'intensité. Le jeune homme revint alors me trouver, et il recommença son traitement. Il prit une douche par jour, le soir, après la classe, pour dissiper la fatigue. Cette simple précaution lui permit de continuer ses études. Il passa son baccalauréat avec des notes satisfaisantes. L'année suivante, il voulut se préparer au baccalauréat es sciences. Mais le travail des mathématiques lui parut trop pénible ; il eut peur d'une rechute et, comme il se destinait à la carrière artistique de son père, il abandonna ses études pour se vouer à la peinture. En 1880, A... fit son volontariat dans l'artillerie, sans passer un seul jour à l'infirmerie, et sans que le mal ait reparu. Depuis, il s'est bien porté, et il est en voie de devenir un artiste distingué. Il a encore quelquefois des maux de tête, mais ce n'est plus jamais qu'une indisposition passagère.
Observation II. — M. B..., âgé de dix-huit ans, m'est adressé au mois de juin 1877 par M. le professeur Charcot et M. le docteur Bonin. La mère du jeune homme est morte phthisique, il y a quelques années. L'intelligence de X... a toujours été un peu paresseuse. A seize ans, il n'était encore qu'en seconde. Au mois de mai de cette année scolaire, il commença à ressentir des maux de tête qui, d'abord légers, ne tardèrent pas à devenir plus forts et à entraver ses études. Il
dut quitter les classes vers le mois de juin, et partit pour la campagne. Là, les douleurs s'amoindrirent, mais pas assez pour que, à la rentrée, il pût retourner au lycée. On lui donna un pré cepteur qui le fit travailler avec beaucoup de difficulté pendant toute cette année. L'année suivante, il retourna en classe, mais ses études furent si peu fructueuses, qu'il ne pu\ même pas se présenter avec ses camarades aux épreuves du baccalauréat. Les douleurs de tête étaient devenues de nouveau beaucoup plus intenses. Le jeune malade me fut amené au mois de juin suivant. Il se plaignait alors d'une douleur siégeant à la région frontale et grande^ disait-il, comme une pièce de cinq francs. Cette douleur était légère le matin ; elle se développait pendant lajournée, et était, parmoments,excessivementpénible. Tout travail de tête l'exaspérait. Le jeune homme, qui avait beaucoup grandi dans les dernières années, avait mauvaise mine, était triste, plongé dans une hypochondrie profonde.
J'eus peu de succès avec ce malade. A la quatrième séance, il quitta le traitement, sans que j*en susse les raisons. J'ai appris récemment, par le docteur Bonin, qu'après les deux dernières douches, il avait eu de la' surexcitation et comme des ac<5ès de fièvre, avec sueur nocturne. La famille inquiète et le docteur Bonin, qui redoutait l'hérédité tuberculeuse chez le malade, firent suspendre le traitement. Le jeune homme ne m'avait rien dit de ce qu'il avait ressenti. Obligé de venir de la campagne, il faisait, du reste, son traitement avec beaucoup de répugnance. Il est probable que, s'il m'avait parlé de ce qu'il éprouvait, j'eusse pu, en modifiant ma manière de procéder, faire cesser rapidement les phénomènes qui s'étaient produits, et amender l'état céphalique, comme cela m'a réussi dans tous les autres cas. La suite de l'histoire est d'ailleurs instructive. Il essaya vainement bien des médications. La seule chose qui lui fit du bien, ce fut un changement d'air de six mois, en Alsace. Mais il n'a jamais pu guérir et, actuellement, à l'âge de vingt-trois ans, il est encore dans le même état qu'il y a cinq ans.
Observation III. — M. G..., âgé actuellement de quinze ans, né de père et mère arthritiques, fils unique. Il n'a jamais été malade jusqu'en 1878. Bien doué et apprenant facilement, il a été instruit à la maison par un précepteur, qui nous dit n'avoir jamais eu qu'à se louer de son élève. En juillet 1878, à l'âge do onze ans, l'enfant était à la campagne, où il passait ordinaire-
ment huit mois de Tannée, lorsqu'un beau matin il accusa, sans cause bien appréciable, un violent mal de tête, accompagné d'étourdissements et de maux de cœur. Cet état, qu'on crut d'abord passager et qu'on traita par un purgatif, et puis par du bromure de potassium, résista à ces moyens thérapeutiques. Seul Tétat gastrique s'amenda ; mais les douleurs de tête persistèrent. L'enfant, jusque-là d'un caractère facile et plutôt gai, devint triste et irascible. 11 entrait en colère pour la moindre observation et poussait quelquefois l'irritation si loin qu'il avait de véritables attaques de nerfs, pendant lesquelles il se roulait par terre. Pendant ces crises, le seul moyen de le calmer était de le laisser seul et de l'abandonner à lui-même. Dès les premiers jours, on fut obligé de suspendre toute étude, la moindre application de l'esprit ravivait les douleurs. L'enfant ne se trouvait, en général, soulagé qu'au grand air qu'il recherchait instinctivement. Dans sa chambre, il ouvrait les fenêtres. Il n'avait de répit que pendant les moments qui suivaient les repas ; pendant la nuit, il conservait le sommeil. Au mois d'août, comme l'état ne s'améliorait pas, on emmena l'enfant à Ragatz, sur les conseils du D' Blache, médecin de la famille, à Paris. La cure lui fît un peu de bien, en ce sens qu'il fut plus calme, et que la douleur de tête diminua d'intensité; mais il ne fut pas question de reprendre les études et l'automne et l'hiver se passèrent dans ces conditions.
Rentré à Paris au mois de mars, on recourut à l'hydrothérapie. Mais, cette fois, la médication ne parut pas réussir. Au bout de deux mois, le mal avait encore augmenté et l'on dut renoncer à ce mode de traitement. On retourna à Ragatz pendant l'été. Nouvelle amélioration pendant le séjour aux eaux. Mais, après Ragatz, on monta à Saint-Moritz et, là, tout l'effet de la cure thermale se perdit. L'automne et l'hiver s'écoulèrent, comme les précédents à la campagne, et sans que l'enfant pût reprendre ses études. Au printemps, le D' Blache appela M. Charcot en consultation. Ces messieurs décidèrent qu'il fallait en revenir à l'hydrothérapie, et ils m'adressèrent le jeune malade, qui avait alors treize ans.
Yoici ce dont il se plaignait. Il ressent, dit-il, une sensation de tension qui siège uniquement sur le devant du front. Cette sensation, tolérable en temps ordinaire, devient douloureuse dans toute l'acception du mot aussitôt qu'il veut appliquer son attention soit à une lecture, soit à un récit, soit à une simple
conversation. La douleur est nettement limitée à la région frontale. Jamais elle ne s'élève au delà du front, ou ne s*étend aux régions latérales ou postérieures de la tête. L'exploration du crâne ne révèle aucune sensibilité à la pression. La douleur ne descend pas dans les yeux. L'enfant est légèrement hypermétrope, mais M. Perrin, consulté à cet égard, ne rattache pas l'affection nerveuse à ce défaut de la vue. Les verres, appropriés à cet état, ne lui ont du reste apporté aucun soulagement. La lumière ne lui est pas particulièrement désagréable. Il ne recherche ni l'obscurité, ni l'ombre. La douleur est moins forte le matin que le soir; elle cesse ordinairement pendant les repas et l'heure qui les suit. Il se porte moins bien par le temps humide et lourd que par le temps froid et sec. L'enfant est d'un tempérament lymphatique; les oreilles sont habituellement congestionnées; il est sujet aux engelures et a toujours les pieds et les mains glacés. L'appétit et le sommeil ont toujours été bons, si ce n'est au début de la maladie, comme nous l'avons dit.
Le traitement fut commencé le 1" mai, et consista en une douche froide administrée matin et soir. Dès les premiers jours, il y eut une légère amélioration après chaque douche. L'enfant, qui avait recommencé l'hydrothérapie avec la plus grande répugnance, encouragé par ce résultat, suivit bientôt son traitement presque avec plaisir. L'amélioration s'accentua très vite. Un mois à peine s'était écoulé qu'il recommençait à lire et à étudier une heure par jour. Il partit pour la campagne, au mois de juillet, en excellente disposition. Le mal de tête ne le reprenait que quand le travail était trop prolongé. Mais alors le repos suffisait pour l'apaiser. L'enfant était de nouveau gai et d'humeur facile. Il avait retrouvé son caractère d'autrefois, disait sa mère.
Il resta à la campagne, comme d'habitude, jusqu'au mois de janvier ; mais cette fois, sans qu'il y eût de rechute. Il revint à Paris au printemps; mais, à peine de retour, il fut atteint d'un épanchement rhumatismal dans le genou, qui le maintint couché pendant une dizaine de jours. Les maux de tête reparurent pendant ce temps. Aussi, quand il fut entré en convalescence, le D' Blache jugea à propos de lui faire reprendre son traitement hydrothérapique et me le renvoya. Nous donnâmes alors au malade des douches écossaises pendant quelques jours; puis nous reprîmes les douches froides aussitôt que la guérison du
genou nous parut suffisamment consolidée. Le résultat de ce second traitement fut plus rapide encore que celui de Tannée précédente. Au bout de trois semaines^Tenfant reprit ses études, et put travailler deux heures le matin et deux heures le soir. Au troisième mois, il put même prolonger davantage ce temps de travail. Il ne prit alors qu'une seule douche par jour, habituellement le soir, vers cinq heures. Au mois d'août, Tenfant repartit pour la campagne, et ne revint à Paris qu'au mois de mars suivant. 11 n'avait pas eu de rechute durant cet intervalle. Il reprit alors sa douche quotidienne, et, grâce à elle, passa un excellent été, travaillant à la satisfaction de ses maîtres. L'automne dernier, on le trouva assez bien pour le placer dans une institution privée, et il y entra dans la classe correspondant à son âge. Mais les conditions hygiéniques de la pension ne lui convinrent probablement pas ; il ne put en outre prendre sa douche qu'une ou deux fois la semaine. Aussi les douleurs de tète reparurent à deux ou trois reprises avec assez d'intensité ; mais quelques jours passés au grand air de la campagne en ont eu chaque fois facilement raison. Depuis le nouvel an, l'enfant est rentré chez lui et fréquente l'école comme externe. Il continue régulièrement son traitement hydrothérapique; les maux de tête ont complètement disparu, et, au jour où nous imprimons ces lignes (1" juin), tout fait prévoir que notre jeune malade passera son baccalauréat à la fin de l'année.
Observation IV. — D..., âgé de treize ans, fils unique d'une mère bien portante et d'un père n'ayant éprouvé que de légères atteintes de rhumatisme musculaire. Cet enfant a toujours été d'une santé délicate. A deux ans, il eut une inflammation d'intestin assez grave ; à neuf ans , une angine couenneuse, qui fut suivie d'une coqueluche très intense et de très longue durée. L'enfant fit sa première instruction facilement. Ce fut sa mère qui s'occupa d'abord de lui ; il fut envoyé ensuite dans une école préparatoire jusqu'à neuf ans. Il avait, à cette époque, des maux de tête assez fréquents ; mais on les mettait, en général, sur le compte de troubles digestifs, l'estomac étant toujours resté fort délicat. A neuf ans, l'enfant fut placé au collège Sainte-Marie et y resta six mois, travaillant bien et obtenant les meilleures places. Mais, après ces six mois, il commença à éprouver des maux de tête qui, d'abord de courte durée, devinrent bientôt plus tenaces et le forcèrent souvent à interrompre ses études pendant plusieurs jours. Il
put néanmoins terminer son année scolaire et eut même un certain nombre de prix. On passa les vacances au bord de la mer, mais Tenfant n'y fut pas soulagé.
Il rentra au collège au mois d'octobre. Mais, au bout de peu de jours, les maux de tète qui n'avaient jamais complètement disparu, s'aggravèrent, et, cette fois, d'une façon si vive et si continue, qu'après différentes tentatives on dut se résigner à faire sortir l'enfant du collège. Différentes médications furent mises en usage, mais sans résultat. Le D' Bucquoy, médecin de la famille, conseilla le repos absolu et puis un séjour dans le Midi. Mais rien n'y fit et, vers le mois d'août, l'enfant revint à Paris dans le môme état.
A Pâques, on tenta de remettre l'enfant à l'école. A force de courage, il put suivre les cours pendant deux mois, mais, en juillet, vaincu par la souffrance, il dut y renoncer de nouveau et on le ramena à la mer. Cette fois encore, il n'y eut pas de changement bien appréciable dans sa situation.
Les vacances achevées, on plaça l'enfant à l'école de la rue de Madrid. Il y contracta la rougeole au bout de trois à quatre semaines. On espéra tout d'abord que cette affection aiguë allait débarrasser l'enfant de sa céphalalgie, mais il n'en fut rien. Bien au contraire, l'état empira de telle sorte qu'il fut bientôt obligé de quitter de nouveau l'école. Le D' Bucquoy fut alors d'avis de tenter la gymnastique et l'hydrothérapie, et on envoya l'enfant dans un gymnase. Mais il dut renoncer à ce mode de traitement qui parut aggraver ses douleurs. On lui donna alors un précepteur pour essayer de le faire travailler dans des conditions plus faciles. Mais, au bout d'un mois, l'abbé, chargé de cette mission, dit qu'il était impossible de faire étudier l'enfant, et il conseilla aux parents d'interrompre tout travail.
Au mois de juillet, on emmena l'enfant au Righi. Pendant tout le mois qu'il séjourna sur cette montagne, il se sentit réellement soulagé. Mais, dès qu'il fut descendu du Righi à Vevey, les maux de tête le ressaisirent. L'enfant y eut aussi des accès de fièvre, à caractère intermittent, qui venaient surtout la nuit. L'appétit fut troublé à partir de ce moment.
Au mois d'octobre, le D' Bucquoy conseilla d'essayer de l'école d'Arcueil où l'enfant se trouverait dans des conditions hygiéniques meilleures qu'à Paris. Mais les accès de fièvre devinrent plus forts. Ils apparaissaient avec beaucoup de
régularité vors cinq heures de Taprès-midi et duraient de trois à quatre heures. L'accès était nettement caractérisé par ses trois stades habituels. Le D' Bucquoy essaya en vain le sulfate de quinine contre cet état.
Au mois de novembre, le D' Bucquoy conseilla de recourir de nouveau à l'hydrothérapie, mais plus méthodiquement cette fois, et il eut l'obligeance de m'adresser le jeune malade. Celuici avait alors douze ans. Voici ce que l'examen du malade nous apprit. L'enfant se plaint d'une douleur, dont il fixe le siège dans la région frontale, et qui, dit-il, ne dépasse point la racine des cheveux. Quelquefois cependant, quand les symptômes sont très violents, après une tentative de travail, par exemple, la douleur s'étend un peu vers le sommet de la tète, mais elle ne gagne jamais la région occipitale. L'enfant comn arc cette douleur à une pression très énergique. « C'est con^ * • Ton me griffait dans l'intérieur du crâne, comme si i on m'y pinçait », dit-il. Cette douleur est par moment très vive. Il la sent, en général, le matin dès son réveil, mais elle est alors supportable. Elle s'aggrave toujours dans la matinée, surtout si l'enfant veut s'appliquer. Il y a une légère rémission immédiatement après le déjeuner. Il dort bien, mais tardivement quelquefois. La mémoire reste excellente. L'enfant est très afTecté de son état ; il est animé des meilleures intentions et ne désire que reprendre ses études. Malgré ces interruptions, il sait bien ce qu'il a appris, et l'avis de son professeur d'Arcueil est qu'il rattraperait rapidement ses camarades, s'il pouvait travailler avec un peu de suite. L'enfant se plaint d'avoir toujours les pieds et les mains glacés, surtout quand le mal de tète est plus fort, et cela môme pendant les plus grandes chaleurs.
Le changement de temps ne parait pas l'impressionner. 11 n'a jamais eu de douleurs rhumatismales.
Les accès de fièvre revenaient à cette époque tous les jours à cinq heures.
L'enfant commença son traitement le 10 novembre. Douche froide matin et soir. Au bout de huit jours, la fièvre fut coupée. La douche de l'après-midi fut donnée d'ailleurs vers quatre heures et demie, pour obtenir l'effet anti-périodique. Celui-ci se manifesta dès le début du traitement à peu près comme l'a indiqué Fleury, c'est-à-dire que les accès s'éloignèrent et diminuèrent d'intensité. Au bout du dixième jour, ils avaient totalement disparu. La douleur de tête subit aussi rapidement
rinfluence du traitement. Vers la sixième semaine, elle avait presque totalement cédé, et Tenfant put commencer à lire un peu. On se contenta cependant de lui donner une gouvernante allemande, qui lui enseigna cette langue, dans laquelle il ût de rapides progrès. A partir du mois de février, il put recommencer des études plus sérieuses et travailler une ou deux heures par jour, tout en suivant son traitement. Enfin, au mois de mai, l'état parut si satisfaisant au D' Bucquoy, qu'il consentit à ce que l'enfant retourne au collège d'Arcueil. Mais la séparation impressionna vivement l'enfant. Il eut, le soir de son entrée, une crise de désespoir très grande. Il surmonta cependant son chagrin et se remit avec ardeur au travail. Mais^au bout de quelques semaines, l'état céphalique reparut et s'aggrava rapidement. On temporisa quelques jours, mais on dut bientôt faire quitter le collège à l'enfant. Comme la saison s'avançait, le D' Bucquoy conseilla aux parents de se rendre avec l'enfant aux eaux de Saint-Nectaire, dont il avait souvent constaté l'heureux effet dans cette affection. Pendant tout le temps du séjour à Saint-Nectaire, l'enfant se porta très bien ; mais, à peine rentré à la campagne, il fut repris de sa céphalée. Il retourna malgré cela à l'école au mois d'octobre, mais dut la quitter vers le milieu de novembre, pour recommencer son traitement hydrothérapique. En peu de jours, les douleurs disparurent une nouvelle fois, et l'on se proposait de remettre l'enfant en classe, quand, le jour de Noël, étant à l'église, il fut repris subitement de ses douleurs, et cela avec une très grande intensité.
Observation V. — D..., âgé de quinze ans, né de parents bien portants; pas de diathèse dans la famille. Le jeune malade a eu la fièvre typhoïde à l'âge de deux ans, et, peu après, la scarlatine. Il s'est ensuite bien porté jusqu'à l'âge de onze ans où il entra au collège Sainte-Marie comme pensionnaire, après avoir commencé son instruction à la maison. Un jour que la fenêtre était restée ouverte dans le dortoir, il se réveilla le matin avec de la fièvre et un violent mal de tête qu'il compare à celui qu'il a ressenti depuis. On fit revenir l'enfant à la maison, et on le soigna pendant une huitaine de jours, après lesquels il se porta de nouveau bien et put reprendre ses études. Mais, dansles derniers mois de l'année scolaire, les douleurs de tête reparurent avec assez de violence. Doué de beaucoup d'énergie et d'amourpropre, l'enfant n'en persista pas moins dans ses études, et il
i2 CLINIQUE NERVEUSE.
eut neuf nominations à la distribution des prix. Pendant ces deux mois, la douleur de tête ne se manifestait du reste qu'après le travail; elle cessait le soir, aussitôt qu'il était au lit. L'enfant passa Tété à la campagne, et là, les douleurs de tète cessèrent complètement. Du reste, il n'étudia que très peu durant toute cette période, et mena au grand air une vie très active.
En octobre, il retourna au collège. Pendant les trois premiers mois, tout alla bien. Mais, après cette époque, le mal de tète reparut, et il s'aggrava bientôt tellement que l'enfant dut quitter le collège au mois de janvier. M. Maurice Raynaud conseilla alors l'hydrothérapie. Mais, au bout de trois semaines, on dut y renoncer, les douleurs paraissant s'aggraver. L'enfant resta chez lui jusqu'au mois de juillet. On l'envoya alors à Bagnères-de-Bigorre ; mais le traitement n'eut point d'action favorable, et il revint des eaux comme il y était allé. On essaya de le remettre au collège, mais en vain. On lui donna alors un précepteur, qui le fit travailler une ou deux heures par jour, avec beaucoup de difficulté. Au bout d'une heure d'application, les douleurs revenaient avec une telle intensité qu'on était obligé de suspendre la séance.
L'été suivant, on fit une saison à Bourbonne-les-Bains, qui ne donna pas de résultat. L'hiver de 1881 à 1882 se passa comme les précédents, sans que lenfant put travailler plus d une heure par jour. Au mois de mai, le D' Jules Simon, qui avait remplacé M. Maurice Raynaud dans la famille, m'adressa le jeune malade, pour reprendre la cure hydrothérapique.
A ce moment, l'enfant avait quinze ans. Il y avait quatre ans qu'il était souffrant, et près de trois ans qu'il avait quitté l'école. Il nous dit ressentir une douleur sur le devant du front. Il compare cette douleur à quelque chose qui le serrerait violemment dans la profondeur du cerveau. La douleur devient presque aiguë à certains moments. C'est alors, dit-il, comme si on le tenaillait dans ce point. La douleur reste limitée au front. Cependant, à certains moments, il éprouve une sensation de vive chaleur sur le sommet de la tête. A la pression, pas de douleur sur aucune partie du crâne.
Le sommeil est en général très calme et, quand il se réveille, il ne sent pas sa douleur. Celle-ci ne le reprend que vers dix heures ou plus tôt, s'il se met au travail. Souvent, le visage est un peu congestionné, les joues et les oreilles sont chaudes.
Le déjeuner fait disparaître la douleur pour une heure environ. Il souffre autant debout que couché. Le grand air le soulage et il passe actuellement une partie de la journée en vélocipède. Le temps froid et le vent sec lui sont désagréables. Les pieds sont habituellement froids. L'appétit est bon, la digestion aussi. Le moral, qui a été très affecté, il y a un an, est de nouveau meilleur.
Au moment où le malade nous est amené, il peut à peine travailler une heure par jour, le matin. La cure fut commencée le 10 mai. Le résultat en fut très rapide. Dès les premières douches, il y eut une accalmie assez marquée après chaque séance et, au bout d'un mois, l'enfant n'éprouvait plus ses douleurs que tous les deux ou trois jours et particulièrement quand, pour une raison ou pour une autre, il n'avait pas pris sa douche. Au mois de juillet, elles avaient presque totalement disparu, le travail pouvait être soutenu sans peine, plusieiu:s heures de suite. L'enfant partit pour la campagne vers les premiers jours d'août dans un état excessivement satisfaisant. Il revint à Paris au mois d'octobre, absolument bien portant, et retourna au lycée, pour la première fois depuis trois ans. Il a continué ses douches, et, au jour où nous écrivons ces lignes, il n'a pas eu de rechute, et il est un des premiers élèves de sa classe.
J'ajouterai à cette observation que la mère m'amena dans les quinze derniers jours son jeune frère, âgé de onze ans, qui commençait à présenter des symptômes analogues à ceux de son aine : ils disparurent avec quelques douches. Mais, à la rentrée, ils ont reparu un peu, et l'enfant vient de reprendre son traitement tout en continuant à suivre les classes.
Observation VI. — D..., âgé de treize ans, me fut adressé au mois de mars 1879 par mon ami le D'Gheurlot. Cet enfant n'a jamais été bien malade. La famille n'est pas arthritique. Il est entré de bonne heure au lycée Fontanes dont il a suivi les cours avec laplus grande régularité. Il a toujours bien travaillé et on le compte parmi les meilleurs élèves de sa classe. Depuis environ six mois, l'enfant se plaint de maux de tète qui, assez faibles au début, sont allés toujours en augmentant. Depuis quelques semaines, ils ont pris tant d'intensité que les parents ont dû faire quitter pendant plusieurs jours le lycée à l'enfant, pour lui donner un peu de repos. Mais, comme les douleurs n'ont pas cessé pendant cette interruption, et que
l'enfant est plein d'ardeur pour ses études, il a voulu reprendre malgré ses souffrances. Ce n'est cependant qu'avec de grands efforts de volonté qu'il parvient souvent à terminer sa classe. Interrogé sur le siège et la nature de sa douleur, Tenfant nous dit qu'elle ne réside que sur le devant du front. Il lui semble que sa tête se resserre dans ce point, qu'il y a quelque chose qui le comprime violemment. Le sommeil est conservé. Le matin, au réveil, l'enfant ne souffre pas, mais les douleurs reprennent aussitôt qu'il s'applique. Les pieds et les mains sont habituellement froids. L'appétit et la digestion sont bons ; il y a une certaine constipation. Le moral est affecté, au dire de la mère. L'enfant fuit volontiers les distractions depuis qu'il est souffrant. Les résultats du traitement hydrothérapique furent très rapides dans ce cas. Pour pouvoir continuer ses études, l'enfant ne vient prendre qu'une douche par jour, le soir après la classe. Malgré ces conditions imparfaites, les douleurs diminuèrent dès les premiers jours, et elles avaient presque totalement disparu au bout de quelques semaines. L'enfant put terminer son année scolaire de la façon la plus satisfaisante. Nous n'avons point revu cet enfant l'année suivante. Mais le D' Cheurlot nous a dit depuis qu'il avait continué à se bien porter, et qu'il avait passé en 1882 son baccalauréat avec d'excellentes notes.
Observation VIL — C'est celle d'un jeune Américain, qui nous fut amené par un de nos malades, pour lui faire suivre une cure hydrothérapique. Cet enfant n'avait jamais eu d* autre maladie que des fièvres intermittentes, qu'il avait contractées dans son pays; mais dont il était débarrassé depuis deux ans. C'était un beau et vigoureux garçon, fort intelligent.il avait rapidement appris le français depuis son séjour à Paris et s'exprimait très facilement. Depuis un an, il se plaignait de maux de tête siégeant sur le devant du front, et qui, disait-il, étaient devenus excessivement pénibles. Il avait commencé par fréquenter une école à Paris; mais, depuis qu'il avait ses douleurs de tête, il avait dû y renoncer complètement. 11 avait un professeur qui lui donnait des leçons à la maison ; mais ces leçons ne pouvaient être prises qu'avec la plus grande irrégularité.
L'enfant resta environ trois mois à Paris et suivit son traitement pendant tout ce temps. 11 était à peu près affranchi de ses douleurs, quand il quitta la France, et pouvait de nouveau travailler d'une façon fort satisfaisante.
Observation VIII. — X..., né d'un père rhumatisant, a commencé à souffrir de la tête à huit ans. La douleur était frontale et s'accompagnait d'élancements dans la profondeur. Le malade nous dit qu'il ressentait par moments comme un globe qui se resserrait d'une façon des plus douloureuse dans l'intérieur du cerveau. Cette année il ne put presque rien faire pour son instruction et passa tout l'été en Suisse. Au mois d'octobre il entra au lycée de Vanves, et il put y travailler durant toute une année. Mais, l'année suivante, le mal de tête reparut avec une telle intensité qu'on fut obligé de retirer l'enfant du collège. Le docteur Monod, son médecin, me l'adressa alors, pour le soumettre à un traitement hydrothérapique. Au bout de peu de semaines, ses douleurs avaient disparu et, au mois d'avril, il put reprendre avec fruit ses études, en continuant son traitement dans la mesure que lui permettait la règle du lycée. L'enfant atteignit ainsi l'âge de quatorze ans, n'ayant eu que de très légères rechutes, dues toujours à une interruption trop prolongée du traitement. Mais, au mois de septembre de Tannée 1879, il fut pris «l'une attaque de rhumatisme articulaire aigu généralisé. Il eut des maux de tête extrêmement violents pendant tout le temps de cette maladie, qui dura près de trois mois. Ces douleurs ressemblaient en tout point à celles qu'il ressentait habituellement et n'occupaient, même au plus fort des souffrances, que la région frontale. Il passa sa convalescence à Pau et puis à Biarritz. Mais dans cette station il se déclara une congestion cérébrale intense. Il perdit connaissance dès le début et eut ensuite des douleurs de tête atroces, que l'application continuelle de la glace pouvait seule calmer. En été, cure à Luxeuil ; elle fut mal tolérée. Ensuite saison de trois mois à Divonne qui fit beaucoup de bien, et permit à l'enfant de reprendre ses études à la rentrée. Mais les douleurs de tête reparurent, de telle sorte qu'il ne put travailler et échoua au baccalauréat. En 1881, cure à Wildbad, pendant laquelle les douleurs de tête augmentèrent de la matière la plus vive. Il se déclara aussi une nouvelle attaque de rhumatisme articulaire, mais elle ne dura que peu de temps. Un séjour dans la Forêt- Noire amena une nouvelle et sérieuse amélioration, et X... put reprendre ses études à la rentrée. Cette fois, il put travailler plus fructueusement et passer son baccalauréat au mois de novembre dernier. Cependant X... nous a dit que, dans les dernières semaines, les maux de tête étaient devenus de nouveau
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si violents que, quelques jours plus tard, il lui eut été impossible de se présenter à son examen.
Observation IX. — M*'° X..., née de père et de mère bien portants. Grand parents du côté maternel morts de la poitrine. Cette enfant, âgée aujourd'hui de douze ans, m'a été amenée, il y a deux ans, pour des maux de tête, qui préoccupaient beaucoup les parents. Il y avait un an qu'elle en souffrait. Ils étaient assez violents pour empêcher complètement les études. La douleur revêtait les mêmes caractères que ceux de nos malades précédents. Au bout de quinze jours de traitement, un confrère conseilla la cessation de l'hydrothérapie, par crainte d'une méningite. L'enfant resta deux ans dans le même état et m'a été adressée de nouveau, il y a quelques semaines, par M. le Dr Millard. Sous Tinfluence de Fhydrothérapie les maux de tête ont cédé cette fois rapidement. La malade continue son traitement actuellement.
Observation X. — X..., âgé de dix ans. Il est le fils d'une dame hystérique, actuellement en traitement à notre établissement. Il a ressenti, pendant toute l'année scolaire passée, des douleurs frontales très vives qu'il compara à de violents coups de marteau. Les douleurs, faibles le matin, s'exaspéraient le soir après la classe; il a dû souvent interrompre ses études pendant plusieurs jours de suite. Il a passé ses vacances dernières tout entières à la campagne et aux bords de la mer ; il en a obtenu un excellent effet. 11 a pu reprendre ses classes à la rentrée et a été placé à l'institution Sainte-Barbe de Fontenay-aux-Roses. Cependant, depuis quelques semaines, ses douleurs reparaissent de temps en temps. C'est un garçon intelligent et travailleur.
Observation XI. — X-.., âgé de douze ans. Sa mère a eu des coliques hépatiques. Rien à signaler de particulier dans la première enfance, si ce n'est une tendance à l'urticaire qui a été heureusement modifiée par deux cures à Uriage.
L'enfant a été placé à sept ans et demi dans ujie école préparatoire, et, depuis deux ans, il suit les cours du lycée. Il a toujours appris facilement et c'est un élève très studieux.
Les maux de tête ont débuté chez lui il y a dix-huit mois, mais, pendant toute une année, ils ont été passagers et peu intenses. Ce n'est que vers la fin de l'année scolaire passée qu'ils
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ont commencé à troubler un peu le travail. Mais, à la rentrée suivante, au bout d'une quinzaine de jours, ils sont devenus si persistants et si forts que Tenfant était souvent obligé de rentrer à la maison après le déjeuner et de cesser tout travail. Depuis quinze jours on s'est décidé, sur Tavis du D' Manigault, à lui faire interrompre ses études complètement et à le soumettre à rhydrothérapie.
État actuel, — L'enfant est un peu pâle ; il a beaucoup grandi, au dire de son père, dans les deux dernières années ; il va avoir douze ans. Il se plaint d'une douleur siégeant au front, et qu'il compare à un sentiment très douloureux. Le mal va en augmentant dans la journée et souvent est plus fort après les repas. L'appétit, le sommeil sont bons; l'enfant n'est pas fatigué physiquement, il peut se promener très longtemps, le moral n'est pas afTecté. Dès les premiers jours du traitement il y eut une amélioration sensible. Au moment où nous publions ces lignes, l'enfant ne se plaint plus de ses douleurs.
{A suivre,)
PATHOLOGIE xMENTALE