‹ Archives de neurologie (volume 4)Chapitre 20 sur 51 · IDIOTIE ET BPILBPSIB PARTIELLE · texte numérisé non relu

IDIOTIE ET BPILBPSIB PARTIELLE

épais, très dur; bosses frontales égales, peu saillantes; bosses pariétales très proéminentes ; la tète est relativement volumineuse surtout dans sa partie postérieure (diamètre antéro-postérieur de la calotte crAnienneo- 47 centimètres; transverse U centimètres)* Base du crâne symétrique. Liquide céphalo-rachidien un peu plus abondant qu*à Tétat normal. La pie-mère est louche en un grand nombre de points et offre une vascularisation asaez prononcée, représentant des lésions d'âge différent. Les divers organes de la face inférieure du cerveau sont symétriques; les faces internes des lobes frontaux sont unies par quelques adhérences.

Encéphale^ 930 grammes; cervelet et isthme, 430 gr.; hémisphère droit, 335 gr. ; hémisphère gauche, 425 gr. Les hémisphères du cervelet sont égaux et normaux.

Hémisphère droit. — Les circonvolutions frontales sont assez développées, assez plissées ; la pie-mère se détache bien au niveau des 4'o et 3* circonvolutions; mais, au niveau de la 2% on enlève avec elle la couche superficielle de la substance grise dans la moitié de son étendue. La circonvolution frontale ascendante est comme hypertrophiée dans sa moitié supérieure ; la pie-mère ne lui adhère qu*à son extrémité tout à fait inférieure. Le sillon de Rokmdo est assez profond et normal. La circonvolution pariétale ascendante n'est libre d'adhérences que dans les 2/4 moyens de sa face antérieure; elle est comme atrophiée dans toute sa hauteur, et surtout dans sa moitié supérieure où elle n'atteint que le quart de la largeur de la partie correspondante de la frontale ascendante. Le sillon qui limite en arrière la pariétale ascendante, présente dans toute sa hauteur une sorte d'infiltration cellulaire et a une coloration noire-ocreuse.

Tout le lobe pariétal, et la partie postérieure des circonvolutions temporales sont adhérents, sauf en quelques points, à la pie-mère qui s'enlève difficilement; sur certaines circonvolutions même, en décortiquant, on enlève toute la substance grise et on met à nu le squelette de substance blanche, laquelle est indurée et atrophiée. Ce foyer se prolonge en avant sur toute la première circonvolution frontale où se trouve cette dernière lésion, ainsi que sur les deuxdigitations postérieures du lobule de finsula qui sont atrophiées et indurées. On détache facilement la pie-mère des digitations antérieures du lobule de l'insula, de l'extrémité antérieure du lobe temporal, de la face inférieure du lobe frontal, de la face convexe du lobe occipital et de la face interne des lobes temporo-occipitaux.

A la face interne, on trouve quelques adhérences superficielles à la partie moyenne de la circonvolution du corps calleux ; à la partie supérieure de la première circonvolution frontale, il existe des adhérences plus marquées, et une atrophie relative delà partie supérieure du lobe carré, qui limite en dedans le foyer décrit plus haut.

244 RBCUBIL DE FAITS.

Le ventricule latéral offre une dilatation uniforme ; mais une couche encore assez épaisse le sépare du foyer.

Hémisphère gauche. — Les circonvolutions sont bien développées et mn disproportionnées comme de l'autre côté. En décortiquant la pie-mére, on enlève en un certain nombre de points une couche plus ou moins épaisse de substance grise, notamment: 4 <» sur toute la moitié postérieure de la première circonvolution frontale; 2« sur toute la partie moyenne des frontale et pariétale ascendantes; 3» sur r extrémité supérieure de ces detix circonvolutions; 4« sur quelques points de la deuxième frontale, (la troisième frontale est à peu près saine) ; 5^ sur les deux premières temporales et sur le pli courbe.

. A la face interne, on note quelques adhérences au niveau du lobe carré, du lobe temporal, à la partie antérieure du lobe paracentral, à la partie avoisinaute de la 1'* frontale et enfin à la partie antérieure de la circonvolution du corps calleux.

Réflexions. — I. Il s'agit, ici, d'un enfant qui, sauf quelques convulsions légères et éloignées, survenues de deux mois à deux ans, se développait normalement tant sous le rapport physique qu'au point de vue intellectuel, lorsque, à trois ans, il fut atteint d'une méningite aiguë grave. Durant la convalescence, on remarqua seulement qu'il avait le côté gauche plus faible : ce qu'expliquent les lésions étendues de Y hémisphère droit qui pèse cent vingt grammes de moins que le côté gauche.

IL Alors que Tenfant semblait rétabli, il a été pris de vertiges, d'abord très distants, puis de plus en plus rapprochés. Bientôt des accès d'épilepsie vinrent s'y ajouter.

IIL Sous Tinfluence de ses accès, et surtout des vertiges, les facultés intellectuelles, qui, dit-on, n'avaient guère été modifiées par la méningite^ ont décliné avec une grande rapidité et l'enfant ne tarda pas à offrir tous les symptômes cliniq^ies de ïidiotie complète : parole embarrassée, mémoire affaiblie et ensuite presque nulle, difficulté progressive de la marche, bave, gâtisme, perte des sentiments affectifs, etc., etc.

Cet ensemble symptomatique, que l'on a coutume de désigner sous le nom d'idiotie, nous parait beaucoup plutôt comparable à la démence paralytique et, n'était le langage reçu, nous préférerions cette dernière dénomination.

En nous fondant sur les antécédents et sur Yétat du malade à l'entrée, nous avons porté le diagnostic : méningo-encéphalite chronique, que l'autopsie est venue confirmer.

ly. Les lésions observées à l'autopsie rendent parfaitement compte de la déchéance des facultés intellectuelles. Relevons

Page 1