‹ Archives de neurologie (volume 4)Chapitre 27 sur 51 · ENTRETIEN DES ALIENES · texte numérisé non relu

ENTRETIEN DES ALIENES

.On sait qu'aux termes de rarllcle 28'de)a loi du 30 juin 1838 sur les aliénés. Les hospices sont tenus envers les départements à une indemnité proportionnée au nombre des aliénés qui étaient entretenus antérieurement dans ces hospices, en- vertu de fondations spéciales, et qui ont élé placés, depuis 1838j dans un asile dé^partemental. ^Lorsqu'une contestation s'élève enlr^ un départeniQnt

et un hospice relativement à cette contribution, il est statué par le^ Conseil de préfecture. : l

. La situation qui précède semblait être celle des hospices de Toulouse: depuis 1818, ils receTaient gratuitement les aliénés de l'arrondissement. Aussi, en 1,838, leur imposa-t-on, eu les déchargeant de cet entretien^ une subvention au profit du département chargé de ce service. Dans ces dernières années^ la Commission administrative des hospices civils de Toulouse éleva, devant le Çon-. seil de préfecture delà Haute-Garonne, la prétention d'être dé-, chargée de cette contribution. Sa demande ayant été réponssée, le Conseil d'Etat au contentieux a statué sur l'appel formé contre cette décision.

La Commission administrative alléguait que, si led hospices rece^ vaient autrefois gratuitement des aliénés, c'était non en vertu de-, fondations affectées à ce service, mais en vertu d'un simple usage, qui, bien que constant, n'avait pu devenir, en 1838, le principe, d'une subvention envers le département. Le Conseil d'Ëtat, condr-! mant une jurisprudence antérieure, a décidé que, malgré l'absence de fondations, le fait d'avoir constamment reçu gratuitenient des' aliénés, suffisait pour imposer aux hospices la charge d'une pçirtie du service, aujourd'hui départemental, des aliénés.

Le Conseil d'Etat a également statué sur un recours formé devant le Conseil d'Etat par la ville d'Angers, contre un arrêté d» Conseil de préfecture de Maine-et-Loire. Cet arrêté avait rejeté la demande de la ville, tendant à jce qu'il fût déclaré que les indem? nités payées par la ville d'Angers au département,; pour l'entretiei^ des aliénés dans l'asile départemental faisaient double emploi avec celles que payaient les hospices d'Angers,

Le Conseil d'Etat, considérant quç le litige s'élevait ici entre une commune et des hospices, au sujet de leur part respective dan4 la dépense du service des aliéaés; que, d'ailleurs, la subv.eilli'on de la ville est réglée définitivement par le Conseil général, qui â décidé que la juridiction administrative était incompétente pour connaître de la question. En conséquence, il a annulé l'arrêté du Conseil de préfecture, et s'est lui-même déclaré incompétent au fond. (Conseil d'Etat statuant au contentieux.)

A PROPOS DBS ANESTHêsiQUBS.

La question des anesthésiques étant toujours Tobjet des préocr cupations du Corps médical, nous avons pensé curieux de rèpro* duire le chapitre suivant de la réimpression du livre de Jean Wier: Pistoires, disputes et discours des illusions et impostures de.s diabfesi qui composent l'un des volumes de la Biidioihéque diabolique. . ,

De quelques medicamens naturels^ qui endonmemt & for le moyen de/quels les farcieres fani quelques/ois trompées s Item de leurs ouguens^ & de quelquesplantes endonuamtes, qui troublent merueilleufement Fefprit.

Quekjues fois pour mieux £iire valoir la marchandire , les forcieres s'aident d'aucuns medicamens naturels : par lefqueb^ après quelles Te font oinâes & frotees tout le corps (félon qu'elles font enfeignees par leur maiflre cauteleux) elles penfent & s'afTeurent pouuoir incontinent pafler par la cheminée^ & voler en Tair ça & là^ pour affilier aux dances, aux banquets delicau, aux embraflemens & fpeâades de chofes agréables : lefquelles toutefois ce fubtil ouurier leur reprefente par fonge, pendant que fans y penfer, elles font tombées en vn profond & léthargique fomme, incontinent après qu'elles fe font oinâes de Tonguent endormant. Et afin que Ion ne penfe que ce que ie dis foyent fables, i*ay bien voulu tranfcrire ici ce que lean Baptifle Pone Neapolitain, fubtil recercheur des caufes cachées, a efcrit au fécond liure de fa Magie naturelle, ou bien des miracles des chofes naturelles : La desbordee cupidité, dit-il, a tellement gagné l'entendement des hommes, que mefmes ils abufent des chofes que la nature leur a données pour leur commodité : fi bien que les forcieres compofent des onguens de plufieurs de ces chofes brouillées : & encore qu^elles y meflent plufieurs chofes fuperftitieufes, fi eft-ce que qui regardera de près, verra que les efeâs procèdent de la vertu naturelle. le raconteray ce que i*ay entendu. Elles font d'elles bouillir vn enfant en vn vailTeau de cuyure, & en prenent la graifle qui nage au deiïus, & font efpaiffir le dernier bouillon en manière dVn confumé : puis elles ferrent cela pour s'en aider à leur vfage : elles y meflent du perfil, de Teau de rAconite, des fueiiles de Peuple & de la fuye : ou bien elles font en cefte manière. Elles meflangent de la Berle, de TAcorum, vulgaire de la Quinte-fueille, du fangde chauuefouris, delà Morelle endormante, & de l^huyle. Ou bien fi elles font des autres compofitions, elles ne font diflemblables de cefle ci. Elles oignent auec ceft onguent, toutes les parties du corps, les ayant auparauant frottées iufques à les faire rougir, afin d'atirer la chaleur, & relafcher ce qui eftoit eftrainâ par la froidure. Et afin que la chair fott relâchée, & que les pertuis du cuir foyent

ouuerts, elles y meflent de la graiiTe ou de Thuyle : il n*y a point de doute que ce ne foit afin que la vertu des fucsdefcende dedans^ & qu^elle foit plus forte & puîCTante. Ainfi penfentelles eftre portées de nui£l à la clarté de la Lune par Pair^ aux banquets, aux mufiques, aux dances, & aux embraOTemens des plus beaux ieunes hommes qu^elles défirent. Telle eft la vertu deTimagination, & reffeèldes impreflions, que prefque toute cette partie du cerueau que Ion nomme memorative, en eft remplie. Et pour autant que de leur naturelle inclination elles font adonnées à croire de léger, elles prenent tellement ces imprenions, que mcfme les efprits en font changez, & iour & nuit nepenfentàautrechofe. Encorey font-elles plusprompies, dautant qu^elles ne viuent communément que de poires, racines, chaftaignes, & légumes. Ainfi que ie m*eforçois de defcouurir ces chofes plus foigneufement (car i*en eftois encore en doute) ie rencontray vne certaine vieille^ du nombre de celles que Ion nomme forcîeres, & qui fuccent le fang des petits enfans au berceau. Cefte vieille, de fa propre volonté, me promit qu'en bref elle m'en donneroit refponfe : elle commanda que tous ceux qui eftoyent auec moy, & qui euffent peu îeruir de tefmoins, fortiflent dehors, ce qui fut fait : puis nous la vifmes par les fentes de la porte, qu'elle fe frota tout le corps d'vn onguent, comme elle tomba en terre par la vertu des onguens endormans, & entra en vn femme trefprofond. Nousouurifmes la porte, & entrafmes dedans, nous la commençafmes à fraper : mais fon fomme eftoit fi fort, qu onques elle n'en fentitrien. Ainfi nous retournafmes hors la porte : & cependant, la force des onguens eftant diminuée elle fe refueilla, & nous conta plufieurs folies : afauoir qu'elle auoit pafTé la mer & les montagnes, & rien ne nous refpondoit qui ne fut faux. Nous luy nions tout, & elle Tafermoit dauantage : & encore que nous luy monftriffions le marques des batures, fi eft-ce qu'elles sbbfiinoit dauantage. Voila ce qu'en efrit I. Baptîfte Porte.

Hierosme Cardan fait mention dVn onguent prefque femblable à ceftuy-ci, par l'onâion duquel il apert que Ion void merueilles, car il parle là des chofes qui ne font point, & toutesfois font veuës. Il eft compofé de graifTe d'enfant (comme ils difent) de fuc d'Ache, d'Aconite, de Quîntefueille, de Morelle, & de fuye. Toutesfois on croid qu'elles dorment cependant qu'elles voyent ces chofes. Elles penfent

voir des théâtres, des beaux iardins, des banquets, des beaux ornemens, des veftemens, des beaux ieunes hommes, des Rois^ des Magiftrats : & mefme, toutes chofesdefquelles elles fedele£lent, & dont elles penfent eftre iouiflantes. Elles voyent aufli des diables, des corbeaux, des prifons, desdeferts, & des tourmens. Voila doncques les caufes des fonges violens. Il ditauffî qu^elles viuent d'ache^ de chaftaignes, de feues^ d'oignons, de choux, & de phaifols : toutes lefquelles chofes efmeuuent des fonges turbulens. Et ainfî endormant elles penfent eftre portées en diuerfes régions, & là auoir plufieurs afeélions, félon la complexion dVne chacune d^elles : & le tout par Taide de Tongucnt. Tadioufteray ici vne huyle qui n'a pas moins de vertu à faire dormir longuement & profondement. Prenez de la graine d'yuraye, d'hyofcyame, ou hanebane, de ciguë, de pauot rouge & noir, de laiâue, de pourpier, de chacune quatre parties, de Therbe, nommée Belle-done par les Italiens, vne partie : faites de Thuile de toutes ces chofes félon Part, & en chacune once d'icelle meflez vn fcrupule d'opiumïque Theba. Puis prenez vn fcrupule ou vn fcrupule & demi de cefte huile, & il en enfuyua vn fomme de deux iours. l'efcrirois volontiers en cet endroit d'vne liqueur, laquelle fait dormir incontinent qu'elle eft prife feulement à la quantité d'vne goûte ou deux : & qui mefme fait dormir autant d*heures que Ion en prend de goûtes : toutesfois il vaut mieux ne la diuulguer. Ainû doncques il y a plufieurs plantes conues par ceux qui entendent les chofes naturelles : comme Tyuraye, Therbe que les Italiens nomment Belle-done, Topium, l'hyofcyame, la ciguë, les efpeces de Pauot, la Morelle furieufe, & plufieurs autres, par lefquelles l'entendement eft ofté, ou du tout troublé: tellement que celuy qui en vfera, femblera eftre fol en parlant, en oyant, & en refpondant : ou bien il tombera en vn profond fommeil par Pefpace de quelques iours : Tvfage de toutes lefquelles chofes i^ay mieux aimé taire, comme font aulïï les eaux, les vins, les poudres, les trochifques, les huyles, & le moyen de les compofer : qu'en les efcriuant donner occafion à quelcun d'en abufer. Car Tauteur bénin de tout bien, a toufiours donné Tefprit, lequel fait proufiter & aide, & non celuy qui fait le mal & qui aporte nuifance. Toutesfois afin que Ion s*en donne garde, i'adioufteray deux hiftoires aflez profitables touchant la vertu de ces médecines endormantes.

Il y auoit vne femnje vn peu trop adonnée à fon proufil & aflez conue (louiesfois elle eft defia morte) laquelle auoit loué par plufieurs iours, des bateurs en grange : & à celle fin qu'elle les nourrift à plus petis frais, elle auoit faitamafler de Tyuraye, qu'elle fit moudre & méfier auecques de la farine de feigle, & en fit du pain. Mais après que les bateurs en eurent mangé, ils entrèrent premièrement en vne longue folie : puis cftans esblouis & lafîezde tourner, ils tombèrent tous en vn profond & long fomme : tellement qu'au lieu de faire la befongne de la vieille, ils ronfloyent incelTamment : ce qu'ils continuèrent tant qu'elle fe fut aperceuë, au bout de deux ou trois ioursj de la faute qu'elle faifoit & iufques à ce qu'elle euft fait changer le pain.

Davantage Renier Solenandre, do£leur médecin fort expérimenté en l'obferuation & vfage de plufieurs chofes, qui efl mon compagnon en Teftat de noftre iref-illuftre Prince, & qui m'a communiqué les chofes qu'il auoit obferuees apartcnantes à ce mien traifté, m'a raconté que lors qu'il eftudioit à Louuain, lan mil cinq cens quaranteneuf, fous Hierome Brachel, il vid l'enfant de Seruais Saflen libraire, eftre tourmenté d'efmerueillables fymptomes, pour auoir mangé vne grapette de Therbe nommée belle-done, laquelle par cas fortuit & fans y penfer, comme efiant ignorant des chofes, à caufe de la ieunefie, il auoit (penfant par aueoture que ce fut vne cerife) cueillie& mangée au iardin de Gemme Frifon fon voifin,* lequel pour lors prenoit plaifir à efleuer cefte plante qui eftoit en fleur, auec quelques autres. Le petit enfant deuint premièrement furieux & n'auoit conoiflance ni de perc ni de mère: puis il commença à aparoiftre languifiant & de corps &d'efprit. Monfieur Brachel efiant appelé, s'efmerueilla de ces accidens fi fubits & dangereux : puis efiant entré en foupçon que parauenture il auoit pris quelque venin maniaque^ il s'en quit du lieu où iIauoitefié^& ce quec'ed qu'il auoit fait. On luy refpondit qu'il auoit efté iouër au iardin de Gemme Frifon, & que Ion l'auoît veu à lentour de la plante de laquelle il auoit tiré quelques grappettes. Toutesfois auant que Ion euft defcouuert cela, il eftoit defia tombé en vn fomme tellement profond, que Ion ne l'en peut retirer iufques à vingt & quatre heures après, qu'eftantefueillé de foy-mefme, il commença à conoiftre premièrement fon père, & puis les autres : fi eftoit-il toufiours vn peu endormi, iufqu'à ce que Ion lui'

eut fait ufer de quelques remèdes, félon Tart commun^ par lefquels il fut du tout guéri.

Ce qui auint a vn Gentil-homme Gafcon, eft encore beaucoup plus efmerueillable, d'autant qu'il femble eftre ridicule, & toutefois digne de commiferation. Ce pauure homme ayant efté pris par les Turcs fur le chemin, & mené en Italie, fut donné à vn grand Seigneur, qui eftoit Beglierbeg, comme ie penfe, delà le Bofphore de Thrace, & Capitaine de gendarmes en la Macédoine. Il fut aCTez humainement receu au commencement félon la manière de faire des Barbares, pour autant qu*ils Tauoyent dédié pour le plaifir du Seigneur, à caufe qu^il efloit ieune & beau. Or auint vn iour qu^à force de boire & de manger plufieurs & diuerfes viandes, il tomba en vn fomme qui lui dura trois iours : à la fin duquel eftant efueillé & voulant vriner, il aperceut que Ion luy auoit coupé les genitoires : & lors tout edonné il conut combien il auoit dormi, &pourquelle raifon onPauoit traité fi opulemment & délicatement, & mefme de quelle viande il efloit entré en ce fomme fi profond. Il retourna en fin en fon païs, & allégua cède caufe, pour laquelle il fe pafiferoit aifément d'edre marié. Albert le grand & Diofcordei, efcriuent que Ion trouue en Egypte vne pierre nommée Memphyte (à raifon de la ville de Memphis), laquelle edant mife en poudre, & beuè auec de Teau & du vin, fait vn lel endormilfement de tous les fens que Ion ne fent aucune douleur. Cela e(t allégué parles lurifconfultes, lors qu'ils efcriuent des géhennes & tortures.

Nominations et promotions. -^ M. Pjchenot, ancien interne de Tasile d'Aix, a été nommé médecin adjoint de Tasile de Bassons (2« classe), en remplacement de M. Dauthony, non acceptant. — M. GiRMo, ancien interne des asiles de Montauban, Blois et Charenton

été nommé médecin adjoint (2* classe) de l'asile de Saint-Lac à

Pau, en remplacement de M. H. Vedie, mis en disponibilité sur sa demande. — Dans la séance du 22 mai, M. Lunier a été élu membre de l'Académie de médecine (section d*hygiène, de médecine légale et de police médicale).

Faculté de médecine de Paris. — Le concours pour la place de chef do clinique des maladies du système nerveux vient de se terminer par la nomination de M. le D' P. Marie. — M. le D' R. Blanchard vient d'être nommé professeur agrégé à la suite du dernier concours. — Nos lecteurs apprendront avec plaisir la nomination de nos deux amis et dévoués collaborateurs.

Asile d'aliénés de Bordeaux. — Par décision ministérielle, des consultations gratuites pour les maladies mentales et nerveuses auront lieu, à Tasile des aliénés, le mardi et le samedi de midi à deux heures. {Gaz, hebd, des sciences médicales, de Bordeaux.) — C'est là une excellente mesure qu'on ne saurait trop généraliser, car elle permettrait de soigner, en dehors de l'asile, un certain nombre de malades. Nous sommes convaincu que le traitement externe des aliénés est appelle à rendre de grands services. Rappelonsy à cette occasion, qu'il existe depuis plusieurs années à l'asile clinique Sainte-Anne et k la Salpétrière^ et enfin que, à Bicôtre, les médecins donnent quotidiennement des consultations. Toutefois, tandis que, dans les deux premiers établissements que nous venons de citer, les médicaments sont donnés gratuitement, il n'en est pas encore de môme à Bicêtre où l'Administration tolère seulement la délivrance de bons de bains ou de douches.

Asile d'aliénés de Bron. — Le lundi 3 décembre 4883, il sera ouvert à la Faculté de médecine de Lyon un concours public pour la nomination de deux internes titulaires et de deux internes suppléants, appelés à faire le service de médecine à l'asile de Bron, du {«'janvier 1884 au 31 décembre 4 886, c'est-à-dire pendant trois ans.

Les internes titulaires seront logés, nourris, chauffés et éclairés, et recevront un traitement de 600 fr. pour la première année et de 800 fr. pour les deux autres. Ce traitement pourra ôtre exceptionnellement porté à 1,000 fr. Les internes suppléants recevront le traitement et les avantages en nature des internes titulaires qu'ils sont appelés à remplacer. (Lyon médical.)

AsiLB d'aliénés du Var. — Dans sa séance du 2 juillet, la Chambre des députés a adopté un projet de loi autorisant le département du Var à emprunter une somme de 4 ,400,000 fr. applicable à la construction d'un asile public pour les aliénés.

NÉCROLOGIE. — M. le D' Petit, médecin en chef du quartier réservé aux aliénés à l'hospice Saint-Jacques de Nantes, est décédé le 8 juin. — Le D' U.-B. Wilbur, médecin en chef de l'asile des idiots

de Syracuse (État de New- York), est mort subitement le i" mai. . {Journal of Insanity.) — M. le D' DuiioNT(de Monteux), bien connu par son Testament médical et par le récit de ses névroses, est mort au mois de juillet, à Rennes; il était âgé de qualre-vinpt-un ans.

Société française de tempérance. Programme (ksprix et récompenses à décerner en 1884. — Le Conseil d'administration de la Société, dans sa séance du 6 juin i88f , a décidé : !• que tous les travaux se rapportant à la tempérance et aux boissons alcooliques envisagées sous le rapport soit de leur composition, soit de leur action sur l'économie, seraient admis au concours; — S*» que des récompenses pourraient être accordées aux travaux imprimés aussi bien qu'aux travaux manuscrits envoyés à la Société.

La Société ne met au concours aucune question spéciale, mais elle appelle particulièrement Tattention des concurrents sur les questions suivantes : De Talcoolisme héréditaire; — Action sur Téconomie des eaux-de-vie de cidre et de poiré; — Mesures qu'il convient de prendre à Té^^ard des ivrognes d'habitude.

Une somme de 2,0)0 fr. sera répartie entre les auteurs des mémoires couronnés. Les ouvrages ou mémoires devront être remis au secrétariat général de l'œuvre, rue de l'Université, 6, avant le 1" janvier de l'année 1884.

Exposition fréniatrique a Voghera. — Le quatrième congrès de la Société fréniatrique italienne doit avoir lieu au mois de septembre 1883, à Voghera. A celte occasion, on organise, dans la même ville, une exposition fréniatrique, d'un caractère exclusivement technique et scientifique, destinée à faire connaître les progrès récemment accomplis dans la science psychiatrique, dans l'organisation administrative, dans l'agencement technique des asiles d'aliénés.

L'exposition comprendra quatre catégories d'objets :

4 ** Appareils et instruments scientifiques pour l'étude somatique des aliénés ; figures et préparations relatives à l'anatomie et à l'histologie du système nerveux ;

2*^ Projets, plans, modèles relatifs à la construction des asiles, des cliniques psychiatriques, des sections pour idiots, pour agités, etc.;

3° Objets d'hygiène manicomiale et de mobilier spécial ; lits, sièges, portes, fenêtres, moyens de contention, appareils pour Talimentation forcée, appareils électro-lhérapiques, préparations chimiques, etc ;

4® Publications scientifiques, journaux de psychiatrie, de neurologie et d'anthropologie, rapports administratifs.

Les objets destinés à l'exposition doivent êtres adressés à la Commission ordonnati'ice de l'exposition fréniatrique, à Voghera, du 15 août au lo septembre. Les frais de l'expédition et de réexpédi-

BULLETIN BIBLIOGRAPUIQUK. 303

tion sont à la charge des exposants. Le président de la commission est le professeur Raggi«

Le programme que nous avons sous les yeux ne dit pas si l'exposition est purement italienne ou si les étrangers y seront admis. Il suffirait d'écrire au D' Raggi pour s'en assurer.

L'incendie de l'asile du D' Boyd. — The Lancet {\S aotii) nous ' apprend qu'un incendie a détruit Tasile d'aliénés du D*" Boyd. En voulant combattre le fléau, lui, son fils et plusieurs malades ont trouvé la mort. Le journal anglais insiste sur la situation particulière qui existe, en cas d'incendie, dans un asile où souvent les malades ne peuvent ôtre d'un grand secours. Ce triste événement montre combien il est indispensable de pourvoir les établissements hospitaliers d'eau en abondance et de nombreuses bouches d'incendie.

Les ALIÉNÉS EN UBERTÉ. — La Cronica mcdicd quirurgica de la Habana raconte le fait suivant qui démontre l'importance de la séquestration des aliénés une fois que le médecin a constaté leur irresponsabilité. Les D" Mulcay et Pardinas avaient certifié la démence d'un nommé Garcia. Quelques jours après, pris d'un accès de fureur, cet homme, armé d'un revolver, se rendit chez le D"^ Mulcay. Celui-ci, prévenu par ses amis, eut le temps de se renfermer chez lui; mais son père, qui venait le voir, reçut une balle de revolver qui ne lui fit, heureusement, qu'une blessure légère. Personne n'osait approcher. Les gendarmes appelés furent obligés pour se défendre de faire usage de leurs armes, et le malade fut tué d'un coup de fusil. (Ânn, méd, psycholog.)

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