CAS DE SCLÉROSE LATÉRALE AMYOTROPHIQUE
représente un éventail ou plutôt une pyramide aplatie d'avant en arrière dont la base est formée par une certaine partie de la surface convexe des hémisphères et dont le sommet se trouve dans la capsule interne. (La fig, 6, Pl. VIII, représente schématiquement la direction de ces fibres dans Tun des hémisphères du cerveau.) Comme il est plus que probable que ces fibres, atteignant dans un certain endroit la substance corticale grise, s'y terminent, nous pouvons envisager ces parties de la substance grise comme contenant les centres de ces fibres.
Dans notre cas, les fibres dégénérées n'atteignaient la substance grise que dans la moitié supérieure des circonvolutions centrales, surtout dans la circonvolution antérieure; ime partie notable de ces fibres arrivait jusqu'au sommet de ces circonvolutions. Mais il est évident que nous avions affaire à la dégénérescence d'une partie seulement des faisceaux pyramidaux, car chez M..., les mouvements volontaires du cou, de la langue, de la face étaient normaux ; ceux des membres supérieurs étaient peu atteints, ceux du tronc un peu plus et ceux des membres inférieurs, quoique les plus gravement modifiés, n'étaient pas complètement anéantis. En conséquence de ce qui précède, nous devons admettre que les centres corticaux de ces mouvements atteints doivent se trouver dans la partie de l'encéphale vers laquelle se dirigeaient les fibres dégénérées, c'est-à-dire que les centres des mouvements des jambes, du tronc et, en partie, des extrémités supérieures se trouvent dans la substance grise, qui recouvre la moitié supérieure des circonvulutions centrales, surtout de la circouvolution antérieure.
Cette conclusion est en harmonie complète avec les recherches expérimentales de Hitzig, de Fcrrier et d'autres, et avec des faits pathologiques qui prouvent que les centres moteurs des extrémités se trouvent dans la partie supérieure de la zone motrice et que ceux de la face et de la langue sont dans la partie inférieure. Il est à présumer que ces centres occupent en général une surface beaucoup plus étendue que dans notre cas. Comme chez M..., les mouvements des extrémités inférieurs n'étaient pas complètement paralysés et que ceux des membres supérieurs n'étaient que très faiblement dérangés, nous pouvons présumer qu'une partie seulement des fibres qui dirigent ces mouvements était lésée, et que la surface occupée par les terminaisons des fibres dégénérées ne représentait qu'une partie de celle qu'occupent ces centres.
374 RRCURFL DE FAITS.
Pour terminer, nous jugeons nécessaire d'attirer l'attention sur le fait suivant: En montant, plusieurs des fibres pyramidales des hémisphères rencontrent dès Tabord la substance grise qui constitue le fond et les parois du sillon de Rolando, et s'y terminent probablement; quelques autres seulement atteignent la substance grise qui recouvre la surface extérieure des circonvolutions ; il est évident alors que quelque processus morbide (ime tumeur, par exemple) qui n'agirait que sur la surface des hénfiisphères sans pénétrer dans la profondeur du sillon, pourrait ne produire aucun dérangement dans les mouvements, ou, s'il en produisait, ce ne serait qu'à un degré insignifiant, malgré Texistence d'altérations dans les circonvolutions centrales ; peut-être cette circonstance pourraitelle expliquer certains cas pathologiques qui paraissent contredire la règle générale des localisations des fonctions dans Técorce du cerveau. En achevant cet article, je me fais un devoir et un plaisir de témoigner ma plus sincère reconnaissance à M. leD' Wladimir Rolh, mon ancien chef de clinique, qui a bien voulu m'aider dans ce travail.
Moscou, 15/27 mai 1883.
EXPLICATION DES PLANCHES