SESSION DE KARLSRUHE
Séances des 24 et 22 octobre 1882.
Au nom des curateurs, M. Schule souhaite la bienvenue à l'assemblée. Sur sa proposition, M. de Rinecker est, par acclamation, choisi comme président. Après avoir expédié les affaires courantes, on passe à Tordre du jour qui appelle en premier lieu la communication de M. DE Rinecker sur l'action des doses réfractées d'hydrate de chloral dans les périodes d'agitation. Il s'agit de l'agitation excessive qui, parfois, accompagne le stade d'exaltation maniaque des paralytiques généraux, les états d'obnubilation psychique postépileptique, l'extase hallucinatoire des hystériques, la mélancolie active, et l'alcoolisme chronique (raptus mélancolique et raptus
* V. les Arch. de Neurologie, t. IV, p. i3i.
alcoolique). Dans ces cas, Tauleiir a obtenu un résultat très avantageux de doses minimes (0,îo; 0,30; 0,50 centigr. au plus par dose) d*hydratc de cliioral, en administrant les deux premières à des intervalles d'une demi-heure, et les autres à des intervalles d'une heure ou davantage, de telle sorte que, dans les vingt-quatre heures, les malades aient absorbé 2 à 3 gr.50 centigr. au maximum du médicament. Les efiFets salutaires se font d'ordinaire sentir dans les quelques heures qui suivent l'ingestion ; ils se traduisent par le calme et un changement complet et brusque dans l'humeur du sujet. C'est ainsi que tel paralytique général le matin mégalomane, arrogant, perdra le soir toute prétention et répondra convenablement aux questions qu'on lui pose. Pour obtenir un calme persistant, il faut d'Jiabitude prolonger le traitement pendant plusieurs jours; on ne dépassera pas trois jours, sous peine d'observer la plupart du temps les effets du coilapsus. Ces trois jours de traitement, dans un cas de démence paralytique récente, eurent à ce point raison du stade d'exaltation maniaque très marqué chez l'individu considéré que ce dernier put être rendu à la liberté, après qu'on se fût assuré à l'asile, pendant une observation de quatre semaines, que le fonctionnement psychique avait repris son activité normale; le malade retourna à ses occupations. Ces doses réfractées calment sans hypnotiser; elles sont d'une administration facile, car on peut les mélanger aux boissons ou aux aliments; elles ne sont pas dangereuses, si l'on ne dépasse pas le temps de traitement de trois jours. On obtient par ce procédé le maximum des effets utiles du chloral, préférable h la niorphine en ce sens qu'on n'a pas besoin d'en élever les doses, tout en évitant l'intoxication chloralique : on sait, en effet, que, comme l'alcool, le chloral en petites quantités prolongées agit sur l'encéphale, le muscle cardiaque, les centres neuro-vasculaires, l'appareil gastro-hépatique.
Discussion, Elle met en lumière qu'on abandonne généralement aujourd'hui les hautes doses de chloral jadis usitées, mais que presque partout les doses qu'on administre sont plus élevées que celles de M. de Rinecker. M. Jolly, pour éviter l'élévation des doses et l'accoutumance, usité plus volontiers la morphine associée au chloral. ËnOn, M. Schule rappelle une communication de Zeller qui, à l'époque des premiers essais de l'hydrate de chloral, administra sans résultat 3 à (3 gr. du médicament; il prescrit de son côté 50 centigr. à 1 gramme, trois à quatre fois par jour.
M. DE Rinecker communique l'histoire d'un cas d'aliénation mentale consécutive à une leucorrhée extrômenjent abondante, présentant un certain degré de périodicité; cet écoulement qui empestait toute une chambre, condamnait, par son incurabilité, la malade à l'isolement; or, cet ostracisme avait développé gi'aduellement chez elle une mélancolie accompagnée de misanthropie.
SOCIÉTÉS SAVANTES. t25
L'autopsie décèle l'existence d'un utérus bicorne surmontant un vagin double. Un des compartiments vaginaux, qui ne s'ouvre pas à Textérieur, s'est transformé en un foyer purulent gros comme un poing d'enfant; ce foyer communique par un étroit conduit, au fond du vagin, avec le second compartiment ou vagin normal qui, lui, aboutit à l'extérieur de la vulve.
M. FuERSTNER. Sur les psychoses dans les affections de V organe de Vouie, Les relations qu'affectent les organes des sens périphériques avec la genèse des hallucinations sont multiples et paraissent parfois contradictoires. C'est ainsi qu'on constatera des hallucinations chez des malades dont les organes des sens sont détruits ou fonc* tionnent moins bien (hallucinations de l'ouïe propres à l'isolement, hallucinations nocturnes, hallucinations de la vue chez des aveugles par accidents, etc.). M. Fuerstncr limite son sujet à Vinfluence que des processus pathologiques anormaux de V organe de Vouie exercent sur les hallucinations et ultérieurement sur la genèse des psychoses. Il a observé, en ce qui le concerne, deux cas de mélancolie greffée sur des bruits intra-auriculaires s'étant produits à l'état aigu (bruits vasculaires d'origine hématique) dans la chlorose (!' observation), ou par compression des vaisse<iux du cou du fait d'un goitre dont le volume variait dans des limites très étendues (I observation). Les deux malades guérirent. Ces deux observations doivent être rapprochées du cas de Moos dans lequel le golfe de la jugulaire présentait une largeur anormale. M. Fucrstner parle ensuite de la fréquence des idées mélancoliques chez des individus en proie à des sensations auditives subjectives, que l'on conslale ou non chez eux une lésion de l'appareil de l'ouïe; ces idées les conduisent souvent au suicide. Ces sensations subjectives sont souvent le point de départ d'illusions, puis d'hallucinations, qui engendrent des conceptions délirantes. La folie systématique occupe à cet égard le premier rang. Parmi les causes prédisposant à une genèse semblnblo, il faut ranger l'âge avam'.é ; mais, alors, la systématisation du délire se montre plus rare, l'individualité psychique du malade résiste davantage, elle conserve son assiette de sorte qu'il arrive à se tenir longtemps en dehors des phénomènes morbides. Pronostic défavorable. L'auteur aborde en troisième lieu les troubles psychiques qui, se présentant la plupart du temps sous la forme d'accès d'agitation, accompagnent les> processus inflammatoires aigus de la caisse terminés par la suppuration. Ils devraient en partie être attribués à des modifications dans la pression intracrânienne; ainsi une observation de SchCile montre une rétrocession rapide d'une psychose existante, à la suite d'une otorrhée purulente profuse quis'établissait sans prodromes; M. Fuerstner a observé une évolution semblable. Enfin, en ce qui concerne la surdité nerveuse ou la déchéance soudaine de l'acuité auditive, l'auteur a vu ces accidents être, en deux cas, suivis de mélancolie, notamment chez
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des vieillards. Il insislo sur ce fait que, chez les individus dont les fonctions de Touïe ont baissé, les troubles psychiques passent facilement inaperçus, parce qu'ils sont moins communicatifs avec les personnes qui les entourent. II n'est pas rare alors qu'on constate des tentatives de suicide de leur part sans qu'elles paraissent préparées. Ce travail sera publié in extensoK
Discussion. M. Schcle, tout en confirmant Texactitude des observations et des conclusions du mémoire, reprelte de n'y avoir pas vu mentionné l'athérome qu'il a trouvé à plusieurs reprises comme cause d'hallucinations de Touïe. Il a aussi observé des bruils de l'oreille très pénibles dans un cas d'hypcrostose du rocher.
M. JoLLv met en parde contre la tendance que l'on a à attribuer aux bruits auriculaires une trop grande importance pathogénétique relativement aux psychoses, car les bruils survivent à la psychopathie, et ils peuvent cesser alors que celte dernière subsiste. Il lui serait du reste facile de citer des observations analogues pour la vue; parfois de petits troubles dans les milieux réfringents deviennent l'occasion d'illusions dont le caractère consiste dans la variété dps dimensions, selon qu'elles sont projetées à une distance plus ou moins grande.
M. KiRN raconte l'histoire d'un cas observé par lui qui prouve que des hallucinations évidentes de l'ouïe n'entraînent pas nécessairement une psychose.
M JoLLT rappelle à ce sujet les expériences que le botaniste Nœgeli fit sur lui-même à l'égard d'hallucinations de la vue consécutives à une tension exagérée de la fonction pendant des recherches microscopiques assidues.
M. ScuûLK prend la parole sur les effets accessoires de Thyoscyamine. Tout nervin héroïque possède, en dehors de son action curativc, une action accessoire qui limite ou empêche l'action médicamenteuse, en transformant l'agent en toxique. Ce sont les actions accessoires, impcissibles à éviter, qui constituent le danger des injections hypodermiques de morphine (shock) pourtant si utiles, de l'usage prolongé du chloral (dyscrasiehématique, dystrophie, action vasomotrice), du K. Br. (torpeur cérébrale et ataxie spinale du bromisme). En présence des exaltations enthousiastes et illimitées dont l'hyoscyamine est actuellement l'objet, il est opportun d'en faire connaître les effets accessoires. Un exposé méthodique de ces effets est d'autant plus urgent que, tandis que pour la morphine et le K. Br., on commence par de petites doses pour augmenter graduellement selon le besoin, et prolonger ensuite l'ingestion médi-
i Nous lui consacreioiis alors une plus ample analyse si les notes que nous publions ici n'en mettent pas suffisamment en relief la teneur.
camenteuse, rexpéricnce enseif^no que rhyoscyamine no réussit en thérapeutique que si, d'un sei 1 coup, on arrive à la dose maxima. on risque la dose la plus forte. Malheureusennent, nous n'avons ptis d'échelle physiologique qui nous permette d'évaluer approximativennent la dose convenable, celle qui est indiquée pour tel individu dans tel cas particulier, celle qui doit agir sans nuire. Aussi sommes-nous devenus insensiblement si audacieux qu'étant donnée une constitution vigoureuse, disposant d'organe» respiratoires sains, nous ne reculons pas d'emblée devant 1 centigramme d'hyoscyamine cristallisée de îtferck ; à côté de cela, chez la femme, ou pour peu qu'on se défie de l'état du cœur et des gros vaisseaux, on se contentera de la moitié. Or, le shock manque rarement à la suite de ces doses initiales; il consiste en : ataxie, tituhation, adynamie, aphonie, raucité de la voie, crampes pharyngiennes, pâleur de la face, lividité des lèvres, ralentissement et parfois petitesse du pouls, dilatation quelquefois considérable des veines. Jusque-là, il n'y a aucune crainte à avoir; ces accidents passagers disparaissent plus ou moins vite : un seul cas, celui de Mendel, se termina par la mort. Quoi qu'il en soit, ce n'est que le shock passé, que l'effet curatif désiré se produit; les malades deviennent plus calmes, plus ordonnés pour un temps plus ou moins long. Mais il y a aussi des effets accessoires qui restreignent ou même rendent illusoire l'effet curatif, et forcent plus ou moins prompiement à suspendre le médicament» Les voici :
\** Convulsion spasmodique de V œsophage et sécheresse du pharynx, telles que toute ingestion alimentaire est, le jour même, impossible. C'est, pour le malade, un véritable supplice de Tantale auquel ajoute encore l'altération des sensations gustatives; le pain leur semble de la paille ; l'eau, du plomb qui vient leur comprimer la gorge. Dans les cas observés par M; Schûle, il dut interrompre le traitement, et jamais il ne put obtenir l'assuétude des sujets; chaque injection était suivie des mômes phénomènes;
2® Troubles dans la perception sensoi*ielle. Les uns, légers, se rattachent à la mydriase : une malade voyait partout des cheveux; la préoccupation de les enlever lui faisait perdre le bénéfice du calme. Les autres consistent en des apparitions douées de formes : grimaces, caricatures, spectres ; de là des angoisses ;
3» Troubles sensoriels proprement dits ou directement psychiques. L'auteur cite deux cas caractérisés soit par des hallucinations, soit par des pseudo-hallucinations entraînant des conceptions irrésistibles tellement vivaces que l'individu, véritable croyant, est en pleine anxiété. Rêves de même nature, sensations d'incubes. Dans une des observations, la malade avait absorbé deux fois par jour trois milligr. ; les désordres disparurent aussitôt après la cessation du médicament. Dans l'autre, qui concerne aussi une femme, il fallut des mois pour que les hallucinations disparussent définitivement ;
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4« Troubles intellectuels. Le délire hyoscyaminique consiste en Tapparition sous forme aiguë de conceptions incohérentes, confuses, puériles, accompagnées de loquacité, mussitation, grimaceraenls et rires immotivés, radotages de diverses sortes, troubles dans la perception, sensations vertigineuses bizarres (ballottement), illusions relatives à la forme, à la couleur, à la dimension des objets, notamment des membres du malade. Du moins est-ce le tableau nosographi((ue très résumé que nous permettent de tracer les quatre faits cités. Généralement, tout cesse avec la suspension de Tagent médicamenteux. C'est moins, en somme, un délire qu'un désordre complet dans les idées et les paroles qui les expriment.
K* Douleurs musailaires redoutables dans les jambes. Ces accidents que Schule a vus survenir chez deux de ses malades, arrachent des cris aux patients immédiatement après les premières doses d'hyoscyamine.
Discussion, Elle permet de distinguer deux courants d*opinions. Les uns semblent, avec M. Fcerstner, redouter la dénutrition qui accompagne invariablement l'absorption de l'hyoscyamine, et qui se traduit par une perte en poids de l'individu en traitement ("con- (Irmation sur ce point de M. SchQle). Les autres avec M. Kretz * paraissent penser qu'en usant de la plus grande prudence à l'égard de l'administration du médicament dans les psychopathies récentes, on est autorisé à essayer de faire bénéficier les malades de ses effets thérapeutiques, et qu'en tous cas, chez les aliénés chroniques, les avantages obtenus compensent largement la diminution de poids des sujets en traitement. — M. de Rineceer rappelle, à ce propos, la communication faite au congrès des aliéuistcs allemands d'Hisenach en 1882, par Gnauck qui, favorable au médicament, attribue les effets pernicieux relatés au choix des préparations*. Or, MM. Schûle et Fuerstner font remarquer que c'est précisément de l'hyoscyamine de Merck qu'ils se sont exclusivement servis.
M. KiRN. Communications sur les psychoses consécutives aux affections fébriles '. Sous ce titre, M. Kirn présente l'histoire de six psychoses émanées de fièvre typhoïde, érysipèle,rhumatisme articulaire, bronchite aiguë, qui, toutes, à l'exception d'un cas ayant duré plusieurs semaines, ont évolué dans l'espace de quelques jours. Quatre d'entre elles se montrèrent au début ou à la phase d'acmé de l'affection fébrile (psychoses fébriles vraies), c'est-à-dire au moment où l'hypertliermie et l'accélération de la circulation entraînent de l'excitation cérébrale, et présentèrent, par intervalles,
* Archives de Neurologie , t. IV, p. 137.
* Archives de Neurologie f t. VI, p. 141.
» Archives de Neurologie, t. Il, p. iCi, et t. IV, p. 103 (mémoire do E. Kraepelin).
le tableau symplomatique d'une agi talion psychique très marquée ; on constata même, en deux cas, du délire aigu suivi de mort. Deux antres observations témoignent de l'apparition de la psychose au moment de la disparition des phénomènes fébriles (psychoses aslhéniques); la vésanie, qui coïncida dans Tun des cas brusquement avec la défervescence subite de la température, devrait être rapportée, dans Tespèce, à la modification soudaine apportée dans rirrigation encéphalique ; elle devrait être, dans le second, imputée à des troubles de la nutrition du cerveau, à raison de son évolution bruyante en rapport avec la rétrocession graduelle des accidents pyrétiques. Ces psychoses asthéniques diffèrent des psychoses fébriles par le développement plus parfait de? idées délirantes : guérison. Dans la plupart des observations (cinq), ou arriva à fournir la preuve d'une prédisposition acquise, c'est-à-dire d'un terrain préparé par des influences ayante au préalable, agi sur les facultés psychiques.
M. JoLLY insiste à ce propos sur la prédisposition relativement à la genèse des psychoses asthéniques. 11 a été frappé, quand il s'occupait du même sujet, de l'absence absolue de documents à l'appui de l'assertion tant de fois émise que les accès de fièvre intermittente peuvent être remplacés par des accès de folie apy rétique; il n'en a pu trouver d'observations personnelles, ni d'exemples dans la bibliographie.
M. Kretz. — Remarques pour servir à VtUude de la folie aiguè partielle. — L'auteui* a, dans ces derniers temps, eu l'occasion d'en observer plusieurs cas qui, sans présenter rien de particulier quant à l'étiologie, offrent un tableau clinique précis, à raison de la netteté de la pathogéuie et de l'évolution de l'ensemble des faits et doivent être réunis sous le titre de: formes classique, pures, simples. On peut les diviser en deux groupes :
1. Le premier comprend les modalités caractérisées par Vapparition primitive d'fiaUucinationsou d'illusions y portant presque exclusivement sur la vue et l'ouïe, qui deviennent après coup les facteurs des idées délirantes ; ces dernières sont mobiles et ne présenLuiit aucune tendance à se fixer. Ces entités morbides présentent, au point de vue spécial où nous nous plaçons, deux stades intéressants à étudier: le stade des prodromes et le stade du début. Les prodromes durent une semaine ou deux; le malade, inquiet, en proie à un malaise général, à une sorte de pressentiment vague qu'il va lui arriver quelque chose de fâcheux, est tout à coup surpris par une hallucination ou une illusion de la vue ou de l'ouïe mal définie : on l'appelle pour lui demander ceci ou cela ; il voit un objet de sa chambre se promener. 11 s'adonne à ces impressions fausses, les recueille avidement, sans réagir contre elles. A ce moment, on observe parfois une légère rémission. Puis, sans répit
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ni trêve, le patient assiste à une succession kaléidoscopique d'hallucinations les plus variées, les plus mobiles que Ton puisse imaginer ; elles donnent naissance à des conceptions délirantes aussi polymorphes, aussi fugitives, dont la rapidité d'allures ne laisse guère le temps au sujet de se reconnaître. Cependant, elles ne l'absorbent pas au point de lui faire perdre de vue les scènes principales de la pièce qui se joue devant lui, de lui en enlever le souvenir exact. En un mot, il n'existe aucun désordre dans les idées ; il semble que le moi soit simplement spectateur des troubles psycho-sensoriels; aussi n'y a-t-il pas de délire des actes et Timpressionnabilité aifective dcmeure-t-elle indemne. C'est, en somme, un délire par JialluciJiations.
11. Le second groupe renferme les types morbides dans lesquels ce sont les conceptions délirantes qui ouvrent la scène et dominent le cadre symptomatique. Ici, c'est le délire qui entraine les hallucinations. Lesprodi'ômes sont les marnes que dans le premier groupe, l^uis, soudain, apparaît une idée délirante, sous Tintluence de laquelle le patient va demeurer dans tout le cours de la psychose ; il sera absorbé en entier par elle : ce n'est que lorsque l'échafaudage de la conception délirante a jeté ses fondations que se montrent les hallucinations ; elles viennent renforcer, colorer le délii^e sans l'altérer. La vigueur et l'intensité des hallucinations entraînent alors des manifestations d'ordre passionnel. En un mot, les idées délirantes et les hallucinations se combinent pour édifier un ensemble morbide [lartout continu et logique dont la forme se rapproche des modalités chroniques de la folie systématique primitive.
M. Kretz n'attribue aucun des groupes à une étiologie spéciale ; il pciise que Ton n'est nullement fondé à imputer l'ensemble de ces cas à une infirmité cérébrale. Leur évolution peut atteindre six mois. Le pronostic en est favorable.
Discussion. M. Jolly a vu la folie systématique chronique se développer de la même façon en certains cas.
M. FuERSTNER. Il s'cu faut de beaucoup, à son sens, que le pronostic soit aussi favorable que le veut M. Kretz. L'élément affectif du cerveau est souvent très vivement touché; de plus il est fréquemment impossible de savoir si les idées délirantes ou les hallucinations se sont montrées les premières ; enfin, le désordre dans les idées appartient aux psychoses de tous genres et ne saurait servir de caractère pour aucune.
M. KiRN a, à plusieurs reprises, vu l'isolement ôti*e la cause unique de faits semblables; l'isolement supprimé, il a obtenu une issue favorable, une marche rapide.
M. DE RiNECKER rappelle qu'une conclusion conforme au desideratum exprimé par l'auteur, relativement à l'insuflisante appré-
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ciatiun de la folie partielle primitive par la uomeuclature qui sert de base à la statistique, a déjà été conçue par le cougrès des aliénistes allemands; malheureusemeu^ faute d'une entente générale, on dut retirer la conclusion Tannée suivante.
M. Fischer. Sur les cellules capitonnées. — \près avoir traité des indications des cellules capitonnées, des difficultés de leur aménagement et des imperfections fâcheuses qui en résultent; après avoir discuté les avantages et les inconvénients des cellules dont les parois sont en toile à voile (cellules de Sclilager), l'auteur conclut en ces termes :
i'* Les cellules capitonnées constituent une nécessité inéluctable pour qui veut traiter certaines manifestations morbides des psychopathes ;
2'' Comme ces manifestations morbides se montrent dans les états pathologiques des formes les plus différentes représentées eu tout établissement d'aliénés, comme elles mettent en certaines circonstances la vie des malades en danger, il est du devoir de tout établissement de construire des cellules capitonnées en nombre proportionné;
S*" La construction incomplète d'un asile ne saurait être alléguée comme un motif suffisant à justifier l'absence de ces cellules ;
4<* Comme un ne connaît actuellement pas d'installation de capitons qui mérite une absolue recommandation, nous devons nous imposer l'oblifîation d'avoir à nous former un jugement relatif aux améliorations possibles des systèmes existants jusqu'ici, en les essayant dans la pratique.
Discussion, M. Jolly insiste vivement sur le danger d'une embolie graisseuse \ mentionnée par M. Fischer dans certains états d'agitation. Le nombre de cas de ce genre, pour être petit, n*en est pas moins constant; aussi, pour parer àcet accident, a-t-il dû se résigner à l'emploi des moyens de coercition. D'après ce qu'il a vu, au sujet des cellules capitonnées, surtout en Angleterre, celles qui ne sei-vent pas sont en bon état, taudis que toutes celles que l'on utilise sentent mauvais.
M. FuKRSTNER reconnaît le besoin de semblables agencements, quoique les cas qui les nécessitent soient très rares. Certains des malades en question, surtout les aliénés qui se frottent aux parois ne sauraient être laissés dans ces cellules qui sont insuffisantes pour eux. Elles ont, d'ailleurs, bien des inconvénients. On ne peut notamment les tenir propres et la surveillance est, avec elles, trop limitée.
M. ScHŒFER lit un long mémoire sur la protection des médecins et des gardiens contre les attentats dont ils sont l'objet de la part des
* Archives de Neuroloyie, t. I, p. 585.
aliénés, — A une époque où l'on s'occupe de préserver les travailleurs de l'industrie des effets des accidents et des conséquences de la vieillesse, il serait injuste d'oublier les travailleurs du service hospitalier des aliénés. N'est- il pas équitable de s'efforcer de procurer aux gardiens des malades une situation égale à celle que nous nous efforçons d'assurer aux malades eux-mêmes ? Une révision des malades plus ou moins dangereux pour leur entourage permet de les diviser en sept catégories :
4® Les aliénés tapageurs et délirants;
2° Les aliénés à penchants homicides, capables de se livrer à des voies de fait ;
3® Les malades en proie à une tendance aggressive passagère : hallucinés, maniaques périodiques et surtout épileptiques;
4® Malades calmes, mais tourmentés par des idées de persécution ou nourrissant quelque animosité pour d'autres motifs ;
5® Malades des hautes classes de la société, qui, ayant leur chambre spéciale et leur gardien particulier pendant la nuit, ne peuvent accomplir leurs projets d'évasion qu'en se débarrassant d'un témoin. On rangerait dans ce groupe, outre les fous systématiques et les maniaques chroniques, le nombre incalculable des paralytiques généraux ;
6° Les malades atteints d'entilés psychopathiques les plus variées, qui se sont évadés, qui sont en train de s'évader, ou qui, ayant de toute autre façon échappé à la surveillance, peuvent être munis d'une arme ou se sont barricadés. La lutte pour la liberté les rend capables de tout;
7« 11 existe une foule inombrable de cas ne rentrant dans aucune des catégories précédentes qui tous ressortissent à ce fait indéniable que tout aliéné, fût-il le plus inoffensif en apparence, peut, une fois en passant, devenir dangereux.
Or, Taliéniste a un double rôle à jouer dans la question :
L En ce qui concerne la prophylaxie, il lui faut se préserver luimême et préserver ses gardiens. — Comme médecin, il est en butte à toute Tinimitié des aliénés, parce qu'il détient l'aulorité; aussi les attentats dirigés contre lui, surtout quand il est directeur, sont-ils les plus fréquents. En conséquence, il ne perdra jamais de vue le danger que lui fait courir sa profession; il ne se présentera jamais seul devant ses malades ; il isolera pendant la visite les aliénés agités ou dangereux; il n'accordera aux individus suspects ou capables de devenir dangereux, la liberté d'allures qu'ils réclament, qu'autant qu'elle sera compatible avec le soin de sa propre sûreté. — Les gardiens sont exposés de leur côté aux attentats, à raison de leur contact journalier avec les malades, de leurs devoi» professionnels qui consistent à aller au devant du danger dans Tintérêt même des individus conOés à leurs soins, à traiter ces derniers, malgré leurs violences, selon les règles de
riiumanité, de i^indulgeuce et du no-restraint. Tant de dévoûment mérite tous les égards et toutes les précautions. C'est pourquoi il faut leur recommander qu'eu toutes circonstances nécessitant leur intervention, ils agissent toujours en nombre, qu'ils isolent les malades ; on emploiera, au besoin, dans la cellule, le système d'inondation en usage à Stefansfeld, le jet de la pompe pour débusquer ceux qui se sont réfugiés dans un endroit inaccessible, etc. On mettra le gardien à l'abri, la nuit, d'un aliéné isolé, en Tisolant lui-même dans un cabinet voisin ou en transférant l'aliéné dans un dortoir adapté à la surveillance continue ; on multipliera les surveillants dans les jardins ou les endroits retirés, etc. Soit dit sans préjudice des décisions à prendre dans chaque cas spécial.
11. Au point de vue de la loi, le médecin doit attirer l'attention du législateur sur le rôle qui incombe à l'Etat au sujet de la prévoyance que la société ne saurait refuser aux gardiens. La situation de noire personnel est la même que celle de la population générale des travailleurs. Cette profession expose aux mêmes fatigues, aux mêmes dangers que celle des ouvriers qui vivent au milieu des machines. Son sort doit donc au même titre être légalement assuré contre les nécessités de toutes sortes. Cependant, conformément à l'adage : Qui trop embrasse mal étreint : on peut, pour le moment, borner ses désirs à assurer les gardiens et les gardiennes contre les accidents proprement dits. Ceci obtenu, on pourrait ensuite prendre en main la question des pensions à attribuer aux employés en question, atteints par la maladie et la vieillesse. De là à étendre les mêmes mesures de prévoyance sociale aux gardiens hospitaliers ordinaires, aux infirmiers qui affrontent chaque jour la contagion, il n'y a qu'un pas ; on verrait plus tard.
En conséquence, M. Schœfer propose & l'assemblée de vouloir bien :
I ^ Déclarer qu'il est tout à fait désirable que le sort des gardiens et gardiennes des établissements hospitaliers soit, d'une manière générale, assimilé à celui des autres travailleurs, et pris en considération par la législation future, et qu'en particulier, dans le projet de loi en préparation sur l'assurance contre les accidents, on comprenne soit l'ensemble des gardiens hospitaliers, soit, tout au moins, les gardiens des asiles d'aliénés.
2» Charger les curateurs du Congrès de porter cette décision & la connaissance du bureau de la Société des aliénistes allemands, et de le prier de tenir conseil sur la teneur de cette première conclusion, sauf à l'adresser ensuite, sous forme de mémoire, auReichstag ou au conseil fédéral allemand; enfin d'informer les curateurs de ses agissements.
Avant de procéder à l'ouverture de la discussion, le président expose que, vu son mode de composition et le département qu'il représente, le congrès n'est pas autorisé à prendre une décision
Archives, t. VI. 28
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dans une question d'une importance si générale. Les membres rassemblés ici peuvent se borner à émettre une déclaration dans le sens de la proposition, et à lancer la question ainsi soulevée. Adhésion de Tauteur.
M. JoLLY insiste sur la difficulté de trouver et d'indiquer les motifs fondamentaux d'une réglementation législative. Pour lui, elle n'aurait de raison d'être que si elle s'appuyait sur des chiffres statistiques concernant le nombre et le genre d'accidents arrivés dans chaque asile.
M. DE RiNfiCKER fait remarquer que c'est précisément dans l'exposé des motifs que résidera le travail du comité de la société des aliénistes allemands; c'est à lui qu'il appartient de préparer les matéri$Lux de la question.
M. ScHULE accepte sans réserve la motion de M. Schœfer, bien qu'il soit, en somme, extraordinairement rare que Ton ait à déplorer des lésions sérieuses de la part des aliénés. Dans les vingt années qu'il a passées à Illenau, il n'en connaît que deux cas.
Le vote par voix individuelles conclut à l'adoption des deux articles. Seulement, le premier se bornera à parler, conformément à la proposition de M. JoUy, du personnel des gardiens des aliénés.
Eu égard au congrès des naturalistes qui.doit se tenir à Fribourg l'année prochaine, la réunion de Karlsruhe n'aura pas lieu.
MM. Schûle et Kirn sontde nouveau nommés curateurs pour iS84. {Allg, Zeitschr, f, Psych. XL, 4 et 2). P. Kkraval.
VII. Du délire épileptique ou plutôt de Vinfluence de Victus épileptique sur Vétat général normal et pathologique; par Respaut. Thèse de Paris, 1883.
On est toujours trop porté à attribuer à Tépilepsie tous les troubles mentaux qui se présentent chez un épileptique. M. Magnan ' a montré qu'un épileptique peut être en même temps alcoolique et délirant chronique et que, chez un tel sujet, Tépilepsie, l'alcoolisme et la vésanie peuvent se côtoyer, tout en restant distinctes. Le
i De la coexistence de plusieurs délires chez le même aliéné, {Archives de Neurologie, t. I, p. 49.)
BIBLIOâRÂPUlË. 435
travail de M. Respaut vient à Tappui de la môme idée, tout en s* appuyant sur des faits d'un ordre un peu différent.
En dehors ne ses attaques, les épileptiques se trouvent dans des états psychiques qui présentent des variétés sans nombre, a) Cet état est pathologique s'il s^agit de sujets qui sont en même temps alcooliques, délirants chroniques, impulsifs, etc. ; 6) mais môme chez des sujets sains, en dehors de Tépilepsie, l'état psychique est très différent suivant les habitudes, la profession, l'éducation, etc. Qu'il soit normal ou pathologique, qu'il soit permanent ou transitoire et précédant l'attaque, cet état psychique détermine la forme du délire, auquel l'ictus épileptique imprime son cachet pathognomonique, l'inconscience. On peut retrouver dans l'état psychique antérieur les éléments du délire épileptique, comme on y retrouve les éléments du rêve. Hughlings Jackson a cherché à expliquer les troubles intellectuels qui suivent ces accès épileptiques en disant que la décharge épileptique annule l'action directrice, paralysantmomentanément les centres les plus élevés, (les centres de lavolition, les centres modéro-moteurs de Ferrier), les centres inférieurs restant seuls en activité, ne peuvent plus déterminer que des actes automatiques, qui varient précisément suivant l'état cérébral antérieur.
Que l'état psychique antérieur soit normal ou pathologique, l'influence de l'action épileptique est la même; mais elle peut se mafesler sous deux formes, a, Dans l'une, le malade, après le choc, poursuit une idée préexistante, ou continue un acte commencé, met à exécution un projet récemment combiné, etc. La disposition mentale existante au moment de l'ictus n'est pas interrompue, qu'elle consbte en idées raisonnables, se rapportant à la profession par exemple, ou en idées de suicide, eu délire alcoolique, en hallucinations sensorielles, etc.; b) dans l'autre, Tictus interrompt l'idée immédiatement préexistante, ou l'acte commencé et détermine une action qui est ou bien la répétition d'une action ancienne identique, ou bien l'exécution d'une idée antérieure. Le délire épileptique n'est, en somme, souvent que l'exécution automatique d'une idée préexistante ou normale ou pathologique ; il en résulte de là qu'on est tenté d'attribuer la responsabilité de l'acte qui semble prémédité à un malade qui a agi avec une inconscience complète. La gravité du délire varie, on le comprend, suivant, que le sujet est sain d'esprit et qu'il n'a, par exemple, que des préoccupations professionnelles, ou que c'est un vésanique ordinairement en butte à des impulsions homicides ou suicides. Gh. F.
VIII. De la chute et de la dystrophie des ongles chez les ataxiques ; par Domecq Turon. Thèse de Bordeaux, 4883.
On peut observer chez les ataxiques, en dehors de toute cause
traumatique, des chutes spontanées des ongles des orteils (Joffroy, Pitres, Pouget, Roques). Ce phénomène se produit surtout au niveau des gros orteils, mais quelquefois aussi au niveau des autres. Elles sont souvent précédées de douleurs vives, persistant de quelques joura à trois ou quatre semaines et quelquefois d'une tache ecchymotique sous-unguéale. Elles se produisent fréquemment plusieurs fois consécutives et à des intervalles variables chez les mêmes malades. Elles peuvent se manifester à plusieurs âges de la maladie. La chute spontanée des ongles peut avoir lieu dans d'autres maladies que Tataxie locomotrice, et particulièrement dans les sections des nerfs périphériques et dans la sclérose en plaques. H est vraisemblable qu'elle dépend immédiatement d'une altération inflammatoire ou dégénérative des nerfs des orteils. Dans les mômes conditions, il peut se produire des d.ystrophles des ongles dues aux mômes causes et accompagnées des mômes troubles. Ch. F.
IX. Patkogénie et accidents nerveux du diabète sucré (Thèse d'agrégation) ; par le D' Ferdinand Dreyfous, ancien interne lauréat, (médaille d'argent), des hôpitaux de Paris, etc.
Cette thèse se divise en deux chapitres que l'auteur a séparés d'une façon absolue, et auxquels il n'attribue pas une égale importance. M. Dreyfous a pensé, avec raison, qu'il devait résumer l'histoire si complexe de la pathogénie du diabète. L'état actuel de la science n'autorise pas un médecin impartial à se prononcer sur cette question délicate; et si rien n'eût été plus aisé que d'allonger presque indéfiniment ce chapitre, sans profit, puisque la conclusion était et ne pouvait être que négative ou hésitante; il était plus utile de donner un exposé concis et complet des recherches faites sur le sujet et des discussions auxquelles il a donné lieu depuis Willis. M. Dreyfous a préféré ce dernier procédé.
On peut être étonné de voir tout lien faire défaut entre les deux parties de ce mémoire; en effet, il existait une transition toute indiquée; de la théorie nerveuse du diabète, on était amené à l'étude des accidents nerveux qui en dépendent. L'auteur n'a pas pensé qu'il lui fût possible d'adopter cette théorie à l'exclusion des autres; dès lors il ne pouvait pas, en la réservant pour la dernière, lui attribuer une importance prépondérante. En comprenant la pathogénie du diabète comme il l'a fait, cette transition lui échappait; à vrai dire, elle n'eût rien ajouté à l'intérêt de son travail.
Après avoir établi la distinction entre la glycosurie, qui est un symptôme, et le diabète, qui est une maladie, M. Dreyfous est forcé de rappeler quelques notions relatives à l'évolution du sucre dans l'économie. Il suit le sucre depuis son entrée dans le tube digestif, où sa fabrication dans la glande hépatique qui l'emmagasine
Télabore et le déverse dans le sang, jusqu à sa destruction, sa décomposition et son utilisation dans les tissus. Il rappelle ensuite Texpérience fameuse de Claude Bernard qui produit la glycosurie en piquant le plancher du quatrième ventricule en un point situé entre l'origine des nerfs acoustiques et pneumogastriques, et les expériences récentes de M. Laifont qui précisent le rôle des divers départements du système nerveux dans le mécanisme de la glycosurie. Cette étude nous conduit à une classification des théories du diabète fondées sur la physiologie.
L*auteur peut alors faire la critique des théories principales du diabète, en se basant sur la physiologie, Tanatomie pathologie, la clinique. La théorie gastro-intestinale, sans être suffisamment fondée, a pourtant abouti à une thérapeutique rationnelle : la suppression des féculents. La théorie hépatique a eu une époque glorieuse, quand Cl. Bernard eut montré que le foie est un organe producteur et éliminateur; mais pour Cl. Bernard la glande hépatique devrait rester toujours intacte chez le diabétique, ce qui est en contradiction avec les données actuelles de Tanatomie pathologique et même de la clinique. M. Dreyfous montre que si l'illustre physiologiste, entraîné par ses découvertes, a exagéré le rôle du foie, il a bien vu que le diabète est, avant tout, un trouble de nutrition. — La théorie nerveuse nous a fait passer en revue les lésions des centres nerveux et des nerfs rencontrées chez les diabétiques; mais « leur diffusion, leur multiplicité, leur variabilité, leur sttperflcialité, dans bien des cas, prouvent qu'il faut être sur ses gardes dans l'appréciation de leur valeur exacte... le diabète n'a pas de lésion nerveuse qui lui soit propre ». Bien moins contestable est l'importance d'un choc traumatique ou moral dans la production du diabète, de môme que les liens de parenté intime qui existent entre le diabète et certaines névroses. Là les faits abondent et concordent. « L'influence nerveuse et donc Tune des causes du diabète, mais elle n'en est pas la cause prochaine » et exclusive.
Les théories rattachant le diabète à un trouble de nutrition, et, en particulier celle de M. Bouchard, qui le rattache à un ralentissement de la nutrition, reposent sur des données cliniques et étiologiques de la plus hautevaleur: pour lui, la glycémie des diabétiques est due à un défaut de consommation du sucre dans les tissus. L'apparition du diabète chez des personnes qui se retirent de la vie active, sa fréquence dans les professions sédentaires et chez les sujets arthritiques, tout cela prouve que dans le diabète il y a un ralentissement de la nutrition. Yuilà le fait indiscutable. Mais ce ralentissement est-il le point de départ du diabète? Est-il cause ou effet? Suffit-il à expliquer le diabète maigre, le diabète pauvre, aussi bien qu'il explique le diabète gras, celui des riches?
La même réserve s'impose pour la théorie pancréatique. Les faits publiés par M. Lancereaux ont un intérêt réel, la lésion pancréatique
43S BIBLIOORAPHTB.
est trop fréquente dans le diabète maigre pour être négligée. Mais que dire des auteurs qui, comme M. Baume!, force ut la note au point de faire de tout diabète une maladie du pancréas?
Ainsi se trouvent justifiées les conclusions de l'auteur que nous reproduisons textuellement. « Dans Tétat actuel de la sciencct aucune des lésions du foie, du pancréas, du système nerveux, etc., rencontrées à Tautopsie des diabétiques, ne peut être considérée comme la lésion du diabète. Ces altérations sont, au contraire, consécutives au fonctionnement anormal'de ces différents organes par le fait de la maladie primitive. De môme que, dans les maladies du sang il existe une altération primitive ou secondaire des organes hématopoiétiqueSf de même, dans le diabète, il existe une altération des organes qui produisent, digèrent, modiOent, assimilent le sucre et qu'on pourrait appeler glycopoiétiques. Car, quoiqu'on pense du diabète, c*est d'emblée ou secondairement une maladie générale qui doit, comme telle, agir sur tous les tissus, elle peut frapper spécialement tel ou tel appareil; mais il répugne d'attribuer le diabète à la lésion d'un organe unique; à une maladie générale^il faut une cause générale. 9 Telles sont les données du problème qui jusqu'ici, reste iusoluble.
« Mais de ce que la cause première reste impénétrable, il ne s'en suit pas que nous n'ayons aucune notion sur la pathogénie du diabète. Cette cause, quelle qu'elle soit, peut être réveillée et misa en action par des causes occasionndles, par un trouble survenu dans l'évolution du sucre, dans sa production, dans sa digestion, etc. On comprendrait alors qu'une lésion fonctionnelle ou même organique du foie, qu'une alimentation féculente, qu'une hygiène défectueuse, qu'une émotion morale puissent troubler l'équilibre nutritif mal établi.
« Ainsi compris, le diabète serait un quant à sa nature, multiple quant à son origine. Une autre hypothèse pourrait encore être formulée. Le diabète évolue différemment suivant la façon dont réagissent les diabétiques. 11 en est de lui comme de la tuberculose qui atteint tel ou tel organe, parce q\ïi\ est le u locus minoris resistentise » du sujet (cerveau, testicule, poumon) et qui a des aspects variables suivant le terrain où elle se développe. Ici c'est la phthisie fibreuse, la phthisie arthritique, là, la phlhisie scrofuleuse. De môme, le diabète touche plus spécialement le foie, le système nerveux, voire même le pancréas qui seraient le « locus minoris resistentiœ » du malade; ou bien suivant le terrain où il prend naissance, il sera goutteux, nerveux, etc., si le sujet est goutteux ou nerveux. Les variétés tiendraient donc au terrain et non à la nature de la maladie qui resterait unique au milieu de ses variétés.
« Cette.um^é^ de diabète est elle-même sujette à révision : il est possible qu'il y ait, non pas un diabète, mais des diabèteSy et que leur étude attentive permette de rattacher chacune d'eux à une
étiologie et une anatomie pathologique toujours la même pour une modalité clinique déterminée. Certains auteurs sont déjà entrés dans cette voie : M. Lancereaux, en faisant de la lésion pancréatique le substratum anatomique du diabète maigre, et surtout Senator, qui distingue un diabète neurogène, un diabète digestif, gastroentérogène, hépatogène.
<c Une enquête, dirigée dans le sens que nous indiquons, permettra peut-être un jour de décrire plusieurs diabètes ayant chacun sa pathogénie particulière.. Aujourd'hui une pareille tentative nous paraît prématurée. »
La deuxième partie de ce travail n'est pas nouvelle pour les lecteurs des Achives de Neurologie^ qui n'ont pas oublié une revue à ce sujet et à laquelle l'auteur a fait de nombreux emprunts. Aussi releverons-nous principalement les aperçus originaux et les faits sur lesquels on a peu insisté dans ce mémoire *.
M. Dreyfous a bien indiqué les caractères de ces accidents nerveux : « au point de vue des phénomènes nerveux, le diabète est une affection protéiforme ». Un autre caractère, que nous signalons dès le début, parce qu'il est commun à tous ces symptômes sans exception, c'est que ce sont des manifestations imprévueSy survenant à une époque quelconque du diabète; ils n'ont pas d'époque iixe : alors même que la maladie est connue, rien ne peut faire prévoir s'il se produira, à un moment donné, des manifestations nerveuses. Elles se différencient donc de celles de l'alcoolisme; encore mieux, de celles de la syphilis; dans l'alcoo- Itsme, l'étude des antécédents des malades permet, dans une certaine mesure, d'annoncer leur imminence; dans la syphilis, où les étapes sont encore mieux marquées, alors même que les accidents sont subits en apparence, on peut, par une étude rétrospective des faits, les relier presque à coup sûr à des phénomènes morbides antérieurs, méconnus ou oubliés, mais certains.
Passant aux troubles de motilité,V aulenr décrit l'affaiblissement musculaire du début; il indique un fait peu connu et qui mérite d'être relevé : un traumatisme, si léger qu'il soit, peu devenir l'occasion d'une perte rapide et inattendue des forces du malade. Quant à sa cause, ne peut-on la trouver dans l'effacement de l'influence nerveuse centrale, chez les diabétiques ? Rappelons-nous que le professeur Bouchard a signalé chez eux l'absence du réflexe patellaire, et que M. Landouzy l'a constatée cinq fois sur douze cas observés. S'appuyant sur ce fait, M. Dreyfous s'exprime ainsi : « Elle est l'indice d'un état particulier du système nerveux qui débute par l'affaiblissement musculaire et aboutit au coma diabétique. Si la motilité est seule atteinte tout d'abord, il n'y faut
* Bernard et Féré.— Dw troubles nerveux observés chez les diabétiques. {Àrch, de Neurologie^ 1882, t. IV, p. 336.)
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4iO BIBLIOGRAPHIE.
voir qu'un fait de notion constante en neurologie; dans les maladies de la moelle, la lésion d'une région limitée peut abolir la rootilité, tandis que la sensibilité persiste tant qu'un cordon nerveux, si petit qu'il soit, peut en assurer la transmission vers les centres nerveux. »
Les paralysies doivent être divisées en paralysies vulgaires et paralysies diabétiques. Ces dernières peuvent être des monoplégies, des hémiplégies et même des paraplégies. Quatre caractères les individualisent : elles sont initiales, c'esl-à-dire apparaissant au début reconnu de la maladie, incomplètes, associées et rarement isolées, enfin mobiles et passagères.
La paralysie de la sensibilité peut présenter les mêmes caractères. D'autres troubles de sensibilité, tels que l'hyperesthésie, les névralgies, méritent d'être signalés. Amélioration par le traitement diabétique, intensité de la douleur, résistance à la médication des névralgies, distribution symétrique ou capricieuse : voilà ce qu'elles présentent de particulier. Mentionnons la névralgie du pneumogastrique indiquée par M. le professeur Peter, et, d'une façon toute spéciale, ïangine de poitrine observée pour la première fois chez les diabétiques par M. Vergely. Comme les paralysies étudiées plus haut, cette angine de poitrine ne serait pas pure; elle serait souvent provoquée par un refroidissement, parfois nocturne (Dreyfoos), curable par le traitement anti-diabétique.
Les troubles des fonctions génitales et des organes des sens sont ensuite décrits. Mentionnons quelques faits nouveaux dans l'étude des troubles oculaires. A l'ophthalmoscope, on rencontre deshémorrhagies rétiniennes qui peuvent être caractéristiques du diabète (Parinaud); ou bien, sans lésion ophthalmoscopique, il existe de l'amblyopie ou de l'hémiopie. Quant aux paralysies oculo-motrices, elles sont incomplètes, passagères, associées comme celles des membres (Parinaud).
Parmi les troubles cérébraux, le plus important est « un changement profond dans l'allure du malade : il perd toute initiative individuelle et devient véritablement apathique, et pour ainsi dire passif: il perd et la faculté et le désir, le besoin, le goût de l'activité sous une forme quelconque ?. . . A cette perte de force impulsive, ajoutons la diminution de tous les appétits (Laségue). Ainsi le malade a la force de marcher^ mais il n'y a aucun goût : l'idée ne lui vient pas, ou, si elle vient à son esprit, il n'a pas le courage de passer de la conception à l'exécution. »
« Il refuse toute nourriture; il ne saurait dire pourquoi, mais il n'a de goût à rien ; les mets les mieux choisis, ceux qu'il préfère habituellement, rien ne peut l'y engager; il n'en a pas idée, et il ne mange pas. » Nous recommandons à nos lecteurs le tableau de ce que M. Dreyfous appelle Vétat mental du diabétique.
Il cite ensuite la narcolepsie, le délire, les vertiges, syncopes^
apoplexies, puis quelques troubles vaso-moteurs et trophiques parmi lesquels la rétraction de l'aponévrose palmaire.
Il arrive enfin à la description de Taccident le plus redoutable de tous : le coma diabétique : il le (caractérise d'un mot ; c'est un coma dyspnéique . Le coma peut apparaître à trois époques : 1® coma initial et précoce ; 2<' coma tardif; 3* coma apparaissant dans le cours du diabète reconnu. M. Dreyfous donne de ce coma diabétique une description didactique en adoptant la division suivante : A. Période prodromique ; phénomènes d'excitation ou de dépression, douleurs, convulsions che;5 l'enfant, et surtout odeur suigeneris, — B. Période d'invasion. Suivant que ce sont les phénomènes respiratoires, digestifs ou généraux qui dominent la scène pathologique, on peut distinguer les variétés suivantes : phase dyspnéique, caractérisée par un rythme spécial (type Kussmaul et Kien). — Phase abdominale qui vient présenter les trois types suivants : péritonitiques, gastriques et cholériformes. — Enfin plus rarement, phase d'épuisement. — C. Pàiode comateuse. Une fois établi, le coma rétrocède rarement. Il présente deux caractères : i« il s'accompagne d'hypothermie; 2® il ne s'accompagne pas de convulsions, ni de contractures.
Dans Vétiologin du coma diabétique, relevons deux faits importants : 4° son apparition à l'occasion d'un voyage, d'une fatigue, d'un choc moral ou physique, d'un accident médical ou chirurgical intercurrent (colique hépatique, diarrhée, opération de cataracte); 2<* l'influence nocive des narcotiques chez les diabétiques qui sont sous le coup du coma.
La pathogénie des accidents comateux reste encore obscure, on a invoqué les théories suivantes: 1*» lipémie; 2® urémie; 3* anurie; 4» hyperglicémie ; 3* acétonémie; 6» déshydratation des tissus. Toutes ces causes peuvent intervenir suivant les cas « il est une condition invariable et qui donne à ces accidents leur véritable cachet : c'est le terrain où ils se développent, c'est l'impossibilité de réagir oùse trouve le diabétique, c'est son état de défaillance ». De plus les globules sanguins chez les diabétiques absorbent moins d'oxygène ; le fait qui s'observe dans l'urémie et dans les fièvres graves, où la dyspnée apparaît au premier plan de la scène morbide, explique peut-être pourquoi la souffrance des centres nerveux dont l'amoindrissement est alors porté jusqu'à un anéantissement complet, s'exprime par l'apparition du coma dyspnéique.
Cet état de défaillance, sur lequel M. Dreyfous insiste au commencement et à la fin de cette étude, lui permet de reconnaître une certaine unité au milieu de la multiplicité et de la diversité des accidents nerveux : c'est là un point que l'auteur a eu le mérite de bien mettre en lumière mieux, croyons nous, qu'on ne l'avait fait avant lui. Cn. F.
4i2 FAITS DIVERS.
Du tremblement; par Gougelet. Thèse de Paris, i883.
Essai sur les altérations fonctionnelles et organiques de T appareil de la vision survenant sous Vinfluence combinée de l'alcool et du tabac; par David. Thèse de Paris, 4 883.
De Vélongation du nerf nasal externe dam le traitement du glaucome ; par Trousseau. Thèse de Paris, 1883.
Contribution à Vétude des atrophies musculaires à distance appelées encore atrophies réflexes; par Desc.hamps. Thèse de Paris, 4883.
Essai sur la pathogénie du crétinisme; par Verdan. Thèse de Paris, 1883.
Observation d'hysténe chez un jeune homme de dix-sept ans; par le D' Rueff. (France médicale, t. 1", 188Î).
Observation de sclérose en plaques disséminées : début apoplectiforme, hémiplégie droite, troubles de la sensibilité; pas d\iutopsk; par M. Lecoq. (France médicale, t. I", 1882).
Hémichorée avec hémianesthésie sensitive et sensorielle chez une jeune fille hystérique, Guérison rapide parla faradisation d'un point limité du tégument exteime; par Je D' Merklen. [France médicale, t. 1", 1882).
Asiles d'alténés de la Seine. — Concours pour la nomination à six places vacantes d'interne titulaire en médecine dans les asiles publics d'aliénés du département de la Seine (Sainte -Anne, Ville- Evrard et Vaucluse). — Le lundi, 3 décembre 1883, k midi précis, il sera ouvert à Tasile Sainte-Anne, rue Cabanis, u<» 4, à Paris, un concours pour la nomination à six places d'interne titulaire en médecine actuellement vacantes dans lesdits établissements. Les candidats qui désirent prendre part à ce concours devront se faire inscrire à la préfecture de la Seine, bureau du personnel, tous les jours, les dimanches et fêtes exceptés, de onze heures à trois heures, depuis le jeudi 4" jusqu'au samedi 17 novembre 1883 inclusivement.
Conditions de Vadmission et formalités à remplir. — Pourront concourir à l'internat en médecine dans les asiles de Sainte-Anne»
Ville-Évrard et Vaucluse, tous les étudiants en médecine pourvus de douze inscriptions et âgés de moins de trente ans révolus, le jour de Fouverture du concours.
Chaque candidat, pour être inscrit au concours, doit produire les pièces ci-après : 1*» Un acte de naissance; 2*» Un extrait du casier judiciaire; 3® Un certificat de vaccine; 4» Un certificat constatant qu'il est pourvu de douze inscriptions en médecine; 5» Un certificat de bonnes vie et mœurs délivré par le maire de sa commune ou le Commissaire de police de son quartier. Toute demande d'inscription faite après l'époque fixée par les affiches pour la clôture des listes, ou qui ne serait pas accompagnée de toutes les pièces ci-dessus désignées, ne sera pas accueillie.
Les épreuves du concours aux places d'interne en médecine sont réglées comme il suit : Épreuve d* admissibilité : 1® Une épreuve écrite de trois heures sur un sujet d'anatomie et de physiologie du système nerveux. Cette épreuve pourra être éliminatoire si le nombre des concurrents dépasse le triple des places vacantes. — Épreuve définitive : 2° Une épreuve orale de quinze minutes sur un sujet de pathologie interne et de pathologie externe, après un quart d'heure de préparation. — Le maximum des points à accorder pour chacune de ces épreuves est fixé ainsi qu'il suit : pour l'épreuve écrite, trente points. Pour l'épreuve orale, vingt points. Le sujet de l'épreuve écrite est le même pour tous les candidats. Il est tiré au sort entre trois questions qui sont rédigées et arrêtées avant l'ouverture de la séance par le jury.
Pour les épreuves orales, la question sortie est la même pour ceux des candidats qui sont appelés dans la même séance. Elle est tirée au sort entre trois questions qui sont rédigées et arrêtées par le Jury avant l'ouverture de chaque séance. L'épreuve orale peut être faite en plusieurs jours, si le nombre des candidats ne permet pas de la faire subir à tous dans la même séance. Les noms des candidats qui doivent subir l'épreuve orale sont tirés au sort à l'ouverture de chaque séance. Le jugement définitif porte sur l'ensemble des deux épreuves (écrite et orale). Les premiers reçus au concours sont nommés internes titulaires.
La durée des fonctions des internes titulaires est de trois ans. Les internes titulaires reçoivent, outre Iç logement, le chauffage, l'éclairage et la nourriture, dans les proportions déterminées par les règlements, un traitement annuel fixe de huit cents francs à l'asile Sainte-Ânne et de mille cent francs aux asiles de Ville-Évrard et de Vaucluse. La répartition des internes dans les divers services d'aliénés se fait dans l'ordre de classement établi par le jury d'examen. Ce mode de répartition assure à presque tous les internes un séjour d'au moins une année sur trois dans un des services de l'asile Sainte-Anne, situé dans l'enceinte de Paris. Un interne ne pourra rester plus de deux ans dans le même service. Tout interne
titulaire est autorisé à passer sa thèse de doctorat aussitôt après sa nomination.
— Concours pour deux places d'internes en pharmacie. — Un concours pour la nomination à deux emplois d'interne en pharmacie, dans les asiles publics d'aliénés de la Seine (Sainte-Ânne à Paris, Ville-Evrard et Vaucluse dans Seine-et-Oise), sera ouvert le lundi 10 décembre i883, à une heure précise. Pourront prendre part & ce concours tous les étudiants en pharmacie âgés de 20 ans au moins et de 27 ans au plus.
Les candidats devront se faire inscrire à Paris, au siège de la Préfecture delà Seine (bureau du personnel), du 8 au 27 novembre iSii inclusivement. Chaque candidat devra produire les pièces ciaprès : l^Un acte de naissance; — 2« Un extrait du casier judieiare ; — 3« Un certificat de vaccine ; — 4" Un certificat de bonnes vie et mœurs ; — 5« Des certificats constatant trois années d'exercice dans les pharmacies, dont une dans la môme maison. — Le concours porte sur la chimie, la pharmacie et Thistoire naturelle.
La durée des fonctions d'interne est de trois ans. — La répartition des intermes dans les divers services d'aliénés se fait dans Tordre de classement établi par le jury d'examen. Les avantages attachés à la situation d'interae dans les asiles publics d'aliénés de la Seine comportent le logement, le chauffage, l'éclairage, la nourriture et un traitement fixe et annuel de 800 francs . à l'asile Saint-Anne et de 1,100 francs dans les asiles de Ville-Evrard et de Vaucluse, situés en dehors Paris.
NÉCROLOGIE. — M. Parrot, professeur de clinique des maladies des enfants, est décédé le 5 août. Outre de nombreux travaux de pathologie médicale, M. Parrot a publié de nombreuses recherches sur la Neurologie, parmi lesquelles nous citerons : Etude sur Vencéphalopathie urémique et le tétanos des nouveau-nés (Arch. gén. de Méd., 187J8); — Sur le ramollissement de l'encéphale chez le nouveau-^é (Arch, de Physiologie, 4873J; — Observation d'atrophie complète du lobule de l'insula et de la troisième circonvolution du lobe frontal du côté droit, avec conse^^vation du langage et de la faculté du langage articulé; — Sur un cas d'hydatide du cerveau; — Note sur un cas de rupture de la moelle chez un nouveau-né^ par suite de manœuvres pendant l'accouchement; — Sur un cas de lipome de la pie-mère cérébrale; — Sur un cas de paralysie infantile (avec M. Joffroy); — Note sur l'analomie pathologique de la paralysie faciale consécutive à Vapplication du forceps (avec M. Troisier) ; — Recherches sur le développement du cerveau chez les enfants du premier dge;— Considération sur le zona (Union médicale, 4856); — Etude sur la sueur de sing et les hémorrhagies névropathiques (Gaz, Hebd,, 4859); — De la dislocation des os du crâne dans la méningite chez les enfants (Revue de Médecine, 4882); — Articles :
FAITS DIVERS. 4i5
Angine de poitrine, asthme^ ramollissement cérébral, dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, de M. Dechambre.
Nominations. — Par arrêté du 12 septembre 1883, M. le D' Paul GÉRENTE est nommé directeur-médecin de deuxième classe de Tasile départemental d'aliénés, en construction à la Bouzaréa, près Alger.
— M. le D' Camuset, médecin-adjoint de Tasile de VaucJuse (Seine), est nommé médecin en chef du quartier des aliénés de l'hospice Saintr Jacques, de Nantes; en remplacement de M. le D' Petit, décédé. Cette vacance existait depuis une dizaine de mois et aurait dû être comblée depuis longtemps.
Congrès international des sciences médicales de Copenhague. — Ce congrès, qui s'ouvrira du 40 au 16 août 1884, comprend une section de neurologie et de psychiatrie, ayant pour président M. le professeur Steenberg et pour secrétaire M. le D' Friedenreich.
Programme provisoire de la section de psychiatrie et de neurologie. I. Psychiatrie. — i. Aperçu statistique sur les maladies mentales et les institutions psychiatriques des pays du nord ; — 2. Proposition de conformité des comptes rendus annuels des asiles d'aliénés des différents pays ; — 3. Le rôle des colonies dans le traitement des aliénés ; — 4. La valeur des exercices dans le traitement des maladies mentales ; — 5. Le rôle des écoles pour. la production des maladies mentales ; — 6. La température du corps pendant les stades primaires]des maladies mentales; — 7. L'aliénation mentale dans Tenfance; — 8. Perversité de l'instinct sexuel;
— 9. Les troubles psychiques qui peuvent remplacer un accès épileptique;— 10. Le rôle de la syphilis dans ia paralysie générale ; — 11. Des caractères anatomiques des cerveaux des idiots ;
— 12. Quelle méthode faut-il préférer pour désaccoutumer de l'usage de la morphine et en quelles conditions se fait-il le mieux ?
IL Neurologie. — 1. L'effet des lésions des nerfs périphériques pour produire des altérations anatomiques dans les organs nerveux centraux ; — î. Dégénérations secondaires dans le cerveau et dans la moelle épinière ; — 3. Les troubles de la parole d'origine corticale ; — 4. Les troubles de la vision d'origine corticale ; — 5. Epilepsie corticale ; — 6. Neuroses vasomotrices et trophiques ;
— 7. La valeur des affections des organes périphériquesi(surtout les organes sexuels) pour produire des troubles fonctionneles des nerfs, spécialement l'hystérie ; — 8. La sclérose latérale amyotrophique ou paralysie bulbaire progressive amyotrophique, surtout à l'égard de la constance des lésions anatomiques et de sa différence ou son identité avec l'atrophie musculaire progressive (Aran-Duchenne) ; — 9. La curabilité du tabès dorsalis ; — 10. Le rôle de la syphilis dans l'étiologie du tabès dorsalis; —
4 1 . La paralysie de Landry est-elle une maladie particulière ou seulement un symptôme qui peut être produit par différents processus pathologiques? — 12. La valeur de la tension des nerfs comme méthode de guérison.
Les adhérents qui jugeront convenable de faire des additions ou des modifications à ce programme, sont priés de communiquer leur avis au président de la section, avant le 1*" décembre
Le rédacteur-gérant^ BouBiŒvaLE.