DE L'ACTION DES COURANTS CONTINUS
les lignes se confondent, la résistance est devenue égale de part et d'autre.
Georges (Louise), examinée le même jour, présente des résultats analogues, mais il faut quatre électrisations successives de chaque côté pour les obtenir. En outre, l'anesthésie existant chez elle à droite, c'est de ce côté que la résistance était d'abord plus grande.
Les courbes de Blanch... et de Gall... sont encore plus intéressantes.
Blanch... est soumise à un premier examen électrique le 1 er mars 1882. — Hémianesthésie gauche des plus complètes. On obtient d'abord pour maximum : 50° en douze minutes à droite (côté sain), 40° en neuf minutes à gauche (côté malade). Une deuxième électrisation donne le même maximum 55° à droite et à gauche, mais d'emblée à droite, en deux minutes à gauche. La plus parfaite égalité existe enfin, sous tous les rapports, entre les deux courbes, dans une dernière expérience.
Le 7 mars, deuxième examen. — Un transfert s'est produit depuis la veille; la sensibilité est revenue à gauche complètement dans le membre supérieur et à la face, légèrement dans le membre inférieur; du côté opposé anesthésie ou simple diminution de sensibilité dans les points symétriques. Les résultats fournis par l'électricité sont inverses des précédents. Maximum : 50° en douze minutes du côté gauche devenu sain, 40° en onze minutes du côté droit devenu malade.
Les applications suivantes du courant modifient la vitesse de l'aiguille galvanométrique, mais non la limite extrême de sa déviation; les deux lignes finissent par arriver presque d'emblée au maximum, mais sans jamais se confondre; la ligne pleine s'élève toujours à 50°, la ligne ponctuée à 40°.
Les deux examens dont cette malade a été l'objet se contrôlent mutuellement. Ils montrent nettement que la résistance est encore dans ce cas plus grande au côté de rhémianeslhésie que du côté sain.
Gall... est profondément insensible du côté gauche, quand on l'électrise pour la première fois, le 1 er mars 1882. Seize
éléments produisent alors de part et d'autre une même déviation de 65°, mais en six minutes à droite, en huit minutes à gauche. Ce maximum est atteint d'emblée des deux côtés à la seconde application. Nouvel examen, huit jours après. L'anesthésie a cette fois disparu pour faire place à une hyperesthésie des plus marquées; le courant produit à gauche une vive douleur et peut à peine être supporté; le côté droit est resté normal.
Maximum : 70° des deux côtés, en quatre minutes à gauche (hyperesthésie), en neuf minutes à droite (état normal); la différence entre les deux lignes diminue sensiblement dans la deuxième électrisation et disparaît à la troisième. La résistance était donc, dans ce cas, plus grande à gauche avec Fanesthésie ; elle devient au contraire plus faible de ce même côté, quand on voit apparaître Thyperesthésie.
Rien de contradictoire entre ces deux faits qu'on doit plutôt considérer comme la réciproque l'un de l'autre.
Notre dernière malade, Julie de la Mothe, n'a jamais présenté de différence appréciable entre les deux côtés. Etudiée à plusieurs reprises, la conductibilité électrique s'est montrée chez elle, variable sans doute à diverses époques, mais toujours la même à droite et à gauche. Il est vrai qu'il existait seulement à gauche une légère diminution de sensibilité; sans trouble visuel. En réalité, ce n'était pas à une véritable hémianesthésie que nous avions à faire.
En résumé, nos deux premières hystériques n'ont pu être examinées qu'une fois; elles confirment pleinement l'opinion du D r R. Vigouroux. Grâce à un transfert heureusement survenu, la troisième a été deux fois observée; l'hémianesthésie, située primitivement à gauche, est passée à droite et l'augmentation de résistance a changé aussi parallèlement de côté. Chez la quatrième, une vive hyperesthésie ayant succédé à l'anesthésie la plus complète, nous avons vu du même
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côté la résistance d'abord plus grande, devenir ensuite plus faible que du côté opposé. Enfin la même conductibilité a été partout constatée chez la dernière malade dont la sensibilité était à peine diminuée du côté gauche.
Tels sont les résultats de nos recherches; bien que sommairement exposés, ils nous paraissent suffire à démontrer l'importance qu'a la détermination de la conductibilité électrique chez tous les sujets. Cet élément indispensable par l'électrothérapie et l'électrodiagnostic doit même faire partie à l'avenir de la séméiologie de beaucoup de maladies et spécialement de celles du svstème nerveux.