‹ Archives de neurologie (volume 5)Chapitre 11 sur 41 · DE L'ACTION DES COURANT8 CONTINUS · texte numérisé non relu

DE L'ACTION DES COURANT8 CONTINUS

cinq minutes; l'autre présente des caractères opposés : l'aiguille arrive à peine à 3 milliweber en huit minutes. Il suffit d'un simple coup d'œil pour reconnaître ces différences.

II. Cela posé en physiologie, il nous parut intéressant, et même nécessaire d'étudier ces variations de résistance au point de vue pathologique. M. Charcot venait justement de rappeler {Société de biologie, 1882) que le D r Romain Vigouroux avait constaté depuis longtemps déjà chez des hystériques, atteintes d'hémianesthésie,une conductibilité moins grande du côté malade que du côté sain. Nous résolûmes de commencer nos expériences par la vérification de ce fait. C'est à la Salpêtrière, sous les yeux pour ainsi dire de M. Charcot et du D r R. Vigouroux, qu'ont eu lieu ces nouvelles recherches.

Il ne s'agissait plus d'une simple comparaison entre divers individus : il fallait rapprocher, comparer entre eux les deux côtés d'un même malade. La première condition à remplir était donc d'isoler le courant, de le localiser à la moitié du corps, sur laquelle on opérait. Son influence ne devait en rien se faire sentir du côté opposé où la résistance eût été sans cela déjà diminuée, avant qu'il ne fût électrisé à son tour. Pour arriver à ce résultat, nous avons légèrement modifié notre méthode : au lieu de maintenir le pôle positif sur le sternum comme précédemment, nous l'avons porté vers les parties latérales et placé sous l'aisselle. Le pôle négatif était fixé sur l'avant-bras correspondant par un lien circulaire.

Les mêmes électrodes étaient employées à droite et

à gauche, sur des points exactement symétriques. Elles présentaient une surface plane et peu étendue, a6n que le contact avec Tépiderme fût mieux assuré; enfin les plus grandes précautions étaient prises pour que la pression fût autant que possible toujours la même des deux côtés.

Cinq hystériques ou hystéro-épilepliques, toutes atteintes d'hémianesthésie, ont été successivement examinées. Le côté sain était d'abord électrisé, puis le côté malade; nous revenions ensuite sur le premier côté, pour passer de nouveau sur le second, et toujours ainsi, la séance se prolongeant et les électrisations se succédant autant qu'il était nécessaire pour arriver, de part et d'autre, définitivement et d'emblée au maximum. Les tracés qui accompagnent cette note permettent, il nous semble, de comprendre facilement la marche que nous avons suivie; ils font connaître en même temps les résultats obtenus. Nous allons d'ailleurs, pour en aider la lecture, ajouter quelques mots sur chaque malade.

Disons d'abord d'une manière générale que sur nos courbes les lignes pleines représentent constamment le côté le plus sensible et les lignes ponctuées le côté le moins sensible.

Kahn (Eva), examinée le 6 mars 1882. — Hémianesthésie gauche absolument complète (Pl. IV). Un courant de douze éléments, une première fois appliqué, donne à droite un maximum de 25° en une minute seulement, à gauche un maximum de 18° en trois minutes; on voit sur la figure les deux lignes toujours séparées par un intervalle assez considérable.

Une deuxième application les rapproche; le maximum devient le même, mais est atteint d'emblée du côté sain, en quatre minutes du côté malade; enfin dans la troisième électrisation,

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