SARCOME DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
lier de teindre en violet la substance blanche et en bleu la substance grise, les fibres radiées qui traversent la substance blanche ainsi que les vaisseaux, et le tissu conjonctif de la moelle 1 .
Sur la coupe je trouvai la substance grise, les rayons blancs ainsi que le tissu de la tumeur colorés en bleu, la substance blanche seule avait la couleur violette. La figure 4 donne un dessin exact de cette coupe vue à un faible grossissement.
Je me propose de revenir plus tard sur le fait intéressant de la coloration identique de la tumeur, du tissu conjonctif, de la substance grise et des stries radiées de la substance blanche par le violet de gentiane.
Je dois avant tout mentionner ici qu'ayant examiné, sur des coupes colorées, les pelotes à un fort grossissement, elles avaient l'aspect d'un filet sans mailles composé de filaments onduleux et riches en noyaux, parcouru de grands et nombreux vaisseaux s'entrecroisant dans tous les sens. Sur chaque coupe, on voyait des parties tantôt plus riches, tantôt plus pauvres en noyaux, comme l'indique la figure 6. Cette différence tenait simplement à des circonstances optiques. Sur les filaments qui couraient parallèlement à la surface de la coupe, les noyaux paraissaient plus rares parce qu'ils étaient disséminés le long de ces filaments, tandis, que sur ceux coupés horizontalement ou obliquement, les noyaux se pressaient sur la coupe et paraissaient plus nombreux, faute de perspective. Tous ces noyaux étaient arrondis, légèrement ovalaires et ressemblaient aux fuseaux étirés en fibrilles du' tissu conjonctif fibrillaire, disposition nettement appréciable sur des dissociations.
Notre tumeur était donc . une néoplasie composée de jeunes cellules de tissu conjonctif, un fibrome à l'état jeune ou un Sarcome vrai.
En divisant la tumeur, le couteau fut arrêté par un point dur, osseux (Fig. 5). Ce point était situé au niveau de la plus grande circonférence de la tumeur et un peu en dehors de son centre ; il paraissait blanc à la lumière incidente et noir à la lumière réfléchie. Il était composé de petites boules opaques de grandeur et de forme irrégulières. On voyait à travers un fort grossissement une structure concentrique contenant des concrétions cristallines. Ces dépôts, insolubles dans l'eau, l'alcool, l'éther, le chloroforme et l'ammoniaque, disparaissaient facilement sous l'influence de l'acide chlorhydrique et devaient être naturellement à base inorganique.
Les modifications que la tumeur avait fait subir à la substance blanche et grise de la moelle environnante, étaient très remarquables. Elle s'était tellement étendue dans la moitié gauche de la moelle, aux dépens de ces deux substances nerveuses (Pl. V,/î</. 4
« Die Blutgefdse des menscklichen Rùckenmarkes. Sitzungsber. der K. K Akad, der Wiss. zu Wien.mathg, naturwiss. Classe, LXXXIV, 1881)
et 5) qu'il n'en restait plus qu'une mince couche qui recouvrait, à peu près, les deux tiers internes de sa périphérie.
Cette couche avait la forme d'une faux, étroite au milieu, large à ses deux extrémités. La largeur de la partie étroite de la faux correspondait à peu près à la moitié de la largeur de la commis • sure (Pl. V, fig. 4 et 5). Tout ce que la tumeur, par son envahissement, avait laissé de substance blanche et grise, était contenu dans cette faux. La néoplasie avait donc réduit à une fraction minime le tissu médullaire par la compression.
Les deux substances avaient en même temps souffert de cette réduction. De la substance blanche c'est le cordon latéral qui avait le plus souffert. 11 paraissait réduit à un mince filet logé entre la tumeur et la corne postérieure (Pl. V, fbg. 4 et 5). Les cordons antérieur et postérieur avaient aussi subi une diminution semblable dans leur dimension normale.
Je donne ici les résultats de la mensuration micrométrique comparative de ces cordons des deux côtés de la moelle épinière.
Substance blanche, (Pl.V,/^. 5.) 1° Cordons antérieurs des pyramides.