‹ Archives de neurologie (volume 5)Chapitre 26 sur 41 · CÔTÉ MALADE. CÔTÉ SAUT · texte numérisé non relu

CÔTÉ MALADE. CÔTÉ SAUT

Bord antérieur de la corne antérieure (Gris). . 1,080 mm. 2,340 mm, Largeur de la substance grise au niveau de la

commissure (Bleu.) 0,630 — 1,350 —

La plus grande longueur de la corne postérieure

(Rouge.) 0,405 — 1,440 -

La colonne grise avait donc perdu sur le parcours de la tumeur, c'est-à-dire sur une longueur de plus d'un centimètre, de la moitié aux deux tiers de son diamètre normal.

ici se posait naturellement la question de savoir quelle était la nature des altérations anatomo-pathologiques que la tumeur avait déterminées dans son voisinage et dans quelles conditions se trouvaient la substance blanche et grise ainsi réduites ?

La tumeur s'était-elle développée aux dépens des tissus qui manquaient? les avait-elle détruits? Ou bien avait-elle réussi à s'étendre aux dépens des dispositions anatomiques des éléments de la moelle, en les disloquant et en les comprimant fortement, pendant sa lente croissance, sans les détruire ? •

Il était facile de répondre à ces questions.

Si les éléments de la moelle ainsi comprimés avaient été détruits, la tumeur aurait produit l'effet d'une scission médiane de la moelle, et dans ce cas deux conséquences, faciles à constater, auraient surgi : une dégénérescence secondaire descendante du cordon latéral gauche et l'atrophie avec paralysie des groupes musculaires du bras correspondant, ainsi que des phénomènes spasmodiques et parésiques dans les couches musculaires profondes»

Immédiatement au-dessus ainsi qu'au-dessous de la tumeur, le tissu médullaire était absolument normal. Or, chez notre malade, l'examen minutieux et attentif ne nous avait révélé ni faiblesse, ni paralysie ; en un mot, aucun trouble fonctionnel dans les muscles du bras gauche.

Il résulte de ces faits que la tumeur n'avait pas détruit la substance médullaire, mais simplement comprimée après l'avoir disloquée.

Ce reste de substance blanche et grise disloquée et comprimée devait non seulement contenir le nombre normal de fibres et de ganglions médullaires, mais encore fonctionner normalement.

En examinant la moelle malade à un fort grossissement, nous avons obtenu des éclaircissements intéressants sur ces faits. •

La substance blanche avait subi une transformation particulière.

La plupart de ses fibres et surtout celles qui composaient ce qui restait du cordon latéral considérablement diminué, étaient devenues étroites et minces. Sur la coupe colorée les cellules nerveuses et les tubes nerveux avec leur cylindre-axe avaient considérablement diminué de volume, comparés à ceux de la moitié droite de la moelle.

. Les modifications de la substance grise étaient encore bien plus curieuses que celles de la substance blanche.

Dans les conditions normales les fibres de la colonne grise vont en divergeant de leurs pointes vers l'intérieur et s'entrecroisent entre elles. • •

Dans notre cas, la substance grise s'était transformée, sous l'influence de la pression exercée par la tumeur, en un simple faisceau de fibres parallèles dont la direction était la même que celle de la surface de la coupe.

Pour mieux faire comprendre ces modifications, j'ai ajouté deux figures (8 et 9) représentant le dessin exact de deux coupes transversales des colonnes grises antérieures faites sur un même plan.

La figure 8 réprésente une portion, de la colonne grise antérieure du côté droit, la figure 9 une portion de celle du côté gauche. En comparant ces deux côtés, on voit la direction toute différente des fibres grises autour de la tumeur.

Ces dessins nous montrent en même temps la transformation des ganglions nerveux.

Sur la figure 8 nous voyons les ganglions du côté sain avec leurs cellules multipolaires radiés et leurs noyaux ronds pour la plupart. Sur la figure 9 les ganglions sont transformés en fuseaux bipolaires, allongés, pointus, dont Taxe longitudinal suit la même direction que celui des fibres transformées de la substance grise et dont les noyaux ont, sans exception, la forme ovalaire.

La plupart de ces ganglions transformés avaient la forme de navettes de tisserand, d'autres ressemblaient aux cellules fusiformes du tissu conjonctif ou à des cellules de tissu musculaire lisse, et ce n'est que leur situation qui rendait la confusion impossible avec ces divers éléments.

C'est la compression lente et progressive de la tumeur qui avait produit cette métamorphose des ganglions et leur diminution de volume.

Je donne dans le tableau suivant les résultats de la mensuration micrométrique en largeur et longueur des ganglions des deux moitiés de la moelle, d'après les coupes transversales citées plus haut.

SARCOME DE LA MOELLE ÊP1NIÈRE. 391

Ganglions *.

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